Juifs VS Chrétiens en terre promise… mais à qui ?

A Haïfa, Herzog et Shabtaï condamnent les attaques contre la communauté chrétienne

Le président et le chef de la police se disent déterminés à lutter contre ces incidents ; le dernier a eu lieu sur un site catholique à Haïfa où des Juifs ont tenté d’entrer pour prier

Le commissaire de police israélien Kobi Shabtai (G), le président Isaac Herzog (C) et le patriarche latin Pierbattista Pizzaballa au monastère Stella Maris à Haïfa, le 9 août 2023. (Crédit : Kobi Gideon/ GPO)

Dans le cadre de ses récents efforts pour sensibiliser le public à la question de la sécurité de la communauté chrétienne d’Israël, le président Isaac Herzog s’est rendu au monastère Stella Maris de Haïfa pour y rencontrer des dirigeants chrétiens.

« Ces derniers mois, nous avons assisté à des phénomènes extrêmement graves dans la manière dont sont traités les membres des communautés chrétiennes de Terre sainte, nos frères et sœurs, les citoyens chrétiens, qui se sentent attaqués dans leurs lieux de prière et leurs cimetières, dans la rue », a déclaré Herzog devant le monastère carmélite datant du 19e siècle.

« C’est tout à fait inacceptable à tous points de vue », a déclaré le président.

Si des actes de vandalisme et de harcèlement à l’encontre du clergé chrétien dans la Vieille Ville de Jérusalem se produisent périodiquement depuis longtemps, les attaques se sont multipliées au cours des derniers mois.

Rappelant la tradition juive selon laquelle le monastère de Haïfa abrite également la tombe du prophète Elisée, des membres de la branche hassidique de Breslev se sont présentés au complexe catholique pour tenter d’y prier, ce qui a donné lieu à un certain nombre d’altercations physiques.

La communauté catholique locale a commencé à ériger une clôture autour de la propriété pour la protéger. Des personnes se rassemblent au monastère Stella Maris dans la ville de Haïfa, au nord d’Israël, à la suite de manifestations de juifs ultra-orthodoxes affirmant que l’église se trouve sur la tombe d’Elisha le prophète, le 18 juin 2023. (Crédit : Flash90)

« Nous devons éradiquer ce phénomène », a déclaré Herzog, en faisant référence aux attaques contre les chrétiens et leurs lieux saints dans tout le pays.

Herzog était accompagné, pour une discussion au monastère avec les chefs des communautés chrétiennes d’Israël, par le chef de police Kobi Shabtaï, qui a déclaré que la police « entreprend des opérations créatives pour éradiquer tous ces petits phénomènes, ces phénomènes qui affectent les sentiments de chacun. Nous sommes ici pour vous procurer un sentiment de sécurité ».

Shabtaï a déclaré que ses forces feraient tout ce qui est nécessaire sur le terrain pour protéger les chrétiens. (De gauche à droite) L’abbé de Stella Maris Père Jean Joseph Bergara, le président Isaac Herzog, le commissaire de police Kobi Shabtai, et le patriarche latin Pierbattista Pizzaballa au monastère Stella Maris à Haïfa, le 9 août 2023. (Crédit : Kobi Gideon/ GPO)

Assis en face de Herzog et Shabtaï, le patriarche orthodoxe grec Théophile III a déclaré en anglais : « Nous avons besoin de paix. Nous promouvons les valeurs de la Bible. Nous promouvons les valeurs du respect mutuel et de la liberté de culte ».

S’exprimant en hébreu, l’archevêque latin Pierbattista Pizzaballa a remercié la police d’avoir agi et le président d’avoir donné la priorité à la sécurité des communautés chrétiennes.

« Nous devons travailler ensemble pour encourager le dialogue entre nous, la solidarité entre nous et la fraternité entre nous », a déclaré Pizzaballa. Le commissaire de la police israélienne Kobi Shabtai (à gauche) et le commandant du district de Jérusalem Doron Turgeman lors d’une évaluation de la sécurité à Jérusalem, le 31 mars 2023. (Crédit : Police israélienne).

« Nous croyons tous en un seul Dieu », a déclaré Herzog.

« Nous sommes tous les fils du même Dieu », a répondu Pizzaballa.

La police israélienne, qui a été critiquée pour son incapacité à éradiquer le phénomène, a récemment manifesté un regain d’intérêt pour le problème.

Mardi, le commandant de la police du district de Jérusalem, Doron Turgeman, et le commandant du commissariat de la Vieille Ville, Avi Cohen, ont rencontré des dirigeants chrétiens dans la capitale. Cohen a présenté les mesures prises par la police pour lutter contre les attaques contre le clergé dans la Vieille Ville.

Selon la police, 16 enquêtes ont été ouvertes cette année et 21 arrestations et détentions ont été effectuées en lien avec des attaques contre des chrétiens. Des prêtres de l’Eglise arménienne assistent aux prières du dimanche des Rameaux dans l’église du Saint-Sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 5 avril 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Nous sommes conscients du problème et nous le gérons avec tous les outils dont nous disposons », a déclaré Turgeman. « J’ai demandé au commissariat de la [Vieille Ville] de concentrer ses activités opérationnelles manifestes et secrètes sur toute personne qui commet des crimes de haine, des actes de vandalisme et des violences de toute nature contre des institutions religieuses et des religieux chrétiens, y compris dans la vieille ville de Jérusalem. »

En juillet, Herzog s’est prononcé pour la première fois avec force en public contre les attaques croissantes contre les chrétiens en Israël, en particulier à Jérusalem, les qualifiant de « véritable honte ».

« Je condamne totalement la violence, sous toutes ses formes, dirigée par un petit groupe extrémiste contre les lieux saints de la foi chrétienne et contre le clergé chrétien en Israël », a déclaré Herzog lors d’une cérémonie commémorative en l’honneur du visionnaire sioniste Theodor Herzl.

« Cela inclut les crachats et la profanation de tombes et d’églises », a-t-il ajouté, notant que le phénomène s’est accru « au cours des dernières semaines et des derniers mois en particulier ». Le mot « vengeance » graffé en hébreu sur un mur du quartier arménien de la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 janvier 2022. (Crédit : Patriarcat arménien)

En novembre dernier, deux soldats de la brigade Givati de l’armée israélienne ont été arrêtés parce qu’ils étaient soupçonnés d’avoir craché sur l’archevêque arménien et d’autres pèlerins lors d’une procession dans la Vieille Ville. Début janvier, deux adolescents juifs ont été arrêtés pour avoir endommagé des tombes au cimetière protestant du mont Sion.

La semaine suivante, le centre communautaire maronite de la ville de Maalot-Tarshiha, au nord d’Israël, a été vandalisé par des inconnus pendant les vacances de Noël.

Les bâtiments de la communauté arménienne de Jérusalem ont également été la cible de vandales, qui ont tagués de nombreuses phrases discriminatoires sur l’extérieur des structures du quartier arménien. Un jeudi soir de la fin janvier, un groupe d’adolescents juifs religieux a jeté des chaises sur un restaurant arménien à l’intérieur de la nouvelle porte de la ville. La semaine suivante, des actes de vandalisme ont été commis dans l’église de la Flagellation.

En mars, un habitant du sud d’Israël a été arrêté après avoir attaqué des prêtres avec une barre de fer sur la tombe de la Vierge Marie à Gethsémani.

Certains établissent un lien entre l’augmentation récente des comportements agressifs et la composition de l’actuel gouvernement israélien, composé de factions ultra-orthodoxes et d’extrême-droite qui protègent farouchement le caractère juif orthodoxe d’Israël et s’opposent fermement aux manifestations publiques de culte chrétien.

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« Si vous êtes un chrétien vivant au Moyen-Orient, il n’y a qu’un seul endroit où vous serez en sécurité », avait dit le Premier ministre Benjamin Netanyahu, prenant la parole devant les sionistes chrétiens de Rio de Janeiro, au mois de décembre 2018. « Il n’y a qu’un seul endroit où la communauté chrétienne est prospère, florissante, croissante. Cet endroit, c’est l’État d’Israël ».

Cette affirmation de Netanyahu est d’ailleurs un élément central de l’image présentée par les responsables du pays lorsqu’ils s’adressent au public occidental. Advertisement

Avant les fêtes de Noël, l’année dernière, le compte officiel d’Israël, sur Twitter, avait posté une vidéo montrant le chef du bureau de la diplomatie numérique au sein du ministère des Affaires étrangères, David Saranga, en train de faire « une promenade magique de Noël » à travers la Vieille Ville de Jérusalem.

Une image de coexistence saine qui est aujourd’hui fortement mise à mal par les expériences vécues par les responsables chrétiens de Jérusalem eux-mêmes. S’ils reconnaissent qu’aucune initiative organisée ou gouvernementale n’a été prise à leur encontre, les ecclésiastiques, dans la Vieille Ville, racontent un climat de harcèlement et d’apathie des autorités qui ne cesse de se détériorer davantage et la crainte croissante que les mésaventures dont ils sont victimes – crachats, actes de vandalisme – ne se transforment à terme en incidents aux conséquences beaucoup plus graves.

Et alors que Netanyahu est d’ores et déjà au cœur de l’attention de ses alliés occidentaux en raison de ses politiques mises en œuvre à l’égard des Palestiniens et de son initiative de réforme judiciaire, la sécurité de moins en moins assurée des chrétiens – ou, tout du moins, des responsables de l’église qui diffusent ce narratif – pourrait devenir un nouveau problème diplomatique préoccupant pour le gouvernement israélien.

La marche des élèves

Vendredi, des centaines d’enfants des écoles catholiques de Jérusalem se sont livrés à leur défilé traditionnel le long de la Via Dolorosa, comme ils le font chaque année pendant les 40 jours du carême. Les élèves des écoles catholiques défilent sur la Via Dolorosa, le 24 mars 2023. (Crédit : Filippo De Grazia)

Les choses étaient néanmoins différentes cette fois-ci.

Les élèves sont partis de l’église de la Flagellation, la deuxième station du chemin de croix, portant tous les même foulard rouge identique qui arborait l’image d’une statue brisée de Jésus, à l’image de celle qui avait été vandalisée par un touriste juif américain dans l’église au mois de février dernier.

La marche, à laquelle ont pris part les deux représentants les plus influents du catholicisme en Terre sainte — le patriarche Pierbattista Pizzaballa et le custode de Terre sainte, Francesco Patton — ne s’est pas limitée à protester contre cet incident en particulier.

« Nous sommes horrifiés et nous sommes blessés par les nombreux incidents de violence et de haine qui ont récemment pris pour cible la communauté catholique en Israël », a dit Patton, connu également sous le nom de custode.

Il a cité plusieurs incidents « graves », selon lui, qui sont survenus ces dernières semaines, ajoutant avec assurance que « ce n’est pas une coïncidence qu’ils soient arrivés précisément maintenant ». Le Frère Francesco Patton, Custode de Terre Sainte et Gardien des Lieux saints chrétiens en Terre Sainte pour l’Eglise catholique. (Courtoisie)

« Nous attendons du gouvernement israélien et de la police qu’ils agissent de manière déterminée pour s’attaquer à ce phénomène grave, et nous leur demandons instamment de le faire », a-t-il ajouté.

Tandis que cela fait longtemps qu’il y a des incidents de vandalisme ou de harcèlement qui visent les ecclésiastiques dans la Vieille Ville de Jérusalem, il y a eu une hausse notable de ce type d’agression au cours de ces dernières semaines.

Au mois de novembre, deux soldats de la Brigade Givati, au sein de Tsahal, avaient été arrêtés, soupçonnés d’avoir craché sur l’archevêque de l’église arménienne et sur deux autres pèlerins pendant une procession qui avait lieu dans la Vieille Ville.

Puis, début janvier, deux adolescents juifs avaient été appréhendés par la police après avoir endommagé des tombes dans le cimetière protestant qui se trouve sur le mont Sion. Hosam Naoum, un évêque anglican palestinien, s’arrête là où des vandales ont profané plus de 30 tombes dans un cimetière protestant historique du Mont Sion à Jérusalem, le 4 janvier 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

La semaine suivante, le centre communautaire maronite situé à Maalot-Tarshiha, dans le nord du pays, avait été vandalisé par des inconnus pendant les fêtes de Noël.

Des bâtiments de la communauté arménienne avaient aussi été pris pour cible par des vandales à Jérusalem, avec des slogans discriminatoires qui avaient été peints à la bombe sur les murs extérieurs, dans le quartier arménien. Selon le patriarcat arménien, la population avait découvert avec stupéfaction les invectives « Vengeance », « Mort aux chrétiens », « Mort aux Arabes et aux non-Juifs » et « Mort aux Arméniens » écrites à la peinture.

Les attaques avaient continué. Un jeudi soir de la fin du mois de février, un gang de jeunes juifs religieux avait jeté des chaises en direction d’un restaurant arménien installé à l’intérieur de la Nouvelle porte de la ville. L’acte de vandalisme commis à l’église de la Flagellation avait eu lieu la semaine suivante.

Enfin, la semaine dernière, un résident du sud d’Israël a été arrêté après avoir agressé des prêtres à l’aide d’une barre de fer au tombeau de la vierge Marie, à Gethsemane.

« Les attaques terroristes commises par des groupes radicaux israéliens et qui visent les églises, les cimetières, les biens appartenant à des chrétiens… sont devenues presque quotidiennes et elles s’intensifient, à l’évidence, pendant les fêtes chrétiennes », commente l’église grecque orthodoxe.

Tous les incidents ne font pas non plus les gros titres. Le père Matthieu, secrétaire du patriarche grec orthodoxe Theophilus III, explique au Times of Israel que mardi dernier, un prêtre handicapé qui sortait du monastère, lentement et avec difficulté, a essuyé les crachats de deux jeunes Juifs religieux. Quand un autre prêtre s’est interposé, ils ont relevé leurs chemises, laissant apparaître deux bombes de gaz lacrymogène.

Selon le père Matthieu, ils ont été arrêtés par la police qui les a rapidement relâchés.

La police de Jérusalem a indiqué au Times of Israel qu’elle n’avait pas connaissance de l’incident. Elle a réclamé des détails supplémentaires sur ce dernier. Un agent de la police des frontières à côté d’un graffiti anti-chrétien disant en hébreu « Jésus est un singe » sur l’abbaye de la Dormition, à Jérusalem, le 31 mai 2013. (Crédit : Flash90)

Et les ecclésiastiques critiquent, dans l’ensemble, la réponse apportée par la police.

« La police tente de dépeindre chaque agression comme un événement isolé, elle s’efforce aussi de dépeindre les attaquants comme psychiquement instables », déclare Amir Dan, porte-parole du custode franciscain en Terre sainte. « Ce faisant, la police s’absout de toute responsabilité ».

En effet, après l’incident survenu à l’église de la Flagellation, la police a fait savoir qu’elle tentait de déterminer si le suspect était atteint de problèmes psychiatriques. Les forces de l’ordre ont par ailleurs confié au Times of Israel que l’agresseur qui s’en était pris à des prêtres au tombeau de Marie – un chrétien à la double nationalité israélienne et moldave – avait été temporairement interné dans un hôpital psychiatrique. Un touriste américain, à gauche, soupçonné d’avoir vandalisé une statue à l’église de la Flagellation, dans la Vieille Ville de Jérusalem, est emmené par la police, le 2 février 2023. (Crédit : Police israélienne)

Dans la Vieille Ville, les franciscains s’inquiètent tellement, depuis que la statue de Jésus a été profanée, qu’ils verrouillent dorénavant la porte du complexe San Salvatore la nuit. Ils n’ont jamais pris une telle mesure dans le passé, fait remarquer le père Alberto Pari, directeur de l’Institut Magnificat.

« Je pense que tous les chrétiens ont davantage conscience du fait que quelqu’un peut tout à fait entrer et faire quelque chose », dit Pari.

La police tente de dépeindre chaque agression comme un événement isolé, de dépeindre les attaquants comme psychiquement instable

De multiples responsables répètent la même accusation : la coalition au pouvoir actuelle, qui comprend des personnalités d’extrême-droite comme le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, n’est pas étrangère à cette recrudescence des attaques. Le père franciscain Alberto Pari, directeur de l’institut Magnificat. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

« A cause du gouvernement actuel, certains extrémistes ont dorénavant le sentiment d’être protégés », dit Pari. « Personne ne les arrêtera s’ils font quelque chose qu’ils envisageaient d’ailleurs peut-être déjà de faire dans le passé. Mais à cette époque-là, la police contrôlait plus les choses et ils n’étaient pas soutenus par certains leaders politiques ».

Dan partage le même point de vue : « Hélas, depuis que ce gouvernement a été élu, certains ont le sentiment de pouvoir faire tout ce qu’ils veulent. Ils peuvent se laisser aller et rien ne leur arrivera ».

Des ministères inquiets

Les institutions israéliennes en contact avec les églises, en Israël, condamnent les agressions et affirment de manière répétée être bien conscientes du problème. Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, lors de la conférence annuelle à Jérusalem du groupe ‘Besheva’ à Jérusalem, le 21 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous y sommes très attentifs », s’exclame Tania Berg-Rafaeli, directrice du département des religions du monde au sein du ministère des Affaires étrangères.

Elle ajoute que son bureau a appelé le Patriarcat grec au lendemain de l’attaque perpétrée au tombeau de Marie pour condamner cette dernière et pour exprimer sa solidarité avec la communauté chrétienne, comme il le fait régulièrement.

« Ces incidents ne sont pas représentatifs de la société israélienne », poursuit-elle.

Le ministère de l’Intérieur déclare au Times of Israel que son Département des communautés religieuses est étroitement en contact avec le custode de Terre sainte, qu’il a récemment rendu visite au patriarche Pizzaballa, qu’il s’est rendu au cimetière protestant qui a été profané et qu’il s’implique dans les incidents de crachats et dans les attaques qui ont été commises dans le nord d’Israël.

« Le ministère de l’Intérieur, par le biais du Département des communautés religieuses, travaille en permanence sur la base d’une éthique qui est de garantir la liberté de religion et la liberté de culte, de protéger le statu-quo et les lieux saints et il est toujours là pour apporter son aide et son assistance dans la mesure du possible – en espérant que les incidents violents cesseront immédiatement », a déclaré le porte-parole du ministère dans un communiqué.

Le ministère a ajouté que la sécurité personnelle des résidents d’Israël relevait de la responsabilité de la police.

Les forces de l’ordre ont souligné auprès du Times of Israel qu’elles avaient arrêté l’attaquant du tombeau de Marie avant qu’il ne puisse causer des blessés ou des dégâts. Le jeune homme de 27 ans a été interrogé puis présenté devant un tribunal lors d’une audience visant à prolonger son placement en détention.

« Nous traitons avec sévérité toutes les formes de violence », a dit la police dans un communiqué, « et nous continuerons à passer à l’acte contre les actes de violence en général et, en particulier, contre les violences commises dans les lieux saints, de manière ferme et avec pour seul objectif d’amener leurs auteurs devant la justice ».

Fleur Hassan-Nahoum, adjointe au maire de Jérusalem, a pris la tête des efforts visant à s’attaquer à la situation au niveau municipal. L’adjointe au maire de Jérusalem et co-fondatrice du Conseil d’affaires EAU-Israël Fleur Hassan-Nahoum, pose pour une photo au cours d’une interview donnée au palais al-Habtoor de Dubaï aux EAU, le 13 octobre 2020. (Crédit : Giuseppe CACACE / AFP)

« Nous sommes de plus en plus conscients de la situation actuelle », explique au Times of Israel Hassan-Nahoum. « En tant que responsable à la fois du tourisme et des relations internationales, j’ai rassemblé autour de moi tous les différents acteurs pour trouver des solutions ».

Le Times of Israel a pu lire le compte-rendu d’une réunion présidée par Hassan-Nahoum au mois de décembre, une réunion qui a eu lieu en présence de membres de la municipalité, de délégués de la police et de représentants des ONG de la Vieille Ville qui ont cherché à s’attaquer aux incidents de violence.

Tammy Lavi, du centre interculturel de Jérusalem, a déclaré, lors de cette rencontre, qu’au moins 50 % des processions de l’église arménienne, le vendredi, étaient interrompues par des crachats, des insultes ou par des personnes qui s’introduisaient délibérément dans la cérémonie pour la perturber. Des Juifs ultra-orthodoxes lisent des lamentations à l’entrée du mont du Temple pendant le jeûne annuel de Tisha Bav et pendant une journée de commémoration, en souvenir de la destruction des vieux Temples de Jérusalem, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 14 août 2016. (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)

Les personnes présentes ont attribué en grande partie la responsabilité de ces graves perturbations aux « Zilberman, », les membres d’une communauté ultra-orthodoxe lituanienne forte de 300 familles vivant dans la Vieille Ville et qui se distingue des autres communautés haredim par son approche unique de la Torah, qui comprend notamment des idées sionistes de droite.

Lors de la réunion de la municipalité, Yehonatan Yosef, un membre de droite du conseil municipal, a convenu d’aller, avec l’adjoint au maire et activiste Aryeh King, discuter avec les rabbins de la communauté Zilberman pour leur demander de convaincre leurs étudiants de ne plus harceler les touristes et les cérémonies chrétiennes.

La taxe rhétorique

Si les violences se sont récemment renforcées, les responsables des églises en Israël activaient déjà le signal d’alarme bien avant que l’actuel gouvernement n’arrive au pouvoir. Mais un grand nombre d’officiels israéliens ont le sentiment que les églises vont souvent trop loin, payant une sorte de « taxe rhétorique » chaque année à l’Autorité palestinienne (AP) et au détriment d’Israël dans le but d’assurer le bien-être des chrétiens palestiniens.

De plus, même si les responsables d’un grand nombre d’églises sont souvent européens, les fidèles et les prêtres sont principalement palestiniens et les églises locales sont imprégnées d’une théologie de libération palestinienne. Dans cette école de pensée, les Juifs sionistes jouent le rôle des Romains oppresseurs, les Palestiniens celui de Jésus. Le vieux trope antisémite de déicide et la théologie du remplacement se retrouvent régulièrement dans la rhétorique employée dans les églises palestiniennes. Une messe organisée pour le dimanche des rameaux à l’église de la Nativité de Bethléem, qui serait l’endroit où est né Jésus, en Cisjordanie, le 28 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Un communiqué conjoint qui avait été émis avant Noël par les « patriarches et les chefs des églises de Jérusalem », avertissant que des groupes juifs radicaux œuvraient à faire partir les chrétiens de Jérusalem, avait suscité la colère indignée du ministère des Affaires étrangères, Yair Lapid, et du président Isaac Herzog, deux personnalités qu’il est difficile de qualifier d’extrémistes de droite.

Un communiqué israélien avait indiqué que les accusations lancées par les ecclésiastiques étaient « sans fondement et elles dénaturent la réalité vécue par les communautés chrétiennes en Israël ».

« Le communiqué des responsables des églises de Jérusalem est particulièrement exaspérant au vu du silence qu’ils conservent sur la situation difficile de nombreuses communautés chrétiennes au Moyen-Orient qui subissent discriminations et persécutions », avait continué le communiqué. Des Arabes israéliens fêtent la parade annuelle de Noël à Nazareth, le 24 décembre 2021. (Crédit : AP/Ariel Schalit)

Quelques jours plus tard, le Bureau central des statistiques (CBS) avait diffusé un rapport établissant que la communauté chrétienne, en Israël, avait augmenté de 1,4 % en 2020 et qu’elle était constituée d’environ 182 000 personnes, 84 % d’entre elles disant être satisfaites de leur vie dans le pays. Le rapport avait aussi révélé que les femmes arabes chrétiennes présentaient l’un des taux d’éducation les plus élevés dans le pays.

Une autre crise en suspens

L’implication de multiples ministères et bureaux israéliens dans la question du bien-être des communautés chrétiennes dans le pays est le signe d’un problème inhérent. Dans la mesure où aucun Département n’a la responsabilité directe de ce dossier, la politique israélienne sur le sujet se fait habituellement au coup par coup, au hasard des circonstances et des incidents. Les problèmes échappent ainsi au système jusqu’à ce qu’une crise éclate, obligeant les responsables à éteindre l’incendie.

En 2018, les chefs des églises catholique, grecque orthodoxe et arménienne avaient fait une conférence de presse devant l’église du Saint Sépulcre, accusant la municipalité de Jérusalem de « mener une campagne systématique contre les églises et contre la communauté chrétienne en Terre sainte ». Le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Théophile III lit un communiqué à la presse aux côtés du gardien de la terre sainte, le frère Francesco Patton et de l’évêque arménien Siwan,à gauche, devant les portes closes de l’église du saint-sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 25 février 2018 (Crédit : AFP/ GALI TIBBON)

Theophilus avait été même jusqu’à dire : « Cela nous rappelle toutes les lois de nature similaire qui avaient été mises en œuvre contre les Juifs pendant la période la plus sombre en Europe ».

Les ecclésiastiques s’étaient rassemblés devant le lieu le plus saint du christianisme à Jérusalem après avoir découvert que la Knesset allait discuter – et approuver probablement – un projet de loi permettant à l’État de confisquer des terres vendues par les églises à des investisseurs privés. Ils avaient aussi voulu réagir, ce jour-là, contre une décision qui avait été récemment prise par la municipalité de Jérusalem de geler les avoirs des églises jusqu’à que ces dernières ne versent des millions de shekels d’impôts qui, affirmait la municipalité, n’avaient pas été honorés.

Après la conférence de presse, le gardien palestinien chargé de conserver les clés du lieu de culte était monté sur une échelle et il avait verrouillé les portes. Des portes qui devaient rester fermées pendant trois jours, jusqu’à ce que Netanyahu intervienne en suspendant la collecte des taxes manquantes et en gelant la législation en attendant qu’une commission tout juste formée – qui était dirigée par le ministre de la Coopération nationale de l’époque, jusqu’à Tzachi Hanegbi — puisse trouver des solutions en concertation avec l’église sur le dossier. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Tzahi Hanegbi en 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais les dégâts étaient d’ores et déjà commis. Netanyahu ne s’était impliqué qu’après qu’Israël cède aux lourdes pressions exercées par le Vatican, par des pays orthodoxes comme la Russie et la Grèce et par les groupes chrétiens évangéliques, des soutiens déterminants de l’État juif.

Il semble que la politique israélienne soit encore aujourd’hui incapable de se projeter à long-terme. Quelques jours après l’attaque commise à l’église de la Flagellation, la municipalité avait demandé que le centre de Notre-Dame de Jérusalem, propriété du Vatican, s’acquitte d’un arriéré d’impôts dû à la ville à hauteur de 18 millions de shekels, plaçant une hypothèque sur le compte bancaire de l’institution jusqu’au paiement des taxes.

Un incident qui semble avoir été l’émanation la plus récente du refus israélien de longue date d’envisager sa relation avec le monde chrétien comme une problématique politique distincte nécessitant des personnels qui s’y consacrent et l’attention des hauts-responsables. Des pèlerins chrétiens tiennent des bougies alors qu’ils se rassemblent pendant la cérémonie du feu sacré à l’église du Saint-Sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, samedi 23 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Si Netanyahu ne commence pas à gérer la question de la querelle fiscale et celle de la sécurité des ecclésiastiques et pèlerins chrétiens comme des problématiques nécessitant des solutions holistiques de la part de son gouvernement, avec des décisions prises sous la direction de ce dernier, il pourrait rapidement subir encore davantage de pressions de la part de ses alliés les plus importants. Les pays occidentaux n’ont pas dissimulé leur malaise face au projet de réforme judiciaire de la coalition et face aux déclarations de cette dernière.

« Le Vatican et les ambassadeurs d’Italie, de France, de Grèce, de Belgique et des États-Unis sont régulièrement informés des événements », note Dan, le custode franciscain, évoquant les agressions et les actes de vandalisme. « Tous observent l’évolution de la situation avec une profonde préoccupation ».

Les responsables chrétiens de Jérusalem ne sont pas optimistes concernant une éventuelle amélioration des choses à court-terme.

« Rien ne changera », estime le père Matthew, sombre, « avant que quelqu’un ne se fasse tuer ».

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La Fondation du mur Occidental s’excuse suite à un nouvel incident avec un abbé

Un abbé catholique avait été sommé de cacher sa croix alors qu’il accompagnait sur le lieu saint la ministre allemande de l’Éducation, Bettina Stark-Watzinger

L’abbé Nikodemus Schnabel, à droite, et la ministre allemande de l’Éducation et de la Recherche Bettina Stark-Watzinger sur la place du mur Occidental à Jérusalem, le 19 juillet 2023. (Capture d’écran : Twitter; used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Un abbé chrétien a été sommé mercredi par une responsable du mur Occidental, à Jérusalem, de cacher sa croix alors qu’il accompagnait la ministre allemande de l’Éducation – dans le dernier incident en date de tensions entre Juifs et chrétiens dans la Vieille Ville de Jérusalem. La Fondation du mur occidental, réprimandée, a présenté ses excuses.

Une vidéo des faits, survenus aux abords de la zone réservée à la prière sur le lieu saint juif, a été postée sur internet par un journaliste de Der Spiegel, le journal allemand. Nikodemus Schnabel, l’abbé de l’abbaye de la Dormition, dans la Vieille Ville, a ainsi été arrêté par une femme qui, semble-t-il, était une employée de la Fondation du patrimoine du mur Occidental, l’instance chargée d’administrer le site et qui est placée sous la houlette des ultra-orthodoxes.

Alors que la ministre allemande de l’Éducation et de la recherche, Bettina Stark-Watzinger, se tient à ses côtés, la femme déclare à Schnabel que la croix qu’il porte autour du cou « est vraiment grosse et inappropriée pour ce site », lui demandant de l’enlever.

« C’est très dur, vous ne respectez pas ma religion. Vous entravez ce qui est un droit de l’Homme pour moi », répond Schnabel. « Ce n’est pas une provocation, je suis un abbé… C’est mon vêtement, la croix fait partie de mon habit. Je suis un abbé chrétien catholique. Vous ne voulez pas que je porte l’habit qui est celui de ma foi, c’est la réalité ».

La Fondation du patrimoine du mur Occidental a émis un communiqué où elle a présenté ses excuses « pour la détresse causée », ajoutant que « le mur Occidental est ouvert à tous. Il faut noter qu’il n’y a aucune règle ou réglementation sur ce sujet sur la place du mur Occidental. »

Cet incident survient après une série d’actes de vandalisme et de harcèlement contre le clergé chrétien dans la Vieille Ville de Jérusalem. Il y a eu en effet, ces derniers mois, une augmentation notable des attaques.

Des bâtiments de la communauté arménienne de Jérusalem ont également été la cible de vandales à Jérusalem, avec de multiples phrases discriminatoires taguées sur les murs extérieurs, dans le quartier arménien. Selon le Patriarcat arménien, la population avait découvert avec stupéfaction les invectives « Vengeance », « Mort aux chrétiens », « Mort aux Arabes et aux Goyim [non-Juifs] » et « Mort aux Arméniens » taguées dans le quartier.

Certains lient l’augmentation récente des comportements agressifs à la composition du gouvernement israélien actuel.

La coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu est largement soutenue par des factions ultra-orthodoxes et d’extrême-droite farouchement protectrices du caractère juif orthodoxe d’Israël et fermement opposées aux manifestations publiques de culte chrétien.

Son cabinet comprend le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, un associé de longue date du chef de Lehava, Bentzi Gopstein. Avant de devenir député, Ben Gvir a défendu Gopstein devant les tribunaux pour des accusations d’incitation à la violence, au racisme et au terrorisme.

Uri Steinberg, un ancien diplomate israélien qui dirige maintenant un cabinet de conseil qui relie les groupes chrétiens et Israël, a déclaré que les tactiques des extrémistes s’étaient radicalisées.

Adir Schwarz, membre du Conseil municipal et leader du parti d’opposition Hitorerut, a exhorté les autorités à intervenir avant qu’il ne soit trop tard.

Il y a eu quelques réactions contre le sentiment anti-chrétien de la part de hauts responsables israéliens. En juin, le grand rabbin séfarade de Jérusalem a joint sa voix au chœur de condamnations contre le harcèlement des chrétiens à Jérusalem, à la suite de l’incident du 28 mai.

L’adjointe au maire de Jérusalem, Fleur Hassan-Nahoum, a déclaré au Times of Israel qu’elle travaillait pour mettre fin aux attaques depuis le mois de décembre.

« Notre dernier effort consiste à mener une campagne visant à encourager des rabbins hautement respectés à adopter une position ferme contre ces attaques et à faire savoir qu’un tel comportement n’était pas conforme aux valeurs juives et est, en réalité, une profanation du nom de Dieu », a-t-elle dit. « Je suis fière de dire que notre mouvement gagne du terrain, et de plus en plus de chefs spirituels se joignent à nous pour condamner ces actions haineuses. »

« Grâce à nos efforts, nous espérons dissiper le mythe selon lequel tous les chrétiens sont des missionnaires et montrer qu’ils sont de fervents partisans d’Israël. »

Canaan Lidor et Lazar Berman ont contribué à cet article.

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Herzog condamne les attaques croissantes contre les chrétiens en Israël

Le président travaille avec les forces de l’ordre pour « mettre fin à cette réalité troublante » ; il a aussi condamné le récent Coran brûlé en Suède

Le président Isaac Herzog lors d’une cérémonie d’allumage d’un arbre de Noël, à Jaffa, le 21 décembre 2022. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Le président Isaac Herzog a condamné dimanche les attaques croissantes contre les chrétiens en Israël, en particulier à Jérusalem, les qualifiant de « véritable honte ».

« Je condamne fermement la violence, sous toutes ses formes, dirigée par un petit groupe extrémiste, envers les lieux saints de la foi chrétienne et contre le clergé chrétien en Israël », a déclaré Herzog lors d’une cérémonie commémorative en l’honneur du visionnaire sioniste Theodor Herzl.

« Cela inclut les crachats et la profanation de tombes et d’églises », a-t-il ajouté, soulignant que ce phénomène est en hausse « ces dernières semaines et mois en particulier ».

Herzog a promis que « l’État d’Israël s’engage à mettre fin à ce phénomène » et a déclaré qu’il travaille personnellement avec les responsables chargés de l’application des lois pour « mettre fin à cette réalité troublante, qui est un mal pervers et une véritable honte pour nous en tant que société et pays ».

Le ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, doit se rendre au Vatican cette semaine, mais on ignore encore s’il rencontrera le pape François.

Bien qu’il y ait eu depuis longtemps des incidents périodiques de vandalisme et de harcèlement contre le clergé chrétien dans la Vieille Ville de Jérusalem, une augmentation notable des attaques a été enregistrée ces derniers mois. Le mot « vengeance » graffé en hébreu sur un mur du quartier arménien de la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 janvier 2022. (Crédit : Patriarcat arménien)

En novembre, deux soldats de la brigade Givati ​​de Tsahal ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir craché sur l’archevêque de l’église arménienne et d’autres pèlerins lors d’une procession dans la Vieille Ville. Début janvier, deux adolescents juifs ont été arrêtés pour avoir délibérément profané des tombes au cimetière protestant du mont Sion.

La semaine suivante, le centre communautaire maronite de la ville septentrionale de Maalot-Tarshiha a été vandalisé par des assaillants pendant la période de Noël.

Des bâtiments de la communauté arménienne de Jérusalem ont également été la cible de vandales à Jérusalem, avec de multiples phrases discriminatoires taguées sur les murs extérieurs, dans le quartier arménien.

Un jeudi soir fin janvier, un gang d’adolescents juifs religieux a jeté des chaises en direction d’un restaurant arménien installé à l’intérieur de la Nouvelle porte de la ville. L’acte de vandalisme commis à l’église de la Flagellation s’est produit dès la semaine suivante.

Et en mars, un habitant du sud d’Israël a été arrêté après avoir attaqué des prêtres avec une barre de fer sur le tombeau de la Vierge Marie à Gethsémani.

Certains lient l’augmentation récente des comportements agressifs à la composition du gouvernement israélien actuel.

La coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu est largement soutenue par des factions ultra-orthodoxes et d’extrême-droite farouchement protectrices du caractère juif orthodoxe d’Israël et fermement opposées aux manifestations publiques de culte chrétien.

Le président a également condamné dimanche la récente mise à feu d’un Coran devant une mosquée en Suède pendant l’Aïd al-Fitr, qui a suscité une intense colère dans le monde musulman.

« J’ai été horrifié en entendant les récentes nouvelles de Suède », a-t-il déclaré. « On ne peut pas et on ne devrait pas rester silencieux face à cela. Je condamne fermement cet acte honteux envers ce qui est sacré pour nos frères et sœurs. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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Les chrétiens craignent que les violences contre les « missionnaires » ne s’aggravent

Selon l’adjoint au maire de Jérusalem, des évangélistes essaient de convertir les Juifs ; les Juifs messianiques, entre autres, rejettent ces allégations

Des activistes juifs se heurtant à la police lors d’une manifestation contre une conférence de chrétiens devant le Centre Davidson, à Jérusalem, en Israël, le 28 mai 2023. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

La semaine dernière, des dizaines d’adolescents et d’hommes se sont rassemblés à l’intérieur du Centre Clal, un vieux centre commercial et un immeuble de bureaux dans le centre de Jérusalem.

Le groupe, dont la plupart étaient vêtus de vêtements ultra-nationalistes distinctifs, était là pour forcer un rassemblement de Juifs messianiques et les empêcher d’assister à un concert qui se tenait dans l’enceinte du bâtiment.

Alors que des dizaines d’activistes, pour la plupart jeunes, se pressaient vers l’entrée principale, la police – qui semblait parfois dépassée – a été appelée pour disperser les manifestants et assurer la sécurité de l’événement.

L’incident, qui s’est terminé par l’arrestation d’une personne pour s’être heurtée avec la police, a souligné le courant de zèle anti-chrétien de certains des mouvements nationalistes les plus extrémistes d’Israël, qui ont vraisemblablement récemment gagné en brutalité et en activité.

Les chrétiens évangéliques et les Juifs messianiques en Israël craignent que la manifestation et d’autres épisodes récents de harcèlement à Jérusalem ne deviennent beaucoup plus violents, alors que les groupes anti-missionnaires juifs d’extrême-droite intensifient leurs actions à leur encontre.

La plupart des activistes qui ont harcelé les chrétiens sont membres du groupe raciste et anti-LGBTQ Lehava et de Or LaChaïm, une organisation qui tente de contrer le prosélytisme chrétien en Israël.

« Vous visez des gens alors qu’il y a des partisans de ce mouvement qui sont prêts à commettre des violences et qui ont l’habitude de faire couler le sang », a déclaré David Parsons, porte-parole de l’ambassade chrétienne internationale de Jérusalem, à propos de Lehava.

S’adressant aux médias depuis l’extérieur de la salle du Centre Clal alors que les manifestants sifflaient et se moquaient de lui, le maire adjoint de Jérusalem, Arieh King, a exhorté davantage de personnes à descendre dans les rues et à se joindre à la manifestation anti-chrétienne, accusant les groupes à l’intérieur de faire un travail de missionnaire.

Quelques semaines plus tôt, King avait conduit des centaines de Juifs religieux au son des mots « missionnaires rentrez chez vous » alors que des centaines de chrétiens se rassemblaient près de la section sud du mur Occidental pour un événement de prière. Arieh King, directeur et fondateur du Fonds israélien des terres, lors d’une réunion de la commission des Affaires internes, à la Knesset, le 2 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Dans un communiqué, King a dénoncé le fait d’autoriser « les missionnaires chrétiens à organiser un culte chrétien et une cérémonie destinés à préparer un effort missionnaire destiné aux résidents israéliens ».

« En ce qui me concerne, faites savoir à chaque missionnaire qu’il n’est pas le bienvenu en Terre d’Israël », a-t-il déclaré.

« Ils ont fait couler du sang »

Parsons a fermement nié que l’un ou l’autre événement était destiné à faire du prosélytisme. « L’événement aux marches du sud était un appel à la prière. Une prière pour Israël, pour le monde et bien d’autres choses, mais il n’y avait aucune activité missionnaire prévue là-bas. »

« La convention messianique était un concert musical, un concert de dévotion », a-t-il dit.

« Ce n’était pas un événement d’évangélisation », a déclaré Michael Mistretta, un immigrant du Canada et PDG de Fellowship of Israel Related Ministries. « C’était un concert de culte national. C’était un événement d’adoration avec la sortie de nouveaux chants. Et donc toutes les différentes congrégations, congrégations juives messianiques en Israël, ont été invitées à l’événement, et elles y sont venues. »

Certaines personnes présentes à l’événement ont déclaré avoir été attaquées par des extrémistes juifs.

« C’est devenu assez violent », a déclaré Parsons, dont le fils s’est produit lors du concert. « Il y avait des gens qui se faisaient bousculer, donner des coups de pied et frapper. » David Parsons, de l’ambassade chrétienne internationale, s’entretenant avec des immigrants de Bnei Menashe, en 2012. (Autorisation)

Une chrétienne israélienne a déposé plainte à la police alléguant qu’elle avait été jetée au sol et reçu des coups de pied à plusieurs reprises lors de la manifestation au mur Occidental.

« Ils ont fait couler du sang », a déclaré Parsons. « Et le problème est que l’accusation selon laquelle quelqu’un est un missionnaire est lancée de manière très vague et il y a des adeptes de ce mouvement qui ne prennent pas la peine de vérifier… Ils ne savent vraiment pas contre qui ils protestent, mais ils ont de la haine dans leurs yeux et dans leur cœur, et ce n’est pas beau à voir. »

Bien que depuis longtemps, il y ait régulièrement des incidents de vandalisme et de harcèlement contre le clergé chrétien dans la Vieille Ville de Jérusalem, il y a eu, ces derniers mois, une augmentation notable des attaques.

En novembre, deux soldats de la brigade Givati ​​de Tsahal ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir craché sur l’archevêque de l’église arménienne et d’autres pèlerins lors d’une procession dans la Vieille Ville. Début janvier, deux adolescents juifs ont été arrêtés pour avoir délibérément profané des tombes au cimetière protestant du mont Sion. Hosam Naoum, un évêque anglican palestinien, là où des vandales ont profané plus de 30 tombes dans un cimetière protestant historique du mont Sion, à Jérusalem, le 4 janvier 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

La semaine suivante, le centre communautaire maronite de la ville septentrionale de Maalot-Tarshiha a été vandalisé par des assaillants pendant la période de Noël.

Des bâtiments de la communauté arménienne de Jérusalem ont également été la cible de vandales à Jérusalem, avec de multiples phrases discriminatoires taguées sur les murs extérieurs, dans le quartier arménien. Selon le Patriarcat arménien, la population avait découvert avec stupéfaction les invectives « Vengeance », « Mort aux chrétiens », « Mort aux Arabes et aux Goyim [non-Juifs] » et « Mort aux Arméniens » taguées dans le quartier.

Les attaques se sont succédées. Un jeudi soir fin janvier, un gang d’adolescents juifs religieux a jeté des chaises en direction d’un restaurant arménien installé à l’intérieur de la Nouvelle porte de la ville. L’acte de vandalisme commis à l’église de la Flagellation s’est produit dès la semaine suivante. Une statue renversée dans l’église de la Flagellation, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 2 février 2023. (Crédit : Custody of the Holy Land)

Et en mars, un habitant du sud d’Israël a été arrêté après avoir attaqué des prêtres avec une barre de fer sur le tombeau de la Vierge Marie à Gethsémani.

Certains lient l’augmentation récente des comportements agressifs à la composition du gouvernement israélien actuel.

La coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu est largement soutenue par des factions ultra-orthodoxes et d’extrême-droite farouchement protectrices du caractère juif orthodoxe d’Israël et fermement opposées aux manifestations publiques de culte chrétien.

Son cabinet comprend le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, un associé de longue date du chef de Lehava, Bentzi Gopstein. Avant de devenir député, Ben Gvir a défendu Gopstein devant les tribunaux pour des accusations d’incitation à la violence, au racisme et au terrorisme.

« Nous les avons déjà vus lors de manifestations, mais cela fait un moment, et ils semblent simplement enhardis par la position de Ben Gvir au sein du gouvernement », a spéculé Parsons.

Uri Steinberg, un ancien diplomate israélien qui dirige maintenant un cabinet de conseil qui relie les groupes chrétiens et Israël, a déclaré que les tactiques des extrémistes s’étaient radicalisées.

« Ce que vous voyez est une escalade, car lors de la dernière manifestation, les membres de Lehava, et autres adeptes de Bentzi Gopstein, ne se sont pas seulement comportés en extrémistes, ils sont devenus violents », a-t-il déclaré. « Auparavant c’était juste une bande d’enfants qui crachaient sur des nonnes. Maintenant, ça devient beaucoup plus organisé. Ça devient quelque chose que nous craignons. » Des activistes juifs se heurtant à la police lors d’une manifestation contre une conférence de chrétiens devant le Centre Davidson à Jérusalem, en Israël, le 28 mai 2023. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Adir Schwarz, membre du Conseil municipal et leader du parti d’opposition Hitorerut, a exhorté les autorités à intervenir avant qu’il ne soit trop tard.

« La violence empire continuellement », a-t-il déclaré au Times of Israel. « Je crois que si nous ne stoppons pas la spirale, elle deviendra bien plus violente. »

Bataille antique

King a déclaré au Times of Israel qu’il n’avait absolument aucun problème avec la venue de chrétiens en Israël.

« Si un chrétien vient en Israël en tant que chrétien, sans objectifs, sans cibler de Juifs pour les convertir, il est plus que bienvenu, même s’il est pasteur ou archevêque, ou n’importe quelle autre fonction religieuse, il est le bienvenu », a déclaré l’adjoint au maire.

Mais en même temps, il a souligné qu’il ne cesserait de contrer l’activité missionnaire. Des sionistes chrétiens lors de la Journée de prière pour la paix, à Jérusalem, en 2013. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

« Leur but est de convertir les Juifs », a-t-il déclaré. « C’est une bataille que nous menons en tant que nation depuis des milliers d’années, aux prises avec des gens qui essaient de convertir les Juifs… à d’autres religions tel que le christianisme. Selon la tradition juive, nous devons agir contre les personnes qui essaient de prendre nos frères et sœurs et d’en faire des chrétiens. »

« Je ferai tout, tout ce que je peux pour l’en empêcher et faire savoir à tout le monde qui est cette personne ou ce qu’est cette organisation », a-t-il assuré. (King, enfant d’immigrés britanniques, s’est exprimé dans un anglais approximatif. Certaines de ses citations, entre autres, ont été modifiées pour plus de clarté.)

King a pointé du doigt les organisations messianiques publiant des prospectus en hébreu et les affichant dans les communautés juives. « Si vous vous concentrez sur les chrétiens, pourquoi écrire en hébreu ? »

Mistretta a déclaré que les prospectus étaient publiés en hébreu parce que l’événement était destiné à la communauté messianique d’Israël, qui parle majoritairement l’hébreu.

« C’était très clairement un événement juif messianique », a-t-il dit. « Il a été organisé par l’Alliance juive messianique d’Israël. Ne vous méprenez pas. Il n’y a pas eu de leurre sur ce qu’était l’événement. »

King a déclaré que les amis évangéliques du monde entier le remerciaient d’avoir tenu tête aux missionnaires qui se cachent derrière la bannière du sionisme chrétien. Dans une lettre à l’attention de King, un chrétien autoproclamé de Dallas, au Texas, a écrit « les « missionnaires me rendent fou aussi ».

Mais le signataire a nié que les chrétiens de Jérusalem n’étaient là que pour faire du prosélytisme.

« La plupart des participants n’étaient que des gens au bon cœur qui n’ont jamais connu de Juif religieux », a écrit l’homme. Il a dit qu’il cherchait à montrer aux Juifs que d’autres avaient également un rôle à jouer, « mais nous sommes des Goyim, nous avons toujours été parmi vous en tant qu’étrangers ». Des extrémistes juifs des organisations Or LaChaïm et Lehava se heurtant à la police à l’extérieur d’une convention juive messianique, à Jérusalem, le 22 juin 2023. (Crédit : Capture d’écran Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Steinberg a rejeté l’idée d’un travail missionnaire secret généralisé, arguant que cette paranoïa était désuète.

« Nous sommes comme les pauvres Juifs dans un shtetl polonais », a-t-il dit, « Les chrétiens aux idées sinistres sont tous concentrés sur la conversion et ils parlent de voler de petits enfants juifs, ce qui est si absurde en 2023 ».

Il a admis que certains chrétiens franchissaient parfois les limites du prosélytisme en essayant de convaincre les gens à un niveau individuel d’abandonner le judaïsme afin de se convertir.

« Mais je pense que la majorité des Juifs messianiques avec lesquels je travaille – et je le dis en tant que Juif à 100 %, en tant que quelqu’un qui a initialement eu des problèmes pour s’adapter et essayer de comprendre ce qu’est le judaïsme messianique – je pense vraiment que beaucoup d’entre eux sont beaucoup plus respectueux qu’on ne le pense. »

Mistretta a déclaré que les Juifs messianiques étaient « très attentifs à respecter les exigences légales en matière de prosélytisme ».

Seuls le prosélytisme auprès des mineurs sans le consentement de leurs parents et l’offre de conversions religieuses en échange d’un don sont interdits par la loi israélienne. Mais il y a une fausse idée largement répandue selon laquelle l’activité missionnaire est illégale dans le pays, et le gouvernement a parfois semblé enclin à faire perdurer cette idée. Dans son rapport de 2010 sur la liberté religieuse internationale, le Département d’État américain a écrit qu’Israël avait « pris un certain nombre de mesures qui ont encouragé l’idée que le prosélytisme serait contraire à la politique du gouvernement », comme la détention de missionnaires et le fait de citer « le prosélytisme comme raison de refuser des étudiants, des emplois, et des extensions de visa religieux ».

Le judaïsme messianique est un mouvement évangélique qui combine la tradition et la pratique juives avec la croyance que Jésus-Christ, qu’ils appellent Yeshua, est le messie à venir. Il est considéré en dehors du giron par toutes les dénominations juives dominantes, qui affirment que l’idéologie contredit directement bon nombre des principaux principes de leur religion. Certains Juifs messianiques veulent que le mouvement soit reconnu comme un courant du judaïsme et le considèrent comme tel, bien qu’ils aient souvent des liens avec des organisations ouvertement chrétiennes.

Quelque 30 000 à 40 000 Juifs messianiques vivent en Israël. Selon Israël, les Juifs messianiques vivant à l’étranger sont considérés comme des chrétiens et ne sont pas éligibles à la Loi du retour pour immigrer en Israël en tant que Juifs. Le Grand Rabbinat ne considère pas non plus la communauté présente en Israël comme juive. L’église du Christ de Jérusalem dépouillée de la plupart des symboles chrétiens et conçue pour ressembler à une synagogue afin de rendre le culte confortable pour les Juifs messianiques, en juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

« Beaucoup d’entre eux sont simplement très désireux et très enthousiastes de partager le fait qu’ils aiment Jésus-Christ », a déclaré Steinberg. « Et je pense qu’en apprenant à les connaître – et selon moi cela doit être le message lorsque vous connaissez les gens et que vous conversez réellement avec eux – c’est là que vous construisez des ponts. Oui, il y a des problèmes. Je pense que la communauté messianique en Israël a du mal à accepter la peur juive, je dirais. »

« Mais j’ai l’impression que ce qui se passe n’est que pure haine. Il n’y a pas de véritable fondement et ça ne s’ancre pas dans la réalité. »

Si quelqu’un se sent inspiré par le style de vie de la foi que nous professons, bien sûr, nous voudrions qu’il croie également comme nous. Mais ce n’est pas une condition préalable pour aimer, servir et faire le bien en Israël.

Interrogé sur les accusations de King, Mistretta a fait une distinction entre la diffusion de la parole de Jésus et le prosélytisme. Beaucoup d’Israéliens qui entendent le mot « missionnaire » pensent à quelqu’un qui va essayer de les convertir, a-t-il dit, « mais les Juifs messianiques ne sont pas comme ça ».

« Nous considérons Yeshua comme le Messie juif, et nous suivons son précepte selon lequel nous devons aimer nos voisins comme nous-mêmes. Nous le faisons donc publiquement, fièrement, sans honte de qui nous sommes », a-t-il déclaré.

« Croyons-nous que les autres devraient croire comme nous ? Oui, je pense que quiconque croit la vérité voudrait que les gens croient en son point de vue… Nous partageons simplement ce que notre expérience a été et ce que nous comprenons de qui est Yeshua. » Illustration : Des pèlerins chrétiens du Brésil priant au Cénacle, sur le mont Sion, à l’extérieur de la Vieille Ville, le 19 mai 2014. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

Il a déclaré que l’objectif de son organisation était « d’accroître la présence » des Juifs messianiques en Israël.

« Nous voulons que les gens comprennent que nous nous considérons toujours comme Juifs, que nous nous considérons comme des Israéliens, que nous servons dans l’armée, que nous contribuons à la société, que nous faisons une différence », a expliqué Mistretta.

« Et oui, si quelqu’un se sent inspiré par le style de vie et par la foi que nous professons, bien sûr, nous voudrions qu’il croie également comme nous. Mais ce n’est pas une condition préalable pour aimer, servir et faire le bien en Israël. »

L’autre joue

Il y a eu quelques réactions contre le sentiment anti-chrétien de la part de hauts responsables israéliens. En juin, le grand rabbin séfarade de Jérusalem a joint sa voix au chœur de condamnations contre le harcèlement des chrétiens à Jérusalem, à la suite de l’incident du 28 mai.

« Nous avons été désolés d’apprendre par des religieux non-juifs qu’un certain nombre de jeunes Juifs et certains qui prétendent craindre Dieu les persécutent avec des malédictions, des blasphèmes et plus encore, alors qu’ils marchent dans les rues de la ville. Il ne fait aucun doute que ce sont des personnes irresponsables, qui ne respectent pas du tout la Torah et ses voies, qui ont agi de la sorte. Nous annonçons qu’un tel comportement est strictement interdit », peut-on lire dans la lettre publiée mardi par le rabbin Shlomo Amar, dont le bureau publie rarement des déclarations en anglais.

La question a également atteint un point critique au sein du Conseil municipal de Jérusalem. Lors d’une réunion jeudi dernier, Schwarz a présenté une motion pour condamner la violence contre les chrétiens dans la Vieille Ville, appelant à une condamnation formelle par le maire, à l’ajout de caméras de sécurité et à la coopération avec la police. Adir Schwarz, président du parti d’opposition Hitorerut au conseil municipal de Jérusalem, prennant la parole lors d’une réunion, le 22 juin 2023. (Crédit : Hitorerut)

Yonatan Yosef, un conseiller du parti de King, a appelé la ville à condamner, au contraire, la violence de l’église contre les Juifs. « Je voudrais également condamner les chrétiens pour les croisades, les pogroms et l’inquisition… Que faisait le pape pendant la Shoah ? »

Schwarz a déclaré qu’il s’attendait à une stricte condamnation des attaques lors du rassemblement, mais qu’il était profondément déçu par la réponse du maire Moshe Lion : un commentaire ambigu selon lequel « la plupart des membres de la coalition condamnent la violence contre les chrétiens ».

« Ce ne sont pas nos valeurs », a déclaré Schwarz au Times of Israel depuis son bureau la semaine dernière. « Ce n’est pas la Jérusalem que nous essayons de promouvoir. Nous croyons que Jérusalem devrait être un lieu pour tous, pour toutes les nations, pour toutes les races, pour les religions, les Juifs comme les non-Juifs. »

Schwarz a accusé King de se croire « au-dessus de la loi, et de faire ce que bon lui semble lors de ces violentes manifestations contre ces groupes ».

« S’il y a un membre de votre coalition, un adjoint au maire – un simple membre de votre coalition – et que vous ne prenez pas vos responsabilités et n’agissez pas contre eux lorsqu’ils promeuvent la violence, alors je crois que vous êtes un partenaire de la violence », a-t-il déclaré.

L’adjointe au maire Fleur Hassan-Nahoum a déclaré au Times of Israel qu’elle travaillait pour mettre fin aux attaques depuis le mois de décembre. Fleur Hassan-Nahoum, membre du conseil municipal de Jérusalem, s’adressant à un rassemblement en solidarité avec les victimes présumées de Malka Leifer devant le tribunal de Jérusalem, le 13 mars 2019. (Crédit : Johanna Chisholm/Times of Israel)

« Notre dernier effort consiste à mener une campagne visant à encourager des rabbins hautement respectés à adopter une position ferme contre ces attaques et à faire savoir qu’un tel comportement n’était pas conforme aux valeurs juives et est, en réalité, une profanation du nom de Dieu », a-t-elle dit. « Je suis fière de dire que notre mouvement gagne du terrain, et de plus en plus de chefs spirituels se joignent à nous pour condamner ces actions haineuses. »

« Grâce à nos efforts, nous espérons dissiper le mythe selon lequel tous les chrétiens sont des missionnaires et montrer qu’ils sont de fervents partisans d’Israël. »

Bien que les sionistes chrétiens et les Israéliens messianiques aient insisté sur le fait que les incidents ne diminueraient pas leur soutien à Israël, certains voient l’éventualité qu’ils ne portent préjudice à la réputation d’Israël à l’étranger et à ses relations avec certains de ses alliés les plus dévoués.

« En fin de compte, ce qui s’est passé, le fait que cela devient de plus en plus violent, cela se répercutera et atteindra l’étranger et les gens commenceront à poser des questions », a déclaré Steinberg.

« Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation dans laquelle un pasteur d’une importante église évangélique qui aurait été attaqué, sera interviewé sur Fox News et témoignera du fait qu’il a été violemment attaqué », a-t-il poursuivi.

Les préoccupations de Schwarz sont plus locales.

« Si ce n’est pas un endroit pour les chrétiens, alors ce n’est pas un endroit pour les Juifs laïcs. Et puis on se retrouvera dans une Jérusalem où seuls les extrémistes pourront s’épanouir. Et ceci est un réel danger pour l’avenir d’Israël. »

Canaan Lidor a contribué à cet article.