Le Pentagone au chevet des Wahhabites de La Mecque

« Où que vous regardiez » au Moyen-Orient, « s’il y a des problèmes il y a l’Iran », a accusé le chef du Pentagone après des rendez-vous avec le roi Salmane d’Arabie saoudite et le ministre de la Défense saoudien, le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le chef du Pentagone a loué en revanche les efforts de l’Arabie saoudite, chef de file des monarchies pétrolières du Golfe et puissance sunnite de la région, pour « restaurer la stabilité dans cette cruciale région du monde ».

« Il est dans notre intérêt de voir des forces armées et des services secrets saoudiens forts », a-t-il souligné.

L’administration Trump cherche à réchauffer les relations avec l’allié saoudien, qui s’étaient considérablement refroidies sous l’administration Obama.

L’administration Trump compte s’appuyer davantage sur Ryad pour mener sa politique au Moyen Orient, qu’il s’agisse de contrer l’influence iranienne, de lutter contre le groupe Etat islamique, ou bien des efforts pour trouver un accord de paix israélo-palestinien.

Le président américain Donald Trump et le vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui est aussi ministre de la Défense, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 14 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Le président Trump a déjà reçu il y a quelques semaines à la Maison Blanche le ministre de la Défense et puissant vice-prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane.

Et le président américain, pour l’instant peu friand de déplacements internationaux, pourrait se rendre en Arabie saoudite, selon Jim Mattis.

« Nous devons empêcher l’effort de l’Iran pour déstabiliser » le Yémen et y créer « une nouvelle milice à l’image du Hezbollah », la très puissante milice chiite libanaise, a ainsi déclaré Mattis mercredi à Ryad. L’administration américaine aimerait de son côté que le royaume saoudien augmente sa participation à la campagne contre le groupe terroriste sunnite Etat islamique (EI) en Irak et Syrie.

Mattis s’est rendu à Ryad au premier jour d’une tournée au Moyen Orient qui doit le mener également en Egypte, en Israël, au Qatar et à Djibouti, en Afrique. Certains experts conservateurs américains estiment que les Etats-Unis doivent travailler à la constitution d’un front commun contre l’Iran entre Israël et les pétromonarchies du Golfe qui, pour l’instant, n’ont pas de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu.

C’est dans ce cadre que doit être appréciée la déclaration du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson qui a estimé mercredi que l’accord nucléaire avec l’Iran « échouait » à remplir ses objectifs, après l’annonce que Donald Trump avait ordonné la réévaluation de la position de Washington face à Téhéran.

La Maison Blanche a certifié mardi que l’Iran respectait ses engagements aux termes de l’accord négocié sous l’ancien président Barack Obama. Mais le chef de la diplomatie américaine a estimé que cet accord n’était qu’une façon « d’acheter » le régime iranien et ne faisait que retarder le développement de son programme nucléaire.  L’accord nucléaire avec l’Iran, signé en 2015, « échoue à remplir l’objectif d’un Iran dénucléarisé », a déclaré Tillerson lors d’une conférence de presse à Washington.

Tillerson avait déclaré mardi soir avoir informé le Congrès américain du lancement d’une étude, demandée par le président Donald Trump, pour savoir si l’allègement des sanctions envers l’Iran prévu par l’accord nucléaire correspondait à l’intérêt national des Etats-Unis. « L’Iran demeure l’un des principaux pays qui parraine le terrorisme », avait alors écrit Tillerson.

Le chef du Pentagone loue l’Arabie saoudite et étrille l’Iran

“Où que vous regardiez” au Moyen-Orient, “s’il y a des problèmes il y a l’Iran”, a accusé Jim Mattis

James Mattis, secrétaire américain à la Défense, avec le vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à Ryad, le 19 avril 2017. (Crédit : Jonathan Ernst/Pool/AFP)

James Mattis, secrétaire américain à la Défense, avec le vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à Ryad, le 19 avril 2017. (Crédit : Jonathan Ernst/Pool/AFP)

« Où que vous regardiez » au Moyen-Orient, « s’il y a des problèmes il y a l’Iran », a accusé le chef du Pentagone après des rendez-vous avec le roi Salmane d’Arabie saoudite et le ministre de la Défense saoudien, le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le chef du Pentagone a loué en revanche les efforts de l’Arabie saoudite, chef de file des monarchies pétrolières du Golfe et puissance sunnite de la région, pour « restaurer la stabilité dans cette cruciale région du monde ».

« Il est dans notre intérêt de voir des forces armées et des services secrets saoudiens forts », a-t-il souligné.

L'artillerie de l'armée saoudienne tirant vers le Yémen à partir d'une position près de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Mais il n’a pas indiqué si les Etats-Unis comptaient renforcer leur soutien militaire à la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite, qui se bat au Yémen contre les rebelles Houthis que l’Iran est accusée de soutenir.

Les Etats-Unis cherchent avant tout au Yémen « à amener ce conflit dans des négociations sous l’égide des Nations unies, pour s’assurer qu’il se termine le plus tôt possible », a-t-il souligné.

Les responsables du Pentagone sont convaincus qu’il faut augmenter la pression militaire sur les Houthis pour les ramener à la table des négociations.

Mais les critiques internationales sur le grand nombre de victimes civiles occasionnées par les bombardements de la coalition arabe rendent plus difficile un engagement militaire accru de Washington au côté des Saoudiens et des Emiratis, les fers de lance de la coalition.

L’administration américaine n’a pas encore indiqué par exemple si elle allait revenir sur le gel de la fourniture de bombes à guidage de précision à l’Arabie saoudite, décidé en décembre dernier par l’administration Obama, inquiète du nombre de victimes civiles au Yémen.

Depuis l’intervention de la coalition en mars 2015, plus de 7 700 personnes, en majorité des civils, ont été tuées et 42 500 blessées dans le conflit au Yémen.

Des enfants yéménites devant une école détruite par une frappe aérienne dans la ville de Taëz, dans le sud du Yémen, le 16 mars 2017. (Crédit : Ahmad Al-Basha/AFP)

Toutes les médiations de l’ONU et sept accords de cessez-le-feu ont échoué.

L’administration Trump cherche à réchauffer les relations avec l’allié saoudien, qui s’étaient considérablement refroidies sous l’administration Obama.

L’Arabie saoudite s’était sentie marginalisée pendant la négociation de l’accord sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 par la précédente administration.

Un nouveau Hezbollah

L’administration Trump compte s’appuyer davantage sur Ryad pour mener sa politique au Moyen Orient, qu’il s’agisse de contrer l’influence iranienne, de lutter contre le groupe Etat islamique, ou bien des efforts pour trouver un accord de paix israélo-palestinien.

Le président Trump a déjà reçu il y a quelques semaines à la Maison Blanche le ministre de la Défense et puissant vice-prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane.

Et le président américain, pour l’instant peu friand de déplacements internationaux, pourrait se rendre en Arabie saoudite, selon Jim Mattis.

Les dirigeants saoudiens s’inquiètent de voir l’Iran s’immiscer dans les pays arabes, utilisant les communautés chiites pour avancer ses pions, comme à Bahreïn, ou au Liban.

Le président américain Donald Trump et le vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui est aussi ministre de la Défense, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 14 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Ils trouvent une oreille désormais plus favorable à Washington avec l’administration Trump, qui ne cesse de dénoncer « l’influence néfaste » de l’Iran au Moyen Orient.

« Nous devons empêcher l’effort de l’Iran pour déstabiliser » le Yémen et y créer « une nouvelle milice à l’image du Hezbollah », la très puissante milice chiite libanaise, a ainsi déclaré Mattis mercredi à Ryad.

L’administration américaine aimerait de son côté que le royaume saoudien augmente sa participation à la campagne contre le groupe terroriste sunnite Etat islamique (EI) en Irak et Syrie.

L’Arabie saoudite pourrait par exemple participer avec plus d’opérations aériennes, ou augmenter son effort d’aide humanitaire, avait indiqué mardi un responsable américain de la Défense.

La guerre contre l’EI reste « la priorité numéro 1 » des militaires américains, a-t-il rappelé.

Mattis s’est rendu à Ryad au premier jour d’une tournée au Moyen Orient qui doit le mener également en Egypte, en Israël, au Qatar et à Djibouti, en Afrique.

Certains experts conservateurs américains estiment que les Etats-Unis doivent travailler à la constitution d’un front commun contre l’Iran entre Israël et les pétromonarchies du Golfe qui, pour l’instant, n’ont pas de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu.

 

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L’administration Trump réévalue l’accord du nucléaire iranien “défaillant”

L’accord nucléaire avec l’Iran, signé en 2015, “échoue à remplir l’objectif d’un Iran dénucléarisé”, a déclaré le chef de la diplomatie américaine

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 23 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 23 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

La Maison Blanche a certifié mardi que l’Iran respectait ses engagements aux termes de l’accord négocié sous l’ancien président Barack Obama. Mais le chef de la diplomatie américaine a estimé que cet accord n’était qu’une façon « d’acheter » le régime iranien et ne faisait que retarder le développement de son programme nucléaire.

L’accord nucléaire avec l’Iran, signé en 2015, « échoue à remplir l’objectif d’un Iran dénucléarisé », a déclaré Tillerson lors d’une conférence de presse à Washington.

Tillerson avait déclaré mardi soir avoir informé le Congrès américain du lancement d’une étude, demandée par le président Donald Trump, pour savoir si l’allègement des sanctions envers l’Iran prévu par l’accord nucléaire correspondait à l’intérêt national des Etats-Unis.

« L’Iran demeure l’un des principaux pays qui parraine le terrorisme », avait alors écrit Tillerson.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry en face du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif pendant la négociation de l'accord nucléaire iranien, le 1er juillet 2015, à Vienne, en Autriche. (Crédit : département d'État)

Selon Tillerson, cet accord est né « de la même approche défaillante passée qui nous a amené jusqu’à la menace imminente actuelle venant de Corée du Nord ».

« Nous devons évaluer l’Iran de façon exhaustive en ce qui concerne la menace qu’il représente, sous tous ses aspects dans la région et le monde. Or [l’accord nucléaire] en fait partie », a poursuivi Tillerson.

« Nous allons donc réévaluer complètement [l’accord nucléaire] lui-même… C’est un nouvel exemple de comment acheter une puissance qui a des ambitions nucléaires et de comment nous les achetons sur une courte période et quelqu’un doit ensuite s’en charger plus tard », a poursuivi le chef de la diplomatie américaine.

« L’administration Trump n’a pas l’intention de renvoyer la balle au prochain gouvernement sur l’Iran », a déclaré Tillerson aux journalistes.

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Le chef du Pentagone en tournée au Moyen-Orient

Jim Mattis sera à Ryad avant de se rendre au Caire puis en Israël où il rencontrera Rivlin, Netanyahu et son homologue Avigdor Liberman

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, et le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, à la conférence de Munich sur la sécurité, le 17 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, et le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, à la conférence de Munich sur la sécurité, le 17 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Le chef du Pentagone sera à Ryad mercredi avant de se rendre au Caire puis en Israël où il rencontrera le président Reuven Rivlin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue Avigdor Liberman.

Jim Mattis aura également des rendez-vous au Qatar, et à Djibouti où il rencontrera notamment le président Ismail Omar Guelleh.

M. Mattis veut notamment évoquer pendant cette tournée « les efforts destinés à contrer les activités déstabilisatrices et vaincre les organisations terroristes extrémistes », selon le communiqué du Pentagone.

L’expression « activités déstabilisatrices » est souvent employée par le Pentagone pour décrire les activités de l’Iran dans la région, qui inquiètent Israël et les alliés arabes des Etats-Unis.

Jim Mattis est réputé pour sa méfiance envers Téhéran, visée également par quelques tweets virulents du président Donald Trump.

« L’Iran joue avec le feu – ils ne se rendent pas compte de combien le président Obama était +gentil+ avec eux. Pas moi! », avait tweeté le président américain début février, après un tir iranien de missile balistique le 29 janvier.

Les Etats-Unis soutiennent actuellement par des ravitaillements en vol et du renseignement la coalition arabe, menée par l’Arabie saoudite, qui combat au Yemen les rebelles chiites Houthis soutenus par l’Iran.

La tournée de M. Mattis survient également alors que la coalition internationale contre le groupe Etat islamique prépare l’assaut final contre la capitale de facto des jihadistes en Syrie, Raqa.

La coalition doit décider quel sera le rôle des milices kurdes dans cette opération visant une ville très majoritairement arabe.

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