Gilets jaunes : avec du brun et/ou du vert ?

Des manifestants se rassemblent autour d'une voiture en feu lors d'une manifestation des Gilets jaunes contre la hausse du prix du pétrole et du coût de la vie, le 1er décembre 2018 à Paris. (Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP)Gilet jaune: les adeptes d’Alain Soral ou de Dieudonné de plus en plus présents : La France a connu récemment une multiplication d’actes antisémites

Des manifestants se rassemblent autour d’une voiture en feu lors d’une manifestation des Gilets jaunes contre la hausse du prix du pétrole et du coût de la vie, le 1er décembre 2018 à Paris. (Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP)

« Moins il y a de manifestants, plus les antisémites sont visibles », analyse le directeur de l’Observatoire des radicalités Jean-Yves Camus, cité par Libération.

« Très mobilisés, les adeptes d’Alain Soral ou de Dieudonné sont de plus en plus présents dans les défilés, au grand dam des manifestants défendant leur pouvoir d’achat » affirme le quotidien, qui eux se replient sur l’occupation des ronds-points en province.

Il n’exclut pas cependant que les idées antisémites ou complotistes prospèrent au-delà des groupes déjà constitués : « Quand le discours c’est que l’oligarchie est partout et gouverne, il y a une porosité inévitable, explique Jean-Yves Camus. Il s’agit du fantasme du juif cosmopolite, apatride et riche, qui tient le monde dans ses mains, le pouvoir médiatique, financier et politique. On est dans un schéma vieux comme le monde. »

Bien que des gilets jaunes aient déjà ouvertement condamné et parfois expulsé des protestataires porteurs de discours antisémites, la présence d’une pancarte, d’un graffiti – qui semblent de plus en plus nombreux – ou la présence d’une personnalité suffit parfois à entacher l’ensemble d’une manifestation.

Déjà le 17 novembre, le militant néo-nazi Hervé Ryssen était signalé en marge d’une marche arborant un gilet jaune. On notait également la présence de Dieudonné, le polémiste jugé coupable à plusieurs reprises d’incitations à la haine et à la violence contre les juifs.

Dieudonné, et Alain Soral ont également été aperçus à plusieurs reprises.

Lors des manifestations parisiennes du 1er décembre, le quotidien Libération avait aussi repéré « aux abords de la place de l’Etoile Yvan Benedetti, ancien président du groupe ultranationaliste ‘L’œuvre française’, dissous en 2013 après la mort de Clément Méric. Place des Ternes, de nombreux graffitis du GUD (Groupe Union Défense), une organisation étudiante d’extrême droite, ont été réalisés sur les devantures de commerces et sur le mobilier urbain ».

Marianne signalait également la présence d’Axel Lousteau conseiller régional du Rassemblement national (RN), proche de Marine Le Pen et ancien membre du GUD. L’hebdomadaire évoque aussi la présence de plusieurs formations d’extrême-gauche comme les Black Blocs.

Plusieurs groupuscules catholiques intégristes, « notamment de la fraternité Saint Pie X, de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet sont aussi présents, » notait également Libération. La fraternité sacerdotale Saint Pie X, dont le fondateur Mgr Marcel Lefebvre a été excommunié en 1988, a été épinglée à plusieurs reprises pour la diffusion de propos antisémites.

NdlR : quand les complotistes de DROITE rejoignent les conspirationnistes de GAUCHE, la haine du Juif devient un puissant catalyseur qui accélèrent la destruction de la cohésion sociale française et de son pacte républicain. Ce pays est foutu ! 

 

Rivlin à Macron : l’antisémitisme, « un affront pour les Juifs et l’humanité »

Le président israélien s’est ému de la récente recrudescence de l’antisémitisme en France. Dans une lettre personnelle, il appelle son homologue français à continuer à le combattre

Le président israélien Reuven Rivlin (à droite) accueilli par Emmanuel Macron à l'Elysée, à Paris le 23 janvier 2019. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

Le président israélien Reuven Rivlin (à droite) accueilli par Emmanuel Macron à l’Elysée, à Paris le 23 janvier 2019. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

« Cette semaine, nous avons observé plusieurs actes graves et inquiétants d’antisémitisme. Ils constituent un affront pour le peuple juif, la République française et pour toute l’humanité, » écrit le président israélien dans un communiqué transmis à la presse.

À la lumière de la vague d’incidents antisémites en Europe, notamment en France, le président Reuven Rivlin a adressé aujourd’hui, mercredi 20 février, une lettre au président français Emmanuel Macron pour lui faire part de sa préoccupation et de sa reconnaissance pour sa réaction.

Il y a quelques heures, le président s’est entretenu avec le philosophe Alain Finkielkraut, l’un des plus éminents intellectuels de France, lequel a été victime d’une agression antisémite lors d’une manifestation des « Gilets jaunes » à Paris cette semaine. Le président lui a transmis son soutien au nom de tous les Israéliens.

« Je tiens à vous adresser mon plus grand soutien après l’agression malfaisante et offensante dont vous avez souffert, » a assuré le président Rivlin à M. Finkielkraut, ajoutant « il s’agissait d’un rappel effroyable que l’antisémitisme et les actions anti-Israël sont irrémédiablement liés. Le monde doit combattre cela sans relâche et sans compromis. »

Le président d’ajouter, « J’ai appris que les manifestants vous avaient dit de retourner à Tel Aviv. Je suis certain que vous savez que Tel Aviv est un endroit merveilleux, mais soyez assuré que tout Juif, et tout un chacun, a le droit de décider de l’endroit où il souhaite vivre. » Le président israélien a invité M. Finkielkraut, lequel l’a chaleureusement remercié de son appel, de le rencontrer à Jérusalem lors de prochaine venue en Israël.

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Quatzenheim : Netanyahu dénonce l’acte « choquant » de « sauvages antisémites »

“C’est un fléau qui met tout le monde en danger, pas seulement nous, et il doit être condamné où et quand il lève la tête,” a déclaré le Premier ministre de l’État juif

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé mardi la profanation d’un cimetière juif dans le nord-est de la France comme un acte « choquant » commis par de « sauvages antisémites ».

« Aujourd’hui, quelque chose de choquant s’est passé en France. Quatre-vingts [le chiffre a été revu à la hausse – 96] tombes juives ont été profanées avec des symboles nazis par des antisémites sauvages », a-t-il déclaré dans une vidéo en hébreu publiée sur les réseaux sociaux.

« Je condamne vigoureusement l’antisémitisme en France et en appelle aux juifs : rentrez à la maison, immigrez en Israël », a dit M. Galant sur Twitter.

Le parquet de Strasbourg, compétent dans cette affaire, a indiqué à l’AFP ouvrir une « enquête de flagrance » confiée à la section de recherches (SR) de la gendarmerie de la capitale alsacienne.

Selon un photographe de l’AFP, les tombes ont été marquées à la bombe de croix gammées bleues et jaunes. Une sépulture porte également l’inscription « Elsassisches Schwarzen Wolfe » (« Les loups noirs alsaciens »), possible référence à un groupe autonomiste alsacien actif dans les années 70.

« La profanation (de ce) cimetière réveille les images de périodes sombres dans l’histoire du peuple juif », a dit M. Galant. Il a indiqué qu’il avait rendu visite la semaine passée à la communauté juive de Paris. Celle-ci fait face à une « offensive antisémite et au processus d’assimilation », a-t-il dit.

« L’assimilation » – sociale ou culturelle à travers le mariage par exemple – de leurs coreligionnaires à leur milieu environnant est une préoccupation d’un certain nombre de juifs inquiets de la préservation de leur identité.

D’autres croix gammées ont été marquées à la bombe sur le portail d’une maison, en lisière du cimetière, et sur le mur d’enceinte. L’accès au cimetière a été rapidement bouclé par la gendarmerie, les journalistes, photographes et caméramen étant tenus à distance.

Cité dans le communiqué de la préfecture, Jean-Luc Marx, préfet du Bas-Rhin, a condamné « avec la plus grande fermeté cet acte antisémite odieux et exprime son soutien le plus total à la communauté juive qui a une nouvelle fois été prise pour cible ». « L’antisémitisme porte atteinte aux valeurs de la République que tous les Français ont en partage. Aucune violence, aucune manifestation de haine ou d’intolérance ne doit mettre en péril le vivre ensemble », a-t-il ajouté.

« Ça ne s’arrête plus, c’est secousse après secousse. Je ne sais combien de temps on va tenir (…) J’ai envie de vomir », a indiqué à l’AFP Maurice Dahan, président du consistoire israélite du Bas-Rhin.

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Aliza Bin Noun: « l’antisémitisme en France n’est pas dû seulement à l’islamisme »

Contre Alain Finkielkraut, l’ambassadrice d’Israël en France dénonce non seulement l’antisémitisme issu du monde musulman, mais aussi celui d’extrême gauche et d’extreme droite

Aliza Bin Noun, ambassadrice d'Israël en France à l'hommage à Shimon Peres à la synagogue de la Victoire, le 29 septembre 2016 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israël)

Aliza Bin Noun, ambassadrice d’Israël en France à l’hommage à Shimon Peres à la synagogue de la Victoire, le 29 septembre 2016 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israël)

Dans un contexte de flambée de l’antisémitisme en France, et en amont d’un rassemblement contre l’antisémitisme qui se déroulera mardi 19 février au soir, Aliza Bin Noun, ambassadrice d’Israël en France a fait savoir sa « grande inquiétude ».

« Je serai à la marche, je représenterai le gouvernement en Israël et j’espère que de nombreuses personnes s’y rendront, c’est très important, » a déclaré Aliza Bin Noun, interrogée par Francetvinfo.

Contre l’avis d’Alain Finkielkraut, qui explique après son agression que l’antisémitisme actuel est dû à l’immigration musulmane, Aliza Bin Nous développe:

« Même si l’antisémitisme issu de l’islam radical a augmenté, il y a aussi l’antisémitisme traditionnel de l’extrême droite et de l’extrême gauche. Et c’est dans cette dernière que le lien entre antisémitisme et anti-sionisme est extrêmement fort, » explique-t-elle, notant que « l’extrême gauche et des musulmans extrémistes travaillent ensemble ».

Mais alors, faut-il punir l’anti-sionisme, comme le souhaitent des députés de la majorité ?

Encore une fois, « il ne faut pas se tromper, » affirme Bin Noun. « On peut critiquer Israël, le gouvernement israélien, et les plus grands critiques sont les Israéliens eux-mêmes. Mais il y a aussi la question de la légitimité d’Israël à exister. Et quand on fait le lien de la haine des Juifs et le rejet d’Israël, on voit le résultat ».

Quatorze partis politiques, dont La République en marche, Les Républicains, le PS, le MoDem, EELV et le PCF ont lancé jeudi dernier un appel contre l’antisémitisme, selon un communiqué transmis par le PS.

« L’appel à l’union contre l’antisémitisme » invite les Français à se réunir partout en France, et notamment place de la République à Paris mardi 19 février à 19H00.

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