L’OCI & la Ligue arabe rejettent le plan de paix US de Trump, avec l’appui de la Russie. La Turquie fulmine…

L’OCI rejette le plan de paix de Trump : L’organisation panislamique a appelé ses membres à “ne pas coopérer de quelque manière que ce soit avec les efforts de l’administration américaine pour faire appliquer” le plan

Pour Jared Kushner, ils ont tord et le gendre de Trump prédit un développement des implantations jusqu’au point de non-retour. Sans plan, “Israël continuera à se développer à ce rythme et il n’y aura pas d’opportunité pour créer un État palestinien”, a déclaré le gendre du président américain

Drapeau de l'Organisation de la coopération islamique (Crédit : domaine public Wikimedia commons)

Drapeau de l’Organisation de la coopération islamique (Crédit : domaine public Wikimedia commons)

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) « rejette » le plan du président américain Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien, a déclaré lundi cet organisme panislamique à l’issue d’une réunion extraordinaire à Jeddah en Arabie saoudite.

« Ce plan américano-israélien (…) ne répond pas aux aspirations minimales et aux droits légitimes du peuple palestinien », a fustigé un communiqué de l’OCI qui compte 57 membres dont l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie et représente « plus de 1,5 milliard de musulmans à travers le monde ».

L’OCI a insisté sur « le droit de l’Etat de Palestine à la souveraineté sur toutes les terres palestiniennes occupées en 1967, y compris Jérusalem-Est » et sur « son ferme engagement en faveur de la solution à deux Etats ».

L’organisation panislamique a aussi appelé ses membres à « ne pas coopérer de quelque manière que ce soit avec les efforts de l’administration américaine pour faire appliquer » le plan.

Parmi les membres de l’OCI, figurent d’importants alliés arabes des Etats-Unis, notamment les pays du Golfe comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar qui n’ont pas directement attaqué le plan américain, contrairement à l’Iran et la Turquie.

Samedi, la Ligue arabe a également rejeté le plan du président américain le qualifiant d’ »injuste » envers les Palestiniens.

 

Après son rejet du plan de paix, Washington déplore l’approche de la Ligue arabe

Un haut-responsable affirme que le sort des Palestiniens ne changerait pas si l’instance, formée de 22 pays arabes, ne modifiait pas ses méthodes

Le président américain Donald Trump aux côtés de son conseiller Jared Kushner, à gauche, au cours d'une réunion à la Maison Blanche, le 13 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le président américain Donald Trump aux côtés de son conseiller Jared Kushner, à gauche, au cours d’une réunion à la Maison Blanche, le 13 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Un haut-responsable américain a fustigé, samedi, le rejet par la Ligue arabe du plan de paix de Trump qui a été récemment révélé, estimant dans une déclaration qu’un tel positionnement ne bénéficiait pas à la population palestinienne.

« C’est seulement en affichant la volonté de tenter une nouvelle approche que nous parviendrons à avancer dans un conflit qui entraîne depuis des décennies les souffrances des Palestiniens », a écrit cet officiel de l’administration dans un communiqué.

« Les résolutions passées adoptées par la Ligue arabe ont apaisé les autorités palestiniennes et elles n’ont mené ni à la paix, ni aux progrès et il est important d’essayer une nouvelle approche, sous peine de ne changer en rien le sort des Palestiniens ».

Ces propos de Washington ont été tenus après le vote à l’unanimité par la Ligue arabe, réunie samedi au Caire à la demande de l’Autorité palestinienne, du rejet de la proposition controversée du président Donald Trump sur la paix au Moyen-Orient.

L’instance a qualifié le plan « d’injuste » à l’égard des Palestiniens.

Le responsable a tenté de mettre en exergue les « remarques positives » faites par certains ministres des Affaires étrangères arabes qui n’ont pas immédiatement rejeté la proposition dans des discours prononcés avant le vote unanime repoussant totalement le plan.

« Il est important… d’adopter un positionnement constructif, un positionnement réaliste et une stratégie positive qui iront au-delà de la simple condamnation », a dit le ministre d’Etat aux Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anwar Gargash, selon Arab News, site d’information basé à Ryad.

Toutefois, la Ligue arabe, bloc pan-arabe de 22 pays, a déclaré dans un communiqué émis samedi qu’elle « rejette ‘l’Accord du siècle’ américano-israélien, considérant qu’il ne prend pas en compte les droits et aspirations minimaux des Palestiniens ».

Les chefs arabes ont également promis de « ne pas coopérer avec l’administration américaine pour mettre en oeuvre ce plan ».

La Ligue a aussi averti qu’Israël devait s’abstenir de passer unilatéralement à l’acte en ce qui concerne les dispositions contenues dans le plan – en référence à l’intention déclarée de l’Etat juif de procéder à l’annexion dans les meilleurs délais.

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Kushner prédit un développement des implantations jusqu’au point de non-retour

Sans plan, “Israël continuera à se développer à ce rythme et il n’y aura pas d’opportunité pour créer un État palestinien”, a déclaré le gendre du président américain

Jared Kushner lors d'une interview télévisée aux abords de la Maison Blanche à Washington, le 29 janvier 2020 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Jared Kushner lors d’une interview télévisée aux abords de la Maison Blanche à Washington, le 29 janvier 2020 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Samedi, le haut conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner a déclaré que si les responsables palestiniens n’acceptent pas de travailler avec le plan de paix récemment dévoilé par l’administration Trump, les implantations israéliennes continueront à se développer, rendant impossible la création d’un État palestinien.

« Depuis de nombreuses années, Israël s’est élargi alors qu’il y avait des négociations mais qu’il n’y a pas eu de résolution au confit », a déclaré Kushner au journaliste égyptien Amr Adeeb lors d’un entretien sur le programme El-Hakaya

Kushner, qui était l’un des principaux architectes derrière le plan Trump, a déclaré que les Etats-Unis travaillaient à obtenir un accord avec Israël. L’accord permettrait de reconnaître la souveraineté israélienne sur plusieurs zones de la Cisjordanie, permettant ainsi à Jérusalem de faire avancer les projets d’annexion.

Kushner a dit à El-Hakaya que l’accord selon lequel les Etats-Unis reconnaîtront la terre israélienne en Cisjordanie « prendra quelques mois » au cours desquels les deux camps surveilleront « chaque centimètre » du territoire.

« C’est la terre que [les Israéliens] ne vont jamais abandonner parce qu’ils ont des gens là-bas, a déclaré Kushner, clarifiant que la reconnaissance serait « en échange pour qu’eux [Israéliens] cessent de s’agrandir ».

« Parce que je vais dire cela… si nous ne faisions pas cela, Israël continuera à se développer à ce rythme et il n’y aura pas d’opportunité pour créer un État palestinien », a-t-il affirmé.

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Le Kremlin critique le plan de paix Trump, doute de sa viabilité

Un porte-parole a émis des critiques sur la proposition de l’administration Trump pour la paix israélo-palestinienne

Dmitry Peskov, attaché de presse du Président de la Fédération de Russie. (Wikipedia / Kremlin Press Secretary)

Dmitry Peskov, attaché de presse du Président de la Fédération de Russie. (Wikipedia / Kremlin Press Secretary)

« Il y a tout un ensemble de résolutions respectives du Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré dimanche Dmitry Peskov aux médias russes.

« Il est évident que certains points de ce plan ne sont pas en totale conformité avec les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ».

« Cela soulève certainement des doutes sur sa viabilité ».

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Plan Trump: « Jérusalem n’est pas à vendre », s’emporte Erdogan

Le président turc, ardent défenseur de la cause palestinienne, avait jugé que ce plan, qui présente Jérusalem comme la “capitale indivisible d’Israël”, était “inacceptable”

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un rassemblement pro-palestinien à Istanbul, le 18 mai 2018 (Crédit :  AFP Photo/Ozan Kose)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un rassemblement pro-palestinien à Istanbul, le 18 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Ozan Kose)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré jeudi que Jérusalem s’était « pas à vendre » à propos du plan de paix pour le Proche-Orient présenté mardi par son homologue américain Donald Trump.

« Ils parlent de ‘l’accord du siècle’? Quel accord ? C’est un projet d’occupation », s’est exclamé M. Erdogan à Ankara. « Jérusalem est notre ligne rouge (…) Jérusalem n’est pas à vendre », a-t-il ajouté.

« Personne ne devrait essayer de dire sans vergogne +nous vous donnerons quelque chose et vous nous laisserez cela+ », a poursuivi le président turc.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a évoqué « l’accord du siècle » à propos du plan de Donald Trump, lors d’une rencontre jeudi à Moscou avec le président russe Vladimir Poutine.

M. Erdogan, ardent défenseur de la cause palestinienne, avait jugé mercredi que ce plan, qui présente notamment Jérusalem comme la « capitale indivisible d’Israël », était « absolument inacceptable ».

Jérusalem est un point de friction dans les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, déjà très tendues sur de nombreux dossiers internationaux.

Les dirigeants turcs avaient critiqué avec virulence l’initiative du président Trump qui avait reconnu en 2017 Jérusalem comme la capitale de l’Etat d’Israël, et y avait déplacé l’ambassade américaine.

 

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