JERUSALEM ou la promesse déjà oubliée de TRUMP ?

Donald Trump,alors  candidat républicain à la présidentielle américaine, devant la conférence politique 2016 de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Saul Loeb/Getty Images via JTA)Que devrait faire Trump pour déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem ? Rien du tout… car pour mettre en place la loi américaine de 1995 sur le déplacement, il suffit au président de ne pas signer d’exemption. L’imprévisible président élu ne fera-t-il pas ce que ses prédécesseurs ont déjà fait 35 fois ?

Dans une vingtaine de jours, Barack Obama fera quelque chose qu’il a déjà fait quinze fois pendant ses deux mandats de président des Etats-Unis, quelque chose que les Israéliens espèrent que son successeur, Donald J. Trump, ne fera pas même une fois : il signera une exemption présidentielle interrompant son obligation légale de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

Citant les « pouvoirs qui me sont conférés en tant que président par la Constitution et les lois des Etats-Unis », Obama déterminera une fois encore « qu’il est nécessaire, afin de protéger les intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis », de suspendre la décision de 1995 du Congrès qui reconnaît Jérusalem comme la capitale d’Israël, et y transfère son ambassade et la résidence de l’ambassadeur.

Obama n’est pas le premier président à signer cette exemption. Bill Clinton et le chrétien born-again George W. Bush l’ont fait deux fois par an, trahissant ainsi continuellement leurs propres promesses électorales.

Mais Trump est un joker, et plus d’une semaine après avoir remporté l’élection, il n’a toujours pas été précisé quelle politique il adopterait pour le Moyen Orient, ni s’il adhèrera au dogme diplomatique largement accepté et rejoindra la liste des présidents qui repoussent le déplacement de l’ambassade tous les six mois, ou s’il tiendra réellement sa promesse de campagne et ordonnera le déménagement. « Quand il s’agit de politique étrangère, il semble avoir certains instincts, mais ses positions exactes ne sont pas très claires », a déclaré Jonathan Rynhold, expert en politique américaine de l’université Bar-Ilan.

« C’est vraiment impossible à savoir. Il a dit tant de choses, et presque tout ce qu’il a dit, il l’a contredit à un autre moment », a-t-il ajouté.

Ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)L’argument le plus souvent cité contre la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d’Israël et le déplacement de l’ambassade dans la ville est que c’est une mesure qui ne devrait être prise qu’après la conclusion d’un accord de paix israélo-palestinien.

Le statut de Jérusalem est sujet à des négociations bilatérales, affirment généralement les diplomates, et déplacer l’ambassade, un geste envers Israël, avant la signature d’un accord sur le statut final irriterait fortement Ramallah, envoyant ainsi un processus de paix déjà moribond à une mort certaine, susciterait la colère du monde arabe, et déstabiliserait ainsi la région toute entière.

« Cela pourrait également sévèrement nuire à l’image de Washington en tant que négociateur honnête du conflit israélo-palestinien », a déclaré Rynhold.

L'ancien président américain Bill Clinton et le président Reuven Rivlin à Jérusalem, le 30 octobre 2015. (Crédit : GPO)

« J’ai toujours voulu déplacer notre ambassade à Jérusalem Ouest », avait déclaré le président Bill Clinton en 2000, quelques mois avant la fin de son second mandat. « Je ne l’ai pas fait parce que je ne voulais rien faire qui puisse ébranler notre capacité à aider à négocier une paix durable, juste, et sure pour les Israéliens et pour les Palestiniens. »

Mais Trump, qui a fait campagne sur la promesse de faire les choses autrement, pourrait jeter ces traditionnels axiomes par la fenêtre. Bien qu’il se présente comme un fervent partisan d’Israël, il a à un moment pendant la campagne (en février) suggéré qu’il laisserait Israéliens et Palestiniens conclure un accord de paix par eux-mêmes, sans prendre vraiment position sur le conflit, a rappelé Rynhold. « Comment le déplacement de l’ambassade s’intègre-t-il là-dedans ? Je ne pense pas qu’il le sache. »

Certes, le magnat de l’immobilier de Manhattan avait déclaré sans équivoque devant la conférence politique de l’AIPAC en mars qu’il comptait « déplacer l’ambassade américaine dans la capitale éternelle du peuple juif, Jérusalem. » Pendant un entretien télévisé ce même mois, il avait ajouté qu’il voulait le faire « assez rapidement ». Cependant, peu après la victoire de Trump le 8 novembre, Walid Phares, l’un de ses conseillers en politique étrangère, avait semblé revenir sur cette promesse de relocaliser l’ambassade.

« Beaucoup de présidents des Etats-Unis se sont engagés à le faire, et il a lui aussi déclaré qu’il le ferait, mais il le fera dans le cadre d’un consensus », a déclaré Phares, entraînant une certaine confusion. Il avait ensuite précisé qu’il parlait d’un consensus aux Etats-Unis, mais ce qu’il entend par cela reste encore quelque peu obscur, puisqu’il existe un large soutien bipartisan au Congrès pour le déplacement de l’ambassade. Comme les positions de Trump en politique étrangère sont au mieux floues, beaucoup dépendra de qui seront ses plus proches conseillers, selon Ilan Goldenberg, directeur du programme de sécurité du Moyen Orient au Centre pour une nouvelle sécurité américaine.

« Si Donald Trump nomme des gens comme Stephen Hadley [ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis] ou Bob Corker [président de la commission des Relations extérieures du Sénat], nous verrons la continuité. Ce sont des personnes qui le font depuis des années et appartiennent au consensus de Washington. Ils comprennent qu’il y a une raison pour laquelle les Etats-Unis n’ont pas déplacé leur ambassade, et par conséquent je ne pense pas qu’il y aura de changement », a déclaré Goldenberg. « Cependant, s’il nomme des personnages plus originaux, alors tout est possible », a-t-il ajouté.

Israël a déclaré la partie occidentale de Jérusalem sa capitale en 1950. En 1980, 13 ans après avoir pris la partie est de la ville pendant la guerre des Six Jours, la Knesset a voté une loi déclarant que sa capitale était « Jérusalem unifiée ». Mais puisque la communauté internationale refuse de reconnaitre l’annexion israélienne de Jérusalem Est, les nations du monde ont transféré leurs ambassades à Tel Aviv, Ramat Gan ou Herzliya.  Avant l’élection présidentielle américaine de 1992, Bill Clinton avait promis de transférer l’ambassade. Quand il n’a pas tenu sa promesse, les deux chambres du Congrès ont voté le Jerusalem Embassy Act de 1995 à une écrasante majorité. Depuis, trois présidents consécutifs ont appliqué leur exemption 35 fois.

 

 

L’impact d’une présidence Trump sur Israël

Si le candidat républicain gagne, ses proches conseillers affirment qu’il déplacera l’ambassade américaine à Jérusalem, ne dira pas à Israël où il ne doit pas construire en Cisjordanie, et ne ferait peut-être pas pression pour une solution à deux états ; il honorerait également avec prudence l’accord iranien… pour l’instant

Donald Trump,alors  candidat républicain à la présidentielle américaine, devant la conférence politique 2016 de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Saul Loeb/Getty Images via JTA)

Depuis que le directeur du FBI James Comey a changé la donne de la course présidentielle en annonçant au Congrès, 11 jours avant l’élection, que son bureau mènerait une enquête sur les emails peut-être liés au serveur privé que la candidate démocrate Hillary Clinton a utilisé alors qu’elle était secrétaire d’Etat, la probabilité que cette personne puisse être le candidat républicain Donald Trump a augmenté.

Alors que Clinton est toujours en tête dans les plus récents sondages, et devrait avoir plus de chances d’obtenir les 270 délégués nécessaires au collège électoral, l’issue de cette élection est tout sauf certaine. Si une phrase a toujours été pertinente depuis que Trump a descendu un escalator de la Trump Tower pour annoncer sa candidature en juin 2015, c’est de « s’attendre à l’inattendu ».

A quoi faut-il donc s’attendre si Trump devient le prochain président américain, le prochain responsable de la politique étrangère américaine, le chef des forces armées, le prochain sur qui l’Etat juif devra s’appuyer pour des aspects cruciaux de sa sécurité, et ainsi, potentiellement, de son existence ?

Selon plusieurs assistants et conseillers importants, qui ont parlé avec le Times of Israël au cours des dernières semaines du programme diplomatique du candidat au Moyen Orient s’il était élu, Trump prévoit de s’investir fortement dans la défense d’Israël et de soutenir des initiatives qui pourraient faire du bien-être de l’Etat juif une question de premier ordre de son administration, malgré quelques échos isolationniste dans son discours.

Ces initiatives, selon beaucoup de ses proches, incluront probablement des positions qui rompent avec la politique de longue date des Etats-Unis sur Israël, y compris le fait de ne pas voir la solution à deux états comme la clef pour mettre un terme au conflit israélo-palestinien.

« Une solution à deux états n’est pas une priorité », a déclaré son haut conseiller.

Pourtant, une des difficultés pour évaluer les initiatives décrites par ses conseillers vient du fait que les déclarations de campagne de Trump sont très inconsistantes. Il peut y avoir un gouffre entre ce que lui et ceux autour de lui disent qu’il fera aujourd’hui et ce qu’il fera réellement demain. « Il a déclaré beaucoup de choses, il est par conséquent difficile de savoir ce qu’il fera réellement », a déclaré Dennis Ross, négociateur de paix spécialiste du Moyen Orient qui a travaillé pour des administrations républicaines et démocrates.

Dans le même discours de cette année à la conférence politique de l’AIPAC, par exemple, Trump a déclaré qu’il « démantèlerait l’accord désastreux avec l’Iran » et « ferait appliquer les termes de l’accord précédent pour tenir l’Iran totalement responsable », laissant planer le doute sur la manière dont il pourrait vraiment gérer le défi iranien.

Pourtant, il est certain, a déclaré Benjamin Wittes, expert de l’autorité présidentielle et chercheur au sein de l’Institution Brookings, que Trump aurait une liberté considérable pour faire ce qu’il veut vis-à-vis d’Israël et de l’Iran, alors que sur les questions intérieures, il devrait se confronter à des contrôles plus contraignants et difficiles.

« La règle de base en la matière est que le président a beaucoup de pouvoir dans l’arène de la politique étrangère, a déclaré Wittes. En général, il n’y a pas de contestations, les pouvoirs du président sont immenses en ce qui concerne la politique étrangère et les contraintes sur son comportement sont moins importantes qu’elles ne le sont dans n’importe quel autre domaine de la vie américaine. »

Restructurer le système de santé américain, comme Trump a déclaré qu’il souhaite le faire, demanderait la coopération du Congrès. Mais quand il s’agit de la grande majorité des décisions qu’il pourrait prendre sur Israël et la région, il n’y a pas de corps législatif ou de branche judiciaire ou d’agence fédérale à l’intérieur du système politique national qui puisse l’en empêcher.

Gérer les relations israélo-américaines

Lorsqu’il s’agit de l’alliance israélo-américaine, beaucoup de proches de Trump affirment qu’il veut réchauffer les relations après huit années difficiles sous la présidence de Barack Obama. « Il sera un grand ami d’Israël, a déclaré le médecin et ancien candidat à la présidence Ben Carson. Le long hiver sera bientôt fini. »

Carson, qui pendant près de 20 ANS a été directeur du service de neurochirurgie pédiatrique à l’hôpital de l’université John Hopkins, était un rival de Trump pendant la primaire. Une semaine après avoir retiré sa candidature en mars 2016, Carson a soutenu le magnat de l’immobilier, affirmant que Trump était « la voix des gens à entendre ».

Les candidats républicains à la présidentielle (de gauche à droite) : le sénateur du New Jersey Chris Christie, le neurochirurgien retraité Ben Carson, le sénateur de Floride Marco Rubio, et l'ancien gouverneur de Floride Jeb Bush arrivent pour le débat présidentiel républicain organisé par Fox News à Des Moines, Iowa le 28 janvier 2016. (Crédit : AFP Jim Watson)

Dans un entretien la semaine dernière, Carson a déclaré que Trump « reconnaît l’importance de la fondation judéo-chrétienne de ce pays et les liens forts que nous avons avec Israël. »

Il a souligné que le nominé républicain « ferait tout ce qu’il peut » pour empêcher l’Iran d’être une puissance nucléaire, pour stabiliser la région et maintenir une relation de confiance entre les deux pays et leurs dirigeants.

Une grande partie de ce que Trump a dit lui-même est en accord avec la description de Carson de l’attitude et de l’approche du candidat sur la gestion des liens bilatéraux. Mais comme sur presque toutes les autres thématiques, Trump a des positions ambigües sur Israël.

Il a non seulement énervé une bonne partie de la communauté pro-Israël en promettant en février d’être une « sorte de personne neutre » dans le conflit israélo-palestinien, mais il a aussi déclaré un mois plus tard qu’il ferait payer Israël pour l’aide militaire, et d’autres alliés comme la Corée du Sud, le Japon et l’Arabie Saoudite. « Il y a de nombreux pays qui peuvent payer, et ils peuvent payer une belle somme », avait déclaré Trump pendant une conférence de presse. Il a depuis fait marche arrière.

« Le prochain président peut faire ce qu’il veut avec [l’accord d’aide militaire]. Il peut l’emporter aux toilettes et s’essuyer avec, s’il en a envie »
Benjamin Wittes

Mais pour un prétendant à la présidence qui a fait voler en éclat d’innombrables prévisions, on peut raisonnablement se demander quelles autres normes pourraient être abandonnées s’il devenait président, y compris le « lien inébranlable » de longue durée des Etats-Unis avec Israël et les engagements qui sont en place entre les deux nations et d’autres.

Après tout, Trump avait suggéré, dans le passé, qu’il pourrait ne pas honorer le devoir des Etats-Unis de l’article cinq de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), défendre un des 28 membres qui serait attaqué. « S’ils remplissent leurs obligations envers nous », avait-il déclaré.

La signature de l'accord d'aide militaire israélo-américain au département d'Etat, le 14 septembre 2016. (Crédit : ambassade israélienne à Washington)

Si Trump, qui s’est déjà montré susceptible, devait être mécontent d’Israël, ce serait en son pouvoir de changer les accords existants, et pas les moindres, comme le nouvel accord sur 10 ans pour 38 milliards de dollars signé entre l’administration Obama et le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, la plus grande aide militaire américaine jusqu’alors. Il n’y a rien d’inscrit dans la loi américaine qui le lie à cela.

« Cet accord est un accord de la branche exécutive avec Israël. Rien d’autre, a déclaré Wittes. Le prochain président peut faire ce qu’il veut avec [l’accord d’aide militaire]. Il peut l’emporter aux toilettes et s’essuyer avec, s’il en a envie. »

Selon l’un des hauts conseillers sur Israël de Trump, David Friedman, un avocat spécialisé dans les banqueroutes, le candidat soutient non seulement l’accord mais est prêt à augmenter le niveau d’aide, si nécessaire. « S’il fallait plus d’argent, il serait très à l’écoute des Israéliens », a déclaré Friedman.

Friedman était l’un des deux conseillers Israël de Trump qui ont publié un document en 16 points la semaine dernière, qui visait à renforcer l’assistance militaire américaine en détaillant un nombre de promesses que les candidats à la présidence américaine font typiquement, comme promettre de rejeter des mesures critiques d’Israël aux Nations unies.

Si le document ne dispose pas de l’approbation officielle de Trump, les conseillers ont déclaré qu’il était principalement basé sur les positions passées du candidat.

L’ambassade à Jérusalem

Il y a dans ce document une promesse que d’autres candidats ont faite mais que personne n’a jamais tenue : déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. La fille de Trump, Ivanka Kushner, qui s’est convertie au judaïsme en 2006, a récemment déclaré la même chose, disant aux électeurs de Floride la semaine dernière que son père déplacerait l’ambassade « à 100 % ».

L’époux d’Ivanka, Jared Kushner, est un proche conseiller de Trump sur une multitude de sujets de campagne, notamment la sélection d’un vice-président. Le New York Times l’a décrit comme un « directeur de campagne de facto ». Il aurait également rédigé le discours de Trump pour la conférence politique de l’AIPAC.

L’un des plus grands partisans de Trump au Congrès, et un de ses plus proches confidents sur les sujets de politique étrangère et de sécurité nationale, le sénateur de l’Alabama Jeff Sessions, a confirmé au Times of Israël que Trump était sérieux sur le déménagement de l’ambassade.

« Il est un grand partisan de Jérusalem comme capitale, et je pense qu’il pourrait très bien voir cela comme une mesure appropriée », a déclaré Sessions, le premier sénateur en poste à avoir officiellement soutenu Trump. « Les déclarations d’Ivanka et de son équipe reflèteraient ses opinions à cet égard. »

Trump a déclaré pendant son discours devant l’AIPAC, et à Wolf Blitzer, de CNN, en mars 2016, qu’il déplacerait l’ambassade, ce qui fera probablement plaisir à Netanyahu.

Quand les deux hommes se sont rencontrés en septembre à Manhattan, quand Netanyahu était à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, la question serait venue dans la discussion. Le bureau de campagne de Trump a publié un communiqué de presse déclarant que le candidat avait dit au Premier ministre que, s’il était élu, il « reconnaîtrait Jérusalem comme capitale indivisible de l’Etat d’Israël. »

Cette position modifierait des années de politique américaine. Les Etats-Unis refusent de reconnaître l’annexion de facto de Jérusalem Est par Israël, et considère que le statut de la ville est une question non résolue qui devrait être déterminé par des négociations entre les parties.

« Le fait est que chaque candidat à la présidentielle qui dit qu’il le fera [reconnaître Jérusalem comme la capitale indivisible d’Israël] ne le fait pas »
Dennis Ross

Certains diplomates chevronnés ont pris la promesse de Trump avec un certain scepticisme. « Le fait est que chaque candidat à la présidentielle qui dit qu’il le fera ne le fait pas, a déclaré Dennis Ross. Ils ont donc manifestement décidé quand ils étaient en poste qu’ils préféraient, sur ce sujet, ne pas avancer et ne pas franchir ce pas. »

Le débat sur la reconnaissance de Jérusalem a été une question délicate des relations israélo-américaines depuis des décennies, puisque Israéliens et Palestiniens revendiquent la ville comme capitale.

En 1995, Newt Gingrich, alors président de la Chambre, avait avancé, via le Congrès, la Loi pour l’ambassade à Jérusalem, qui visait à déplacer l’ambassade américaine en Israël. Mais les présidents Bill Clinton, George W. Bush et Obama ont tous utilisé leur privilège exécutif pour empêcher que cela ne se produise hors du cadre d’un accord sur le statut final.

Si le prochain président devait briser cette tradition, cela aura non seulement un impact délétère sur le rôle de négociateur des Etats-Unis dans le conflit, mais pourrait aussi intensifier l’instabilité de la région, selon Richard Haass, président du Conseil des relations étrangères et ancien assistant spécial du président George H.W. Bush.

« Agir ainsi compliquerait évidemment la capacité des Etats-Unis à travailler avec les Palestiniens, cela poserait des questions à un certain nombre de gouvernements arabes, et cela ferait du conflit israélo-palestinien et de la relation israélo-américaine un sujet central à un moment où cela ne devrait pas être le point d’attention principal de ce que nous faisons au Moyen Orient », a-t-il déclaré.

« Je ne comprends simplement pas pourquoi nous voudrions nous créer un problème [en déménageant l’ambassade] quand nous avons plus bien qu’assez de problèmes que nous ne pouvons pas éviter »
Richard Haass

Haass a affirmé que le prochain locataire de la Maison Blanche devrait plutôt se concentrer principalement sur le programme nucléaire iranien et d’autres activités, l’écroulement des pays arabes, et que faire avec les Kurdes et le groupe terroriste Etat islamique. « Je ne comprends simplement pas pourquoi nous voudrions nous créer un problème quand nous avons plus bien qu’assez de problèmes que nous ne pouvons pas éviter », a-t-il déclaré.

A l’été 2015, peu après avoir annoncé sa candidature, Trump avait organisé une réunion privée avec Haass, qui dirige une association non partisane qui lui interdit de soutenir un candidat. Trump avait précédemment rendu hommage à Haass dans l’émission « Morning Joe » de MSNBC.

« Je respecte Richard Haass, qui est souvent dans votre émission, avait-il dit aux animateurs Joe Scarborough et Mike Brzezinski. Et je l’aime beaucoup. Il y a quelques personnes que j’aime et respecte vraiment. »

Le conflit israélo-palestinien

Pendant toute sa campagne pour la Maison Blanche, Trump a déclaré qu’il « tenterait un super coup d’essai » pour essayer de négocier un difficile accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, même si le programme du parti républicain a pris le parti d’éviter le soutien à une solution à deux états.

Qu’il décide de faire de cet objectif une priorité ou non aurait des conséquences importantes, selon Haass, qui pense que le prochain président ne devrait pas faire de ce sujet un pilier de la politique américaine dans la région.

« Même si vous passez tout votre temps dessus, vous ne résoudrez pas, a-t-il déclaré. Ce n’est pas un sujet qui est mûr pour la résolution. Cela ne signifie pas que vous vous en lavez les mains. Vous voulez évidemment mettre en place certaines règles, pour qu’une mauvaise situation ne dégénère pas. »

« Une solution à deux états n’est pas une priorité. Je ne pense pas qu’il soit lié à une perspective en particulier »
David Friedman

Les conseillers de Trump ont déclaré qu’il n’avait pas encore décidé comment il gèrerait de façon précise le conflit, mais qu’il serait ouvert à de nouvelles idées, y compris en adoptant des options extérieures au cadre de la solution à deux états.

« Il va écouter tout le monde et écouter toutes les solutions, a déclaré Carson, parce qu’il est écrit dans la Bible que ‘dans la multitude de conseillers repose la sécurité’. »

Friedman a affirmé que, pendant ses discussions avec Trump, « une solution à deux états n’est pas une priorité. Je ne pense pas qu’il soit lié à une perspective en particulier. Une solution à deux états est un moyen, mais ce n’est pas le seul. »

Trump s’engagerait dans un dialogue avec les dirigeants israéliens sur le genre d’actions américaines qui seraient les plus favorables à la paix, a déclaré Sessions, qui a souligné que l’homme d’affaires suivrait « une approche réaliste » du conflit et ne serait pas « séduit pas les promesses qui ne seront probablement pas tenues. »

Les proches de Trump ont déclaré qu’il pensait que toute résolution ne pourrait venir que du désir des parties de négocier et de conclure un accord. Mais la manière dont Trump jouerait le rôle de médiateur, si cela devait être le cas, n’est pas claire.

Bien qu’il ait tenté de revenir sur son serment de neutralité, il n’a pas explicitement changé de position. Sur son site internet, une vidéo le montre dire « je veux rester aussi neutre que possible parce que, si vous n’êtes pas quelque part neutre, l’autre partie ne le fera jamais. »

Friedman a affirmé que la déclaration de Trump avait été mal comprise. « Ce dont il parlait vraiment, c’était d’essayer de parrainer des négociations qui auraient lieu sans conditions préliminaires, a-t-il expliqué. C’est ce qu’il voit comme la neutralité, et honnêtement, c’est la position du gouvernement israélien depuis un moment. »

« C’est quelque chose dont Hillary Clinton a fait grand bruit, mais c’était vraiment du bruit basé sur rien, parce qu’être neutre dans les négociations serait une amélioration importante par rapport à ce qu’a fait l’administration Obama – Clinton dans le passé », a ajouté Friedman.

David Friedman, conseiller sur Israël de Donald Trump, pendant un évènement pro-Trump à Jérusalem, le 26 ocotbre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Au début de la présidence Obama, celui-ci avait fustigé Israël pour sa politique d’implantation, et appelé à un moratoire sur la construction en Cisjordanie.

« Quand ils ont approché les négociations israélo-palestiniennes, leur demande était que, avant tout, Israël gèle immédiatement toutes les constructions dans les implantations, unilatéralement, sans rien en retour, a déclaré Friedman. C’est donc un exemple d’absence de neutralité, c’est en faveur des Palestiniens contre les Israéliens. »

Trump n’a pas affirmé publiquement de position sur les implantations, ou sur son orientation à ce sujet. L’opinion la plus répandue dans la communauté de la politique étrangère de Washington est que, pour maintenir en vie l’option de deux états et assurer le futur d’Israël en tant qu’état juif et démocratique, les Etats-Unis doivent essayer de limiter l’activité d’implantations aux blocs principaux qu’Israël devrait garder dans le cadre d’un accord permanent.

Friedman a déclaré que Trump ne « dicterait pas à Israël où il peut ou ne peut pas construire. »

L’accord nucléaire iranien

S’il y a un sujet qui résonne profondément en Israël et sur lequel Trump a été constant, c’est son opposition à l’accord nucléaire iranien. Là où il n’a pas été constant, c’est cependant sur la manière dont il traiterait l’accord s’il était commandant en chef.

Dans le passé, il a déclaré qu’il « démantèlerait » l’accord et qu’il « l’appliquerait » avec vigueur. Selon ceux qui le conseillent, il a maintenant réalisé qu’il devrait agir dans les termes de l’accord historique, mais il n’abandonne pas la possibilité de s’en éloigner.

« Il pense que l’Iran, là où ils sont maintenant, est bien plus puissant qu’avant, et que c’est une conséquence de cet accord », a déclaré au Times of Israël la semaine dernière John Barrasso, sénateur du Wyoming. « Il pense qu’ils sont sur la voie d’une arme nucléaire, et que, avec cet accord, le monde est moins sûr et moins stable qu’il ne l’était auparavant. »

Barrasso était le président du comité du programme du Parti républicain cet été. Ce programme affirme clairement qu’un président républicain « ne sera pas lié » par l’accord, et jure de « garder toutes les options » dans les négociations avec l’Iran.

Dennis Ross à la conférence Zionism 3.0 à Palo Alto, Californie, le 18 septembre 2016. (Crédit : Michelle Shabtai)

La perspective d’un retrait américain de l’accord est une source de préoccupation pour un certain nombre d’experts et d’anciens diplomates qui ont travaillé de près sur le sujet. S’il s’en retirait, il placerait les Etats-Unis « dans une position où il nous isole nous, et pas les Iraniens, a déclaré Ross. Le problème qu’il a, c’est que ce n’est pas un accord bilatéral. C’est un accord multilatéral. C’était une négociation P5+1, et les cinq autres ne vont pas le déchirer. »

A moins que les Iraniens ne violent grossièrement les termes de l’accord, et que les Etats-Unis interrompent leurs engagements, cela « encouragerait les Iraniens à simplement fuir leurs propres engagements et, en toute probabilité, ils commenceraient à reconstruire leurs installations nucléaires sans attendre que les Européens n’appliquent les pénalités, puisque les Etats-Unis auraient été le premier pays à revenir sur leur parole », a expliqué Suzanne Maloney, vice-directrice du programme de politique étrangère à Brookings et experte de l’Iran.

« C’est un sujet vraiment complexe pour n’importe quel président américain, a-t-il ajouté. Il est difficile d’imaginer, en se basant sur la manière dont Trump a géré sa campagne, qu’il serait particulièrement habile là-dessus. »

Bien que les membres de son équipe suggèrent que Trump ne prévoit pas de « déchirer » l’accord ou d’essayer de le « renégocier », comme il disait qu’il le ferait, ils n’excluent pas non plus cette possibilité.

« M. Trump a beaucoup d’objections à cet accord, il n’a pas déclaré qu’il tenterait de l’annuler en devenant président, mais il compte le surveiller très, très étroitement, a souligné Sessions. Vous savez, vous devenez président et vous avez alors accès à des renseignements classifiés et aux meilleurs conseils. Je ne pense pas qu’il ait indiqué qu’il rejetterait catégoriquement [l’accord] au début de sa présidence. Je ne pense pas que cette possibilité ait été éliminée, mais il a indiqué qu’il le surveillerait avec attention. »

Pendant ses conversations avec Trump, Friedman a raconté que l’ancienne star de téléréalité sous-entendait qu’il pensait que « le démanteler serait très contre-intuitif pour l’instant. »

« Nous avons donné à l’Iran tout ce qu’il voulait, et maintenant tout ce qu’il reste de l’accord, c’est que l’Iran nous doit neuf années de paix »
David Friedman

« Nous avons donné à l’Iran tout ce qu’il voulait, et maintenant tout ce qu’il reste de l’accord, c’est que l’Iran nous doit neuf années de paix, a déclaré Friedman. Donc nous voulons être séparés de tout ce dont nous nous sommes déjà séparés, cela n’a presque aucun sens de ne pas au moins tirer partie de cette fenêtre de neuf ans, en supposant que l’Iran se conforme vraiment » à l’accord.

L’une des stratégies de campagnes de Trump est d’exploiter l’impopularité de l’accord et d’en attribuer la responsabilité à Clinton, qui a travaillé à la création des conditions de la mise en place des négociations quand elle était au département d’Etat.

« Vous avez commencé l’accord iranien, c’est une autre beauté, ils étaient sur le point de tomber », a dit Trump à Clinton pendant le premier débat, en faisant allusion aux pressions sur le régime de Téhéran exercées par les sanctions financières et pétrolières imposées par les Etats-Unis. « Ils étouffaient sous les sanctions, et maintenant ils vont probablement devenir une puissance importante. »

« C’est l’un des pires accords jamais signés par un pays dans l’Histoire, a-t-il ajouté. J’ai rencontré Bibi Netanyahu l’autre jour. Croyez-moi, il n’en est pas heureux. »

L'ancienne sous-secrétaire d'Etat aux Affaires politiques, Wendy Sherman, à Jérusalem, le 22 février 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube/Ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv)

Le discours et le manque de précisions de Trump sur la manière dont il gèrera la menace nucléaire iranienne lui ont attiré le mépris de Wendy Sherman, ancienne sous-secrétaire d’Etat aux Affaires politiques, et négociatrice principale de l’accord. « Vous savez, l’accord iranien n’est pas parfait, a-t-elle déclaré. Aucun accord n’est parfait, mais il a empêché l’Iran d’obtenir une arme nucléaire, de projeter une puissance immense sur la région, et des actions de dissuasion pour assurer la sécurité d’Israël. »

Sherman, qui fait partie des plus proches conseillers en politique étrangère de Clinton, pense que l’un des dangers posés par le candidat républicain est qu’il ne comprend pas la complexité du problème posé par l’Iran, et les choix réellement disponibles pour y faire face.

« Donald Trump n’a aucune idée de ce que sont les options ou de comment il agirait là-dessus, a déclaré Sherman. La seule chose qu’il dit aux gens, c’est qu’il va le rendre meilleur. Il n’a jamais dit à personne comment, parce qu’il ne sait vraiment pas comment. »

Trump, l’homme

Depuis le lancement de sa campagne, Donald Trump a rendu le monde perplexe. Son improbable ascension politique sera certainement étudiée pendant les années à venir, les analystes tenteront d’identifier comment il a pu captiver une si large portion de l’électorat américain. Si son intérêt vient de quelque part, c’est moins de ses politiques que de sa personnalité.

Hillary Clinton, comme la plupart des autres détracteurs de Trump, attaque constamment son « caractère » et sa « capacité » à être président. « Un homme que l’on peut appâter avec un tweet n’est pas un homme à qui l’ont peut faire confiance avec des armes nucléaires », a-t-elle souvent dit pendant la campagne.

Quand il s’agit d’Israël en particulier, Clinton adresse ses reproches plus explicitement à sa fiabilité, ou à son manque de fiabilité. « Nous avons besoin de mains fermes », a-t-elle dit à un public de 18 000 personnes pendant la conférence politique de l’AIPAC de cette année, « pas d’un président qui dit qu’il sera neutre le lundi, pro-Israël le mardi, et on ne sait quoi le mercredi, parce que tout est négociable. »

Certes, les présidents changent souvent leur approche sur certains sujets au fil des années, et il y a toujours un fossé entre le candidat et le président, selon Haass. « Etonnamment, ceux qui font campagne pour être président disent des choses dont ils pensent qu’elles augmentent leurs chances d’être élus, a-t-il déclaré sur un ton pince-sans-rire. Il y a toujours une différence fondamentale entre la campagne et le pouvoir. »

« Dans l’ensemble, il y a toujours beaucoup d’évolution. Les gens changent quand ils sont dans le Bureau ovale, a-t-il ajouté. Il y a brusquement de nouvelles menaces, ou de nouvelles opportunités à traiter. Beaucoup dépend de l’équipe dont ils se sont entourés. »

Les campagnes réussies reflètent cependant souvent la présidence qui s’ensuit. Michael Krukones, professeur au Bellarmine College, a écrit un livre, Promises and Performance (Promesses et Performance), dans lequel il a étudié tous les présidents de Woodrow Wilson à Jimmy Carter. Il a montré qu’ils avaient rempli presque 73 % de leurs promesses. Selon Politifact, qui vérifie la véracité des faits et a remporté le prix Pulitzer, Obama a tenu 45 % de ses promesses et a fait des compromis sur 26 % d’entre elles, soit un total de 71 %.

Le facteur complexifiant pour un Trump président sur Israël, est qu’il a fait de nombreuses promesses contradictoires.

« Où que j’aille dans le monde, les gens me disent ‘à quoi est-ce que vous pensez ?’ »
Wendy Sherman

« Nous n’avons aucune idée de ce qu’il pense vraiment, parce qu’il n’a pas de bilan. Il est totalement incohérent. Pouvez-vous imaginez, si quelqu’un l’énerve et qu’il tweete à 3h00 du matin, et que tout d’un coup nous nous trouvons sur la voie d’une guerre nucléaire ? Où que j’aille dans le monde, les gens me disent ‘à quoi est-ce que vous pensez ?’ C’est vraiment, vraiment terrifiant de penser que sa main puisse être sur ces codes », a déclaré Sherman.

L’image est souvent mise en avant par le camp Clinton, et est très étudiée par d’autres, qui tentent d’évaluer comment Trump pourrait agir s’il devait atteindre les pouvoirs stupéfiants du plus haut poste du pays. « C’est l’une des raisons pour laquelle la stabilité mentale du président est généralement considérée comme une qualité », a déclaré Wittes.

Quand il s’agit de la relation entre les Etats-Unis et Israël, il n’est pas évident de savoir ce qu’il pourrait se produire si le 45e président des Etats-Unis était Donald Trump. Selon ses proches, l’alliance serait renforcée par sa vision d’affirmation de la puissance américaine et de travail avec les Israéliens pour combattre le terrorisme mondial.

« Je pense que vous verrez une armée renforcée, une politique de paix par la force, et que cela vaincrait vigoureusement et agressivement ceux qui menacent les Etats-Unis et ses intérêts importants, a déclaré Sessions. Le résultat de cette approche de la politique extérieure renforcerait la relation entre Israël et les Etats-Unis. Je pense donc que la relation israélo-américaine serait bien plus honnête, bien plus directe, et bien plus forte sous une administration Trump. »

D’autres sont moins convaincus. L’ambassadeur Richard Schifter, survivant de l’Holocauste qui a été secrétaire d’Etat adjoint aux Droits de l’Homme et aux Affaires humanitaires dans les administrations Bush et Reagan a déclaré que « sa présidence serait une situation périlleuse pour Israël, parce qu’Israël ne pourrait pas se fier à ce qu’il pourrait faire ou ne pas faire. Et Israël, comme une grande partie du monde, s’appuie en grande partie sur les Etats-Unis. »

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L’AP menace les Etats-Unis si l’ambassade est déplacée à Jérusalem

Selon l’ambassadeur de l’ONU, Ramallah utilisera tous les moyens diplomatiques à sa disposition si Trump tient sa promesse

Riyad Mansour, ambassadeur de l'Autorité palestinienne auprès des Nations unies, à droite, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Kim Haughton/Nations unies)

Riyad Mansour, ambassadeur de l’Autorité palestinienne auprès des Nations unies, à droite, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Kim Haughton/Nations unies)

Se vantant des différents outils à la disposition des Palestiniens aux Nations unies contre les Etats-Unis, Riyad Mansour a déclaré qu’il pourrait rendre la vie des diplomates américains « misérable » pour se venger de ce geste.

« S’ils essaient de nous attaquer en déplaçant l’ambassade à Jérusalem, ce qui est une violation des résolutions du Conseil de sécurité et une violation de la résolution 181 (…), cela signifie qu’ils montrent de la belligérance à notre égard », a déclaré Mansour pendant un événement parrainé par la Jerusalem Fund Fondation qui avait lieu vendredi à Washington.

« Je ne peux peut-être pas obtenir de résolution du Conseil de sécurité (en raison du veto américain), mais je peux rendre leurs vies misérables tous les jours en précipitant un veto sur mon admission en tant qu’état membre », a-t-il déclaré.

« Personne ne devrait nous accuser pour libérer toutes les armes que nous avons aux Nations unies pour nous défendre, et nous avons beaucoup d’armes aux Nations unies », a ajouté Mansour.

Ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)

Pendant la campagne, Trump et ses représentants ont déclaré que Jérusalem était la capitale indivisible d’Israël, et ont promis d’y déplacer l’ambassade, une promesse qui a été faite par plusieurs candidats américains, mais n’a jamais été tenue.

Depuis qu’il a remporté l’élection, le président élu a commencé à signaler une possible marche arrière sur ses positions sur Israël.

Jeudi, un conseiller de Trump a déclaré qu’il ne déplacerait l’ambassade qu’en cas de « consensus », et le lendemain, Trump lui-même a dit au Wall Street Journal que sa priorité serait de résoudre le conflit israélo-palestinien, défiant les prédictions selon lesquelles il aurait une approche moins interventionniste que l’administration actuelle.

Mansour a également douté que Trump tienne sa promesse, notant que d’autres candidats américains ont déjà promis de déplacer l’ambassade à Jérusalem, mais ne l’ont pas fait.

 

« Ce que vous faites quand vous êtes en campagne est une chose, mais quand vous devez vous occuper de la légalité, c’est autre chose », a-t-il déclaré.

Le Congrès américain a voté en 1995 une loi pour déplacer l’ambassade à Jérusalem, mais a permis une exemption au président. Chaque président a depuis exercé ce droit d’exemption au nom des intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, malgré les promesses de campagne répétées.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se prononce sur une résolution en faveur d'un Etat palestinien, le 30 décembre 2014. La résolution a été rejetée. (Crédit : ONU/Evan Schneider)

Faisant référence aux mesures contre Israël aux Nations unies que les Palestiniens auraient retenues à la demande du président américain Barack Obama afin de maintenir la viabilité d’une solution négociée, Mansour a indiqué que Ramallah prendrait une approche plus dure.

« Vous montrez de la belligérance à mon égard, alors je fais tout ce que je peux. Je peux avoir des réunions d’urgence du Conseil de sécurité, je peux rouvrir toute la boîte de Pandore du jugement de la Cour de justice internationale sur le mur », a-t-il déclaré, faisant référence à la barrière de sécurité israélienne.

Mansour a affirmé qu’il travaillait par des moyens légaux, alors que la prochaine administration américaine violerait le droit international en agissant contre plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui ont affirmé que l’annexion de Jérusalem Est par Israël était illégale.

Le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

En novembre, Trump avait dit à Netanyahu que s’il était élu, « une administration Trump accepterait finalement le mandat du Congrès (de 1995) qui reconnaît Jérusalem comme la capitale indivisible de l’Etat d’Israël. »

Pendant la campagne, Trump a déclaré que Jérusalem était « la capitale éternelle » d’Israël, et qu’il était à « 100 % pour » y déplacer l’ambassade.

Plusieurs politiques israéliens, dont le maire de Jérusalem Nir Barkat, ont saisi l’opportunité de la victoire de Trump pour lui demander de tenir ses promesses, ce qui briserait une politique américaine de longue date.

Cependant, Walid Phares, l’un des conseillers en politique étrangère de Trump, a signalé jeudi que Trump pourrait ne pas déplacer immédiatement l’ambassade américaine à Jérusalem.

Phares a déclaré à la BBC que même si Trump s’était engagé à déplacer l’ambassade, comme l’ont promis d’autres, il ne le ferait pas unilatéralement.

« Beaucoup de présidents des Etats-Unis se sont engagés à faire cela, et il a lui aussi déclaré qu’il le ferait, mais il le fera dans le cadre d’un consensus », a déclaré Phares.

Phares n’a pas évoqué quel consensus devrait être atteint pour la réalisation de cette initiative, qui romprait avec des décennies de précédents et placerait Washington en porte à faux avec presque tous les états-membres des Nations unies.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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