L’OURS, l’AIGLE, le CHAMEAU et le puit d’or noir…

ours-aigle-chameauLe principal objectif de l’alliance russo-iranienne en Syrie: mettre à genoux le Régime saoudien qui a cassé le prix du pétrole

L’Arabie saoudite a déclaré la guerre aux pays producteurs de pétrole en cassant artificiellement les prix ; pourquoi la Russie et l’Iran, les principaux pays à en souffrir, ne répondraient pas à cette attaque, avec les moyens militaires qui sont les leurs, d’autant plus que la guerre que mènent les Russes coûte cher, et qu’il faudra bien que quelqu’un paye la note.

Les Russes solidement implantés en Syrie, acoquinés avec leurs compères perses trouveront certainement un moyen et une bonne occasion pour faire revenir l’Arabie saoudite sur sa stratégie belliqueuse de faire chuter artificiellement le prix du baril de pétrole. Chaque jour qui passe les Russes perdent des milliards de dollars à cause du prix du baril imposé par Riyad. Les Iraniens qui désormais peuvent exporter librement leurs hydrocarbures, grâce à l’obligeance du sieur Obama, ne laisseront plus les saoudiens leur dicter leur marge bénéficiaire sur le prix du baril. La prochaine étape de la guerre que mènent la Russie et l’Iran en Syrie a un double objectif: assurer la mainmise russe en Méditerranée en s’implantant solidement dans le port militaire de Tartous et, préparer le terrain pour faire chuter la monarchie saoudienne.

Les Iraniens enrobent leur détestation envers le régime de Riyad par d’oiseuses considérations religieuses, mais il ne faut pas être dupe, c’est une histoire de gros sous. L’Arabie saoudite est d’une fragilité extrême et dépend exclusivement des voies maritimes pour le transport de son brut. Techniquement, quelques bombinettes sur ses puits de pétrole, tous localisés à l’est du pays et la fermeture des Détroits, vitaux pour leurs tankers, suffiraient pour mettre la famille Saoud à l’agonie et faire reflamber le cours du pétrole. En cas d’attaque, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud n’aura qu’à réclamer l’aide de l’impotent Obama, et on verra bien ce qu’il recevra, sachant que les Etats-Unis ne se plaindraient, non plus, d’une augmentation du prix du pétrole.

L’ours, l’aigle et le chameau (selon Olivier demeulaere)

 Acte I : en septembre 2014, le chameau et l’aigle, sans doute nostalgiques de leur tango afghan, semblent manigancer la chute du prix du baril. Le but : punir l’ours pour son soutien à Bachar (et accessoirement aux rebelles du Donbass). Le chameau ouvre les vannes, quelques petits aiglons poussent à la roue à Wall Street et le pétrole passe en quelques semaines de 110$ à 50$. L’ours, victime dans le même temps des sanctions occidentales, est un temps en difficulté mais bâille. La baisse du cours de l’or noir est plus que compensée par la baisse du rouble et Moscou engrange des recettes record dans sa monnaie. L’aigle l’a mauvaise et fourbit ses griffes pour un nouveau plan quand…
Acte II : le chameau tourne sa bosse à 180°. Où l’on apprend que Riyad voulait autant sinon plus détruire l’industrie américaine du schiste que s’en prendre à la Russie. Les coûts de production dans le schiste étant bien plus élevés que dans le pétrole conventionnel, la chute des cours met les producteurs US au supplice. L’aigle a beau piailler devant cette traitrise, les faits sont là : les investissements s’écroulent, la production commence à piquer du nez, et le schiste américain est dans une impasse.   Pire ! tout au long du printemps 2015, le chameau se rapproche de l’ours et lui fait des oeillades appuyées : invitation à rejoindre l’OPEP, entente pour fixer le cours de l’or noir… Si Moscou lâche Bachar, les Séoud wahhabites sont prêts à devenir danseuses orientales. De rage, l’aigle en avale ses plumes qu’il n’a déjà plus très nombreuses devant la perspective de la fin du pétrodollar.
Acte III : le chameau est chamélisé. La danse du ventre saoudienne laisse l’ours de marbre, qui envoie ses Sukhois dans le ciel syrien bombarder les terroristes modérés qaédistes et daéchiques, chameaux à plume (ou aigles à bosse) nés de l’étrange union entre Occident et Golfe. L’automne est le temps des récoltes et les cheikhs grassouillets constatent avec horreur le fruit de leurs semailles. La dégringolade du pétrole rattrape son promoteur qui voit ses recettes fondre comme neige au soleil du désert, au point d’inquiéter sérieusement le FMI ! Riyad est obligé de couper clair dans les dépenses (ce qui tombe mal au moment où les Séoud sont engagés dans les bourbiers yéménite et syrien) et, pour la première fois depuis bien longtemps, pousse l’OPEP à réduire enfin sa production. Mais il y a plus grave. Extraordinaire manoeuvrier, Poutine est peut-être en train de phagocyter l’OPEP au nez et à la barbe des Saoudiens ! On comprend mieux dans ce cas pourquoi l’ours a écarté d’un revers méprisant de la patte la proposition chamélique… Sans en faire partie, la Russie est peu à peu en train de créer un « bloc russe » au sein de l’OPEP, la divisant de fait en deux ! Des liens anciens et solides unissent Moscou à différents membres de l’organisation – Venezuela, Iran, Equateur, Angola – qui s’opposent à la politique de prix imposée par l’Arabie Saoudite. La guerre en Syrie a permis un spectaculaire rapprochement avec l’Irak, lassé du double jeu américain, et peut-être un « retournement » prochain de Bagdad. Le chameau saoudien risque bientôt d’être isolé dans sa propre oasis et l’ours ne se gêne pas pour appuyer où ça fait mal : des déclarations de plus en plus intentionnelles moquent la « politique suicidaire » de Riyad et de ses alliés (Koweït, Qatar) et soutiennent à mi-voix un front du refus au sein de l’OPEP, véritable « bloc russe » en gestation ».
NdlR : sans oublier, qu’ISRAËL est en passe de devenir un géant des hydrocarbures via son Léviathan, notamment. Une sacrée histoire de drôles de bestioles…. on se croirait dans le livre de l’Apocalypse ! Manque plus que GOG et MAGOG …?

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