Proche-Orient : un point sur le piège syrien avant le début des frappes…

Mise à jour du vendredi 30/08 : Les députés britanniques ont voté contre l’opération en Syrie.  Les Etats-Unis pourraient agir seuls contre le régime syrien, a annoncé jeudi la Maison Blanche. De son côté, la Grande-Bretagne a annoncé qu’elle ne participera pas à l’opération, après le rejet jeudi soir par le parlement de la motion présentée par le Premier ministre David Cameron qui défendait le principe d’une intervention militaire en Syrie.

Mise à jour du jeudi 29/08 : Barack Obama a déclaré mercredi ne pas avoir pris de décision sur une éventuelle intervention en Syrie, mais évoqué un « coup de semonce », tandis que Londres a dit vouloir attendre l’enquête de l’ONU sur l’attaque chimique du 21 août. Les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU ont affiché de leur côté leurs désaccords sur une résolution justifiant une offensive militaire en Syrie. « Je n’ai pas encore pris de décision » sur une action en Syrie, a indiqué le président des Etats-Unis sur la télévision PBS.

 Les va-t-en guerre semblent s’essoufler. Le Pape a désapprouvé l’intervention en Syrie, néfaste aux chrétiens du PO. L’alerte médiatico-occidentale semble faire PSCHITT ! (tant mieux…?)  

 

Nous nous orientons sur des frappes ciblées et symboliques, à haute valeur médiatique plus qu’à un conflit de pleine ampleur…sauf si les acteurs, en réaction, en décident  autrement…

 

  • L’opération militaire en Syrie débutera probablement dans la nuit de jeudi à vendredi et durera trois joursUn responsable de l’administration, qui est impliqué dans les préparatifs militaires, a déclaré dans un entretien avec le New – York Times « que l’attaque sera dirigée en première étape contre cinquante cibles militaires, y compris des bases de l’armée de l’air syrienne, afin de détruire les hélicoptères ainsi que le siège de l’armée syrienne. »
  • Une telle attaque venant de la mer se fera  probablement par l’un des quatre destroyers américains naviguant dans la mer Méditerranée. Chacune des destroyers est équipés avec des dizaines de missiles Tomahawk qui peuvent être lancés à partir d’une distance de sécurité de 1.600 miles. En outre, il a été publiée hier selon  les évaluations des médias américains que, parallèlement  aux destroyers, il existe également des sous-marins d’attaque capables de tirer des missiles Tomahawk sur des cibles à l’intérieur de la Syrie.
  • Moscou, principal allié de la Syrie, a appelé la communauté internationale à la « prudence », soulignant qu’une intervention militaire aurait des conséquences « catastrophiques » pour la région.
  • L’allié iranien de Bachar al-Assad met en garde Washington. un haut commandant des forces armées iraniennes, le commandant Massoud Jazayeri, menace de «dures conséquences» les Américains s’ils décidaient à franchir la «ligne rouge» en Syrie.   Dans une interview à l’ Agence de Presse « Fars » , un dirigeant iranien a confirmé que la Syrie se prépare depuis trois ans dans différents scénarios d’attaque, et a envoyé un message sans équivoque à Israël: «l’entité sioniste brûlera dans le feu de la guerre, et les voisins prendront également part au conflit. Selon une source militaire syrienne, toute attaque militaire contre la Syrie mènerait à une douloureuse riposte contre Israël: « Nous allons attaquer Tel Aviv en cas d’attaque sur Damas », at-il dit. « Soyez assuré que si la Syrie est attaquée, Israël sera mis a feu et une telle attaque engagera, en retour, les voisins de la Syrie, » a-t-il ajouté.
  • Le régime syrien lui-même a martelé que son pays se défendrait en cas de frappe. « Nous avons deux options : soit nous rendre, soit nous défendre (…). La seconde alternative est la meilleure », a affirmé le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem, ajoutant : « Nous avons des moyens de défense qui vont surprendre. » Selon lui, une intervention militaire « servira les intérêts d’Israël et en deuxième lieu du Front el-Nosra », groupe armé jihadiste combattant avec les rebelles et qui a prêté allégeance à el-Qaëda. Il a en outre « défié » ceux qui veulent frapper la Syrie « de montrer ce qu’ils ont comme preuves » concernant un éventuel usage d’armes chimiques par le régime.

Israël…

  • Pendant ce temps, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenu aujourd’hui des consultations avec le chef de la sécurité du campus du personnel et le ministre de la Défense. Netanyahu a annoncé après la réunion qu’«Israël est prêt pour n’importe quel scénario. Nous ne faisons pas partie de la guerre civile en Syrie, mais si nous détectons une tentative de nous nuire, nous allons répondre et réagir fortement. »
  • Israël ne croit pas à la stratégie américaine en Syrie. Le gouvernement n’a aucune confiance dans l’administration Obama et estime que des frappes aériennes annoncées à l’avance ne seront pas efficaces contre une armée dispersée dans les villes. Il craint d’être entraîné dans un conflit dont il ne voit pas l’intérêt. Les Israéliens ne veulent en aucun cas participer à une action militaire contre la Syrie et ils préfèrent garder «un profil bas», selon les termes d’un ministre. Les Israéliens ne voient pas le contour précis d’une opération qui risque au final de favoriser les rebelles djihadistes au détriment des rebelles dits «modérés». Par ailleurs, Israël n’a rien à reprocher au régime syrien de Hafez el-Assad et de son fils Bachar, qui ont maintenu une situation de de paix froide depuis 1973, puisqu’aucun coup de feu n’a été tiré à travers la frontière syrienne. Israël a donc décidé de rester en dehors d’une action vouée, selon lui, à l’échec et préfère choisir le jour et le lieu de son intervention s’il estime que sa sécurité est en jeu. Le problème syrien prouve, après le problème nucléaire iranien, l’écart de plus en plus croissant entre les positions israélienne et américaine dans la stratégie géopolitique et militaire au Moyen-Orient.
  • Le régime syrien a également mis en garde les Etats-Unis et les autres pays occidentaux que si la Syrie s’affaiblit, certains groupes irresponsables seront formés qui mettront en danger la sécurité d’Israël. « Par conséquent, l’affaiblissement du gouvernement central de Damas verra réellement le début d’attaques croissantes contre Israël et créera l’insécurité pour ce régime, »… »Ainsi, une attaque américaine contre la Syrie entraînera des attaques fréquentes contre Israël, et pas seulement par Damas et ses alliés en représailles, mais par des groupes extrémistes qui trouveront un terrain pour l’organisation de leurs aspirations, »…
  • Israël semble donc bien se préparer à la guerre, selon le quotidien libanais as-Safir. « Alors que les Etats-Unis ont changé de ton sur le dossier syrien, Israël a endossé l’uniforme militaire », écrit l’éditorialiste Helmi Moussa. Selon lui, l’Etat hébreu veut, aujourd’hui plus que jamais, une opération militaire américaine qui dépasse les frontières de la Syrie pour toucher l’Iran. Car selon l’Etat hébreu, une intervention militaire en Syrie pourrait pousser certaines parties à mener des attaques de représailles (contre Israël), que ce soit à partir de la Syrie, du Liban ou même de l’Iran. Dans ce contexte, Israël regarde vers une frappe américaine (en Syrie) qui pousserait les Iraniens à craindre une opération militaire visant son programme nucléaire.

La France…