Mont du Temple : les acteurs se préparent au round 2 et à une 3ème intifada !

Des représentants des pays musulmans se sont réunis mardi à Istanbul pour apporter leur soutien aux Palestiniens dans la crise avec Israël autour du mont du Temple à Jérusalem : la réunion au niveau ministériel des 57 membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) s’est tenue alors qu’une vive tension continue de régner autour du site saint dans la Vieille Ville de Jérusalem, en dépit du retrait des détecteurs de métaux et de toutes les mesures de sécurité mises en place par Israël à la mi-juillet après une attaque meurtrière ayant coûté la vie à deux policiers israéliens.

Le ministre de l'Autorité palestinienne des Affaires étrangères Riyad al-Maliki (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)Parlant à l’ouverture de la réunion, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki a accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de chercher toujours à modifier le statu quo en place depuis plusieurs décennies, aux termes duquel les musulmans ont le droit de prier sur le mont du Temple de jour comme de nuit, tandis que les Juifs peuvent s’y rendre à certaines heures, mais pas y organiser des prières : « Netanyahu va essayer de nouveau d’imposer son statu quo et nous devons nous préparer pour le prochain round, qui pourrait arriver très bientôt et être très rude », a déclaré M. Maliki. La levée de mesures israéliennes « est une petite victoire dans une longue bataille pour la liberté », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, dont le pays est le président en exercice de l’OCI, a pour sa part appelé les pays musulmans à soutenir les Palestiniens « avec des actes et non pas des paroles ». « Nous devons agir pour protéger la mosquée Al-Aqsa et la Palestine », a-t-il ajouté en réitérant l’appel lancé il y a quelques jours par le président turc Recep Tayyip Erdogan à tous les musulmans de visiter Jérusalem.

Dans un communiqué diffusé à l’issue de la réunion, l’OCI a « fermement condamné les récentes actions provocatrices d’Israël, dont la fermeture de l’esplanade des Mosquées et l’interdiction faite aux Palestiniens, musulmans et chrétiens, de prier dans les lieux saints à Jérusalem ». Le groupe pan-islamique a affirmé que l’esplanade était « un sanctuaire appartenant à l’islam ».

La Jordanie, qui agit en tant que gardien du mont du Temple et qui finance le Waqf, a joué un rôle clé dans la crise qui a été déclenchée après qu’Israël a installé des détecteurs de métaux suite à l’attaque au mont du Temple le 14 juillet où trois terroristes ont utilisé des armes introduites clandestinement sur le site sacré pour tuer deux policiers israéliens montant la garde juste à l’extérieur du site. Plus tôt aujourd’hui, Abdallah a déclaré que son gouvernement « surveille de près la situation à Jérusalem. Le défi est politique, pas seulement sécuritaire », a-t-il précisé.

Lors d’une réunion d’urgence de l’organisation de Coopération islamique (OCI), Ayman Safadi a déclaré que « le nombre d’extrémistes qui ont assailli Al-Aqsa aujourd’hui est un nombre record qui n’a pas été enregistré depuis le début de l’occupation israélienne en 1967 ».  Malgré le jeûne, plus de 1 300 personnes ont bravé la chaleur et sont montées sur le mont pendant les heures de visite du matin, tandis que des centaines d’autres ont attendu dans la queue pour se rendre sur le site sacré alors qu’il ne restait que trois heures de la journée commémorative. Tisha BeAv commémore la destruction des deux temples, ainsi que plusieurs autres désastres de l’histoire juive.

Juste quelques jours après les tensions violentes entourant le site, Safadi a mis en garde contre le fait que les visiteurs pouvaient susciter de nouveaux conflits : « La crise est terminée, mais des crises de plus en plus dangereuses éclateront en raison de la provocation continue d’Israël, si Israël ne déracine pas la source de la tension, si l’occupation ne prend pas fin et si Jérusalem-Est ne devient pas la capitale d’une Palestine indépendante », a ajouté Safadi.

Maliki au sujet du mont du Temple : « nous devons nous préparer pour le prochain round »

« Netanyahu va essayer de nouveau d’imposer son statu quo », a affirmé le chef de la diplomatie palestinienne à Istanbul lors d’une réunion de l’OCI

Le ministre de l'Autorité palestinienne des Affaires étrangères Riyad al-Maliki (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)

Le ministre de l’Autorité palestinienne des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki. (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)

La réunion au niveau ministériel des 57 membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) s’est tenue alors qu’une vive tension continue de régner autour du site saint dans la Vieille Ville de Jérusalem, en dépit du retrait des détecteurs de métaux et de toutes les mesures de sécurité mises en place par Israël à la mi-juillet après une attaque meurtrière ayant coûté la vie à deux policiers israéliens.

Parlant à l’ouverture de la réunion, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki a accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de chercher toujours à modifier le statu quo en place depuis plusieurs décennies, aux termes duquel les musulmans ont le droit de prier sur le mont du Temple de jour comme de nuit, tandis que les Juifs peuvent s’y rendre à certaines heures, mais pas y organiser des prières.

« Netanyahu va essayer de nouveau d’imposer son statu quo et nous devons nous préparer pour le prochain round, qui pourrait arriver très bientôt et être très rude », a déclaré M. Maliki.

La levée de mesures israéliennes « est une petite victoire dans une longue bataille pour la liberté », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, dont le pays est le président en exercice de l’OCI, a pour sa part appelé les pays musulmans à soutenir les Palestiniens « avec des actes et non pas des paroles ».

Mevlüt Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères. (Crédit : capture d'écran YouTube)

« Nous devons agir pour protéger la mosquée Al-Aqsa et la Palestine », a-t-il ajouté en réitérant l’appel lancé il y a quelques jours par le président turc Recep Tayyip Erdogan à tous les musulmans de visiter Jérusalem.

Dans un communiqué diffusé à l’issue de la réunion, l’OCI a « fermement condamné les récentes actions provocatrices d’Israël, dont la fermeture de l’esplanade des Mosquées et l’interdiction faite aux Palestiniens, musulmans et chrétiens, de prier dans les lieux saints à Jérusalem ».

Le groupe pan-islamique a affirmé que l’esplanade était « un sanctuaire appartenant à l’islam ».

Les ministres de l’OCI ont également rejeté toute mesure israélienne « susceptible de porter préjudice au droit palestinien d’une pleine souveraineté sur Jérusalem-est en tant que capitale de l’Etat de Palestine ».

Un calme relatif a été restauré à Jérusalem cette semaine après presque deux semaines de manifestations palestiniennes pour protester contre les mesures de sécurité au mont du Temple, mises en place après l’attaque terroriste du 14 juillet où trois Arabes israéliens ont abattu deux policiers israéliens avec des armes qu’ils avaient introduites clandestinement dans le complexe.

Les fidèles musulmans avaient refusé d’entrer au mont du Temple jusqu’à ce que les installations de sécurité aux entrées du site aient été enlevées et les manifestants palestiniens ont organisé des manifestations quasi-quotidiennement dans et autour de Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dont certaines ont été violentes.

Les entrées du mont du Temple sont contrôlées par Israël. Le site est le lieu le plus saint du judaïsme mais est géré par la Jordanie via le Waqf.

Confronté à de fortes pressions internationales, Netanyahu a finalement reculé, annonçant d’abord le retrait des détecteurs de métaux puis de toutes les nouvelles mesures de sécurité.

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Mont du Temple : Le roi de Jordanie fait un don de 1,2 million d’euros au Waqf

Le gouvernement jordanien « surveille de près la situation à Jérusalem. Le défi est politique, pas seulement sécuritaire », a déclaré Abdallah II

Le roi Abdallah II de Jordanie lors d'une conférence de presse avec le président américain Donald Trump au Rose Garden à la Maison Blanche, le 5 avril 2017 (Crédit : AFP Photo / Brendan Smialowski)
Le roi Abdallah II de Jordanie lors d’une conférence de presse avec le président américain Donald Trump au Rose Garden à la Maison Blanche, le 5 avril 2017 (Crédit : AFP Photo / Brendan Smialowski)

Selon les médias, la donation servira à financer un musée islamique sur le complexe.

La Jordanie, qui agit en tant que gardien du mont du Temple et qui finance le Waqf, a joué un rôle clé dans la crise qui a été déclenchée après qu’Israël a installé des détecteurs de métaux suite à l’attaque au mont du Temple le 14 juillet où trois terroristes ont utilisé des armes introduites clandestinement sur le site sacré pour tuer deux policiers israéliens montant la garde juste à l’extérieur du site.

Plus tôt aujourd’hui, Abdallah a déclaré que son gouvernement « surveille de près la situation à Jérusalem. Le défi est politique, pas seulement sécuritaire », a-t-il précisé.

 

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Ayman Safadi met en garde contre le nombre record de Juifs au mont du Temple

Selon le ministre des Affaires étrangères jordanien, les visites juives sur le site sacré pourraient provoquer de nouvelles tensions

Lors d’une réunion d’urgence de l’organisation de Coopération islamique (OCI), Ayman Safadi a déclaré que « le nombre d’extrémistes qui ont assailli Al-Aqsa aujourd’hui est un nombre record qui n’a pas été enregistré depuis le début de l’occupation israélienne en 1967 ».

Malgré le jeûne, plus de 1 300 personnes ont bravé la chaleur et sont montées sur le mont pendant les heures de visite du matin, tandis que des centaines d’autres ont attendu dans la queue pour se rendre sur le site sacré alors qu’il ne restait que trois heures de la journée commémorative.

Tisha BeAv commémore la destruction des deux temples, ainsi que plusieurs autres désastres de l’histoire juive.

Juste quelques jours après les tensions violentes entourant le site, Safadi a mis en garde contre le fait que les visiteurs pouvaient susciter de nouveaux conflits.

« La crise est terminée, mais des crises de plus en plus dangereuses éclateront en raison de la provocation continue d’Israël, si Israël ne déracine pas la source de la tension, si l’occupation ne prend pas fin et si Jérusalem-Est ne devient pas la capitale d’une Palestine indépendante », a ajouté Safadi.

Dans un communiqué diffusé à l’issue de la réunion, l’OCI a « fermement condamné les récentes actions provocatrices d’Israël, dont la fermeture de l’esplanade des Mosquées et l’interdiction faite aux Palestiniens, musulmans et chrétiens, de prier dans les lieux saints à Jérusalem ».

Le groupe pan-islamique a affirmé que l’esplanade était « un sanctuaire appartenant à l’islam ».

Les ministres de l’OCI ont également rejeté toute mesure israélienne « susceptible de porter préjudice au droit palestinien d’une pleine souveraineté sur Jérusalem-est en tant que capitale de l’Etat de Palestine ».

Un calme relatif a été restauré à Jérusalem cette semaine après presque deux semaines de manifestations palestiniennes pour protester contre les mesures de sécurité au mont du Temple, mises en place après l’attaque terroriste du 14 juillet où trois Arabes israéliens ont abattu deux policiers israéliens avec des armes qu’ils avaient introduites clandestinement dans le complexe.

Les fidèles musulmans avaient refusé d’entrer au mont du Temple jusqu’à ce que les installations de sécurité aux entrées du site aient été enlevées et les manifestants palestiniens ont organisé des manifestations quasi-quotidiennement dans et autour de Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dont certaines ont été violentes.

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La crise au mont Temple a vu le Premier ministre tomber sous la pression et montré qu’Abbas était prêt à aller à la guerre

La souveraineté israélienne sur le mont du Temple a des limites claires. Les sombres événements des dernières semaines soulignent qu’il est plus intelligent de ne pas les franchir

Les musulmans célèbrent à l'extérieur du mont du Temple, dans la vVeille Ville de Jérusalem, l'annonce des dirigeants musulmans sur le retour à la prière au mont du Temple, après que la police israélienne a retiré toutes les mesures de sécurité qu'il avait mises en place suite à l'attaque terroriste sur le site saint il y a deux semaines, le 27 juillet 2017 (Crédit : Hadas Parush / FLASH90)

Mercredi, le représentant légal du Waqf a rencontré le chef de la police de Jérusalem, Yoram Halevi, et lui a donné la liste des demandes du Waqf : le retrait de rampes, de cinq caméras et de certains échafaudages métalliques destinés à accueillir des caméras plus sophistiquées à l’avenir et la réouverture des cinq entrées fermées du mont du Temple. L’une après l’autre, la police d’Israël a accédé à chacune de ces demandes tout en prétendant qu’elle ne négociait pas avec le Waqf. En réalité, c’était vrai. Il n’y a pas eu de négociations. La police a simplement fait ce que le Waqf lui a demandé de faire.

Comme l’a résumé Abdel Azim Salhab, l’un des responsables du Waqf, lors d’une conférence de presse que lui et ses collègues ont organisée jeudi matin : « Le Waqf est directement responsable et a le dernier mot (en ce qui concerne le mont du Temple). L’occupation [Israël] ne doit pas intervenir ». Et c’est la conclusion, même si elle est troublante : la souveraineté israélienne sur le mont du Temple a des limites claires, et il est plus intelligent de ne pas essayer de les franchir.

Cette crise aurait pu être résolue plus tôt. Au début, Israël a insisté sur le fait que les nouveaux dispositifs de sécurité, y compris les détecteurs de métaux, étaient nécessaires aux entrées du mont du Temple. Ces portiques ont été installés suite à l’attaque du 14 juillet où trois arabes israéliens ont abattu deux policiers israéliens juste à l’extérieur du complexe en utilisant des armes qu’un complice avait introduites sur le site sacré. Assez rapidement, cependant, il est devenu évident que le coût des détecteurs de métaux était plus élevé que le coût de leur retrait et la décision a été prise tard dans la journée de lundi qu’il était préférable de capituler sur ce point.

Des fidèles musulmans protestent contre les détecteurs de métaux mis en place à l'entrée du mont du Temple après un attentat, le 16 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais alors, le côté palestinien est monté au sommet. D’abord, c’était le Waqf, qui a insisté sur le fait que le retrait des détecteurs de métaux n’était pas insuffisant et qui en a voulu plus. Le Waqf ne voulait pas simplement voir Israël concéder, il voulait qu’Israël soit humilié. Et, par conséquent, il a présenté une liste de revendications marginales et peu importantes qui ont prolongé la crise de trois jours.

Un Mahmoud Abbas changé

Le changement le plus spectaculaire de cette saga du côté arabe, cependant, concerne le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. En fait, le changement de politique d’Abbas de ces derniers jours est l’une des évolutions les plus importantes depuis des années. Avec tout le respect dû au président turc Recep Tayyip Erdogan et au groupe terroriste palestinien du Hamas, qui régit la bande de Gaza, qui ont suivi une ligne prévisible, la position d’Abbas est la plus surprenante et la plus dangereuse.

Depuis qu’il a pris son poste en janvier 2005, la position d’Abbas sur la violence a été claire : il s’y oppose avec véhémence. Il a demandé à son peuple à maintes reprises de ne pas utiliser la violence, de ne pas se lancer dans un soulèvement. Il a même qualifié la coordination sécuritaire entre l’Autorité palestinienne avec Israël de « sainte ». Mais, il n’a pas abordé le problème de l’incitation à la violence contre Israël et il a continué à payer les terroristes dans les prisons israéliennes. Or, son rôle et celui de ses agences de sécurité dans la guerre contre le terrorisme en Cisjordanie ne peuvent être ignorés. Son peuple a déjoué des centaines d’attaques terroristes ces dernières années. Beaucoup d’Israéliens, y compris des soldats et des résidents d’implantations, leur doivent leur vie.

Le président Mahmoud Abbas s'exprime durant une réunion dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 25 juillet 2017 (Crédit : Abbas Momani/AFP Photo)

Mais cette semaine, quelque chose a changé. Sa déclaration annonçant qu’il arrêtait cette « sainte » coordination sécuritaire avec Israël n’était pas une déclaration vide, malgré certaines allégations affirmant le contraire. La coordination sécuritaire s’est arrêtée, à quelques exceptions près.

Abbas a décidé d’aller à la guerre. Il n’a pas utilisé cette phrase, mais il était clair que si le mont du Temple était resté fermé et que le Tanzim, l’aile armée du Fatah, avait organisé des manifestations de masse en Cisjordanie comme prévu pour ce vendredi, avec l’approbation d’Abbas, cela aurait entraîner une effusion de sang et avait le potentiel de créer une spirale de violence.

Abbas, à l’âge de 82 ans, qui avait jusque-là souligné son engagement dans la recherche de la paix à toutes les occasions, a changé sur ce point. Et il l’a fait, d’ailleurs, après qu’Israël a décidé d’enlever les détecteurs de métaux. Pourquoi maintenant après tout ce temps ?

Apparemment, Abbas se sent extrêmement déçu – par Israël, la Jordanie, l’Egypte et tous les autres acteurs, y compris les États-Unis – et se sent désespéré. Le coup le plus dur des Jordaniens provenait du fait qu’ils ont autorisé le retour en Israël du gardien de sécurité Ziv et du reste du personnel de l’ambassade israélienne après l’incident fatal de dimanche et du fait qu’il a trouvé un accord avec Israël sur le retrait des caméras de sécurité et des détecteurs de métal, sans l’informer. L’AP a été exposée dans toute son insignifiance et sa marginalité. Il semblait que le mont du Temple se glisse hors de ses mains et tombe sous la conduite exclusive des Jordaniens.

Le roi Abdallah II de Jordanie lors d'une conférence de presse avec le président américain Donald Trump au Rose Garden à la Maison Blanche, le 5 avril 2017 (Crédit : AFP Photo / Brendan Smialowski)

Pour ajouter à ses malheurs, il a également été confronté à des forces palestiniennes internes qui l’ont subitement menacé, à savoir le Hamas et son ex-chef de sécurité et son rival Muhammad Dahlane.

À Gaza, jeudi soir, une réunion du parlement palestinien avait été organisée, avec des représentants du Hamas et du camp de Dahlan au Fatah, mais il n’y avait pas de membres du Fatah d’Abbas. Dahlane s’est adressé à la session grâce à une connexion vidéo. Dahlane poursuit ses efforts pour parvenir à un accord avec le Hamas, avec le soutien de l’Égypte, des Émirats arabes unis et d’autres pays et sans qu’Abbas n’ait son rôle dans cette histoire.

En raison de toutes ces raisons, Abbas a pris la décision de rentrer dans une confrontation avec Israël afin de sauver sa position politique. Ainsi, le président de l’Autorité palestinienne a déclaré mercredi à son adjoint au Fatah, Mahmoud Al-Aloul et Jabal al-Mheissen, responsable du Tanzim au sein de la commission centrale du Fatah, d’appeler le Tanzim à rentrer en action vendredi. Quiconque connaît l’histoire du Tanzim sait ce que cela implique : des manifestations de masse, de la violence et une forte probabilité d’utilisation d’armes à feu, dans le style de l’Intifada de septembre dans les années 2000.

Et puis arriva l’annonce du Waqf jeudi matin, les décideurs dans cette crise, que les prières reprendraient au mont du Temple, laissant de nouveau Abbas marginalisé. Que pourrait-il exiger maintenant ? Pourquoi son peuple pourrait-il manifester maintenant que toutes les demandes des fidèles ont été satisfaites ? S’il n’y a pas de drames à la dernière minute, l’Autorité palestinienne devra également revenir au statu quo d’avant crise et reprendre sa coordination sécuritaire avec Israël.

Mais même si cela se produit, lorsque la prochaine crise éclatera, on devrait s’attendre à un Abbas plus résistant qui n’hésitera pas à envoyer les masses dans les rues. Il a été prêt à le faire une fois. Il sera sans doute encore plus prêt à le faire à nouveau.

Netanyahu a besoin des experts arabes

En ce qui concerne le côté israélien, les évolutions de ces derniers jours ont souligné les réactions problématiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu en cas de stress et de crise. Netanyahu voudra oublier les deux dernières semaines.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 25 juillet 2017, avec l'agent de sécurité 'Ziv' qui a abattu deux jordaniens alors qu'il était poignardé par l'un d'entre eux au à l'ambassade d'Israël à Amman, en Jordanie le 23 juillet (Crédit : Haim Zach / GPO)

Les choses ont atteint son point le plus bas quand une « source policière », qui a parlé aux journalistes jeudi matin, a remis Netanyahu à sa place. Netanyahu avait laissé filtré mercredi qu’il avait demandé au ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan de veiller à ce que tous les fidèles soient contrôlés manuellement avant d’entrer dans le mont du Temple. La réponse de la source de la police était que cette instruction n’était pas mise en œuvre. Ou, pour le dire d’une autre manière : oubliez cela, cela n’arrivera pas.

Apparemment, même la police a reconnu que le Premier ministre tentait de déterminer la politique sur le mont du Temple sur la base d’enquêtes – un sondage de la Deuxième chaîne a révélé mardi soir que les Israéliens n’étaient pas satisfaits du retrait des détecteurs de métaux et de la gestion de crise du Premier ministre – plutôt que de prendre en compte les considérations en matière de sécurité.

Netanyahu a zigzagué et a ignoré les mises en garde des chefs du Shin Bet et de l’armée israélienne et même des collègues du cabinet, comme le ministre des Infrastructures, Yoav Galant, un ancien général qui, il y a une semaine, a remis en question la viabilité de l’utilisation des détecteurs de métaux lorsque des dizaines de milliers de personnes viennent pour la prière.

Netanyahu a choisi d’écouter les twittos de droite qui ont exigé qu’il ne sape pas la souveraineté juive au mont du Temple et qu’il maintienne l’amour propre de l’Etat d’Israël. En fin de compte, Netanyahu a reconnu les limites du pouvoir, mais seulement après avoir également causé des dégâts en matière de politique étrangère d’Israël avec sa gestion déplorable de l’incident de l’ambassade israélienne en Jordanie.

L’accueil chaleureux et télévisé qu’il a réservé mardi à l’agent de sécurité Ziv – qui a été attaqué par un jeune jordanien et qui a ouvert le feu en légitime défense et a tué son assaillant et un Jordanien innocent – revenait à cracher sur les Jordaniens. De toute évidence, Netanyahu a organisé son accueil avec l’aide de la personne chargée de ses relations publiques mais en causant des dommages à Israël. Jeudi matin, les médias jordaniens ont signalé que les diplomates de l’ambassade d’Israël ne seraient pas autorisés à retourner à Amman jusqu’à ce que Ziv soit inculpé.

Le bureau du Premier ministre bénéficie évidemment d’un excédent de conseillers et d’experts spécialisés dans les affaires américaines, les affaires du Likud, en économie et en politique israélienne. Mais il y a apparemment une pénurie d’intervenants arabophones qui auraient pu murmurer à l’oreille de Netanyahu, juste avant la photo avec Ziv : « stop ! Cela provoquera de graves dommages à nos relations avec la Jordanie ».

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, avant la réunion du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Flash90)

Netanyahu n’est pas le seul leader israélien qui s’est montré en dessous des attentes de la population. Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a simplement disparu pendant la durée de la crise. Habituellement tellement volubile, Liberman est resté silencieux, et les a tous laissés s’enfoncer plus profondément dans ce bourbier. Si Israël avait un ministre de la Défense avec plus d’expérience, de compréhension et d’intérêt en matière militaire et de sécurité, une telle voix aurait été importante et pourrait même avoir aidé Netanyahu à éviter certaines des erreurs, les zigzags et les dommages.

Erdan et la police pourraient également mieux se rendre compte maintenant que les chefs du Shin Bet et les officiers de l’armée, qui ont été décrits comme des alarmistes et des paniqués, savaient réellement de quoi ils parlaient en matière de sécurité.

Malheureusement, on ne peut pas discuter avec la conclusion du leader du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett et de ses amis à droite : la capacité de dissuasion d’Israël a effectivement été diminuée suite à cette crise. Les Palestiniens – la population et les décideurs – ont senti la faiblesse de la part de l’Etat d’Israël, en particulier son Premier ministre. Malheureusement, néanmoins, la capitulation du gouvernement est devenue une nécessité compte tenu de la menace de l’effusion de sang.

Parfois, il faut savoir quand battre en retraite.

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Selon un élu arabe, le monde arabe se soulèvera si Israël ne retire pas les détecteurs de métaux au mont du Temple

Osama Saadi a estimé que Netanyahu « joue avec le feu ». Pour Taleb Abu Arar, lui aussi membre de la Liste arabe unie, « la troisième intifada a commencé aujourd’hui »

Le député arabe israélien Osama Saadi pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 10 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député arabe israélien Osama Saadi pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 10 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Osama Saadi, de la Liste arabe unie, a déclaré lors d’une interview accordée à la Deuxième chaîne que le Premier ministre Benjamin Netanyahu « joue avec le feu » en maintenant les mesures de sécurité améliorées qui ont été introduites suite à l’attentat de la semaine dernière, au cours duquel trois Arabes israéliens ont tué deux policiers israéliens en utilisant les armes à feu qu’ils avaient fait clandestinement entrer dans le lieu saint.

Saadi s’exprimait dans le sillage d’informations stipulant la mort d’au-moins trois Palestiniens au cours d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes durant les manifestations à Jérusalem et en Cisjordanie dans l’après-midi de vendredi.

Alors qu’il était interrogé sur l’ampleur relativement modeste des autres manifestations organisées vendredi dans tout le monde arabe, il a répondu qu’elles étaient destinées à croître et qu’Israël risquait une troisième intifada si l’Etat juif ne changeait pas sa politique.

Le législateur Taleb Abu Arar. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Taleb Abu Arar, qui appartient également à la Liste arabe unie, a déclaré plus tard dans la journée de vendredi que « la troisième intifada a commencé aujourd’hui ». Il a attribué cet enchaînement des événements aux « politiques cruelles du gouvernement israélien », selon la Deuxième chaîne.

Les membres de la Liste arabe unie et ceux du Waqf islamique marchent vers la Vieille ville pour tenter d'entrer sur le mont du Temple, le 21 juillet 2017 (Crédit : Liste arabe unie)

Les leaders arabes israéliens devaient se réunir vendredi en fin d’après-midi et appeler à une grève et autres mouvements de protestation contre les mesures de sécurité israéliennes, qui, selon eux, sont une violation des accords de longue haleine convenus autour de ce site disputé. Israël a insisté sur le fait que ces nouvelles mesures ont été rendues nécessaires par l’attentat terroriste et qu’elles ne sont pas une brèche au statu-quo sur le mont. Ceux qui entrent depuis la place du mur Occidental, en dessous, doivent depuis longtemps passer à travers des détecteurs de métaux.

« Qu’attend donc Netanyahu ? », a demandé Saadi, réclamant que le Premier ministre fasse immédiatement enlever les détecteurs de métaux.

Dans la matinée de vendredi, les membres de la Liste arabe unie de Saadi ont rencontré les dirigeants du Waqf islamique, instance jordanienne chargée de l’administration du mont du Temple, avant de défiler avec les manifestants à travers Jérusalem-Est vers la Vieille Ville.

Rue Salah Al-Din, aux abords de la Vieille Ville, les législateurs ont rencontré un point de contrôle policier temporaire qui n’autorisait que les femmes de tout âge et les hommes âgés de plus de 50 ans à continuer vers le mont du Temple. La police a indiqué qu’un tollé avait été provoqué par l’arrivée de personnalités publiques, « qui ont énervé ceux qui attendaient là-bas ».

Les manifestants ont tenté de franchir les barrières et plusieurs ont jeté des bouteilles et des pierres en direction des agents, a fait savoir la police, qui a ajouté qu’elle avait riposté à l’aide de méthodes anti-émeutes non-létales.

Les responsables de la sécurité israélienne auraient déclaré que toute effusion de sang autour du mont du Temple vendredi relèverait de la responsabilité des législateurs arabes et autres dirigeants religieux ayant participé aux manifestations du jour. Ces responsables anonymes, cités par Walla, auraient accusé les députés arabes de « provoquer » l’opinion publique arabe et d’attiser les tensions accrues.

Pour sa part, le parlementaire Jamal Zahalka a indiqué que c’était « le Premier ministre Benjamin Netanyahu [qui] est responsable de toutes les perturbations » en raison de sa décision de maintenir en place les détecteurs de métaux pour contrôler les fidèles qui entrent sur le mont du Temple.

Les forces de sécurité israéliennes surveillent les fidèles musulmans palestiniens à l'extérieur de la Porte des Lions, le 21 juillet 2017. (Micah Danney / Times of Israel)

Le mont du Temple est le site le plus saint du judaïsme et le troisième lieu le plus sacré de l’islam.

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Le chef de l’ONU craint une flambée de violence après l’attaque de Jérusalem

Antonio Guterres a condamné l’attaque tout en appelant « tout le monde [à] agir de manière responsable pour éviter une escalade »

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'adressant aux journalistes au siège de l'ONU à New York, le 12 décembre 2016 (Crédit : Drew Angerer / Getty Images via JTA)

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’adressant aux journalistes au siège de l’ONU à New York, le 12 décembre 2016 (Crédit : Drew Angerer / Getty Images via JTA)

Trois Arabes Israéliens ont ouvert le feu près de la mosquée Al-Aqsa dans la vieille ville de Jérusalem vendredi, tuant les deux policiers. Les assaillants ont été abattus sur l’esplanade des Mosquées, un des incidents les plus graves dans ce secteur au coeur du conflit israélo-palestinien.

Antonio Guterres a condamné l’attaque, ajoutant : « Cet incident a le potentiel pour déclencher de nouvelles violences. Tout le monde doit agir de manière responsable pour éviter une escalade ».

Le chef de l’ONU a félicité le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour avoir rapidement condamné les violences et offert l’assurance que les lieux saints de Jérusalem seront respectés.

Abbas a contacté Netanyahu pour lui demander de réouvrir le mont du Temple aux fidèles. Première fermeture décrétée par les autorités israéliennes depuis la Seconde Intifada.

« Le caractère sacré des sites religieux doit être respecté comme des lieux pour la réflexion, pas pour la violence », a-t-il déclaré.

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