Jérusalem et la République Tchèque

La République tchèque rouvre son consulat honoraire à Jérusalem : Le président Milos Zeman s’est dit favorable au déplacement à Jérusalem de l’ambassade de République tchèque, qui se trouve actuellement à Tel Aviv

Le président tchèque Milos Zeman lors d'une réception en l'honneur du 70ème anniversaire d'Israël à Prague, le 25 avril 2018 (Crédit :  Facebook)

Le président tchèque Milos Zeman lors d’une réception en l’honneur du 70ème anniversaire d’Israël à Prague, le 25 avril 2018 (Crédit : Facebook)

La République tchèque a rouvert mardi son consulat honoraire à Jérusalem fermé depuis 2016 suite au décès de l’ancien consul, a annoncé à la presse le nouveau consul honoraire, un homme d’affaires israélien d’origine tchèque, Dan Propper.

Les parents de M. Propper, né à Tel Aviv, ont quitté la Tchécoslovaquie en 1939, peu avant le début de la Seconde guerre mondiale.

La réouverture du consulat honoraire à Jérusalem devrait être suivie par l’ouverture d’un Centre tchèque dans cette ville, conformément à un plan présenté en avril par le Premier ministre Andrej Babis.

Cette décision « n’a aucune influence sur l’accord final concernant Jérusalem », « La République tchèque respecte pleinement la position commune de l’Union européenne qui considère Jérusalem comme la future capitale des deux Etats, c’est-à-dire de l’Etat d’Israël et du futur Etat de Palestine », avait alors expliqué le ministère tchèque des Affaires étrangères.

De son côté, le président Milos Zeman est favorable au déplacement à Jérusalem de l’ambassade de République tchèque, qui se trouve actuellement à Tel Aviv. Mais ce souhait ne pourrait être réalisé que si le gouvernement tchèque l’approuve, ce qui n’est pas acquis.

 

République tchèque : le Hamas est le seul responsable des morts à Gaza

Le soutien européen en faveur d’Israël est rare, Martin Stropnický affirme que la tentative de franchir la clôture de la frontière peut être considérée comme du « terrorisme »

Martin Stropnický, le ministre des Affaires étrangères de la République tchèque (Wikipedia / CC BY 2.0)

Martin Stropnický, le ministre des Affaires étrangères de la République tchèque (Wikipedia / CC BY 2.0)

Dans une rare expression européenne de soutien aux actions israéliennes à la frontière de Gaza, un diplomate tchèque a déclaré jeudi que le Hamas était le seul responsable de la récente flambée de violence dans la bande de Gaza.

Dans une déclaration intitulée « Gaza – Raconter les choses telles qu’elles sont réellement », le ministre des Affaires étrangères Martin Stropnický a également affirmé que les émeutes meurtrières du 14 mai n’avaient rien à voir avec le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem ce jour-là.

Les résultats des émeutes hebdomadaires, qui ont commencé le mois dernier et au cours desquelles une centaine d’émeutiers palestiniens sont morts, pour la plupart membres du Hamas, ont été indéniablement « tragiques », peut-on lire dans son communiqué.

« Nous avons exprimé sans équivoque notre inquiétude et nos regrets face à la perte de vies humaines. « Dans ce contexte, cependant, il faut souligner que cette préoccupation ne concerne pas seulement les victimes de la violence en cours, mais aussi ses causes, en particulier ceux qui en sont à l’origine ».

Israël s’est félicité de la position du ministre.

« Le ministre Stropnický a dit la vérité et je l’en félicite », a déclaré l’ambassadeur d’Israël à Prague, Daniel Meron, au Times of Israel. « Ses remarques reflètent les relations étroites entre nos deux pays, Israël et la République tchèque, qui sont basées sur des liens historiques, la confiance, le soutien et des valeurs communes.

De nombreuses capitales, même en Europe, semblaient avoir accepté le narratif palestinien, qui décrivait la soi-disant Marche du retour comme une protestation largement pacifique contre Israël, à laquelle l’armée israélienne a fait face avec une force létale disproportionnée et écrasante.

Israël, d’autre part, soutient que les manifestations étaient en réalité une campagne militaire du groupe terroriste du Hamas, qui appelle régulièrement à la destruction de l’Etat juif.

Les responsables israéliens ont déclaré que le Hamas essayait de faire passer des foules de Gazaouis par la clôture, et notamment ses propres hommes armés, pour mener des attaques à l’intérieur d’Israël, et que l’obligation première de l’armée israélienne était de veiller à ce que cela ne se produise pas.

Pendant les émeutes hebdomadaires qui ont commencé le 30 mars, la plupart des manifestants se sont tenus à l’écart de la clôture de sécurité, restant dans des tentes à quelques centaines de mètres, mais il y en avait aussi des milliers qui s’approchaient de la frontière, lançant des pierres et des cocktails Molotov sur les soldats israéliens de l’autre côté ou endommageant les clôtures de sécurité et essayant de les franchir, a indiqué l’armée. Pendant ce temps, des cerfs-volants chargés de bombes incendiaires ont également été envoyés en Israël, mettant le feu à des centaines de dounams de terres agricoles et de champs.

En réponse, les forces israéliennes ont utilisé des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des balles réelles, qui visaient les jambes, à moins qu’il n’y ait une menace directe et immédiate pour la vie, auquel cas les tirs visaient le torse, selon l’armée. L’armée soutient également que les tireurs d’élite ont respecté des règles d’engagement strictes et qu’ils devaient obtenir l’approbation d’un commandant pour pouvoir tirer.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a voté vendredi pour établir une enquête sur les événements à la frontière de Gaza, avec 29 États membres en faveur, deux contre et 14 pays s’abstenant. L’Australie et les États-Unis ont été les deux pays qui se sont opposés à la décision. La République tchèque n’est pas actuellement membre du conseil.

Dans sa longue déclaration, Stropnický a expliqué que les manifestants protestaient contre les conditions de vie abominables à Gaza, causées par le Hamas, le dirigeant de la bande côtière depuis 2007.

En outre, les organisateurs des émeutes se sont engagés dans un certain nombre d’“actions provocatrices qu’aucun Etat au monde ne peut accepter, notamment ceux qui protestent avec tant de véhémence contre la réponse d’Israël”, a-t-il ajouté.

Il a énuméré « les efforts persistants des assaillants pour briser la clôture de la frontière et entrer en Israël », ce qui peut être « considéré comme un acte de terrorisme », selon Stropnický. « De même, d’autres activités telles que la combustion des pneus et les incendies dans les champs autour de Gaza ne peuvent être ignorées. »

Stropnický a aussi mentionné que les Gazaouis ont incendié le point de passage frontalier de Kerem Shalom, par lequel les habitants de la bande de Gaza reçoivent une aide humanitaire, et que le Hamas encourage les adolescents à manifester à la frontière « afin que le monde entier puisse accuser Israël de tuer des enfants ».

Tout cela montre clairement que « le Hamas ne se soucie pas de son propre peuple ou d’améliorer les conditions de vie sur le territoire qu’il contrôle », mais cherche surtout à renforcer sa propre position en attirant l’attention du monde entier. Un tel comportement, selon Stropnický, ne contribue pas aux efforts pour résoudre le conflit israélo-palestinien. « Les choses doivent être dites telles qu’elles sont vraiment », a-t-il ajouté.

Stropnický a également fait valoir qu’il n’y avait pas de « relation de cause à effet » entre le déménagement de l’ambassade des États-Unis dans le quartier Arnona de Jérusalem et la violence à la frontière de Gaza.

« Le conflit au Moyen-Orient se situe à des niveaux différents depuis de nombreuses années. La relocalisation de l’ambassade américaine a donc été utilisée par l’organisation terroriste Hamas… pour exacerber encore davantage les événements qu’elle avait organisés bien avant », a-t-il souligné.

Le 15 mai – au lendemain des émeutes les plus intenses – le ministère tchèque des Affaires étrangères avait publié un bref communiqué dans lequel il exprimait son inquiétude « face à l’escalade de la violence à Gaza qui a fait des dizaines de victimes » et appelait « toutes les parties à faire preuve de retenue et à adopter des mesures efficaces pour éviter de nouvelles pertes en vies humaines ».

Le mois dernier, le président tchèque Miloš Zeman a annoncé le début d’un processus en trois étapes qui permettra de transférer les missions diplomatiques du pays de Tel Aviv à Jérusalem, bien que l’on ne sache pas encore clairement si et quand Prague ouvrira une ambassade dans la ville sainte.

Le Premier ministre tchèque par intérim, Andrej Babis, s’oppose à un transfert complet de l’ambassade, affirmant qu’il ne veut pas rompre avec la politique de l’UE.

« Selon la pratique diplomatique habituelle, les États ont leurs ambassades dans les capitales des États d’accueil », a déclaré à l’époque le ministère des Affaires étrangères à Prague, annonçant l’ouverture d’un consulat honoraire en mai et d’un nouveau centre tchèque d’ici la fin de cette année à Jérusalem-Ouest.

« Cette étape ne préjuge en rien de l’accord final concernant Jérusalem « , poursuit la déclaration. « La République tchèque respecte pleinement la politique commune de l’Union européenne, qui considère Jérusalem comme la future capitale à la fois de l’État d’Israël et du futur état de Palestine ».

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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