Une planète en feu : une triste occasion pour des règlements de compte politiciens et mensongers

NdlR : non, il ne s’agit pas d’un châtiment divin ! Seule l’action mercantile de l’homme sur son environnement est à blâmer. Sans parler de la posture hypocrite des pays industrialisés du G7 qui sont les premiers bénéficiaires de cette hécatombe environnementale. La situation en 2019 n’est par ailleurs pas pire que les années précédentes. Exemple :  

source : http://un-regard-sur-la-terre.org/article-priere-pour-la-pluie-en-bolivie-l-ampleur-des-feux-de-brulis-vue-par-les-satellites-d-observation-de-la-terre-55890570.html

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Carte globale des feux détectés par les capteurs MODIS pour la période du 9 août 2010 au 18 août 2010.
La couleur jaune signifie un nombre élevé de départs de feux pendant la période (par exemple
au Congo, au Brésil et en Russie). Crédit image : Cartes de feu produite par Jacques Descloitres,
MODIS Rapid Response System (NASA/GSFC). Fond image : Blue marble.

Bref, rien de nouveau en 2019 ! Il s’agit hélas d’une triste récurrence…. 

Analyse de Sputnik sur les feux 2019 (média entièrement financé par la Russie). 

Trois continents incendiés: les politiciens mettent le feu aux poudres

Depuis fin juillet, la Sibérie, l’Afrique et l’Amazonie ont vu des milliers d’hectares de forêt partir en fumée. En cause, la culture sur brûlis et le changement climatique. Des feux qui ont soulevé l’indignation mondiale: la forêt Amazonienne créa même une crise diplomatique entre Brasilia et Paris. Retour en vidéo.

Cet été, des incendies de grande envergure ont ravagé trois forêts différentes: la taïga russe, la forêt amazonienne et la forêt du bassin du Congo. Des feux causés par les changements climatiques, la déforestation et les pratiques agricoles. Des feux qui ont soulevé l’indignation et la mobilisation, avec leur lot d’idées reçues. Nous y reviendrons.

Fin juillet, la taïga russe s’est embrasée. Une température anormale combinée aux vents forts a alimenté les feux qui se sont propagés de l’Oural au Kazakhstan, heureusement sur des territoires peu habités. Un facteur qui a malheureusement poussé le gouvernement à une action trop tardive, estimant que les coûts dans la lutte contre les feux seraient trop élevés. Mais après la mobilisation d’organisations environnementales et de citoyens, Vladimir Poutine envoya l’armée en aide aux pompiers qui luttaient depuis des semaines.

Début août, la forêt amazonienne a pris feu à son tour. La déforestation, cause principale des incendies, combiné aux changements climatiques, expliquent ces incendies. L’Institut national de recherche spatiale a affirmé que leur nombre a augmenté de plus de 80% par rapport à la même période en 2018, une année où les feux de forêt avaient été particulièrement contenus. Avec un peu de recul, on s’aperçoit même que le nombre d’incendies en Amazonie brésilienne est légèrement inférieur à la moyenne de ces 22 dernières années. Ceci n’a pas empêché ces feux de soulever l’indignation mondiale. Ils ont même créé de vives tensions entre Jair Bolsonaro et Emmanuel Macron. Les pays du G7 ont proposé une aide financière, refusée par le gouvernement brésilien. Pendant ce temps, l’Afrique subsaharienne a quant à elle été en proie à des feux encore plus denses (comme l’a montré une carte de la NASA, relayée en masse), dont la couverture médiatique a été inversement proportionnelle à l’étendue géographique. Certains y ont vu l’indifférence vis-à-vis du continent noir.

​Cependant, les causes étaient différentes. Et les pratiques agricoles, dont la culture sur brûlis, sont les premières responsables des incendies en Afrique subsaharienne. L’Angola a voulu mettre les choses au clair via un communiqué, agacé par les comparaisons hâtives faites avec la situation au Brésil :

«qui peuvent conduire à une dramatisation de la situation et une désinformation des esprits les plus imprudents.»

Comme le souligne Guillaume Lescuyer, spécialiste de l’Afrique centrale au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, les feux observés ne sont pas dans la zone de forêt, mais plutôt en Angola et en Zambie. Et en cette période de l’année, ces feux dus aux pratiques agricoles sont habituels. Mais la déforestation reste une vraie menace en Afrique.

«En RDC, où seulement 9% de la population a accès à l’électricité, les communautés villageoises n’ont que le bois pour faire bouillir la marmite. Au rythme actuel d’accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacées de disparition à l’horizon 2100», a déclaré le Président congolais Félix Tshisekedi durant les incendies qui ont touché l’Afrique subsaharienne.

Le bras de fer Bolsonaro-Macron

Les incendies en Amazonie ont quant à eux été relayés en masse sur les réseaux sociaux, sous les hastags #PrayforAmazonia ou #PrayforAmazonas, accompagnés de nombreuses photos. Des images souvent non fidèles à la réalité, datant d’il y a plusieurs années ou prises à des endroits différents. Ainsi des personnalités comme Emmanuel Macron, Leonardo Dicaprio ou Cristiano Ronaldo ont-ils partagé des images n’ayant rien à voir avec la situation en Amazonie brésilienne en 2019. Beaucoup, à l’instar de Macron, ont aussi colporté des Fake News, comme l’affirmation que la forêt amazonienne «produit 20% de notre oxygène» et serait le poumon de la planète. Une erreur selon les experts, comme le souligne Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des sciences climatiques et environnementales à Euronews:

«Dire que l’Amazonie produit 20% de notre oxygène est un peu exagéré. C’est plus entre 10 et 12%, parce que la photosynthèse générée par les océans contribue également à la production d’oxygène de la planète.»

La veille du G7, le Président de la République a accusé son homologue brésilien d’avoir menti sur ses engagements écologiques, puis a appelé à un rendez-vous d’urgence lors du sommet avec les pays membres du G7 pour parler de la situation au Brésil. Une initiative peu appréciée par Jair Bolsonaro:

«La suggestion du Président français de discuter des affaires amazoniennes au G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée au XXIe siècle», a tweeté Jair Bolsonaro.

Puis il a ironisé sur Brigitte Macron, en commentant le post d’un internaute qui comparait leurs épouses respectives. Le Président français a vivement réagi pour défendre sa femme. Par ailleurs, beaucoup de Brésiliens, sous le hastag #desculpaBrigitte («désolée Brigitte»), ont tenu à s’excuser des propos tenus par leur Président.

À cela s’ajoutent le ministre de l’Éducation brésilien traitant Macron «de crétin» et l’un des fils de Jair Bolsonaro partageant une vidéo traitant Emmanuel Macron de «con». Et alors que l’aide financière du G7 a été refusée par Brasilia, le Président brésilien a surenchéri, demandant à Emmanuel Macron de retirer ses insultes. Des tensions qui ne semblent pas s’apaiser. Vendredi 30 août, Jair Bolsonaro a déclaré à des journalistes qu’il cesserait d’utiliser des stylos de la marque Bic, «parce que Bic est française», alors que 95% des stylos Bic vendus au Brésil sont fabriqués dans l’État d’Amazonas. Contacté par Sud-Ouest, un chargé de presse de la firme a expliqué que «le groupe emploie un millier de personnes dans ses usines de Manaus et de Rio de Janeiro, et se dit flatté d’être reconnu comme étant une marque démocratique», sans commenter directement les déclarations de Jair Bolsonaro.

Face à la pression, le Président brésilien a tout de même signé un décret jeudi 29 août, qui interdit la pratique de la culture sur brûlis durant 60 jours. Malgré le décret, la mobilisation de l’armée et des pompiers, les feux au Brésil progressaient encore ce week-end du 1er septembre. L’institut national de recherche spatiale a indiqué que 3.859 nouveaux incendies s’étaient déclenchés en Amazonie, dont 2.000 au Brésil, dans les journées de jeudi et vendredi. Moins de blabla et plus d’actions seraient de mise.

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Depuis le début de l’année, il y a eu trois fois plus de feux de forêts en RDC qu’au Brésil

Or les incendies qui ravagent l’Amazonie surprennent par leur ampleur et leur augmentation constante d’année en année.

 Le Brésil a connu moins de départs de feux que plusieurs pays à travers la planète.
Le Brésil a connu moins de départs de feux que plusieurs pays à travers la planète.  AFP/GreenPeace – Victor Moriyama

Le 29 août 2019 à 18h42, modifié le 30 août 2019 à 15h54

Les incendies qui ravagent depuis plusieurs semaines la forêt amazonienne suscitent une grande émotion de la part de l’opinion publique et de la communauté internationale. « Notre maison brûle » avait tweeté Emmanuel Macron le 22 août dernier. Le « poumon de la planète est en feu », a-t-il renchéri pour souligner la gravité de la situation. Le désastre écologique a même été rajouté au menu du G7, les dirigeants annonçant à l’issue du sommet vouloir aider le Brésil à hauteur de 20 millions de dollars (17 millions d’euros) pour aider à y mettre fin.

Pourtant, ce type de feu n’est pas forcément inhabituel dans cette région du monde pendant la saison sèche, de juillet à novembre. Mais ce qui l’est davantage, et qui fait réagir, c’est la hausse du nombre de départs de feu par rapport à l’an passé. L’Institut national de recherche spatiale (INPE) a constaté une hausse de 84 % au Brésil à la même période en 2018, et plus de 52 % concernent l’Amazonie. La déforestation très importante de la région, plus de 88 % en un an, et l’urbanisation qui en découle les rendent en effet plus fréquents.
 Pour autant, rapportés au nombre de départs de feu dans le monde depuis le début de l’année, le Brésil ne se situe qu’à la cinquième place (près de 590 000) selon les chiffres de la Nasa. Avec un peu plus de 1,5 million, la République Démocratique du Congo enregistre le plus de départs de feu depuis le 1er janvier 2019. La Russie (1,4 million), l’Angola (1 million) et l’Australie (622 000) suivent le pays africain.

Des situations différentes

Comment interpréter ces résultats ? Pour Frédéric Amiel, chercheur à l’Institut du Développement durable et des relations internationales (IDDRI), les premiers pays de ce classement sont des régions « qui traditionnellement ont beaucoup de départs de feu qui sont liés à des pratiques agricoles ». Alors certes, « tous les points rouges qui représentent les départs de feu en Afrique sont impressionnants » reconnaît-il, mais d’une année à une autre, leur évolution ne serait pas aussi significative que pour l’Amazonie.

En RDC par exemple « ce sont des feux d’écobuage dus à des cultures de brûlis, sur des zones qui sont déjà depuis longtemps converties à cette forme d’agriculture, et qui sont rapidement maîtrisés », explique-t-il. Cette méthode d’agriculture ancestrale est perpétuée par les paysans locaux. En Australie, renchérit le spécialiste, ce sont des « feux de forêt, qu’ils appellent le « bush », ces forêts sèches qui n’ont généralement rien à voir avec nos grandes forêts européennes, et c’est un phénomène dû aux sécheresses qui n’est pas nouveau ». Quant à la Russie, les incendies ne sont pas étonnants d’après lui puisque « ce sont des zones touchées par le changement climatique, les changements de pluviométrie… Ce sont des départs de feu qui peuvent aussi être dus à des pratiques agricoles ».

Ces différentes situations empêchent une comparaison significative pour Martine Droulers, géographe et directrice de recherche émérite au CNRS. Selon elle, le classement avancé n’est « qu’une indication de comptage » auquel il manque plusieurs données qui aideraient à son interprétation. Chaque départ de feu répond à un « faisceau de raisons » : climatique, géopolitique, économique et liées aux politiques environnementales du pays. « Pour chaque cas, il faudrait regarder ces quatre facteurs », un travail fastidieux et qui demande du temps pour la géographe.

Des répercussions écologiques plus inquiétantes

Il n’en reste pas moins que, comparés à tous ces autres pays qui connaissent davantage de feux de forêt, les incendies en Amazonie ont été perçus comme une « crise internationale ». La première raison, selon Frédéric Amiel, c’est parce que l’Amazonie « est un écosystème qui n’a pas de rival ». Cette région du monde héberge une biodiversité phénoménale : 40 000 espèces de plantes, 3000 espèces de poissons d’eau douce et plus de 370 de reptiles, soit une espèce sur dix existantes sur Terre, explique WWF. « Quand un tel écosystème part en fumée, c’est d’autant plus dramatique… », souffle le spécialiste.

Les conséquences écologiques sont également plus alarmantes. « Les feux de savanes ou les brûlis agricoles ne causent pas de fortes émissions de carbone et elles sont sans doute compensées par une repousse de la végétation, explique Philippe Ciais, membre du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE). Au contraire, les feux de forêts tropicales associés à la déforestation causent de plus grandes pertes de carbone. » En Amazonie, « un hectare qui disparaît représente les émissions de CO2 annuelles de 120 personnes en France environ » illustre-t-il.

Enfin, autre élément à prendre en compte pour cet expert : « l’aspect patrimonial » de l’Amazonie. « En Europe et en Amérique du Nord particulièrement, il y a une espèce d’attachement à cette forêt qui a été appropriée comme un joyau naturel, un emblème de l’environnement fragile » qui expliquerait selon lui l’émotion suscitée de la part de l’opinion publique. Et cet attachement « est nettement moindre notamment pour le bassin du Congo, qui est beaucoup moins connu ».

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Les incendies en Afrique sont encore pires qu’en Amazonie mais pour une autre raison

Selon le président du Congo, toutes les forêts du pays pourraient disparaître d’ici 2100

Les problèmes climatiques ont été au cœur du sommet du G7 2019. Plus précisément, les grandes puissances ont évoqué les incendies qui ravagent actuellement l’Amazonie, mais aussi ceux qui ont lieu présentement en Afrique.

 

Actuellement, il y a une grande affluence médiatique autour des incendies en Amazonie. Le problème a été évoqué lors du sommet du G7 2019, qui s’est tenu en France, à Biarritz du samedi 24 au lundi 26 août. Si la situation en Amazonie provoque tant d’effervescence, le président français Emmanuel Macron a attiré l’attention sur un problème similaire qui se déroule en ce moment même en Afrique, plus particulièrement dans la forêt du bassin du Congo, surnommée le « deuxième poumon vert » de la planète.

La NASA montre qu’une grande partie de l’Afrique du Sud part en fumée

Le 16 août dernier, la NASA a dévoilé une carte satellite sur laquelle on pouvait voir les feux de forêt en Amazonie et en Afrique. Comme le rapporte Sciences et Avenir, on voit sur cette carte, en rouge incandescent, les zones en feu et on constate que les incendies en Afrique sont au moins aussi étendus que ceux en Amazonie.

Ces feux de forêt s’étendent du Gabon à l’Angola et se poursuivent de l’Atlantique à l’océan Indien. Emmanuel Macron a notamment fait part de son inquiétude sur ces incendies en Afrique. Dans un tweet, il déclare que « la forêt brûle également en Afrique subsaharienne. Nous sommes en train d’examiner la possibilité d’y lancer une initiative similaire à celle que nous venons d’annoncer pour l’Amazonie. »

En effet, les pays du G7 (les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Japon) ont prévu de débloquer un fonds de 20 millions de dollars pour envoyer des Canadair, des avions bombardiers d’eau, pour lutter contre les feux d’Amazonie. Les pays du G7 vont-ils ainsi prendre la même mesure pour régler le problème des feux de forêt en Afrique ?

L’Angola s’agace de la réaction des pays du G7

Toutefois, la réaction active des pays du G7 peut être stoppée par un détail. D’une part, selon Guillaume Lescuyer, spécialiste de l’Afrique centrale auprès du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), les feux observés sur la carte de la NASA n’ont pas lieu dans la zone considérée comme le deuxième poumon de la planète « mais plutôt en Angola, en Zambie, etc. ».

D’autre part, l’Angola a exprimé son agacement face à la comparaison de ce qui se passe en Afrique avec ce qui se passe en Amazonie. Dans un communiqué, le pays a déclaré que cette comparaison erronée peut « conduire à une dramatisation de la situation et une désinformation des esprits les plus imprudents ».

Les feux en Afrique sont ordinaires et volontaires

Tosi Mpanu Mpanu, ambassadeur et négociateur climat pour la République démocratique du Congo (RDC), a tenu à expliquer aux conférences climat des Nations unies que certes, « la forêt brûle en Afrique mais pas pour les mêmes causes ». Le ministre angolais de l’Environnement, cité par Sciences et Avenir, a tenu à expliquer qu’ « à cette époque de l’année, dans plusieurs régions de notre pays, il y a des incendies provoqués par les agriculteurs en phase de préparation des terres, en raison de la proximité de la saison des pluies ».

Ainsi, Tosi Mpanu Mpanu explique que si « en Amazonie, la forêt brûle essentiellement à cause de la sécheresse et du changement climatique, en Afrique centrale, c’est essentiellement dû aux techniques agricoles ».

Mais cette explication va-t-elle satisfaire les gouvernements mondiaux et pendant combien de temps les organismes de défense de l’environnement laisseront cette pratique perdurer ? D’autant plus que, selon le président congolais Félix Tshisekedi, à ce rythme, les forêts en Afrique seront « menacées de disparition à l’horizon 2100 ».

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Amazonie toujours en feu : Bolsonaro accepte l’aide de Netanyahu

Israël va envoyer un avion et une cargaison de produits chimiques ignifuges ; le président brésilien a été fustigé dans le monde pour son inertie

  • Trois canadairs C-130 Hercules arrosent les forêts amazoniennes du Brésil, le 24 août 2019. (Crédit : ministère de la Défense brésilienne via AP)
    Trois canadairs C-130 Hercules arrosent les forêts amazoniennes du Brésil, le 24 août 2019. (Crédit : ministère de la Défense brésilienne via AP)
  • Des pompiers dans la région de Vila Nova Samuel dans la partie brésilienne de l'Amazon, le 25 août 2019. (Crédit : AP Photo/Eraldo Peres)
    Des pompiers dans la région de Vila Nova Samuel dans la partie brésilienne de l’Amazon, le 25 août 2019. (Crédit : AP Photo/Eraldo Peres)
  • Neri dos Santos Silva, au centre, observe un feu creuser des tranchées à Nova Santa Helena ,au Brésil, le 23 août 2019. (Crédit :  AP/Leo Correa)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu dimanche soir avec le président brésilien Jair Bolsonaro, et a offert l’aide d’Israël dans la lutte contre les feux qui ravagent actuellement l’Amazonie, et qui inquiètent le monde entier. Le bureau de Netanyahu a déclaré qu’Israël enverrait une cargaison de produits chimiques ignifuges, ajoutant que le Premier ministre avait félicité Bolsonaro pour avoir finalement envoyé des dizaines de milliers de soldats pour aider à lutter contre les flammes qui ravagent le poumon de la planète.

Bolsonaro a annoncé vendredi que son gouvernement enverra 43 000 soldats pour aider à lutter contre les flammes qui dévastent la partie de l’Amazonie située sur le territoire brésilien, une superficie équivalente à 10 fois le Texas, et considérée comme un rempart international au réchauffement climatique. Seulement une centaines de soldats avait été déployée jusqu’alors.

Il s’agira de la deuxième aide accordée cette année par Israël au Brésil. En janvier, une équipe de chercheurs-sauveteurs de l’armée israélienne a été dépêchée au Brésil afin de prêter main forte aux équipes locales, qui étaient à la recherche de centaines de personnes disparues après l’effondrement d’un barrage.

Les liens entre Israël et le Brésil se sont resserrés depuis l’élection de Bolsonaro l’an dernier. Les incendies continuaient de faire rage lundi dans l’Amazonie brésilienne, malgré le déploiement d’avions bombardiers d’eau, de pompiers et de soldats pour lutter contre les gigantesques feux. L’Amazonie, dont 60 % de la surface se trouve au Brésil, s’étend aussi en Bolivie, Colombie, Equateur, Guyane française, Guyana, au Pérou, au Suriname et au Venezuela. Sous la pression internationale, le Brésil a fini enfin par entrer en action dimanche en Amazonie, deux avions C-130 Hercules larguant les premières dizaines de milliers de litres d’eau au-dessus de la forêt tropicale où le nombre d’incendies progressait. Première action concrète du gouvernement : deux C-130 Hercules capables de larguer 12 000 litres d’eau et de produit retardant ont été déployés par la Force aérienne brésilienne (FAB), a annoncé le ministère de la Défense. Ces bombardiers d’eau opèrent à basse altitude à partir de Porto Velho, la capitale de l’Etat de Rondônia (nord-ouest), qui s’est encore réveillée sous un inquiétant couvercle de fumée.

Des manifestations ont eu lieu dans diverses villes brésiliennes en défense du « poumon de la planète », tandis que les pays du G7 annonçaient une aide à l’Amazonie « le plus vite possible ». Le président Jair Bolsonaro, auquel l’allié américain a offert son aide, a remercié dans un tweet non pas le G7 mais « les dizaines de chefs d’Etat qui (…) vont nous aider à surmonter la crise qui n’a d’intérêt que pour ceux qui veulent affaiblir le Brésil ». Il a à cet égard annoncé dans la soirée avoir accepté la proposition d’Israël de fournir un avion dans le cadre de la lutte contre les incendies. Peu après, tandis que la sphère bolsonariste se déchaînait sur Twitter contre Emmanuel Macron, le ministre de l’Education Abraham Weintraub traitait de « crétin opportuniste » le président français, qui a été en pointe dans les pressions sur Jair Bolsonaro pour qu’il agisse en Amazonie. « Macron n’est pas à la hauteur de ce débat (sur l’Amazonie, ndlr). C’est juste un crétin opportuniste qui cherche le soutien du lobby agricole français », a écrit le ministre Abraham Weintraub, en référence à l’opposition du président français à l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Le terme utilisé en portugais (« calhorda »), très loin des usages diplomatiques, n’a pas d’exact équivalent en français mais se trouve à la croisée de « tricheur », « crétin » et « connard ». « La France est un pays d’extrêmes. Elle a produit des hommes comme Descartes ou Pasteur, mais aussi les volontaires de la Waffen SS Charlemagne », écrit M. Weintraub en référence à la Division Charlemagne du régime nazi intégrée par des engagés volontaires français. Au milieu d’une rafale de tweets, le ministre de l’Education poursuit : « Ils ont choisi un président sans caractère » et « il faut attaquer ce crétin de Macron ». Olavo de Carvalho, écrivain et « gourou » de Jair Bolsonaro, exilé aux Etats-Unis, a de son côté forgé sur Twitter le nom de « Macrocon », au moment où la sphère bolsonariste se déchaîne contre le président français. Le fils de Jair Bolsonaro, Eduardo – député fédéral et possible prochain ambassadeur du Brésil à Washington – avait retweeté vendredi une vidéo de violentes manifestations de gilets jaunes en France avec le texte : « Macron est un idiot ». Dans la capitale Brasilia, une quarantaine de personnes ont manifesté contre M. Macron devant l’ambassade de France. Bolsonaro a même été jusqu’à réagir à un post qui se moquait du physique de la première Dame française – apparaissant sur une photo désavantageuse – en le comparant à celui de Michelle Bolsonaro (37 ans), rayonnante le jour de l’investiture de son mari. « Vous comprenez maintenant pourquoi Macron persécute Bolsonaro ? », lit-on à côté de photos des deux couples présidentiels. « C’est la jalousie (…) de Macron, je parie », écrit l’internaute, Rodrigo Andreaça. « N’humilie pas le type – MDR (« mort de rire »), a répondu en commentaire le président Bolsonaro en référence à son homologue français. Interrogé par l’AFP sur le fait de savoir si ce post avait été publié par le chef de l’Etat lui-même, un porte-parole du palais présidentiel de Planalto a simplement répondu : « Nous ne faisons pas de commentaire ». A Rio de Janeiro, quelque 2 000 personnes ont eux protesté dans le quartier d’Ipanema, deux jours après les manifestations en Europe. « Bolsonaro va-t’en, Amazonie reste ! » scandaient-elles. Un protestataire était équipé d’un masque à gaz, déguisé en arbre avec un feuillage fourni, des animaux en peluche et une pancarte clamant : « Vive la nature ! » « On est en train de détruire la nature », a dit à l’AFP Teresa Correa, de l’Etat amazonien du Para. « La situation a empiré depuis que Bolsonaro est devenu président (en janvier), il veut tout détruire ». « Cela fait 20 ans que j’habite ici et j’ai vu beaucoup d’incendies », a dit à l’AFP Welis da Claiana, une habitante de cette ville, « mais je n’ai jamais rien vu de tel ». Le nombre d’incendies a augmenté de 1 130 dans tout le Brésil en 24 heures, selon l’Institut national de recherche spatiale (INPE). Les derniers chiffres arrêtés samedi soir font état de 79 513 feux de forêt depuis le début de l’année dans ce pays, dont un peu plus de la moitié en Amazonie. Au-dessus de Rondônia, un Etat frontalier de la Bolivie, des feux de forêt envoient des colonnes de fumées avec leurs énormes quantités de carbone, ont constaté des journalistes de l’AFP. Parfois, un seul arbre resté debout au milieu d’un paysage de cendres, mais totalement calciné, témoigne de la destruction en marche dans la plus grande forêt tropicale de la planète. Jusqu’à présent, sept Etats, dont celui de Rondônia, ont fait appel à l’armée. Quelque 43 000 soldats basés en Amazonie sont disponibles pour combattre les incendies, a déclaré le ministre de la Défense Fernando Azevedo e Silva. Les gouverneurs des Etats touchés ont demandé d’urgence un « soutien matériel » à Jair Bolsonaro qui les avait accusés cette semaine de « connivence » avec les auteurs d »‘incendies criminels ». Le gouvernement a débloqué des fonds d’urgence de 38 millions de réais (8,2 millions d’euros) pour les opérations de lutte contre l’incendie effectuées par le ministère de la Défense. Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Sergio Moro, a donné son feu vert au déploiement d’effectifs policiers contre la destruction illégale de forêts en Amazonie. Les incendies ont provoqué une vive émotion sur la scène internationale. Dimanche, le pape François s’est dit « inquiet » pour « ce poumon vital pour notre planète ». Au sommet du G7 à Biarritz (sud-ouest de la France), les sept pays occidentaux les plus industrialisés se sont dits dimanche d’accord pour « aider le plus vite possible les pays frappés par les feux ». « Il y a une vraie convergence pour dire ‘on se met tous d’accord pour aider le plus vite possible les pays qui sont frappés par ces feux’ », a rapporté le Emmanuel Macron. Samedi, le président Bolsonaro avait posté une vidéo sur Twitter dans laquelle il clame « une tolérance zéro » pour les crimes environnementaux et affirme : « nous allons agir fermement pour contrôler les incendies en Amazonie ». Il assure toutefois que les « incendies cette année ne sont pas plus nombreux que la moyenne de ceux des 15 dernières années » et fustige « l’utilisation politique de ces incendies » et « la désinformation ». Il y a quelques jours, il avait provoqué un tollé en évoquant ses « soupçons » sur une responsabilité des ONG dans les incendies. Derrière les feux en Amazonie, l’appétit mondial pour le boeuf et le soja brésilien
La déforestation accélérée sous le gouvernement de Jair Bolsonaro qui encourage les cultures et l’élevage bovin (forts consommateurs d’engrais nuisibles à l’environnement) en Amazonie, corrélée à la saison sèche, explique l’ampleur de ces incendies. De la viande bovine et du soja OGM, achetés goulûment dans le monde entier : voilà les activités agricoles qui rongent l’Amazonie et, selon tous les chercheurs, expliquent la dramatique multiplication des incendies. « L’élevage bovin extensif est le principal facteur de déforestation de l’Amazonie. Un peu plus de 65% des terres déboisées en Amazonie sont aujourd’hui occupées par des pâturages », explique Romulo Batista, chercheur chez Greenpeace. Le Brésil est le premier exportateur mondial de boeuf. Ses exportations de viande bovine ont atteint en 2018 le record de 1,64 million de tonnes (source: Association des industries exportatrices de viande au Brésil). Les principaux marchés sont la Chine, suivie de l’Egypte, puis de l’Union européenne. Derrière cette première place, un peu plus de vingt ans de croissance plus que spectaculaire. Entre 1997 et 2016, par exemple, le pays a tout simplement multiplié par 10 ses exportations de viande bovine (en poids comme en valeur). Le marché est dominé par trois mastodontes : JBS, Minerva et Marfrig. Les activités agricoles occupent quant à elles près de 6,5 % de la surface déboisée. Déjà premier exportateur mondial de soja devant les Etats-Unis, le Brésil a exporté un record de 83,3 millions de tonnes en 2018, soit 22,2% de plus qu’en 2017, selon le ministère brésilien de l’Economie. Cette performance s’explique surtout par l’appétit de la Chine, premier client du soja brésilien, majoritairement OGM: la guerre commerciale qui oppose Pékin et Washington depuis près d’un an a conduit l’Empire du Milieu à acheter davantage au Brésil pour nourrir son bétail. Les exportations de soja brésilien vers la Chine ont fait un bond de près de 30 % l’an dernier. Le soja était l’une des principales cultures à grignoter du terrain sur la forêt amazonienne. Mais depuis un moratoire entré en vigueur en 2006, « moins de 2 % du soja planté en Amazonie provient de zones déboisées après 2008 », précise M. Batista. L’Europe aussi achète du soja brésilien, qui y sert surtout à l’alimentation animale, selon Greenpeace. L’ONG avait dénoncé en juin une « addiction » européenne à ces exportations de soja venus d’Amérique du sud, utilisées en particulier pour les élevages industriels de volaille et porc. Principale production céréalière du Brésil, le soja a connu une incroyable ascension dans les années 1970, avec la migration de producteurs du sud vers le centre-ouest du Brésil, le développement de nouvelles techniques de culture et l’usage de pesticides. ************************************************************************************************************************************

Plus de 20 000 zones de feux ont été recensées à travers le monde par la Nasa, dont plus de la moitié sur le continent africain. Mais ces chiffres cachent une réalité plus complexe.

Alors que les regards sont braqués sur l’Amazonie en flammes, des milliers d’incendies ravagent d’autres parties du globe. Au total, plus de 20 000 zones de feux actifs ont ainsi été recensées sur 24 heures mercredi 28 août par la Nasa, dont plus de la moitié… en Afrique. D’autres régions du monde sont aussi touchées, comme la Sibérie ou l’Indonésie. Un phénomène exceptionnel ? Franceinfo décrypte cette carte inquiétante.

Derrière tous ces points rouges se cachent les feux actifs détectés par l’agence spatiale américaine grâce à des radiomètres spectraux MODIS, embarqués dans les satellites Aqua et Terra. « C’est un instrument d’observation remarquable qui sert considérablement les chercheurs », indique Frédéric Chevallier, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE). L’outil a cependant quelques limites : les nuages ou le feuillage des arbres peuvent cacher certains feux et il est difficile d’estimer le nombre d’hectares totaux partis en fumée. « On montre souvent le nombre de feux sans indication très fiable de leur taille, qui peut être très variable », précise Olivier Boucher, directeur de recherche de l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), spécialisé dans la recherche en sciences de l’environnement.

En Afrique subsaharienne, d’innombrables incendies agricoles

Au premier coup d’œil, c’est l’Afrique subsaharienne qui semble être en proie au plus grand nombre d’incendies actuellement dans le monde. Pire, les feux ont l’air de se développer dans la forêt du bassin du Congo, souvent comparée au « deuxième poumon vert » de la planète, après l’Amazonie. Une zone verte qui absorbe des tonnes de CO2 dans ses arbres et demeure un sanctuaire d’espèces en voie de disparition (éléphants des forêts, grands singes…).

Une situation particulièrement inquiétante ? Non. « La grande majorité des feux qu’on voit sur les cartes satellitaires ne concernent pas la forêt tropicale », tranche le chercheur en sciences de l’environnement, Olivier Boucher. En réalité, les feux se concentrent plutôt en Zambie et en Angola, notamment dans des zones semi-arides ainsi que sur des zones cultivées. « Ces feux récurrents sont moins problématiques, car ils concernent principalement des savanes où les herbes repoussent l’année suivante », explique Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

Les incendies en Afrique et en Amazonie sont-ils comparables ? Le Monde VOIR ICI

Il est faux de dire qu’en Afrique, les incendies sont pires qu’en Amazonie.Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRSà franceinfo

Ce phénomène est d’ailleurs régulièrement observé et cette saison n’a pas été marquée par une recrudescence de feux par rapport à 2018, indique Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRS. La raison ? La plupart de ces incendies sont liés à la culture sur brûlis, une méthode traditionnelle dans les zones agricoles. Les habitants brûlent du bois puis laissent reposer les cendres pour rendre les sols plus fertiles.

Ces pratiques agricoles peuvent tout de même avoir des conséquences pour l’environnement : « perte nette de carbone stocké, perte de biodiversité, pollution de l’air », égrène Olivier Boucher, chercheur en sciences de l’environnement. Et le continent est en première ligne. Une étude, citée par l’agence spatiale européenne, indique même que 70% des zones brûlées dans le monde se situent en Afrique.« Au rythme actuel d’accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacées de disparition à l’horizon 2100 », s’est inquiété le président congolais Félix Tshisekedi, le 20 août.

En Amazonie, des feux inquiétants

L’autre point rouge de la carte des incendies se concentre dans la forêt amazonienne. Mardi 27 août, l’Agence spatiale européenne indiquait ainsi que les incendies y sont quasiment quatre fois plus nombreux que l’an dernier à la même période. Rien qu’au Brésil, qui possède 60% de la forêt, près de 80 000 feux ont été répertoriés depuis le début de l’année, un record depuis 2013. Mais prudence avec ces données : « L’Amazonie ne couvre pas tout le Brésil. Un grand nombre des feux que l’on voit sur les cartes de l’Amérique du Sud ne concernent pas la forêt tropicale amazonienne », explique Olivier Boucher, chercheur en sciences de l’environnement.

Difficile d’estimer, avec cette carte, l’ampleur réelle des dégâts. « Il faut savoir que le nombre des feux ne veut pas dire grand-chose. Ce qui est important, c’est de connaître la superficie et ce qui a brûlé », indique Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRS. Mais les informations locales ne sont pas rassurantes. « Le feu pénètre dans des zones de forêts où il ne pénétrait pas avant, comme dans la Terre indigène du Xingu, par exemple », précise la géographe du CNRS Ludivine Eloy Costa Pereira. La Bolivie a aussi annoncé récemment que la surface ravagée par les incendies avait atteint les 950 000 hectares.

Pour ce qui est de l’Amazonie, il est bien trop tôt pour un bilan 2019 car on n’est qu’au tout début de la saison des feux.Olivier Boucher, directeur de recherches à l’IPSLà franceinfo

Le début de la saison des feux n’annonce donc rien de bon. Et pour cause : « Il est tout à fait légitime de craindre que les progrès indéniables réalisés par le Brésil pour limiter la déforestation cette dernière décennie sont remis en cause par l’approche très laxiste du nouveau gouvernement sur l’environnement », précise Olivier Boucher, directeur de recherches à l’IPSL. Une responsabilité politique qui s’ajoute au risque climatique. « Avec le réchauffement, les modèles prédisent une saison sèche plus longue et plus d’années sèches, donc plus de feux », alerte Philippe Ciais, chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

En Indonésie, plus de 135 000 hectares partis en fumée

Quelques points rouges continuent d’apparaître aussi sur les îles indonésiennes, à la fin du mois d’août. Et pour cause, quelque 700 départs de feux ont été comptabilisés ces dernières semaines dans le sud-est du pays, indique la BBC. Une situation particulièrement inquiétante puisque la région conserve une biodiversité unique, avec notamment la présence d’orangs-outans. Mais le phénomène n’est pas exceptionnel. « Il y a une saison des feux, c’est normal au sens climatologique du terme », précise Frédéric Chevallier, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, à franceinfo.

Plus de 8 000 personnes et des avions militaires ont été mobilisés sur place pour tenter d’éteindre ces incendies, principalement sur les îles de Bornéo et Sumatra. Au total, plus de 135 000 hectares sont déjà partis en fumée, selon le ministre indonésien de l’Environnement et des forêts.

En Sibérie, des incendies prolongés par le réchauffement climatique

Autre point chaud (inattendu) de la planète : la Sibérie. Là-bas, les incendies ont démarré il y a plusieurs mois, et ravagé des millions d’hectares de forêts. Et à en croire les données de la Nasa, ces feux ne sont pas encore totalement circonscrits. « En Arctique, les feux sont plutôt naturels, mais le changement climatique augmente leur fréquence ou leur intensité en allongeant les périodes plus propices au feu. On peut difficilement aller les éteindre », explique Olivier Boucher, chercheur en sciences de l’environnement.

Début août, 13,1 millions d’hectares étaient déjà partis en fumée en Sibérie depuis le début de l’année, soit l’équivalent de la taille de la Grèce, selon Greenpeace. Et plus de 4 millions d’hectares étaient encore touchés par des incendies.

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Robin Prudent France Télévisions

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