TRUMP (7) : un autre point de vue… moins angélique !

Jonathan A. Greenblatt, président de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)Le chef de l’ADL : l’antisémitisme américain pire qu’à n’importe quelle époque depuis 1930 : Jonathan Greenblatt a fait le lien entre la hausse de l’antisémitisme et celle de la haine envers les minorités

Jonathan A. Greenblatt, président de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

Jonathan Greenblatt affirme que des courants à la fois à l’extrême droite et à l’extrême gauche ont conduit à une résurgence de l’antisémitisme.

Il a mentionné la plate-forme du Mouvement pour les Vies Noires (Black lives matter), publiée cette année, qui a accusé Israël de génocide. Greenblatt a également détaillé les attaques antisémites qui ont augmenté pendant la campagne présidentielle de 2016, évoquant la nomination de Stephen Bannon comme chef de la stratégie du président Donald Trump.

Bannon était le président de Breitbart News, un site internet qualifié de « plateforme d’autre droite », un mouvement flou de l’extrême droite dont les soutiens naviguent entre le nationalisme blanc, des positions anti-immigration et le mépris du « politiquement correct ».

Stephen Bannon (Crédit : capture d'écran YouTube)

« La communauté juive américaine, notre communauté, n’a pas vu ce niveau d’antisémitisme dans le discours politique et public depuis 1930, explique Greenblatt. Tristement, cela correspond aussi à des niveaux de haine en augmentation envers d’autres minorités aujourd’hui ».

Le chef de l’ADL rajoute : « si Trump fiche les Musulmans, je m’inscris… En tant que Juifs, nous savons ce que cela signifie d’être fichés, ou ciblés, d’être considérés comme différents », a rappelé Greenblatt. S’exprimant à l’ouverture de la conférence de la Ligue Anti-Diffamation sur l’antisémitisme à New York, Greenblatt fait référence l’histoire apocryphe du roi du Danemark qui aurait promis de porter une étoile jaune si on le demandait aux Juifs du Pays Scandinave.

Une pétition appelant les Fédérations Juives d’Amérique du Nord à dénoncer la nomination par Trump de Stephen Bannon rassemble 1 700 signatures en deux jours. La pétition, lancée mardi par un nouveau groupe appelé la Communauté Juives d’Actions Contre la Haine, appelle la JFNA, qui rassemble 151 fédérations juives locales, à condamner la nomination de Bannon, que le président Donald Trump a choisi comme son chef de la stratégie dimanche.

Les associations de défense des droits civiques, de lutte contre le racisme et des députés ont dénoncé la nomination de Bannon. Ils l’accusent d’avoir alimenté l’extrême-droite quand il était rédacteur en chef du site internet Breitbart News. Les groupes ultra-nationalistes sont cependant ravis du rôle qu’il jouera à la Maison Blanche.

Côté réactions arabes : certains politiques palestiniens gardent espoir qu’un président républicain puisse les surprendre. Ils remarquent, en privé, que certains présidents républicains, comme George W. Bush, avaient adopté une position dure envers Israël et les implantations. Et ils affirment que Trump ne tiendra jamais sa promesse de campagne de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

Le monde arabe étonnamment satisfait de la victoire de Trump. Beaucoup d’états arabes en veulent à Clinton pour son soutien au Printemps arabe et aux Frères musulmans en Egypte

Cette satisfaction se retrouve dans d’autres pays arabes, dont ceux du Golfe, et même en Arabie saoudite, qui n’ont pas oublié ou pardonné à Clinton et au président américain Barack Obama leur soutien au Printemps arabe. Les dirigeants arabes n’ont jamais pu comprendre la position adoptée par Clinton, qui était alors secrétaire d’Etat, et a soutenu l’élection démocratique des Frères musulmans au Caire en 2012.

Le chef de l’ADL : si Trump fiche les Musulmans, je m’inscris

« En tant que Juifs, nous savons ce que cela signifie d’être fichés, ou ciblés, d’être considérés comme différents », a rappelé Greenblatt

Jonathan Greenblatt, président de l'ADL. (Crédit : autorisation)

Jonathan Greenblatt, président de l’ADL. (Crédit : autorisation)

S’exprimant à l’ouverture de la conférence de la Ligue Anti-Diffamation sur l’antisémitisme à New York, Greenblatt fait référence l’histoire apocryphe du roi du Danemark qui aurait promis de porter une étoile jaune si on le demandait aux Juifs du Pays Scandinave.

« En tant que Juifs, nous savons ce que cela signifie d’être fichés, ou ciblés, d’être considérés comme différents par rapport à nos autres compatriotes, explique Greenblatt. Nous, en tant que Juifs, nous connaissons la réponse juste et légitime. Je vous promets ici et maintenant, parce que je suis engagé pour combattre l’antisémitisme, si un jour des Musulmans américains sont forcés de faire enregistrer leur identité, ce jour là, le Juif fier, que je juis, s’enregistrera en tant que Musulman ».

 

La pétition appelant les Fédérations juives à condamner Bannon compte 1 700 signatures

« Avoir Stephen Bannon comme stratège clef à la Maison Blanche envoie un message clair aux groupes de haine », dénonce la pétition

Stephen Bannon (Crédit : capture d'écran YouTube)

Stephen Bannon (Crédit : capture d’écran YouTube)

Une pétition appelant les Fédérations Juives d’Amérique du Nord à dénoncer la nomination par Trump de Stephen Bannon rassemble 1 700 signatures en deux jours.

La pétition, lancée mardi par un nouveau groupe appelé la Communauté Juives d’Actions Contre la Haine, appelle la JFNA, qui rassemble 151 fédérations juives locales, à condamner la nomination de Bannon, que le président Donald Trump a choisi comme son chef de la stratégie dimanche.

Bannon était le président de Breitbart News, un site internet qualifié de « plate-forme de la droite alternative », un mouvement flou de l’extrême droite dont les soutiens naviguent entre le nationalisme blanc, des positions anti-immigration et le mépris du « politiquement correct ».

« Avoir Stephen Bannon comme stratège clef à la Maison Blanche envoie un message clair aux groupes de haine que leur système de pensée n’est plus à la marge, mais maintenant accepté, peut-on lire dans la pétition. En tant qu’organisation dédiée à préserver l’avenir des Juifs en donnant le pouvoir aux membres de la communauté de prendre en main leurs vies juives et de fournir des dirigeants à leur communauté, nous vous prenons au mot et présumons que vous tiendrez votre promesse de donner le pouvoir et d’écouter ceux d’entre nous qui s’expriment ».

En réponse à la pétition, JFNA a envoyé par email un communiqué au JTA jeudi qui exprimait l’espoir concernant l’administration à venir de Trump. La déclaration ne mentionnait pas Bannon.

« Comme tout officiel élu démocratiquement en Amérique, nous pensons que le président élu Trump a besoin d’avoir une opportunité de diriger, pouvait-on lire dans le communiqué. Nous espérons que ses actions se rapprocheront des valeurs américaines que nous chérissons ».

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Les néo-nazis et le KKK rejoignent le chœur des suprématistes blancs qui saluent Bannon

Pour David Duke, la nomination de l’ancien chef de Breitbart à la Maison Blanche est “excellente” ; le chef du parti nazi américain a salué Trump pour ce choix

Stephen Bannon, à droite, dans le hall de la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)

Stephen Bannon, à droite, dans le hall de la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)

Les associations de défense des droits civiques, de lutte contre le racisme et des députés ont dénoncé la nomination de Bannon. Ils l’accusent d’avoir alimenté l’extrême-droite quand il était rédacteur en chef du site internet Breitbart News. Les groupes ultra-nationalistes sont cependant ravis du rôle qu’il jouera à la Maison Blanche.

David Duke, ancien dirigeant du KKK, a déclaré à CNN à propos de sa nomination que « je pense que c’est excellent. Je pense que quiconque aide à achever le programme et les politiques que le président élu Trump a développés pendant la campagne est une très bonne chose, évidemment. C’est donc bon de voir qu’il s’en tient aux sujets et aux idées qu’il a proposés quand il était candidat. »

Rocky Suhayda, président du parti nazi américain, a déclaré à CNN que « peut-être Donald est-il réel », selon le site d’informations The Hill.

La nomination de Bannon, annoncée dimanche en même temps que celle de Reince Priebus comme directeur de cabinet, a été rapidement dénoncée, beaucoup pointant les liens entre Breitbart et la droite alternative, un mouvement décrit par l’ADL comme « un vague groupe de nationalistes blancs de racistes et d’antisémites. »

« Bannon a été la force motrice principale de la transformation de Breitbart en terreau de la propagande blanche ethno-nationaliste », a déclaré le Southern Poverty Law Center (SPLC), qui a recensé les hommages rendus à Bannon par des groupes racistes.

 

Andrew Anglin, responsable du site internet néo-nazi de suprématie blanche The Daily Stormer, qui se présente comme « le site de la droite alternative le plus visité au monde », a écrit un article intitulé « Les pédés et les juifs geignent après la nomination de Bannon », qui comprend les phrases suivantes : « Bannon est la meilleure personne qui aurait pu être placée à ce poste clef, à part peut-être Pat Buchanan et moi. Tout cela va dans la bonne direction, et je suis très heureux de voir les juifs rager. »

Le site d’informations antisémite et suprématiste blanc Infostormer n’a eu que des hommages pour la nomination de Bannon dans l’équipe de la Maison Blanche.

 

« Regardons Bannon exercer un grand pouvoir et une grande influence sur ce nouveau gouvernement du peuple, et espérons que ses positions sur l’invasion des migrants, la vermine musulmane et la hausse du crime chez les sous-humains noirs surpassent l’attitude de compromis béta de M. Priebus. »

VDARE, décrit par le SPLC comme un « site de haine anti-immigration », a été très heureux de cette nomination. Un article publié lundi par « Washington Watcher » s’est rengorgé que « jusqu’à présent, aucune plainte majeure. Trump a nommé le patriote de l’immigration et PDG de Breitbart News Steve Bannon comme stratège en chef, entraînant des cris de l’ADL, du Southern Poverty Law Center, et des autres suspects habituels du même genre. »

Précédemment, Richard Spencer, président du think-tank suprématiste et nationaliste blanc National Policy Institute et star de la droite alternative, avait été l’un des premiers à rendre hommage à Trump pour avoir nommé Bannon. « ‘Stratège’ est le meilleur poste possible pour Steve Bannon à la Maison Blanche de Trump », avait-il écrit, ravi, sur Twitter.

https://twitter.com/RichardBSpencer/status/798007294772604928

Le SPLC a déclaré que le directeur national du groupe néonazi de la Société de la renaissance aryenne, Ken Reed, avait lui aussi salué l’annonce. Il a publié dimanche un post sur Facebook sur la nomination de Bannon, disant « Vous pouvez dire VICTOIRE ??? »

Bannon lui-même a été accusé personnellement d’antisémitisme par son ex-femme, même s’il a démenti cette affirmation par sa porte-parole.

Son ex-femme a déclaré sous serment, pendant leur procédure de divorce, que Bannon avait fait des remarques antisémites quand le couple décidait dans quelle école privée envoyer leurs filles il y a presque dix ans.

Des documents juridiques de 2007 ont révélé que son ex-femme, Mary Louise Piccard, avait déclaré que Bannon ne voulait pas que leurs filles aillent dans une école privée de Los Angeles, l’Archer School for Girls, parce qu’il ne voulait pas qu’elles aillent à l’école avec des juives.

Selon les documents, Piccard a affirmé que Bannon a déclaré qu’ « il n’aime pas les juifs et qu’il n’aime pas leur manière d’élever leurs enfants pour en faire des ‘pleurnichards’. »

La directrice de campagne du président américain élu Donald Trump, Kellyanne Conway, et Stephen Bannon, nommé stratège en chef de la Maison Blanche, le soir de l'élection à New  York, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Trump ne s’est pas associé lui-même publiquement avec la droite alternative, et sa directrice de campagne, Kellyanne Conway, avait été « personnellement offensée » à l’idée qu’elle ou l’un des 60 millions d’électeurs de Trump soutiendraient de telles idées.

Le président américain Barack Obama a refusé lundi de commenter cette nomination. Quand il a été interrogé lundi par un journaliste au sujet de Bannon, il a répondu qu’il « ne serait pas approprié pour moi de commenter chaque nomination que le président élu va faire si je veux être cohérent avec la notion que nous allons tenter de faciliter une transition en douceur. »

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Le monde arabe étonnamment satisfait de la victoire de Trump

Beaucoup d’états arabes en veulent à Clinton pour son soutien au Printemps arabe et aux Frères musulmans en Egypte

Hillary Clinton, alors secrétaire d'Etat, rencontre le président égyptien Mohammed Morsi à New York, le 24 septembre 2012. (Crédit : Département d'Etat des Etats-Unis/Domaine public/WikiCommons)

Hillary Clinton, alors secrétaire d’Etat, rencontre le président égyptien Mohammed Morsi à New York, le 24 septembre 2012. (Crédit : Département d’Etat des Etats-Unis/Domaine public/WikiCommons)

Les réactions mercredi dans certaines parties du Moyen Orient à la victoire surprise de Donald Trump étaient peut-être aussi inattendues que sa victoire elle-même.

En Egypte, les dirigeants, dont le président Abdel-Fattah el-Sissi, avaient du mal à cacher leur satisfaction devant la défaite d’Hillary Clinton.

Selon les médias égyptiens, Sissi a été le premier dirigeant étranger à appeler Trump pour le féliciter. Il a souhaité bonne chance à Trump et a exprimé son espoir que son mandat entraîne un épanouissement des relations américano-égyptiennes.

Ce que Sissi n’a pas exprimé ouvertement, mais qui a été dit pour lui par l’un de ses proches au Parlement égyptien, Mustafa Bakri, était que la victoire de Trump était perçue comme « un coup porté aux Frères musulmans. »

Le président élu Donald Trump pendant son discours de victoire à New York, le 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

Cette satisfaction se retrouve dans d’autres pays arabes, dont ceux du Golfe, et même en Arabie saoudite, qui n’ont pas oublié ou pardonné à Clinton et au président américain Barack Obama leur soutien au Printemps arabe.

Les dirigeants arabes n’ont jamais pu comprendre la position adoptée par Clinton, qui était alors secrétaire d’Etat, et a soutenu l’élection démocratique des Frères musulmans au Caire en 2012.

Les médias égyptiens publiaient mercredi des citations flatteuses de Trump sur Sissi, et décrivaient le « choc » dans les pays rivaux comme le Qatar, qui soutient les Frères musulmans.

L’un des articles décrivait en détail la donation d’un million de dollars du Qatar à la Fondation Clinton. Le journal qatari Al Arab, au contraire, décrivait la victoire de Trump comme un « séisme politique sans précédent ».

Dans les pays dit pro-Frères musulmans du Qatar et de la Turquie, la réaction a en effet été discrète, les deux pays adoptant une attitude attentiste sur la future politique de Trump au Moyen Orient.

L’Iran, pour sa part, ne paniquait certainement pas. Le général de brigade Hossein Salami, vice-commandant des Gardes de la révolution iraniens, a déclaré que l’élection de Trump ne signifiait pas nécessairement que les politiques de Washington envers l’Iran changeraient, même sur l’accord nucléaire que Trump a tant critiqué.

Une Iranienne passe devant une fresque dessinée su le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 9 novembre 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

Les Palestiniens étaient cependant visiblement déçus.

L’Autorité palestinienne à Ramallah aurait préféré voir Clinton gagner et pousser Israël à la reprise des négociations de paix là où elles s’étaient arrêtées. Et pourtant, leur déception d’Obama a également eu un effet. Pendant huit ans, ils ont attendu un réel développement sous sa direction, et cela n’est jamais arrivé.

A présent, les Palestiniens pensent qu’il y a une possibilité qu’Obama initie une action politique spectaculaire, ou appuie leur cause devant le Conseil de sécurité des Nations unies pendant les deux derniers mois de son mandat.

Cependant, certains politiques palestiniens gardent espoir qu’un président républicain puisse les surprendre. Ils remarquent, en privé, que certains présidents républicains, comme George W. Bush, avaient adopté une position dure envers Israël et les implantations. Et ils affirment que Trump ne tiendra jamais sa promesse de campagne de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

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