Le 6ème Califat viendra de la TUNISIE : merci la CIA ?!

« Mes frères, vous vivez un moment historique, un moment divin, une nouvelle étape civilisationnelle dans un nouvel Etat si Dieu le veut, dans un sixième califat Inch Allah…Il ya des signaux divins en ce moment même, la libération de Jérusalem commence ici. De la Tunisie débutera le sixième Califat. » 

Depuis leur succès aux élections de l’Assemblée Constituantes, le 23 Octobre 2011, les barons d’Ennahdha multiplient les sorties médiatiques tonitruantes et controversées. Le futur premier ministre islamiste, Hamadi Jebali en personne, s’est offert un prêche à l’occasion d’un grand meeting, le 13 novembre. C’était à Sousse, en présence d’une représentante du mouvement palestinien Hamas, Houda Naïm. Hamadi Jebali a notamment déclaré : « Mes frères, vous vivez un moment historique, un moment divin, une nouvelle étape civilisationnelle dans un nouvel Etat si Dieu le veut, dans un sixième califat Inch Allah…Il ya des signaux divins en ce moment même, la libération de Jérusalem commence ici. De la Tunisie débutera le sixième Califat. » 

Quand Hamadi Jebali parle de 6ème Califat, ce n’est point un lapsus, car l’affirmation s’inscrit dans la droite lignée de son idéologue en chef Rached Ghannouchi. Pourquoi 6ème Califat ?  Le 6ème Califat a une signification bien précise dans l’Islam. En effet, les khoulafah Rashidun, califes bien guidés, successeurs du prophète dans l’exercice politique du pouvoir, sont au nombre de quatre, dans l’islam sunnite. Les exégètes et autres historiens de l’Islam ont désigné Omar Ben Abdelaziz, cinquième calife bien guidé, en reconnaissance de sa piété, par considération à sa lignée descendante directement d’Omar Ben Khatab, imam des justes et premier amir al-mûminîn « prince des croyants ». Donc, 14 siècles après, le règne d’Ennahdha serait le 6ème Califat et Hamadi Jebali le digne successeur autoproclamé d’Omar Ben Abdelaziz.Hamadi Jebali, sous ses grands airs de démocrate, n’est pas à son premier coup. Dans une interview exclusive  le 17 Février 2011, il disait qu’après la stabilité et l’enracinement de la démocratie, la Chariaâ serait appliquée.  

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Décryptage maison :  

   1 / Si la CIA d’OBAMA voulait torpiller les vélléités turques de retour au Califat, elle ne s’y serait pas mieux prise ! Voilà de quoi les occuper un peu…entre eux. Que le meilleur gagne. Diviser pour mieux règner.  

    2 / Jérusalem de plus en plus encerclée, c’est une évidence.  

   3 / Et ceux qui encerclent Jérusalem de plus ne plus surveillés, une autre évidence. CQFD ?! Relire ICI notre post du 8 avril sur le double encerclement de Jérusalem et ses deux guerres prophétiquement annoncées  

   4/ Ce 6ème Califat est-il un clin d’oeil au 6ème sceau de l’Apocalypse et/ou à sa 6ème trompette ?  

D’autres déclarations tonitruantes sur l’hiver islamiste fabriqué par la CIA, lire la suite… 

 

  

Depuis leur succès aux élections de l’Assemblée Constituantes, le 23 Octobre 2011, les barons d’Ennahdha multiplient les sorties médiatiques tonitruantes et controversées. Est- ce par maladresses que l’euphorie ambiante a engendrées ? Est-ce pour annoncer d’ores et déjà la couleur à travers des messages bien huilés en termes de continu et de timing ? 

Les barons d’Ennahdha ont-ils tiré les enseignements nécessaires, de leurs points de vue, de l’ère mauve de triste mémoire, à savoir, construire le pouvoir sur les sentiments de peur et de persécution et ainsi mieux asseoir leur diktat sur la société tunisienne. Il est bien établi, et l’histoire en témoigne, que la peur est le principal allié de la dictature. 

Il ne s’agit pas de faire un procès d’intentions ni de pratiquer la diabolisation à deux balles, mais de constats, certes amers mais combien tangibles. Quand Hamadi Jebali parle de 6ème Califat, ce n’est point un lapsus, comme s’efforcent de l’expliquer les fantassins soucieux beaucoup plus de nettoyer le « lieu du crime » que de rassurer l’opinion publique, car l’affirmation s’inscrit dans la droite lignée de la littérature nahdhaouie, notamment la pensée de leur idéologue en chef Rached Ghannouchi. Il est donc bien clair que la ligne de rupture entre la doctrine religieuse et la conception politique n’a pas été consommée, contrairement au discours livré par Ennahdha, qui se répand, en façade, à revendiquer un régime républicain et un Etat civil.
D’ailleurs, je me grille les neurones pour comprendre pourquoi 6ème Califat ? J’aurais admis l’argument de lapsus si Hamadi Jebali avait évoqué uniquement le terme califat, mais lui adjoindre le mot 6ème, ceci ne peut être fortuit ou accidentel, car le 6ème Califat a une signification bien précise dans l’Islam. En effet, je sais que les khoulafah Rashidun, califes bien guidés, successeurs du prophète dans l’exercice politique du pouvoir, sont au nombre de quatre, dans l’islam sunnite. Les exégètes et autres historiens de l’Islam ont désigné Omar Ben Abdelaziz, cinquième calife bien guidé, en reconnaissance de sa piété, son impartialité et sa frugalité et par considération à sa lignée descendante directement d’Omar Ben Khatab, imam des justes et premier amir al-mûminîn « prince des croyants ». Donc, 14 siècles après, le règne d’Ennahdha serait le 6ème Califat et Hamadi Jebali le digne successeur autoproclamé d’Omar Ben Abdelaziz.
Au moins, sur cette question, « Hezb Ettahrir » (NDLR : non autorisé en Tunisie) a le mérite d’être clair et non moins direct, il ne change pas de discours. Les pieds bien dans ses bottes, il ne module ni modèle son message selon l’auditoire et le timing. On peut rejeter ou combattre sa ligne pure et dure et son cap anachronique et obscurantiste, mais personne ne lui ôtera sa droiture.

 

D’ailleurs, Hamadi Jebali, sous ses grands airs de démocrate, n’est pas à son premier coup. Dans une interview exclusive accordée à “Réalité” le 17 Février 2011, il disait en gros qu’après la stabilité et l’enracinement de la démocratie, la Chariaâ sera appliquée. Celle-ci est dixit « un texte divin et Dieu ne peut prescrire l’iniquité pour les humains ». Ennahdha « n’interdira pas le licite permis par Dieu lui-même, sinon nous ne serions plus un mouvement islamiste ».
Avant que Hamadi Jebali n’ait dégainé sur la question du Califat, son maitre à penser, l’insondable Rached Ghannouchi a bien flingué l’adoption, employant des termes aussi dégradants que “laqit”. Dans la foulée, la sulfureuse et sulfurique Souad Abderrahim, Taliban en jupe, a usé de son sabre médiéval pour décapiter les mères célibataires leur déniant tout droit ne serait-ce que d’exister. Il est à relever que contrairement à l’image pieuse, solidaire des moins nantis, qu’Ennahdha cultive, ses barons ont pris pour premiers cibles les groupes vulnérables déjà honnis par la société. Le paradoxe est très saisissant et non moins délétère.
On ne mène pas un État avec des lapsus mais avec des certitudes, et en politique il n’y a pas de bonne ou mauvaise foi, encore moins de profession de foi, il y a des intérêts en particulier partisans, donc idéologiques. La peur est un instrument dont ont usé et abusé tous les régimes despotiques. Et même si les tunisiens ont défoncé le mur de la peur il n’en demeure pas moins qu’une certaine crainte gronde contre le double discours d’Ennahdha et les envolées d’un autre âge de leurs barons !
   
Jalel Snoussi

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Tunisie: une élue d’Ennahdha dérape sur une radio française

 

 

Elle était une candidate non-voilée d’ennahdha aux élections de l’Assemblée constituante et elle a été élue haut-la-main, son parti ayant raflé 3 sièges dans la 2éme circonscription de Tunis. Beaucoup présentent Souad Abderrahim comme la « vitrine » de l’aile modérée d’ennahdha, mais sans doute ne se faisaient-ils pas beaucoup d’illusions sur elle.
 
En effet, cette députée est pharmacienne et femme d’affaires, une femme active aux allures modernes. Invitée sur la Radio Monte-Carlo Doualiya, elle a déclaré que « les mères célibataires sont une infamie pour la société tunisienne » et qu’il n’y aura pas de législation spécifique pour protéger ces femmes et qu’il faut respecter le sacré ??

A-t-elle pris des pilules hallucinogènes avant de s’exprimer à la radio ? Nul ne saurait répondre mais c’est un grave dérapage, de surcroit sur les ondes d’une radio internationale. Le plus grave encore, c’est que cette femme politique, se dit « honteuse à l’égard des autres pays arabes » dont la Tunisie est apparemment sous tutelle ??? Un aspect de la vision de cette femme pour l’indépendance de la Tunisie qui n’était pas connue jusque-là. 

Les déclarations de Souad Abderrahim sont aussi dangereuses que scandaleuses, car elles viennent de la part d’une femme en apparence contemporaine mais en réalité profondément rétrograde et réactionnaire. De tels propos préparent clairement le terrain à l’imposition de lois autoritaires provenant d’interprétations de l’Islam. 

On s’attend déjà à mises au point et des recadrages de la part de Hamadi Jebali, futur chef du gouvernement. Ennahdha voudra certainement rassurer les citoyens tunisiens et les observateurs sur ses bonnes intentions comme si l’élection ne venait pas d’avoir lieu. Souad Abderrahim ne fera pas marche arrière sur ses déclarations tant elles sont rassurantes pour son électorat ancré dans des traditions patriarcales profondes et peut-être tentera-t-elle d’enfoncer le clou tant les tabous sont lourds dans un pays arabe comme la Tunisie. 

La situation de la femme en Tunisie est exceptionnelle dans le monde arabe. Elle jouit d’un statut avancé et un code (Code du Statut Personnel) protège ses droits, en matière d’héritage, de divorce,…etc. Ennahdha est-elle en train de faillir à sa parole en matière de droits de la femme ? Les prochains jours nous le diront. 

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Le blog de Martine Gozlan

 

Tunisie. Le futur Premier ministre appelle au «sixième califat Inch’Allah » !

Les «lapsus» des islamistes au pouvoir à Tunis continuent au plus haut niveau. Le futur Premier ministre Hamadi Jebali a évoqué en plein meeting, l’avènement du «sixième califat»…


 

Aïe, ça commence à faire beaucoup ! Les petites ou grosses phrases des pontes du nouveau régime islamiste se succèdent à une telle allure que les Tunisiens commencent à se demander à quelle drôle de sauce démocratique Ennahda va les manger. Après les insultes aux mères célibataires, « infamie pour la Tunisie et un pays arabo-musulman » comme l’éructait la délicate députée Souad Abderrahim (voir notre dernier post) pourtant réputée modérée, c’est le futur premier ministre islamiste, Hamadi Jebali en personne, qui s’est offert un prêche doré sur tranche salafiste à l’occasion d’un grand meeting, le 13 novembre. C’était à Sousse, en présence d’une représentante du mouvement palestinien Hamas, Houda Naïm. Filmé et enregistré par plusieurs medias, Hamadi Jebali a notamment déclaré lors d’un discours lyrique, modulé et scandé comme une incantation : « Mes frères, vous vivez un moment historique, un moment divin, une nouvelle étape civilisationnelle dans un nouvel Etat si Dieu le veut, dans un sixième califat Inch Allah… » Le discours, abondamment cité, a immédiatement circulé sur le web, déclenchant l’affolement d’une multitude d’internautes. Aucune réaction politique n’a cependant été encore signalée, mais on espère que les partis modernistes vont se réveiller dans les heures qui viennent. Leurs électeurs, en tous cas, ceux du Pôle démocratique comme ceux d’Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar, sont dévorés par la colère et l’inquiétude. Un vrai cauchemar pour ces marcheurs de la révolution ! L’idée qu’un « sixième califat » puisse succéder, au nom de la démocratie, à la dictature de Ben Ali semble relever d’une sinistre farce.
Le chargé de communication d’Ennahda, Samir Dilou, qui sera probablement en charge d’un ministère important – peut-être celui des affaires étrangères – dans le futur cabinet, est conscient que la promesse extatique d’Hamadi Jebali fait peser de nouveaux doutes sur la véritable nature des islamistes tunisiens. Dilou s’est donc donné un mal fou pour préciser que le discours « n’était pas un discours mais un serment destiné à rappeler les valeurs de modestie et d’humilité qui étaient celles du califat d’Omar Ibn Abdelaziz… » Un serment ? C’est pire ! Omar Ibn Abdelaziz, qui a régné à Damas au 8ème siècle, s’est distingué par sa volonté d’appliquer la charia dans toute sa rigueur. La perle de l’Orient, comme on appelait alors Damas, était une cité brillante et joyeuse : le calife fit fermer les débits de boisson et son zèle de serviteur de Dieu le conduisit à sévir même contre les hammams qui faisaient alors la célébrité de la ville. Les bains publics, véritable bénédiction hygiénique et esthétique en ces temps lointains, constituaient selon lui des lieux de perdition.
Le fait que le prochain Premier ministre tunisien se réfère au règne de ce saint homme n’est donc pas très encourageant pour la Tunisie du XXIème siècle et Samir Dilou ne nous rassure pas beaucoup avec ses explications. D’autant que le discours-serment d’Hamadi Jebali se révèle à tiroirs. L’évocation d’un « sixième califat » peut en effet s’inscrire dans une continuité plus récente. Dans l’histoire islamique, le « cinquième califat »( et non le cinquième calife) c’est le califat ottoman. Celui qui fut aboli par Ataturk le 3 mars 1924. Une nouvelle ère commençait dans la Turquie de Mustapha Kemal et tous les journaux du Caire titrèrent ce jour-là « Adieu l’Orient ! ». Or nous savons que cette étape laïque s’est fanée depuis que Recep Tayyip Erdogan gouverne la Turquie. Ce Premier ministre islamiste a manifesté empathie religieuse et solidarité financière à ses frères tunisiens d’Ennahda.
Nous sommes donc en plein dans « la nouvelle étape civilisationnelle » appelée de tous ses vœux par le frère Hamadi Jebali. Dans ce contexte « le sixième califat » incarnerait la résurrection des valeurs déboutées par Kemal Ataturk, grand inspirateur de Habib Bourguiba, père de la Tunisie moderne, et détesté des islamistes.
On comprend que nos amis Tunisiens soient inquiets. Tout ça pour ça ?
 
 

  

 
 

 

Mercredi 16 Novembre 2011
Martine Gozlan
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