Knesset 2019 : entrée des Kahanistes… Mais qui était le Rabbin Méir Kahane ?

Le rabbin Meir Kahane lors d'une conférence de presse à New York, le 31 août 1984 (Crédit : Gene Kappock/NY Daily News Archive via Getty Images via JTA)Meir Kahane, son idéologie et Israël. Une fusion politique de l’extrême-droite négociée par Netanyahu fait face à une vive opposition, car elle pourrait faire entrer les Kahanistes à la Knesset – ou dans une coalition

JTA — Dans les années 1980, la droite et la gauche israéliennes se sont affrontées au cours de trois scrutins rapprochés et féroces pour déterminer qui prendrait la direction du pays, avec une division des votes qui s’était avérée si uniforme qu’une des élections avait conduit au partage des pouvoirs.

Et pourtant, durant cette période tendue, le Parti travailliste et le Likud s’accordaient au moins sur une chose : le rabbin Meir Kahane, extrémiste de droite, était indigne de siéger à la Knesset.

« Ce phénomène dangereux ne durera pas parce qu’aucune personnalité publique, aucun membre de la Knesset ne lui apporte son soutien », avait commenté un jour le Premier ministre Yitzhak Shamir issu du Likud au sujet de Kahane, selon Haaretz. Il avait également qualifié le rabbin de « dangereux ».

Plus de trois décennies plus tard, il semblerait que les temps aient changé : le Premier ministre actuel du Likud, Benjamin Netanyahu, a usé de son influence pour que les successeurs idéologiques de Kahane puissent se présenter à la Knesset. Craignant que la droite israélienne ne perde le pouvoir, Netanyahu a orchestré une fusion entre HaBayit HaYehudi – un parti national religieux – et Otzma Yehudit (Pouvoir juif), un groupe d’extrême-droite dirigé par les disciples de Kahane. Cette alliance augmente les chances du parti uni de remporter suffisamment de votes pour siéger au Parlement israélien.

L’éventuelle victoire des candidats d’Otzma Yehudit ou l’influence qu’ils pourraient avoir à la Knesset s’ils y sont élus restent indéterminées. Mais plusieurs groupes juifs américains ainsi que des personnalités publiques israéliennes s’opposent à cette fusion, la considérant comme la reconnaissance publique d’un extrémisme rejeté par les précédents gouvernements israéliens.

« Je n’aurais jamais pensé voir ça un jour », s’est exclamé Yossi Klein Halevi, un auteur américano-israélien disciple de Kahane dans sa jeunesse et opposant fervent de cette idéologie aujourd’hui, devant les caméras d’i24 News.

« Toutes les sociétés ont leurs fanatiques en marge. Mais ce qu’a fait le Premier ministre, parce qu’il est désespéré, parce qu’il est dans une course politique dans laquelle les écarts se réduisent de plus en plus, c’est ouvrir la porte au diable ».

De nombreuses organisations juives américaines centristes et libérales ont fait savoir qu’elles s’opposaient à cette fusion cette semaine. Le mouvement réformé, l’ADL (Anti-Defamation League), l’AJC (American Jewish Committee) et plusieurs autres groupes ont qualifié l’encouragement apporté à Otzma Yehudit de caution inacceptable apportée à l’extrémisme.

Vendredi, l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committe), le groupe de lobby pro-israélien, a repris à son compte la condamnation de l’AJC, notant qu’il avait pour politique de ne pas rencontrer les responsables d’Otzma Yehudit. Les groupes juifs centristes – et surtout l’AIPAC – évitent habituellement de critiquer Israël sur des questions de politique intérieure.

« Les positionnements d’Otzma Yehudit sont répréhensibles », précisait un communiqué de l’AJC, un important groupe pro-israélien centriste. « Il ne reflète pas les valeurs qui sont au cœur de la fondation même de l’Etat d’Israël ».

Le communiqué ajoutait que « historiquement, les positionnements des partis extrémistes – qui reflètent l’extrême-gauche ou l’extrême-droite – ont été fermement rejetés par les principaux partis, même si le processus électoral de la démocratie israélienne robuste a permis leur présence, quoique faible, à la Knesset ».

Ni le communiqué de l’AIPAC, ni celui de l’AJC ne se sont spécifiquement référés à Netanyahu ou à l’accord conclu avec Otzma Yehudit. Une coalition de groupes de gauche s’est montrée, pour sa part, moins réticente.

« Cette semaine, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, désireux d’ancrer son positionnement électoral, a orchestré l’unification du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit et de l’Union nationale de manière à ce qu’il puisse entrer à la Knesset dans le cadre d’un bloc de droite consolidé », a expliqué le communiqué rédigé par huit groupes, notamment par le New Israel Fund, J-Street, the National Council of Jewish Women et le Mouvement reconstructionniste. « Nous sommes scandalisés par les partis politiques de droite et leurs dirigeants qui ont inversé le cours des choses en ouvrant la porte de la scène politique israélienne traditionnelle aux Kahanistes ».

La majorité des groupes juifs américains s’étaient également opposés aux activités menées par Kahane aux Etats-Unis et en Israël dans les années 1960, 70 et 80. Aux Etats-Unis, le groupe de Kahane avait manifesté avec violence pour le compte des Juifs soviétiques, notamment en faisant exploser des missions diplomatiques soviétiques à New York. Après avoir été emprisonné en Amérique pour avoir violé sa probation après la fabrication d’une bombe artisanale, Kahane était parti en Israël, où il avait été incarcéré pour avoir enfreint une ordonnance qui lui interdisait de se rendre à Hébron.

Malgré les efforts déployés pour interdire son parti Kach, il avait remporté un siège à la Knesset lors du scrutin israélien de 1984. Il avait utilisé son poste pour prôner l’expulsion d’Israël des Arabes et disséminer ses propos racistes. Il avait été condamné par les formations de tout l’échiquier politique ainsi que par le Grand rabbinat israélien et les groupes juifs américains.

« Il ne peut y avoir aucune hésitation, aucune ambiguïté, aucun équivoque dans l’expression de notre rejet et de notre condamnation », avait déclaré en 1984 Marshall Grossman, un responsable communautaire de Los Angeles. Kahane « viole à la fois l’esprit et la lettre de la déclaration d’Indépendance israélienne qui accorde la liberté et l’égalité dans la citoyenneté à tous, indépendamment de la race et de la religion ».

Des responsables du gouvernement israélien avaient également tenté de bloquer Kahane au moyen d’outils judiciaires et législatifs. Le maire de Jérusalem, Teddy Kollek, avait proposé un projet de loi anti-raciste pour interdire les discours prononcés par Kahane. La commission intérieure de la Knesset avait supprimé des privilèges de Kahane, qui lui permettaient entre autres d’envoyer du courrier gratuitement. Le procureur général avait vivement recommandé à la Knesset d’adopter une résolution interdisant la venue de Kahane dans les centres de population arabes. Le ministre de la Police avait examiné les moyens d’empêcher les rassemblements du parti Kach.

« J’ai le sentiment que ce phénomène est honteux, dégoûtant et dangereux », avait déclaré devant la Knesset le procureur général Yitzhak Zamir en 1984. « Un silence de la Knesset ou une absence de positionnement sur le problème pourrait être interprété comme un acquiescement des paroles et des actes de Kahane ».

Les défenseurs et les critiques de Kahane, à la droite de l’échiquier israélien, avaient pour leur part estimé que l’homme ne faisait que dire haut et fort ce qui était habituellement tu dans la politique de droite : qu’en rejetant l’autonomie en faveur des Palestiniens, la droite devait soit soutenir l’expulsion des Arabes, soit s’engager dans le contrôle permanent d’une population insurgée. Prenant la parole à New York, Kahane avait dit « qu’aucun Arabe ne souhaite vivre dans un Etat juif » et il avait qualifié de « compromis » l’expulsion massive de Juifs des pays arabes qui avait suivi l’indépendance israélienne en 1948.

En 1988, Kahane avait été suspendu de la Knesset pour avoir insulté un membre arabe et brandi un nœud coulant à son encontre. La même année, alors que le parti de Kahane se préparait à remporter plus de 10 sièges lors des élections, il lui avait été interdit de se présenter en raison de son programme raciste – sur les vives recommandations du Likud. Kahane avait été assassiné à New York en 1990 et, deux ans plus tard, la Cour suprême israélienne avait interdit aux formations qui lui avaient succédé de concourir à un scrutin.

Mais est-ce que les partis d’aujourd’hui, ces mouvements dirigés par les disciples de Kahane, sont les mêmes ? La commission centrale électorale israélienne a dit non – qu’ils pouvaient effectivement se présenter. En 2012, la commission avait rejeté une plainte qui réclamait l’interdiction d’Otzma en Israël, une formation d’extrême-droite dirigée par Michael Ben-Ari – qui est à la tête d’Otzma Yehudit cette année. Et Ben-Ari a déjà siégé à la Knesset par le passé – de 2009 à 2013.

Quoi qu’il en soit, Ben-Ari ne sera élu, cette année, que si son parti remporte suffisamment de voix pour obtenir cinq sièges à la Knesset. Et si cela devait arriver, il serait le seul représentant de cette idéologie au Parlement – tout comme cela avait été le cas de Kahane, il y a 35 ans.

 

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Meir David HaKohen Kahane, (en hébreu : מאיר דוד כהנא) né Martin David Kahane (né à Brooklyn, New York le – assassiné à Manhattan, New York le ) était un rabbin et homme politique israélo-américain, prônant une ligne nationaliste favorable au Grand Israël et au transfert de tous les Palestiniens des territoires occupés, et incluant les Arabes vivant en Israël, hors de ce pays. Fondateur de l’organisation Jewish Defense League (JDL) aux États-Unis puis de Kach, un parti politique israélien d’extrême droite, il devint député à la Knesset lors des élections de 1984. Il est exclu du parlement après que Kach a été déclaré comme un parti raciste par le gouvernement israélien. Le Kach a été interdit en Israël[1].

Kahane fut assassiné à Manhattan en 1990 par un groupe lié à Ayman al-Zaouahiri, à Omar Abdel Rahman et à d’autres participants à l’assassinat du président égyptien Sadate en octobre 1981, après un discours dans lequel il appela tous les juifs américains à émigrer en Israël[évasif][réf. nécessaire].

Premières années aux États-Unis

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Meir Kahane, de son nom de naissance Martin David Kahane est né en 1932 à New York, aux États-Unis dans une famille juive orthodoxe. Son père, Yechezkel (Charles) Kahane, l’auteur de la « Torah Yesharah », a étudié dans des yeshivas polonaises et tchèques, était impliqué dans le mouvement sioniste révisionniste et était un ami proche de Vladimir Jabotinsky. Il fait partie, pendant sa jeunesse, du Mouvement sioniste-révisionniste uni d’Amérique (United Zionist-Revisionist Movement of America). Adepte et admirateur des thèses de Jabotinsky et d’Hillel Cook (qui étaient invités fréquemment chez les parents de Kahane), il est également membre du Betar. Il étudie à la yeshiva (collège talmudique) Mir de Brooklyn, de laquelle il reçoit son titre de rabbin, et entreprend des études d’histoire et science politique (licence), relations internationales (master) et droit.

Création de la Jewish Defense League

Au mois de juin 1968, il s’associe à Bertam Zweibon et Morton Dolinsky pour former la Jewish Defense League ou JDL. Le but premier de l’organisation est de lutter contre l’antisémitisme en général, et de manière plus spécifique de défendre les Juifs new-yorkais en proie à des attaques de la communauté noire. Pour ce faire, le mouvement met l’accent sur un retour aux racines juives, combiné à un entraînement physique et quasi-militaire incluant l’usage d’armes.

À la fin de l’année 1969, Kahane – qui s’est progressivement imposé comme l’unique leader et idéologue du groupe – annonce un changement d’orientation de la LDJ : c’est désormais la « cause » des Juifs soviétiques, interdits d’émigrer en Israël, qui sera le premier motif d’action. Dans cette optique, la LDJ commence une campagne contre l’Union soviétique, allant du boycott des sociétés américaines faisant du commerce avec l’URSS au harcèlement (physique ou téléphonique) des diplomates soviétiques, et même d’artistes russes. Le recours à la violence, à la fois symbolique et réel attire l’attention des médias, et la reconnaissance de la LDJ s’accroît, facilitant le recrutement et les levées de fonds. À l’apogée de son succès, en 1970, la LDJ compte 19 000 membres aux États-Unis, des branches en Europe et en Afrique du Sud.

Sa participation en tant que rédacteur-ajdoint et contributeur du Jewish Press, le journal anglo-juif le plus vendu aux États-Unis, lui sert de tribune pour exposer son idéologie. Aujourd’hui la LDJ est classé organisation terroriste aux États-Unis.

Installation en Israël

C’est en septembre 1971 que Kahane émigre en Israël, moment à partir duquel l’aliyah (émigration en Israël) devient une préoccupation centrale de la LDJ. Si son départ des États-Unis est alors officiellement justifié par l’idéologie sioniste qu’il promeut, les détracteurs de Kahane ont, eux, mis en avant que celui-ci n’avait en réalité pas d’autre choix. D’une part parce qu’il affrontait des critiques au sein de la LDJ, déjà en perte de vitesse, mais aussi parce que le gouvernement américain, craignant que l’engagement violent de la Ligue contre l’URSS ne mette en péril la période de détente engagée entre les deux super-puissances, le menaçait de sanctions de plus en plus ouvertement[réf. nécessaire].

Le rabbin se montre actif dès son arrivée en Israël, renonçant ainsi à son désir initial de poursuivre une carrière dans l’éducation juive. Déterminé à poursuivre son militantisme anti-soviétique, il développe également des revendications davantage centrées sur des questions proprement israéliennes, s’élevant contre les activités des missionnaires chrétiens mais surtout en réclamant le départ de tous les Arabes d’Eretz Israël à travers des provocations violentes. Bien qu’attirant l’attention des médias et du public israéliens de temps à autre, Kahane est à cette époque une figure marginale, peinant à rassembler des fonds et des nouvelles recrues, suivi par un petit cortège de supporters, composé de jeunes militants américains de la LDJ et d’une poignée d’immigrants russes.

De la LDJ à Kach

En marge de son militantisme extra-parlementaire, il tente également d’investir le système politique institutionnel : en 1973, la Jewish Defense League devient Kach (Ainsi), organisation sous la bannière de laquelle il se présente aux élections législatives la même année. Il n’obtient cependant que 0,8 % de voix (un peu moins de 13 000), alors que le seuil électoral requiert 1 %.

Lors de la période qui suit la guerre du Kippour, Kahane systématise et intensifie l’usage de la violence physique et verbale à l’encontre des Arabes en Cisjordanie. Cette stratégie s’avère cependant peu payante sur le plan politique, puisque sa deuxième tentative d’élection à la Knesset, en 1977, est un net échec : il n’obtient que 4 400 votes, soit seulement 0,25 % des suffrages.

Les accords de Camp David de 1979, instituant la paix entre Israël et l’Égypte, sont une étape importante dans la radicalisation de Kahane et de ses supporteurs, dans la mesure où la « trahison » de Begin au camp nationaliste leur fait perdre toute confiance en le système politique démocratique et institutionnel. Le début des années 1980 est en Israël une période propice au développement de la droite radicale, ce qui favorise l’idéologie du rabbin à être de plus en plus acceptable, et acceptée. Mais il échoue une fois encore à élargir sa base électorale : Kach obtient, en 1981, sensiblement les mêmes résultats que lors des précédentes élections législatives.

L’élection à la Knesset

Entre 1981 et 1984, un mouvement de soutien populaire pour le rabbin et son parti se construit enfin, et il cesse alors d’être perçu comme un simple marginal, fou, désirant simplement attirer l’attention. Ce soutien progressif repose cependant sur des facteurs extérieurs à la personnalité de Kahane, et notamment sur la perte d’autorité du premier Ministre Menahem Begin, qui s’accentue jusqu’à sa démission.

La conjoncture économique délétère a également contribué à accentuer la concurrence sur le marché du travail entre juifs sépharades et Arabes israéliens, thème largement exploité par Kahane depuis plusieurs années. Enfin, le contexte de l’invasion du Liban en 1982, qui a largement contribué à renforcer la polarisation politique et idéologique de la société israélienne et a révélé son insatisfaction grandissante à l’égard de la classe politique au pouvoir, a joué un rôle majeur dans l’élection de Meir Kahane à la Knesset, lors des élections de 1984, après trois tentatives infructueuses. Ayant obtenu le soutien de presque 26 000 électeurs, représentant 1,2 % des votes dans le pays, il réussit enfin à entrer à la Knesset, disposant d’un siège sous la bannière du parti Kach.

Éviction de la Knesset

À son arrivée en Israël, Meir Kahane a bénéficié d’une attitude assez laxiste de la part du gouvernement. La permissivité des institutions à la fois politiques et judiciaires à l’égard de Kahane et des membres de Kach apparaît en réalité comme une constante dans la décennie des années 1970.

La réaction de l’État israélien n’apparaît que lors des élections de 1984, et plus encore une fois que Kahane a été élu à la Knesset, après que la disqualification du parti Kach par le Comité électoral central a été rejetée par la Haute Cour de Justice. Celle-ci invoque en effet l’absence de loi permettant d’interdire un parti politique aux élections sur la base de son programme ou de son idéologie.

Se retrouvant devant le « fait accompli » de la présence à la Knesset d’un membre prônant ouvertement ses convictions racistes, un consensus se forme dans la classe parlementaire pour tenter de « stigmatiser » le rabbin, niant la légitimité acquise lors du processus électoral.

Les mesures prises à l’encontre de Kahane pour minimiser son influence sont multiples : restriction de son immunité parlementaire afin d’établir une interdiction de se déplacer à certains endroits (essentiellement des villes arabes, où le rabbin et ses supporters avaient l’habitude de se rendre afin d’affirmer le caractère juif de l’Ètat d’Israël), instauration par le Ministère de l’Education du programme d’« éducation à la démocratie » dans les écoles, limitation de sa liberté d’expression avec la décision de l’Autorité Israélienne des Télécommunications (Israeli Broadcasting Authority) – entité sous contrôle de l’État gérant la diffusion de tous les médias électroniques du pays – de censurer ses discours et ne pas relayer ses activités.

C’est le manque d’outil légal pour restreindre l’activité parlementaire de Kahane qui a motivé les membres de la Knesset à adopter plusieurs amendements majeurs :

  • inclusion du racisme dans la section en rapport aux « incitations » dans le Code Pénal ;
  • l’article 134 des Règlements de la Knesset autorisant son président à refuser des lois comportant des incitations au racisme ou des principes allant à l’encontre des caractères juif et démocratique du pays ;
  • l’amendement no 9 de la Loi Fondamentale : la Knesset (1958), qui déclare : « Une liste de candidats ne pourra participer aux élections de la Knesset si l’un des éléments suivants est exprimé ou sous-entendu dans ses propos ou actions :
  1. déni de l’existence de l’État d’Israël comme l’État du peuple juif ;
  2. déni du caractère démocratique de l’État ;
  3. incitation au racisme. »

Assassinat

Cette disqualification porte un très grand coup au mouvement kahaniste, qui ne peut dès lors plus que compter sur son action extra-parlementaire pour diffuser son idéologie et faire progresser ses objectifs. Si lors des dernières années de sa vie Kahane ne participe plus lui-même à des actions violentes, et tente soigneusement d’éviter toute confrontation avec les autorités, ses fidèles, eux, continuent d’utiliser la violence, de la revendiquer, et de la médiatiser : depuis le début de la première Intifada et l’établissement de l’État de Judée, la section Kach de la communauté de Kiryat Arba, juste à l’est d’Hébron, est devenu le groupe d’auto-défense anti-arabe et le contestataire de l’État d’Israël le plus visible. C’est à cette époque que se détache une nouvelle génération de militants, âgés d’une vingtaine ou trentaine d’années, parmi lesquels Baruch Marzel, Noam Federman et Yekutiel Ben-Yaakov.

Le 5 novembre 1990, en soirée,  Kahane livre un discours dans lequel il incite les Juifs américains à immigrer vers Israël avant qu’il ne soit trop tard. L’assemblée, majoritairement composée de Juifs orthodoxes de Brooklyn, est réunie dans une salle de conférence au deuxième étage  du Marriott East Side Hotel en plein cœur de Mahattan, au 525 Lexington Avenue. À la fin du discours, peu après 21 heures, des supporteurs se massent autour de Kahane qui poursuit la discussion et répond à des questions. C’est à ce moment qu’un individu, vêtu à la manière d’un Juif orthodoxe, s’approche de Kahane et le tire à bout portant à l’aide d’un pistolet de calibre .357[2],[3],[4]. Atteint au cou, Kahane succombe à ses blessures peu de temps après.

La disparition brutale du leader met le mouvement dans une situation difficile, notamment en rapport à la question de sa succession.

Idéologie : le kahanisme

Le kahanisme est une doctrine basée en apparence sur la Torah, qui commanderait de conquérir la terre promise, qui est l’héritage du peuple Juif et d’y installer un gouvernement dont la Constitution est la Loi de la Torah. Le kahanisme n’est reconnu par aucune autorité spirituelle juive d’Israël ou d’ailleurs et reste confiné à des milieux marginaux isolés.

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