EUROPE Méditerranée : immigration massive planifiée ou subie ?

migrants EuropeL’Europe va-t-elle mourir de l’immigration méditerranéenne ?

En 1973, l’écrivain Jean Raspail écrivait son roman « Le camp des saints » qui à l’époque préfigurait ce qui était considéré comme une scène de science-fiction: un million de « miséreux » prennent d’assaut des cargos pour tenter de rejoindre un Occident riche mais incapable de leur faire modifier leur route. Finalement les bateaux finirent par s’échouer en France, sur la Côte d’Azur, sous l’œil de pouvoirs publics désarmés et l’affaiblissement d’une armée française sans ordres et incapable de réagir à cette « invasion pacifique ».

Si un tel scenario pouvait sembler totalement irréaliste il y a un peu plus de 40 ans, les dernières semaines ont clairement laissé comprendre que ce scenario n’est plus celui d’un futur proche mais la réalité qui est celle de la France et de l’Europe d’aujourd’hui, réalité face à laquelle l’été 2015 nous a violemment confronté.

Selon les chiffres du Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR), ce sont déjà près de 224.000 réfugiés et migrants qui sont arrivés en Europe via la Méditerranée entre janvier et juillet de cette année. Toujours selon le HCR, les Syriens constituent le groupe le plus important parmi ces arrivants, (34%) suivis par les Érythréens (12%), les Afghans (11%), les Nigérians (5%) et les Somaliens (4%). Les estimations basses envisagent que cette année, entre un demi-million et un million de migrants tenteront de rejoindre les côtes européennes.

Sans surprises, l’arrivée massive de ces migrants entraîne des troubles dont l’intensité ne cesse au cours des derniers mois d’augmenter, surtout dans l’Europe des périphéries et des frontières déjà en prise avec une profonde crise économique.En Italie, Lampedusa connait depuis maintenant quelques années des émeutes régulières opposant les migrants à la police Italienne ou à la population locale. Cet été c’est Rome qui a été visé par des incidents violentsentre la police et la population d’un quartier de la ville qui s’opposait à l’installation forcée de clandestins par les autorités locales. Débordées, les autorités italiennes ont cet été demandé à l’Europe la prise en charge de dizaines de milliers de clandestins que le pays ne pouvait absorber tandis que le nombre d’arrivants ne cesse lui de croître. Certains villages dépeuplés sont passés de quelques centaines à plusieurs milliers d’habitants puisque les autorités locales ont décidé d’y implanter et d’y laisser séjourner ses nouveaux habitants.

Autre avant-poste de l’immigration clandestine en Europe, la Grèce fait face à une situation tout aussi grave que Rome puisque le pays fait face à une vague migratoire sans précédent. La situation est particulièrement grave sur les îles Grecques puisque certaines se situent à seulement quelques centaines de mètres des côtes turques. Des incidents d’une rare violence ont par exemple éclaté sur l’Ile de Kos, dont les 30.000 habitants font désormais face à 7.000 migrants majoritairement issus de Syrie et d’Afghanistan. La Turquie ne pose pas du reste problème qu’à la Grèce mais également à la Bulgarie. Le pays a décidé de prolonger de 130 kilomètres le mur anti-migrants, érigé le long des 275 kilomètres de frontière du pays avec la Turquie et ayant pour but de stopper l’afflux de réfugiés, principalement syriens.

Plus au nord et au centre de l’Europe, le tandem franco-allemand n’est pas épargné non plus puisque la seule Bavière par exemple a fait face cet été a une augmentation importante du nombre de réfugiés qui se monte à 6.560 pour les 5 premiers jours d’août, soit près de 1.500 par jour. Le pays a du reste accueilli 79.000 demandeurs d’asile, principalement venus de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan, pour le seul mois de juillet 2015. La locomotive de l’Europe semble l’être également sur le domaine migratoire puisque Berlin envisage d’accueillir à elle seule 600.000 réfugiéscette année, le pays ayant besoin de 500.000 nouveaux migrants chaque année pour faire face à la pénurie d’enfants de sa population de souche. L’accueil de ces réfugiés se passe de façon plus ou moins chaotique puisqu’au sein de certaines municipalités, des consignes civiques sont imposées aux populations de veiller à ne pas choquer les arrivants afin d’éviter tout malentendu. En clair que les enfants ne portent plus de t-shirts et de chemises transparentes, ni de shorts ou de jupes trop courtes. Dans le même temps où l’on explique aux jeunes Allemandes qu’elles ne sont plus libres de mettre des jupes chez elles, des élus allemands visiblement « éclairés » ont décidé de montrer l’exemple en accueillant chez eux des réfugiés érythréens, un exemple suivi par déjà près de 100.000 citoyens, tandis que le nombre d’attaques contre les réfugiés est lui fortement en hausse.

La France n’est pas épargnée par ces flots humains face auxquels les autorités semblent, tout comme dans le camp des sains, incapables de faire face.  de Calais à Dunkerque des bidonvilles regroupant jusqu’à plusieurs milliers de personnes sont apparues au cours des derniers mois, ressemblant à d’authentiques bidonvilles africains mais implantés au cœur de la campagne française. Certaines nuits ce sont plusieurs centaines de migrants qui tentent de traverser le tunnel sous la manche pour rejoindre l’Angleterre en déstabilisant totalement le trafic routier entre les deux pays. A l’autre bout de l’hexagone, les migrants affluent également à la frontière franco-italienne, puisque nombre d’entre eux souhaitent rejoindre la Scandinavie, l’Angleterre ou la France.Pour freiner le flot de réfugiés qui arrivent du sud-ouest et du sud-est de l’Europe, Bruxelles envisage de pénaliser les pays tiers et candidats comme la petite Serbie, où les élites européistes envisagent de créer un camp de 400.000 réfugiés, soit l’équivalent de 5% de la population du pays.

La situation est en effet tellement grave que c’est la Hongrie qui désormais doit faire face à de ce flux de migrants qui souhaite rejoindre la vieille Europe. Les autorités hongroises ont ainsi et tout comme les autorités bulgares également constitué un mur de près de 175 kilomètres le long de la frontière avec la Serbie pour « protéger l’Europe ».

La « théorie du chaos »

Lorsqu’en 2003, la presse états-unienne a commencé à évoquer la « théorie du chaos », la Maison-Blanche a riposté en évoquant un « chaos constructeur », laissant entendre que l’on détruirait des structures d’oppression pour que la vie puisse jaillir sans contrainte. Mais jamais Leo Strauss, ni le Pentagone jusque-là, n’avaient employé cette expression. Au contraire, selon eux, le chaos devait être tel que rien ne puisse s’y structurer, hormis la volonté du Créateur de l’Ordre nouveau, les États-Unis [3]. Le principe de cette doctrine stratégique peut être résumé ainsi : le plus simple pour piller les ressources naturelles d’un pays sur une longue période, ce n’est pas de l’occuper, mais de détruire l’État. Sans État, pas d’armée. Sans armée ennemie, aucun risque de défaite. Dès lors, le but stratégique de l’armée US et de l’alliance qu’elle dirige, l’Otan, c’est exclusivement de détruire des États. Ce que deviennent les populations concernées n’est pas le problème de Washington. Ce projet est inconcevable pour des Européens qui, depuis la guerre civile anglaise, ont été convaincus par le Léviathan de Thomas Hobbes qu’il est nécessaire de renoncer à certaines libertés, voire même d’accepter un État tyrannique, plutôt que d’être plongé dans le chaos.

Les dirigeants de l’Union européenne se trouvent soudainement confrontés à des situations inattendues. D’une part des attentats ou tentatives d’attentats perpétrées ou préparées par des individus n’appartenant pas à des groupes politiques identifiés ; d’autre part un afflux de migrants via la Méditerranée, dont plusieurs milliers meurent à leurs portes. En l’absence d’analyse stratégique, ces deux événements sont considérés a priori comme sans relation et sont traités par des administrations différentes. Les premiers ressortent du Renseignement et de la police, les seconds des douanes et de la Défense. Ils ont pourtant une origine commune : l’instabilité politique au Levant et en Afrique.

Nous voici donc face à deux problèmes qui se développent très rapidement : les attentats « islamistes » ne font que commencer. Les migrations ont triplé en Méditerranée en une seule année.  Les migrations en Méditerranée, qui pour le moment ne sont qu’un problème humanitaire (200 000 personnes en 2014), continueront à croître jusqu’à devenir un grave problème économique. Les récentes décisions de l’Union d’aller couler les navires des trafiquants en Libye ne serviront pas à enrayer les migrations, mais à justifier de nouvelles opérations militaires pour maintenir le chaos en Libye (et non pour le résoudre).

Tout cela provoquera des troubles importants dans l’Union européenne qui paraît aujourd’hui un havre de paix. Il n’est pas question pour Washington de détruire ce marché qui lui reste indispensable, mais de s’assurer qu’il ne se placera jamais en compétition face à lui, et de limiter son développement.

L’Europe va-t-elle mourir de l’immigration?

   

 

migrants Europe

En 1973, l’écrivain Jean Raspail écrivait son roman « Le camp des saints » qui à l’époque préfigurait ce qui était considéré comme une scène de science-fiction: un million de « miséreux » prennent d’assaut des cargos pour tenter de rejoindre un Occident riche mais incapable de leur faire modifier leur route.

Finalement les bateaux finirent par s’échouer en France, sur la Côte d’Azur, sous l’œil de pouvoirs publics désarmés et l’affaiblissement d’une armée française sans ordres et incapable de réagir à cette « invasion pacifique ».

Si un tel scenario pouvait sembler totalement irréaliste il y a un peu plus de 40 ans, les dernières semaines ont clairement laissé comprendre que ce scenario n’est plus celui d’un futur proche mais la réalité qui est celle de la France et de l’Europe d’aujourd’hui, réalité face à laquelle l’été 2015 nous a violemment confronté.

Selon les chiffres du Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR), ce sont déjà près de 224.000 réfugiés et migrants qui sont arrivés en Europe via la Méditerranée entre janvier et juillet de cette année. Toujours selon le HCR, les Syriens constituent le groupe le plus important parmi ces arrivants, (34%) suivis par les Érythréens (12%), les Afghans (11%), les Nigérians (5%) et les Somaliens (4%). Les estimations basses envisagent que cette année, entre un demi-million et un million de migrants tenteront de rejoindre les côtes européennes.

Ces chiffres qui ne sont que des chiffres officiels traduisent le volume de migrants qui souhaitent fuir des zone en guerre et rejoindre une Europe en paix et considérée comme l’eldorado.

Sans surprises, l’arrivée massive de ces migrants entraîne des troubles dont l’intensité ne cesse au cours des derniers mois d’augmenter, surtout dans l’Europe des périphéries et des frontières déjà en prise avec une profonde crise économique.En Italie, Lampedusa connait depuis maintenant quelques années des émeutes régulières opposant les migrants à la police Italienne ou à la population locale. Cet été c’est Rome qui a été visé par des incidents violentsentre la police et la population d’un quartier de la ville qui s’opposait à l’installation forcée de clandestins par les autorités locales. Débordées, les autorités italiennes ont cet été demandé à l’Europe la prise en charge de dizaines de milliers de clandestins que le pays ne pouvait absorber tandis que le nombre d’arrivants ne cesse lui de croître. Certains villages dépeuplés sont passés de quelques centaines à plusieurs milliers d’habitants puisque les autorités locales ont décidé d’y implanter et d’y laisser séjourner ses nouveaux habitants.

Autre avant-poste de l’immigration clandestine en Europe, la Grèce fait face à une situation tout aussi grave que Rome puisque le pays fait face à une vague migratoire sans précédent. La situation est particulièrement grave sur les îles Grecques puisque certaines se situent à seulement quelques centaines de mètres des côtes turques. Des incidents d’une rare violence ont par exemple éclaté sur l’Ile de Kos, dont les 30.000 habitants font désormais face à 7.000 migrants majoritairement issus de Syrie et d’Afghanistan.

La Turquie ne pose pas du reste problème qu’à la Grèce mais également à la Bulgarie. Le pays a décidé de prolonger de 130 kilomètres le mur anti-migrants, érigé le long des 275 kilomètres de frontière du pays avec la Turquie et ayant pour but de stopper l’afflux de réfugiés, principalement syriens.

Plus au nord et au centre de l’Europe, le tandem franco-allemand n’est pas épargné non plus puisque la seule Bavière par exemple a fait face cet été a une augmentation importante du nombre de réfugiés qui se monte à 6.560 pour les 5 premiers jours d’août, soit près de 1.500 par jour. Le pays a du reste accueilli 79.000 demandeurs d’asile, principalement venus de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan, pour le seul mois de juillet 2015. La locomotive de l’Europe semble l’être également sur le domaine migratoire puisque Berlin envisage d’accueillir à elle seule 600.000 réfugiéscette année, le pays ayant besoin de 500.000 nouveaux migrants chaque année pour faire face à la pénurie d’enfants de sa population de souche. L’accueil de ces réfugiés se passe de façon plus ou moins chaotique puisqu’au sein de certaines municipalités, des consignes civiques sont imposées aux populations de veiller à ne pas choquer les arrivants afin d’éviter tout malentendu. En clair que les enfants ne portent plus de t-shirts et de chemises transparentes, ni de shorts ou de jupes trop courtes. Dans le même temps où l’on explique aux jeunes Allemandes qu’elles ne sont plus libres de mettre des jupes chez elles, des élus allemands visiblement « éclairés » ont décidé de montrer l’exemple en accueillant chez eux des réfugiés érythréens, un exemple suivi par déjà près de 100.000 citoyens, tandis que le nombre d’attaques contre les réfugiés est lui fortement en hausse.

La France n’est pas épargnée par ces flots humains face auxquels les autorités semblent, tout comme dans le camp des sains, incapables de faire face. De Calais à Dunkerque des bidonvilles regroupant jusqu’à plusieurs milliers de personnes sont apparues au cours des derniers mois, ressemblant à d’authentiques bidonvilles africains mais implantés au cœur de la campagne française. Certaines nuits ce sont plusieurs centaines de migrants qui tentent de traverser le tunnel sous la manche pour rejoindre l’Angleterre en déstabilisant totalement le trafic routier entre les deux pays. A l’autre bout de l’hexagone, les migrants affluent également à la frontière franco-italienne, puisque nombre d’entre eux souhaitent rejoindre la Scandinavie, l’Angleterre ou la France.Pour freiner le flot de réfugiés qui arrivent du sud-ouest et du sud-est de l’Europe, Bruxelles envisage de pénaliser les pays tiers et candidats comme la petite Serbie, où les élites européistes envisagent de créer un camp de 400.000 réfugiés, soit l’équivalent de 5% de la population du pays.

La situation est en effet tellement grave que c’est la Hongrie qui désormais doit faire face à de ce flux de migrants qui souhaite rejoindre la vieille Europe. Les autorités hongroises ont ainsi et tout comme les autorités bulgares également constitué un mur de près de 175 kilomètres le long de la frontière avec la Serbie pour « protéger l’Europe ».

Il y a une totale schizophrénie dans le comportement de la grande majorité de nos élites, qu’elles soient nationales et surtout supranationales.
Elles imposent à l’Europe et à ses populations d’absorber et de subir une immigration à haut risque, immigration créée en grande partie par leur propre politique extérieure, que l’on pense à la folle politique européenne et occidentale en Irak, Libye ou Syrie.

Dans le même temps la suppression des frontières nationales s’est accompagnée d’une situation de non préparation à cette pression migratoire auquel le droit-de-l’hommisme totalitaire n’a finalement aucune réponse, si ce n’est celle d’imposer aux européens de se taire et subir.

Alors que l’on a vendu aux peuples européens le mythe d’une Europe en paix et libérée de toutes frontières, voilà que s’érigent des murs et des territoires occupés, finalement sur le modèle d’un Orient dont personne ne devrait souhaiter qu’il ne préfigure l’avenir de notre continent hormis les « ennemis de l’Europe ».

Des ennemis de l’Europe dont la cinquième colonne devra sans doute, un jour ou l’autre, être chassée de la structure de gouvernance globale qu’elle occupe et tue, à petit feu, l’Europe en tant que civilisation.

 

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La cécité de l’Union européenne face à la stratégie militaire des États-Unis

Les responsables de l’Union européenne se trompent complètement sur les attentats islamistes en Europe et les migrations vers l’Union de gens fuyant les guerres. Thierry Meyssan montre ici que tout ceci n’est pas la conséquence accidentelle des conflits au Moyen-Orient élargi et en Afrique, mais un objectif stratégique des États-Unis.

| Damas (Syrie)

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Le Conseil européen du 23 avril 2015 observe une minute de silence en mémoire des migrants perdus en Méditerranée.

Les dirigeants de l’Union européenne se trouvent soudainement confrontés à des situations inattendues. D’une part des attentats ou tentatives d’attentats perpétrées ou préparées par des individus n’appartenant pas à des groupes politiques identifiés ; d’autre part un afflux de migrants via la Méditerranée, dont plusieurs milliers meurent à leurs portes.

En l’absence d’analyse stratégique, ces deux événements sont considérés a priori comme sans relation et sont traités par des administrations différentes. Les premiers ressortent du Renseignement et de la police, les seconds des douanes et de la Défense. Ils ont pourtant une origine commune : l’instabilité politique au Levant et en Afrique.

L’Union européenne s’est privée des moyens de comprendre

Si les académies militaires de l’Union européenne avaient fait leur travail, elles auraient étudié depuis une quinzaine d’années la doctrine du « grand frère » états-unien. En effet, depuis de très longues années, le Pentagone publie toutes sortes de documents sur la « théorie du chaos » empruntée au philosophe Leo Strauss. Il y a quelques mois encore, un fonctionnaire qui aurait dû être à la retraite depuis plus de 25 ans, Andrew Marshall, disposait d’un budget de 10 millions de dollars annuels pour mener des recherches à ce sujet [1]. Mais aucune académie militaire de l’Union n’a sérieusement étudié cette doctrine et ses conséquences. À la fois parce que c’est une forme de guerre barbare et parce qu’elle a été conçue par un maître à penser des élites juives états-uniennes. Or, c’est bien connu, les États-Unis-qui-nous-ont-sauvés-du-nazisme ne peuvent préconiser de telles atrocités [2].

Si les hommes politiques de l’Union européenne avaient voyagé un tant soit peu, non seulement en Irak, en Syrie, en Libye, dans la corne de l’Afrique, au Nigeria et au Mali, mais aussi en Ukraine, ils auraient vu de leurs propres yeux l’application de cette doctrine stratégique. Mais, ils se sont contentés de venir parler dans un bâtiment de la zone verte à Bagdad, sur une estrade à Tripoli ou sur la place Maïdan de Kiev. Ils ignorent ce que vivent les populations et, sur requête de leur « grand frère », ont souvent fermé leurs ambassades de sorte qu’ils se sont privés d’yeux et d’oreilles sur place. Mieux, ils ont souscrit, toujours à la requête de leur « grand frère », à des embargos, de sorte qu’aucun homme d’affaire n’ira non plus sur place voir ce qui s’y passe.

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Un nombre indéterminé de migrants est mort en Méditerranée. Parfois, les vagues rapportent des corps sur les plages italiennes ou les douanes saisissent une embarcation remplie de cadavres.

Le chaos n’est pas un accident,
c’est le but

Contrairement à ce qu’a dit le président François Hollande, la migration des Libyens n’est pas la conséquence d’un « manque de suivi » de l’opération « Protecteur unifié », mais le résultat recherché par cette opération dans laquelle son pays jouait un rôle leader. Le chaos ne s’est pas installé parce que les « révolutionnaires libyens » n’ont pas su se mettre d’accord entre eux après la « chute » de Mouammar el-Kadhafi, il était le but stratégique des États-Unis. Et ceux-ci y sont parvenus. Il n’y a jamais eu de « révolution démocratique » en Libye, mais une sécession de la Cyrénaïque. Il n’y a jamais eu d’application du mandat de l’Onu visant à « protéger la population », mais le massacre de 160 000 Libyens, dont trois quart de civils, sous les bombardements de l’Alliance (chiffres de la Croix-Rouge internationale).

Je me souviens, avant que je n’intègre le gouvernement de la Jamahiriya arabe libyenne, avoir été sollicité pour servir de témoin lors d’une rencontre à Tripoli entre une délégation états-unienne et des représentants libyens. Lors de cette longue conversation, le chef de la délégation US a expliqué à ses interlocuteurs que le Pentagone était prêt à les sauver d’une mort certaine, mais exigeait que le Guide leur soit livré. Il a ajouté que lorsque el-Kadhafi serait mort, la société tribale ne parviendrait pas à valider un nouveau leader avant au moins une génération, le pays serait alors plongé dans un chaos qu’il n’a jamais connu. J’ai relaté cet entretien dans de nombreuses circonstances et n’ai cessé, dès le lynchage du Guide, en octobre 2011, de prédire ce qui advient aujourd’hui.

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Leo Strauss (1899-1973) était un spécialiste de la philosophie politique. Il constitua autour de lui un petit groupe d’élèves dont la plupart travaillèrent ultérieurement pour le secrétariat à la Défense. Ils formèrent une sorte de secte et inspirèrent la stratégie du Pentagone.

La « théorie du chaos »

Lorsqu’en 2003, la presse états-unienne a commencé à évoquer la « théorie du chaos », la Maison-Blanche a riposté en évoquant un « chaos constructeur », laissant entendre que l’on détruirait des structures d’oppression pour que la vie puisse jaillir sans contrainte. Mais jamais Leo Strauss, ni le Pentagone jusque-là, n’avaient employé cette expression. Au contraire, selon eux, le chaos devait être tel que rien ne puisse s’y structurer, hormis la volonté du Créateur de l’Ordre nouveau, les États-Unis [3].

Le principe de cette doctrine stratégique peut être résumé ainsi : le plus simple pour piller les ressources naturelles d’un pays sur une longue période, ce n’est pas de l’occuper, mais de détruire l’État. Sans État, pas d’armée. Sans armée ennemie, aucun risque de défaite. Dès lors, le but stratégique de l’armée US et de l’alliance qu’elle dirige, l’Otan, c’est exclusivement de détruire des États. Ce que deviennent les populations concernées n’est pas le problème de Washington.

Ce projet est inconcevable pour des Européens qui, depuis la guerre civile anglaise, ont été convaincus par le Léviathan de Thomas Hobbes qu’il est nécessaire de renoncer à certaines libertés, voire même d’accepter un État tyrannique, plutôt que d’être plongé dans le chaos.

L’Union européenne dénie sa complicité dans les crimes US

Les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont déjà coûté la vie à 4 millions de personnes [4]. Elles ont été présentées au Conseil de sécurité comme des ripostes nécessaires « en légitime défense », mais il est admis aujourd’hui qu’elles avaient été planifiées bien avant le 11-Septembre dans un contexte beaucoup plus large de « remodelage du Moyen-Orient élargi » et que les raisons évoquées pour les déclencher n’étaient que des fabrications de propagande.

Il est d’usage de reconnaître les génocides commis par le colonialisme européen, mais rares sont ceux qui aujourd’hui admettent ces 4 millions de morts malgré les études scientifiques qui l’attestent. C’est que nos parents étaient « mauvais », mais nous sommes « bons » et ne pouvons pas être complices de ces horreurs.

Il est commun de se moquer de ce pauvre peuple allemand qui conserva jusque à la fin sa confiance dans ses dirigeants nazis et ne prit conscience qu’après sa défaite des crimes commis en son nom. Mais nous agissons exactement pareil. Nous conservons notre confiance dans notre « grand frère » et ne voulons pas voir les crimes dans lesquels il nous implique. Surement, nos enfants se moqueront de nous…

Les erreurs d’interprétation de l’Union européenne

- Aucun dirigeant ouest-européen, absolument aucun, n’a osé envisager publiquement que les réfugiés d’Irak, de Syrie, de Libye, de la corne de l’Afrique, du Nigeria et du Mali ne fuient pas des dictatures, mais le chaos dans lequel nous avons volontairement, mais inconsciemment, plongé leurs pays.

- Aucun dirigeant ouest-européen, absolument aucun, n’a osé envisager publiquement que les attentats « islamistes » qui touchent l’Europe ne sont pas l’extension des guerres du « Moyen-Orient élargi », mais sont commandités par ceux qui ont également commandités le chaos dans cette région. Nous préférons continuer à penser que les « islamistes » en veulent aux juifs et aux chrétiens, alors que l’immense majorité de leurs victimes ne sont ni juives, ni chrétiennes, mais musulmanes. Avec aplomb, nous les accusons de promouvoir la « guerre des civilisations », alors que ce concept a été forgé au sein du Conseil de sécurité nationale des États-Unis et reste étranger à leur culture [5].

- Aucun dirigeant ouest-européen, absolument aucun, n’a osé envisager publiquement que la prochaine étape sera l’ « islamisation » des réseaux de diffusion de drogues sur le modèle des Contras du Nicaragua vendant des drogues dans la communauté noire de Californie avec l’aide et sous les ordres de la CIA [6]. Nous avons décidé d’ignorer que la famille Karzaï a retiré la distribution de l’héroïne afghane à la mafia kosovare et l’a transmise à Daesh [7].

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La secrétaire d’État adjointe, Victoria Nuland, et l’ambassadeur états-unien à Kiev, Geoffrey R. Pyatt. Dans une interception téléphonique révélée par les partisans de la légalité, elle lui indique vouloir « baiser l’Union européenne » (sic).

Les États-Unis n’ont jamais voulu que l’Ukraine rejoigne l’Union

Les académies militaires de l’Union européennes n’ont pas étudié la « théorie du chaos » parce qu’elle se le sont vu interdire. Les quelques enseignants et chercheurs qui se sont aventurés sur ce terrain ont été lourdement sanctionnés, tandis que la presse a qualifié de « conspirationnistes » les auteurs civils qui s’y intéressaient.

Les politiciens de l’Union européenne pensaient que les événements de la place Maïdan étaient spontanés et que les manifestants souhaitaient quitter l’orbite autoritaire russe et entrer dans le paradis de l’Union. Ils ont été stupéfaits lors de la publication de la conversation de la sous-secrétaire d’État, Victoria Nuland, évoquant son contrôle secret des événements et affirmant que son but était de « baiser l’Union » (sic) [8]. À partir de ce moment-là, ils n’ont plus rien compris à ce qui se passait.

S’ils avaient laissé la recherche libre dans leurs pays, ils auraient compris qu’en intervenant en Ukraine et en y organisant le « changement du régime », les États-Unis s’assuraient que l’Union européenne resterait à leur service. La grande angoisse de Washington, depuis le discours de Vladimir Poutine à la Conférence sur la sécurité de Munich de 2007, c’est que l’Allemagne réalise où se trouve son intérêt : pas avec Washington, mais avec Moscou [9]. En détruisant progressivement l’État ukrainien, les États-Unis coupent la principale voie de communication entre l’Union européenne et la Russie. Vous pourrez tourner et retourner dans tous les sens la succession d’événements, vous ne pourrez pas leur trouver d’autre sens. Washington ne souhaite pas que l’Ukraine rejoigne l’Union, comme l’attestent les propos de Madame Nuland. Son unique but est de transformer ce territoire en une zone dangereuse à traverser.

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Le 8 mai 2007 (date anniversaire de la chute du régime nazi allemand), à Ternopol (ouest de l’Ukraine), des groupuscules nazis et islamistes créent un prétendu Front anti-impérialiste afin de lutter contre la Russie. Des organisations de Lituanie, de Pologne, d’Ukraine et de Russie y participent, dont les séparatistes islamistes de Crimée, d’Adyguée, du Dagestan, d’Ingouchie, du Kabardino-Balkarie, du Karatchaïévo-Tcherkessie, d’Ossétie, de Tchétchénie. Ne pouvant s’y rendre du fait des sanctions internationales, Dokka Umarov, y fait lire sa contribution. Le Front est présidé par Dmytro Yarosh, devenu aujourd’hui conseiller au ministère de la Défense ukrainien.

La planification militaire US

Nous voici donc face à deux problèmes qui se développent très rapidement : les attentats « islamistes » ne font que commencer. Les migrations ont triplé en Méditerranée en une seule année.

Si mon analyse est exacte, nous verrons au cours de la prochaine décennie les attentats « islamistes » liés au Moyen-Orient élargi et à l’Afrique se doubler d’attentats « nazis » liés à l’Ukraine. On découvrira alors qu’al-Qaïda et les nazis ukrainiens sont connectés depuis leur congrès commun, en 2007 à Ternopol (Ukraine). En réalité, les grands-parents des uns et des autres se connaissaient depuis la Seconde Guerre mondiale. Les nazis avaient alors recruté des musulmans soviétiques pour lutter contre Moscou (c’était le programme de Gerhard von Mende à l’Ostministerium). À la fin de la guerre, les uns et les autres avaient été récupérés par la CIA (le programme de Frank Wisner avec l’AmComLib) pour conduire des opérations de sabotage en URSS.

Les migrations en Méditerranée, qui pour le moment ne sont qu’un problème humanitaire (200 000 personnes en 2014), continueront à croître jusqu’à devenir un grave problème économique. Les récentes décisions de l’Union d’aller couler les navires des trafiquants en Libye ne serviront pas à enrayer les migrations, mais à justifier de nouvelles opérations militaires pour maintenir le chaos en Libye (et non pour le résoudre).

Tout cela provoquera des troubles importants dans l’Union européenne qui paraît aujourd’hui un havre de paix. Il n’est pas question pour Washington de détruire ce marché qui lui reste indispensable, mais de s’assurer qu’il ne se placera jamais en compétition face à lui, et de limiter son développement.

En 1991, le président Bush père chargea un disciple de Leo Strauss, Paul Wolfowitz (alors inconnu du grand public), d’élaborer une stratégie pour l’ère post-soviétique. La « Doctrine Wolfowitz » expliquait que la suprématie des États-Unis sur le reste du monde exige, pour être garantie, de brider l’Union européenne [10]. En 2008, lors de la crise financière aux États-Unis, la présidente du Conseil économique de la Maison-Blanche, l’historienne Christina Rohmer, expliqua que le seul moyen de renflouer les banques était de fermer les paradis fiscaux des pays tiers, puis de provoquer des troubles en Europe de sorte que les capitaux refluent vers les États-Unis. En définitive, Washington se propose aujourd’hui de faire fusionner l’Alena et l’Union européenne, le dollar et l’euro, et de rabaisser les États membres de l’Union au niveau du Mexique [11].

Malheureusement pour eux, ni les Peuples de l’Union européenne, ni leurs dirigeants n’ont conscience de ce que le président Barack Obama leur prépare.

[1] « Après 42 ans, Andy Marshall quitte le Pentagone », Réseau Voltaire, 7 janvier 2015.

[2] “Selective Intelligence”, Seymour Hersch, The New Yorker, May 12, 2003.

[3] “Stumbling World Order and Its Impacts”, by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 5 April 2015.

[4] « 4 millions de morts en Afghanistan, au Pakistan et en Irak depuis 1990 », par Nafeez Mosaddeq Ahmed, Traduction Maxime Chaix, Middle East Eye (Royaume-Uni), Réseau Voltaire, 11 avril 2015.

[5] « La “Guerre des civilisations” », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2004.

[6] Dark Alliance, The CIA, the Contras and the crack cocaine explosion, Gary Webb, foreword by Maxime Waters, Seven Stories Press, 1999.

[7] « La famille Karzaï confie le trafic d’héroïne à l’Émirat islamique », Réseau Voltaire, 29 novembre 2014.

[8] « Conversation entre l’assistante du secrétaire d’État et l’ambassadeur US en Ukraine », par Andrey Fomin, Oriental Review (Russie), Réseau Voltaire, 7 février 2014.

[9] « La gouvernance unipolaire est illégitime et immorale », par Vladimir Poutine, Réseau Voltaire, 11 février 2007.

[10] Le document est toujours classifié, mais son contenu a été révélé dans « US Strategy Plan Calls For Insuring No Rivals Develop » par Patrick E. Tyler, New York Times du 8 mars 1992. Le quotidien publie également de larges extraits en page 14 : « Excerpts from Pentagon’s Plan : “Prevent the Re-Emergence of a New Rival” ». Des informations supplémentaires sont apportées dans « Keeping the US First, Pentagon Would preclude a Rival Superpower » par Barton Gellman, The Washington Post du 11 mars 1992.

[11] « Attaque contre l’euro et démantèlement de l’Union européenne », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 6 juillet 2010.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.

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L’invasion de l’Europe par la Méditerranée. Que faire ? Par Guillaume Faye

immigration

Nous sommes en train d’être submergés. Le flux invasif des clandestins n’est plus une marée mais un tsunami. Jamais l’immigration clandestine n’avait atteint un tel rythme et une telle ampleur. Pourtant, ce qui semble préoccuper les autorités et les médias, ce ne sont pas les conséquences explosives pour l’Europe, ses peuples, son économie, sa sécurité, son identité de ce phénomène jamais vu dans l’histoire, qui rappelle la prophétie de Jean Raspail dans Le Camp des Saints (1973) ; non, ce qui semble les préoccuper, ce n’est pas d’arrêter la migration géante mais de s’apitoyer sur le sort des noyés et de venir en aide aux naufragés. Ce qui est parfaitement honorable mais ridiculement insuffisant. Sans prendre aucune mesure sérieuse de protection ; au risque que cette tragédie ne débouche sur une explosion.   

La rupture des vannes

invasion lampedusaLes chiffres sont effrayants et dépassent tout ce qu’on peut imaginer. En 2014, 170.000 débarquements ont eu lieu en Italie (23.719 en 2002).  Depuis le 1er janvier 2015 : 25.000 débarquements illégaux rien que dans la péninsule, sans parler de la Grèce et de l’Espagne. Les chiffres sont en augmentation de 42% par rapport à 2014. En 18 mois, 210.000 migrants ont débarqué dont 91%  sont partis de Libye, venant de toute l’Afrique. En 2015, l’Italie s’attend à l’arrivée de 200.000 réfugiés ( !) Personne ne sera refoulé et ces masses africaines en majorité musulmane, se répandent ensuite dans toute l’Europe du Nord et de l’Ouest. Beaucoup vont faire un peu partout des demandes d’asile de réfugiés politiques (bidons). Les déboutés ne seront jamais expulsés et resteront ; et tout le monde touchera aides et subventions. Tout cela se sait dans toute l’Afrique et attire des foules de clandestins qui profitent de la mansuétude béate des Européens  – enfin, des dirigeants, pas des peuples auxquels on ne demande pas leur avis pour se laisser envahir.

250 % : c’est le chiffre de l’augmentation de franchissements clandestins aux frontières de l’Union européenne de 2014 à 2015. Les retours contraints et les expulsions sont infimes en proportion. Déferlante sur l’Europe : en 2014, on a dénombré 280.000 arrivées de clandestins dont 80% par la mer, trois fois plus qu’en 2013. Tous en provenance d’Afrique, du Maghreb et du Moyen-Orient. Fabrice Leggeri, le patron de Frontex (l’Agence européenne de ”surveillance” des frontières) a affirmé que, rien qu’en Libye, un million de personnes sont « prêtes à embarquer pour l’Italie ».

Cette poussée migratoire brutale s’ajoute à tout ce que nous connaissons depuis trente ans en matière d’immigration légale ou clandestine.  Aujourd’hui, la fuite d’eau qui provoque une lente inondation ne provient plus du goutte-à-goutte de joints poreux mais de tuyaux percés d’où jaillissent des geysers. 

Une invasion islamique dissimulée.

allah-fouLes forces djihadistes,  solidaires de Daech, qui ont pris le contrôle d’une partie de la Libye, cherchent évidemment à organiser une immigration massive vers l’Europe. Dans leur esprit, il s’agit d’une invasion, qui entre dans le processus planifié déjà entamé d’islamisation massive de notre continent. De plus, ce trafic leur rapporte beaucoup d’argent, en complément des revenus du pillage du pétrole libyen. Les migrants payent entre 1.000 et 2.000 € par personne aux trafiquants, qui amassent des fortunes. 

Les trafiquants et passeurs maghrébins, esclavagistes du XXIe siècle, font exprès avec cynisme de surcharger les bateaux afin qu’ils fassent naufrage. Et ainsi,  émouvoir les Européens au cœur sensible, les inciter à venir au secours des naufragés ; et, par là, encourager les départs et les débarquements  sur les côtes européennes. Cercle vicieux. 

Le chantage de Daech a été ainsi formulé : lâcher sur des rafiots 700.000 boat-people. L’État islamique est derrière ces flottilles très organisées et cet exode est pensé par ses manipulateurs comme une invasion dissimulée.  Pour déstabiliser l’Europe ingénue. 90% des clandestins qui entrent en masse sont musulmans. Le 16 avril,  12 chrétiens africains ont été jetés à la mer par des musulmans. 

L’Italie est la véritable porte d’entrée de l’invasion. Le phénomène durait de puis assez longtemps, à petite dose, mais depuis que Kadhafi et l’ État libyen ont disparu, cédant la place au chaos des milices islamiques, par la faute stupide de l’opération militaire franco-britannique (Sarkozy sur les conseils du crétin BHL, et Cameron), la porte de l’invasion est grande ouverte.   

La pompe aspirante : Frontex et les centres d’accueil

centre d acceuil sicileAu 21 avril, 70.821 immigrés étaient hébergés et nourris dans les 1.670 d’accueil italiens submergés. En 2014, l’accueil a coûté 800 millions d’euros à l’État italien, dont 45 payés par l’UE. En 2015, le chiffre va être multiplié au moins par 3. Les opérations de sauvetage ”Mare Nostrum” de la marine italienne, qui a secouru 180.000 immigrés en mer entre octobre 2013 et novembre 2014, coûtent 9 millions d’euros par mois, un chiffre en constante augmentation. En tout, les deux opérations Mare Nostrum et Triton de ”protection” navale des côtes de l’Europe du Sud – en réalité des opérations de recueil des boat people – coûtent 12,2 millions d’euros par mois. 

Ces programmes Triton et Mare Nostrum (Agence Frontex) emploient à grand frais des flottes et des aéronefs européens – y compris islandais – non pas pour dissuader les départs des côtes libyennes ou autres, non pas pour défendre les côtes européennes,  mais pour porter assistance en pleine mer aux multiples rafiots bondés de boat people qui affluent vers le sud de l’Europe. Ces opérations de secours, on peut le dire, sont une des principales pompes aspirantes des départs et des embarquements pour l’Europe sinon plus que le chaos qui règne en Libye et dans d’autres pays d’Afrique. L’Agence Frontex et, d’une manière générale, la politique européenne de ”protection” des frontières contribuent tout au contraire à augmenter les flux de l’immigration clandestine explosive. En donnant l’impression de sécuriser les trajets.

En plus des réfugiés, vrais ou faux, qui se déclarent comme tels, de nombreux clandestins refusent de donner leurs empreintes digitales dans les centres d’accueil italiens et fournissent de fausses identités. Ils quittent les centres d’accueil, préférant devenir des clandestins – inexpulsables, ils le savent. Ils savent aussi qu’ils vont être aidés et choyés. Leur but est ensuite de gagner les pays scandinaves, l’Allemagne, le Bénelux, l’Autriche ou la France. Ils vont rejoindre leurs communautés déjà installées sur place. Comme toujours, évidemment, partout où ils sont hébergés, les braves migrants posent des problèmes de sécurité et causent des dégâts. Peu importe…Beaucoup de ces clandestins prennent les Européens pour des poires, qui accueillent sans protester, sans se défendre.

Une oligarchie inconsciente

Désormais une majorité d’Européens de souche, surtout issus des classes populaires, n’est pas sensible à la ”détresse des migrants” ; ils en ont assez  de ce processus d’invasion de clandestins – musulmans à 90% – dont ils perçoivent qu’il va se terminer en catastrophe. L’oligarchie politique et médiatique au pouvoir, alliée des associations humanitaires, du show-business, des Églises, etc. ne fait rien, bien au contraire, pour endiguer les flux. Elle se croit à l’abri. En Italie – pure folie – on vient d’abolir le délit d’immigration clandestine du Code pénal. Plus le mal s’amplifie, plus on l’aggrave.

La classe politico-médiatique entretient dans les opinions une atmosphère dramatique de pitié et de commisération, pour faire pleurer dans les chaumières sur ces migrants clandestins ”martyrs”. 1.700 noyés en Méditerranée rien que  de janvier à avril 2015. Et 5.100 depuis octobre 2013. Les médias multiplient les reportages choc. Il s’agit de provoquer des réactions mêlées de pitié et de culpabilité. Ça marchera de moins en moins…

pape à lampedusaC’est l’Église catholique qui est en pointe dans ce domaine dumea culpa,  à la suite des déclarations du Pape à Lampedusa qui, d’un côté, s’inquiète des persécutions des chrétiens d’Orient par l’islam et, de l’autre, avalise l’arrivée massive de migrants clandestins musulmans en Europe. Mgr Giancarlo Perrego, président de la fondation Migrantes à la Conférence épiscopale italienne, s’indigne au nom de la charité : « l’Europe n’accueille dans l’ensemble de ses 28 pays que 650.000 réfugiés quand le Liban, pays de trois millions d’habitants, en a un million sur son territoire ». Il trouve honteux que l’Europe n’ouvre pas totalement ses frontières à tous les migrants et réfugiés. Comme tous les autres immigrationnistes suicidaires et irresponsables, il accuse l’Europe d’être une forteresse alors que c’est une passoire sans protection où n’importe qui entre comme dans un moulin à vent.

Un triple programme : forteresse, refoulement, dissuasion

La situation est hors de contrôle parce qu’on le veut bien. Parce qu’on n’ose pas faire comme l’Australie qui, sans état d’âme et avec courage, bravant le politiquement correct mondial, a instauré son programme No Way (”on ne passe pas”) qui refoule tout clandestin, tout faux réfugié, tout boat people. Les Australiens ont compris que, dans l’immense majorité des cas, il ne s’agit pas de réfugiés persécutés et demandeurs d’asile (1) mais de candidats à une immigration économique et d’assistanat.

Ces migrations massives en Europe sont provoquées par des phénomènes structurels : le fanatisme islamique, les guerres endémiques, l’explosion démographique et la pauvreté de l’Afrique. Tout cela ne peut que s’amplifier de manière dramatique et aboutir à un chaos en Europe dans moins de dix ans. Les solutions ”en amont ”, avancées par l’oligarchie politique, sont totalement utopiques : développer l’Afrique, rétablir un État en Libye et la ”démocratie” dans ces immenses zones pour qui cette notion ne veut rien dire. Les solutions ” en aval” de recueil et de sauvetage des boat people sont autant inopérantes.

La seule solution serait la politique de la forteresse, du refoulement et de la dissuasion. Elle devrait reposer sur les axes suivants, sous l’égide du cas d’urgence :

1) Suspension des accords de Schengen et rétablissement sérieux des frontières intereuropéennes. Tout clandestin qui entre dans un pays ne peut pas passer dans un autre. Par exemple ceux qui transitent par l’Italie sont bloqués à la frontière française. On raconte dans les salons intellectuels qu’on ne peut ériger de barrières et de contrôles frontaliers efficaces.  C’est faux, ça fonctionne partout dans le monde.

2) Aucun clandestin qui parvient à passer par les mailles du filet ne peut bénéficier de la moindre aide, ou hébergement et est immédiatement expulsable et expulsé. Comme en Australie et au Japon. 

3) Les bases de départ des boat people en Libye, ainsi que les navires à quai qui les transportent sont neutralisés par une opération militaire.

4) Les navires transportant des boat people sont arraisonnés, puis : soit remorqués vers leur point de départ ; soit leurs passagers sont transférés à bord de navires européens et ramenés manu militari à leur port d’embarquement.   

On me dira que ces mesures sont impossibles et inhumaines. C’est faux. Leur simple énoncé, leur simple application pendant quelques jours suffirait à tarir immédiatement tous les flux d’immigration clandestine. Il n’y aurait plus de boat people. La dissuasion est la meilleure des préventions. Ils n’auraient plus aucun intérêt à s’infiltrer en Europe.

D’ailleurs, s’est-on demandé pourquoi tous ces malheureux ne quémandent jamais l’aide de l’Arabie ou de leurs cyniques coreligionnaires des Émirats pourtant richissimes ? Parce qu’ils savent qu’ils n’y seraient pas reçus. L’Europe naïve, angélique et moralement désarmée, complexée par un humanitarisme pathologique, fait bien rire tous ceux qui ne rêvent que de la conquérir et de l‘envahir.      

(1) Même les réfugiés persécutés et les demandeurs d’asile sincères, sauf minorités de très faible taille, n’ont pas à s’établir en Europe. Ou alors, c’est la porte ouverte à la transformation de l’Europe en un centre d’hébergement gratuit mondial.

Guillaume Faye

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