Djihad mondial : le Sinaï s’enfonce, l’Egypte va-t-elle réagir ?

AlSissiLe président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a estimé samedi que la lutte contre les jihadistes dans le Sinaï serait « longue et difficile », deux jours après des attentats contre les forces de sécurité ayant fait 30 morts. Sa déclaration a coïncidé avec une annonce de la justice égyptienne de classer comme « organisation terroriste » la branche militaire du mouvement islamiste palestinien Hamas, accusée de soutenir l’insurrection jihadiste dans le Sinaï (nord-est).

A l’issue d’une réunion avec la direction de l’armée, M. Sissi a annoncé la mise en place d’un « commandement militaire unifié » chargé exclusivement « de la lutte contre le terrorisme » dans la région du Nord-Sinaï. Jeudi dans ce secteur, au moins 30 personnes, en majorité des militaires, ont péri dans des attentats coordonnés revendiqués par Ansar Beït al-Maqdess, la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI).Plus au nord, à Rafah, une autre localité du Sinaï à la frontière de Gaza, des combats avaient lieu aux armes lourdes entre soldats et jihadistes, a-t-on ajouté.
« Nous n’abandonnerons le Sinaï à personne, » a encore dit M. Sissi, entouré des membres du haut commandement de l’armée et s’exprimant par moment avec colère. « Le Sinaï sera aux Egyptiens et (nous) mourrons » pour le défendre.
Une vaste campagne militaire lancée il y a plus d’un an pour lutter contre les groupes jihadistes n’a pas réussi à faire cesser les attaques contre les forces de l’ordre régulièrement visées depuis que M. Sissi, alors chef de l’armée, a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013. M. Sissi a de nouveau accusé la confrérie des Frères musulmans de M. Morsi d’être derrière les attentats, estimant que son pays « affrontait la plus puissante organisation secrète du monde ». Dans les mois qui ont suivi la destitution de M. Morsi, 1.400 manifestants islamistes ont été tués, des centaines ont été condamnés à mort et environ 15.000 personnes emprisonnées.
Quelques heures avant la déclaration de M. Sissi, un juge des référés a proclamé « groupe terroriste » les brigades Ezzedine al-Qassam, après une plainte d’un avocat accusant la branche armée du Hamas d’être directement impliquée dans des « opérations terroristes » au Sinaï, selon un responsable judiciaire. « Les documents présentés par le plaignant ont prouvé que l’organisation a mené des attentats contre l’armée et la police égyptiennes et leurs installations », selon le juge. Le mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Gaza frontalière de l’Egypte, est issu des Frères musulmans.
A Gaza, un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a lui dénoncé le jugement égyptien comme « une dangereuse décision politique qui ne sert que les intérêts de l’occupant » israélien. Le groupe palestinien Jihad islamique a lui aussi rejeté cette décision de justice et condamné les attentats contre l’armée dans le Sinaï.
En mars, l’Egypte avait interdit les activités du Hamas sur son territoire et ordonné le gel de ses avoirs.

Cet état d’urgence, qui s’accompagne d’un couvre-feu sévère, a été récemment prolongé pour trois mois. L’armée s’est également lancée dans la construction d’une zone tampon le long de la frontière avec l’enclave palestinienne, pour éviter l’infiltration d’armes et de jihadistes. Des centaines de familles ont dû être déplacées. Mais ces deux mesures -état d’urgence et zone tampon- sont « inefficaces » et risquent même de faire pencher les populations locales en faveur des jihadistes, juge Ahmed Abd Rabo, professeur de Sciences politiques à l’université du Caire.

« Les opérations terroristes au Sinaï, c’est la proclamation de guerre contre l’Egypte », a déclaré le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, lors d’un discours à Addis-Abeba, capitale éthiopienne. « L’Egypte paie pour l’heure les frais de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, a fait remarque Al-Sissi. Les opérations terroristes meurtrières au nord du Sinaï qui ont eu lieu jeudi contre l’armée égyptienne, ont fait au moins 45 tués et 74 blessés. Le groupuscule terroriste Ansar al-Beit-ol-Muqadas », qui a tout récemment prêté allégeance avec Daech et a changé de nom, se faisant appeler désormais le Velayat de Sinaï, a revendiqué l’attaque contre les centres de l’armée au nord de Sinaï. C’est dans le sillage de ces opérations que les médias égyptiens ont annoncé que l’armée envisage de lancer sa plus importante opération militaire dans cette région.

Rappel : Un an après l’admission de la Palestine à l’ONU, le sort des habitants de Gaza ne fait qu’empirer. le territoire mérite plus que jamais son surnom de plus grande prison à ciel ouvert. Depuis le renversement du président Morsi, en juillet, les nouvelles autorités égyptiennes ont fermé des centaines de tunnels de contrebande, faisant s’effondrer l’économie du territoire palestinien, déjà exsangue en raison du blocus israélien. Sous les bâches abritant les entrées de tunnels à l’abandon, quelques rares équipes s’affairent à creuser de nouvelles voies – « pour l’avenir ». « L’avenir… Est-ce qu’il y a un avenir pour les tunnels’ Pas avec Sissi (le général Abdel Fattah al-Sissi, homme fort de l’Egypte) », soupire un membre de la police des frontières du gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza, sous le couvert de l’anonymat.

Le président égyptien al-Sissi l’avait promis il y a quatre jours : « J’apporterai une réponse implacable à la menace existentielle que représentent les jihadistes en Égypte« . Une semaine après un attentat kamikaze qui a coûté la vie à 30 militaires dans le Sinaï, le chef de l’État a tenu parole. Il a ordonné le lancement d’une vaste opération de sécurisation de sa frontière avec l’enclave palestinienne de Gaza.  Les autorités égyptiennes ont donc prévu de rapidement construire une « zone tampon » qui, concrètement, prendra la forme d’un profond canal creusé dans le sol d’une longueur de 13 kilomètres et d’une largeur de 500 mètres. L’objectif de cette opération est double : « Neutraliser les tunnels à la frontière avec la Bande de Gaza et empêcher le passage d’armes et de militants islamistes ».

L’Égypte soupçonne en effet des activistes palestiniens (du Hamas, notamment) de passer d’un territoire à l’autre pour prêter main-forte aux groupes jihadistes implantés dans le Sinaï et qui veulent déstabiliser le pouvoir en place. « Sécuriser le Sinaï, c’est donc l’une des préoccupations majeures des autorités égyptiennes dans leur guerre contre le terrorisme », poursuit Sonia Dridi. Après avoir accéléré la destruction de ces tunnels depuis un an, les autorités espèrent, via ce canal, mettre un frein définitif au passage des jihadistes.

NdlR : informations largement passées sous silence dans les médias occidentaux. Il est vrai que quand GAZA est attaqué par des arabes, et non des juifs, ça fait moins vendre !!

Abdel Fattah al-Sissi : « La lutte contre les jihadistes sera longue » en Égypte

Abdel-Fattah al-Sissi, entouré de généraux, au Caire le 31 janvier 2015. Abdel-Fattah al-Sissi, entouré de généraux, au Caire le 31 janvier 2015. © AFP/Mena

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a estimé samedi que la lutte contre les jihadistes dans le Sinaï serait « longue et difficile », deux jours après des attentats contre les forces de sécurité ayant fait 30 morts.

Sa déclaration a coïncidé avec une annonce de la justice égyptienne de classer comme « organisation terroriste » la branche militaire du mouvement islamiste palestinien Hamas, accusée de soutenir l’insurrection jihadiste dans le Sinaï (nord-est).
A l’issue d’une réunion avec la direction de l’armée, M. Sissi a annoncé la mise en place d’un « commandement militaire unifié » chargé exclusivement « de la lutte contre le terrorisme » dans la région du Nord-Sinaï.
Jeudi dans ce secteur, au moins 30 personnes, en majorité des militaires, ont péri dans des attentats coordonnés revendiqués par Ansar Beït al-Maqdess, la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI).
« La lutte sera difficile, dure (…), et elle sera longue, » a affirmé M. Sissi dans une allocution retransmise à la télévision, en estimant que de nouvelles attaques auraient lieu.
En soirée, des sources de sécurité ont affirmé que l’armée avait déjoué un attentat suicide à la voiture piégée dans la région de Cheikh Zoueid dans le Sinaï. Les soldats ont tiré sur le véhicule qui s’approchait d’un check-point.
Plus au nord, à Rafah, une autre localité du Sinaï à la frontière de Gaza, des combats avaient lieu aux armes lourdes entre soldats et jihadistes, a-t-on ajouté.
Les Frères musulmans mis en cause
Les opérations antijihadistes devront s’intensifier sous le commandement militaire unifié dans le Nord-Sinaï et les effectifs et l’arsenal militaire seront augmentés, selon des responsables militaires.
« Nous n’abandonnerons le Sinaï à personne, » a encore dit M. Sissi, entouré des membres du haut commandement de l’armée et s’exprimant par moment avec colère. « Le Sinaï sera aux Egyptiens et (nous) mourrons » pour le défendre.
Une vaste campagne militaire lancée il y a plus d’un an pour lutter contre les groupes jihadistes n’a pas réussi à faire cesser les attaques contre les forces de l’ordre régulièrement visées depuis que M. Sissi, alors chef de l’armée, a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013.
M. Sissi a de nouveau accusé la confrérie des Frères musulmans de M. Morsi d’être derrière les attentats, estimant que son pays « affrontait la plus puissante organisation secrète du monde ».
La confrérie, classée organisation « terroriste » par les autorités, nie avoir recours à la violence et condamne régulièrement les attentats, alors qu’elle est la cible d’une sanglante répression des autorités.
Dans les mois qui ont suivi la destitution de M. Morsi, 1.400 manifestants islamistes ont été tués, des centaines ont été condamnés à mort et environ 15.000 personnes emprisonnées.
Les jihadistes affirment agir en représailles à cette répression.
Al-Qassam proclamées ‘terroristes’
Quelques heures avant la déclaration de M. Sissi, un juge des référés a proclamé « groupe terroriste » les brigades Ezzedine al-Qassam, après une plainte d’un avocat accusant la branche armée du Hamas d’être directement impliquée dans des « opérations terroristes » au Sinaï, selon un responsable judiciaire.
« Les documents présentés par le plaignant ont prouvé que l’organisation a mené des attentats contre l’armée et la police égyptiennes et leurs installations », selon le juge.
Le mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Gaza frontalière de l’Egypte, est issu des Frères musulmans.
Les brigades Al-Qassam n’ont pas réagi à la décision de justice mais une source proche du groupe a affirmé que celui-ci ne considérait « plus l’Egypte comme un médiateur entre lui et l’occupant israélien ».
Malgré la détérioration de leurs relations depuis la destitution de M. Morsi, l’Egypte avait continué de jouer son rôle traditionnel de médiateur entre le Hamas et Israël, comme au moment de la guerre de Gaza en juillet-août 2014.
A Gaza, un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a lui dénoncé le jugement égyptien comme « une dangereuse décision politique qui ne sert que les intérêts de l’occupant » israélien.
Le groupe palestinien Jihad islamique a lui aussi rejeté cette décision de justice et condamné les attentats contre l’armée dans le Sinaï.
En mars, l’Egypte avait interdit les activités du Hamas sur son territoire et ordonné le gel de ses avoirs.

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Sissi assure que l’Egypte « ne renoncera pas » au Sinaï

Le président égyptien promet une lutte « longue et difficile » contre les djihadistes

Mostafa Abul EzzMostafa Abul Ezz« Egyptian army checkpoint in Egypt’s Sinai Peninsula, August 2012. »

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a estimé samedi que la lutte contre les djihadistes dans le Sinaï serait longue et difficile, deux jours après des attentats contre les forces de sécurité ayant fait 30 morts.

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Le Caire

Egypte: 30 morts dans des attaques jihadistes, nouveaux heurts

Par AFP, publié le

Le Caire – De nouveaux heurts entre soldats et jihadistes ont tué deux enfants vendredi dans l’instable péninsule du Sinaï en Egypte, où 30 personnes, en majorité des militaires, ont péri jeudi dans des attentats de la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI).

Egypte: 30 morts dans des attaques jihadistes, nouveaux heurts

Des forces armées égyptiennes près de l’aéroport du Caire le 30 janvier 2015

afp.com/Mohamed El-Shahed

 

 

La vaste campagne lancée il y a plus d’un an pour enrayer l’insurrection jihadiste dans le Sinaï n’a pas réussi à stopper les attentats spectaculaires contre les forces de l’ordre, régulièrement visées depuis que l’armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013.

Après les attaques coordonnées de jeudi soir, le président Abdel Fattah al-Sissi, tombeur de M. Morsi lorsqu’il était chef de l’armée, a annulé sa participation au sommet de l’Union africaine en Ethiopie et a regagné le Caire.

Au terme d’une réunion d’urgence, le haut commandement militaire s’est dit dans un communiqué « déterminé à poursuivre et intensifier les opérations contre tous les éléments terroristes et extrémistes dans le Sinaï et dans tous le pays« .

Jeudi, la principale attaque s’est déroulée dans un périmètre ultra-sécurisé au coeur d’Al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï.

Des roquettes ont d’abord été tirées sur le quartier général de la police et une base militaire adjacente, avant qu’un kamikaze ne lance sa voiture piégée sur l’entrée de la base, selon des responsables.

Quelques minutes plus tard, des tirs de roquettes ont visé un complexe résidentiel proche, où sont logés des officiers.

Grand allié du pouvoir égyptien, Washington a condamné « avec vigueur les attaques terroristes« , affirmant que les Etats-Unis continuaient « de soutenir de manière inébranlable les efforts du gouvernement pour combattre la menace terroriste en Egypte« .

L’Iran a aussi condamné l’attaque et souligné « la nécessité d’une coopération des pays de la région contre l’extrémisme et le terrorisme« .

Vendredi, les corps des victimes ont été transférés au Caire par les avions de l’armée, selon des responsables.

L’armée a par ailleurs lancé des offensives contre les jihadistes dans le Sinaï et les affrontements vendredi ont coûté la vie à un bébé de six mois, touché d’une balle à la tête, et à un enfant de six ans, tué par une roquette, selon des responsables.

- Des mesures ‘inefficaces’ -

Jeudi soir, d’autres attaques ont visé plusieurs points de contrôle de l’armée dans le nord du Sinaï.

Ces attentats ont été revendiqués par Ansar Beït al-Maqdess, principal groupe jihadiste du pays et rallié à l’EI.

Et ailleurs en Egypte, un policier est mort dans l’explosion d’une bombe dans la ville de Suez (nord-est).

Si l’armée égyptienne fait régulièrement état de « succès » dans ses opérations anti-jihadistes dans le Sinaï, elles sont loin d’avoir réduit la force de frappe de ces groupes, qui disent agir en représailles à l’implacable répression (plus de 1.400 morts) dont sont victimes les partisans de M. Morsi.

Fin octobre, déjà dans le secteur d’Al-Arich, une attaque spectaculaire sur un campement militaire revendiquée par Ansar Beït al-Maqdess avait tué 30 soldats.

Les autorités avaient alors décrété l’état d’urgence sur un périmètre du nord du Sinaï allant d’Al-Arich à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza.

Cet état d’urgence, qui s’accompagne d’un couvre-feu sévère, a été récemment prolongé pour trois mois.

L’armée s’est également lancée dans la construction d’une zone tampon le long de la frontière avec l’enclave palestinienne, pour éviter l’infiltration d’armes et de jihadistes. Des centaines de familles ont dû être déplacées.

Mais ces deux mesures -état d’urgence et zone tampon- sont « inefficaces » et risquent même de faire pencher les populations locales en faveur des jihadistes, juge Ahmed Abd Rabo, professeur de Sciences politiques à l’université du Caire.

« C’est de la vengeance arbitraire qui va engendrer encore plus de terrorisme, » estime-t-il.

Pour Mathieu Guidère, spécialiste français des mouvements jihadistes, Ansar Beït al-Maqdess a adopté un mode opératoire similaire à celui de l’EI: il veut désormais contrôler de nouveaux territoires et non plus mener des attaques ciblées.

« On a un commandement militaire qui a une carte devant lui, qui décide de plusieurs opérations dans différents endroits (…) et qui réfléchit en terme de gains territoriaux, » explique le professeur d’islamologie et de géopolitique à l’Université de Toulouse (sud-ouest de la France).

Par

Sa déclaration a coïncidé avec une annonce de la justice égyptienne de classer comme organisation terroriste la branche militaire du Hamas, accusée de soutenir l’insurrection djihadiste dans le Sinaï (nord-est).

A l’issue d’une réunion avec la direction de l’armée, M. Sissi a annoncé la mise en place d’un commandement militaire unifié chargé exclusivement de la lutte contre le terrorisme dans la région du Nord-Sinaï.

Jeudi dans ce secteur, au moins 30 personnes, en majorité des militaires, ont péri dans des attentats coordonnés revendiqués par Ansar Beït al-Maqdess, la branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI).

« La lutte sera difficile, dure (…), et elle sera longue », a affirmé M. Sissi dans une allocution retransmise à la télévision, en estimant que de nouvelles attaques auraient lieu.

En soirée, des sources de sécurité ont affirmé que l’armée avait déjoué un attentat suicide à la voiture piégée dans la région de Cheikh Zoueid dans le Sinaï. Les soldats ont tiré sur le véhicule qui s’approchait d’un check-point.

Plus au nord, à Rafah, une autre localité du Sinaï à la frontière de Gaza, des combats avaient lieu aux armes lourdes entre soldats et djihadistes, a-t-on ajouté.

Les Frères musulmans mis en cause

Les opérations antidjihadistes devront s’intensifier sous le commandement militaire unifié dans le Nord-Sinaï et les effectifs et l’arsenal militaire seront augmentés, selon des responsables militaires.

« Nous n’abandonnerons le Sinaï à personne », a encore dit M. Sissi, entouré des membres du haut commandement de l’armée et s’exprimant par moment avec colère. Le Sinaï sera aux Egyptiens et (nous) mourrons pour le défendre.

Une vaste campagne militaire lancée il y a plus d’un an pour lutter contre les groupes djihadistes n’a pas réussi à faire cesser les attaques contre les forces de l’ordre régulièrement visées depuis que M. Sissi, alors chef de l’armée, a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013.

M. Sissi a de nouveau accusé la confrérie des Frères musulmans de M. Morsi d’être derrière les attentats, estimant que son pays affrontait la plus puissante organisation secrète du monde.

Dans les mois qui ont suivi la destitution de M. Morsi, 1.400 manifestants islamistes ont été tués, des centaines ont été condamnés à mort et environ 15.000 personnes emprisonnées.

Les djihadistes affirment agir en représailles à cette répression.

La branche armée du Hamas déclarée terroriste

Quelques heures avant la déclaration de M. Sissi, un juge des référés a proclamé groupe terroriste les brigades Ezzedine al-Qassam, après une plainte d’un avocat accusant la branche armée du Hamas d’être directement impliquée dans des opérations terroristes au Sinaï, selon un responsable judiciaire.

Les documents présentés par le plaignant ont prouvé que l’organisation a mené des attentats contre l’armée et la police égyptienne et leurs installations, selon le juge.

Le mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Gaza frontalière de l’Egypte, est issu des Frères musulmans.

Les brigades Al-Qassam n’ont pas réagi à la décision de justice mais une source proche du groupe a affirmé que celui-ci ne considérait plus l’Egypte comme un médiateur entre lui et « l’occupant israélien ».

Malgré la détérioration de leurs relations depuis la destitution de M. Morsi, l’Egypte avait continué de jouer son rôle traditionnel de médiateur entre le Hamas et Israël, comme au moment de la guerre de Gaza en juillet-août 2014.

A Gaza, un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a lui dénoncé le jugement égyptien comme une dangereuse décision politique qui ne sert que les intérêts de « l’occupant israélien ».

Le groupe terroriste palestinien Djihad islamique a lui aussi rejeté cette décision de justice et condamné les attentats contre l’armée dans le Sinaï.

En mars, l’Egypte avait interdit les activités du Hamas sur son territoire et ordonné le gel de ses avoirs.

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L’attaque terroriste au Sinaï est la proclamation de la guerre contre l’Egypte (Al-Sissi)

IRIB- « Les opérations terroristes au Sinaï set la proclamation de guerre contre l’Egypte, a déclaré le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, lors d’un discours à Addis-Abeba, capitale éthiopienne.

« L’Egypte paie pour l’heure les frais de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, a fait remarque Al-Sissi. Les opérations terroristes meurtrières au nord du Sinaï qui ont eu lieu jeudi contre l’armée égyptienne, ont fait au moins 45 tués et 74 blessés. Le groupuscule terroriste Ansar al-Beit-ol-Muqadas », qui a tout récemment prêté allégeance avec Daech et a changé de nom, se faisant appeler désormais le Velayat de Sinaï, a revendiqué l’attaque contre les centres de l’armée au nord de Sinaï.

C’est dans le sillage de ces opérations que les médias égyptiens ont annoncé que l’armée envisage de lancer sa plus importante opération militaire dans cette région.

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Le président égyptien Al-Sissi s’engage à lutter contre le terrorisme dans le Sinaï

AlSissi

 

 

Dans un discours prononcé le 31 janvier 2015, après la vague d’attentats terroristes dans le Sinaï, le président égyptien Abd Al-Fattah Al-Sissi a promis de lutter contre le terrorisme, affirmant : « Nous sommes prêts à mourir pour que le Sinaï reste aux mains de l’Egypte. »

 Extraits :

Abd Al-Fattah Al-Sissi : Je savais très bien que c’est ce qui arriverait, et je crois que vous saviez aussi que nous serions confrontés à une vague de terrorisme importante. Nous avons affaire à une organisation qui est à l’apogée de sa puissance, une organisation stable, qui dresse des plans depuis de nombreuses années, qui est prête, active et victorieuse dans le monde entier. Aujourd’hui, les dirigeants de certains pays appartiennent à cette organisation. Pensez-vous que ces pays nous laisseront vivre en paix ?!

[...]

Nous sommes déterminés à remporter cette bataille, et je pèse mes mots. C’est la guerre. Je ne parlerai pas des pays qui ont mené la guerre contre le terrorisme en Afghanistan, en Irak, et dans de nombreux autres endroits dans le monde. Ils sont partis et ont laissé le terrorisme en place. En Egypte, pourtant, nous ne ferons jamais cela. Non, nous n’abandonnerons le Sinaï à personne. Nous sommes prêts à mourir pour que le Sinaï reste aux mains de l’Egypte.

[...]

Comme je l’ai déjà dit, ces gens nous laissent une seule alternative : « Soit nous vous gouvernons, soit nous vous tuons. Faites votre choix. » Moi-même, je suis prêt à me faire tuer. Je n’ai aucun problème avec cela. Oui, je vous dis que je suis prêt à me faire tuer. Je suis prêt à rencontrer mon Créateur avec la conscience tranquille. Ils nous offrent un choix : « Soit vous serez gouvernés par nous, soit vous serez tués par nous. » Vous [le peuple égyptien] avez proclamé qu’ils ne vous gouverneraient pas, aussi nous avons accepté de risquer notre vie pour vous protéger. Voilà toute l’histoire.

Je dis cela parce que je ne me soucie de personne d’autre au monde que de vous. Je ne me soucie de personne d’autre que des Egyptiens. Je suis prêt à affronter le monde entier, tant que vous vous tenez à mes côtés. Sinon, je ne peux le faire. Je ne peux lutter sans vous. Je ne peux me battre sans vous, les Egyptiens. Vous êtes ceux qui ont changé le monde, et je ne peux le changer sans vous. Cela doit être clair. Nous n’avons pas peur, et nous avons pris les mesures nécessaires.

Enfin, je voudrais dire à ceux qui vous aident et vous soutiennent : nous savons qui vous êtes, nous vous observons, et nous ne vous laisserons pas tranquilles. Dois-je le répéter ? A ceux qui vous aident et vous soutiennent, nous disons : nous vous observons, et nous ne vous laisserons pas tranquilles. Avec l’aide d’Allah, nous sortirons victorieux de cette confrontation.

***La branche Daech Égypte met Al-Sissi sous pression

Des opérations terroristes dans le nord du Sinaï avant-hier soir. © D. R.

Devant la gravité des attaques menées par Ansar Beït al-Maqdess, principal groupe d’insurgés islamistes du Sinaï et branche du groupe Daech en Égypte, qui ont fait au moins 26 morts, principalement des soldats, le maréchal Abdelfattah al-Sissi a interrompu sa participation au Sommet de l’UA pour rentrer au Caire.
“Après les opérations terroristes dans le nord du Sinaï hier soir (jeudi), le président a décidé de couper court à sa participation au Sommet de l’UA après avoir assisté à la séance inaugurale, et a regagné Le Caire pour suivre la situation”, a indiqué la présidence égyptienne. Il s’agit du bilan le plus meurtrier pour les forces de sécurité depuis trois mois. Sur leur compte Twitter, les islamistes ont revendiqué ces attaques qui ont coûté la vie principalement à des militaires et qui ont aussi fait, selon des responsables de sécurité et des sources médicales, au moins 62 blessés, dont 9 civils.
La principale attaque a eu lieu à Al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, où 25 personnes, en grande majorité des militaires, ont été tuées. Le groupe a affirmé avoir “mené des attaques massives et simultanées dans les villes d’Al-Arich, Cheikh Zoueid et Rafah”.
Selon des responsables de sécurité, des roquettes ont d’abord été tirées sur le quartier général de la police d’Al-Arich ainsi que sur une base militaire adjacente, avant l’explosion d’une voiture piégée. Quelques minutes plus tard, des tirs de roquette ont frappé un complexe résidentiel proche, où sont logés des officiers. “Des terroristes ont attaqué plusieurs QG et installations de la police et de l’armée en se servant de voitures bourrées d’explosifs et de roquettes”, a indiqué l’armée jeudi soir. Une autre attaque a eu lieu jeudi dans le nord du Sinaï à un point de contrôle de l’armée à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza, où un militaire a perdu la vie.
Par ailleurs, un policier a été tué dans l’explosion d’une bombe dans la ville de Suez. Hier encore, deux enfants, dont un nourrisson, ont été tués dans des affrontements entre l’armée et des terroristes dans la péninsule égyptienne du Sinaï où des attentats la veille ont fait au moins
30 morts, selon des responsables.
Les assauts de groupes armés contre les forces de sécurité se sont multipliés en Égypte depuis la destitution en juillet 2013 par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi, faisant des centaines de morts dans leurs rangs. Les autorités ont déployé de nombreux soldats et policiers pour combattre les jihadistes dans le Sinaï. Fin octobre, 30 soldats avaient été tués près d’Al-Arich lors d’un attentat-suicide suivi d’une attaque commando dans un campement militaire, conduisant les autorités égyptiennes à décréter l’état d’urgence sur une partie du Sinaï, qui vient d’être prolongé pour trois mois. Cette attaque, la plus meurtrière ayant visé l’armée depuis la destitution de Mohamed Morsi, avait également été revendiquée par Ansar Beït al-Maqdess, principal groupe d’insurgés islamistes du Sinaï, qui a multiplié les attaques et fait allégeance aux terroristes du groupe Daech.

R. I./Agences

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Gaza sous double blocus israélien et égyptien

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le

L’armée égyptienne a démoli des centaines de tunnels qui permettaient l’approvisionnement du territoire palestinien. Faute d’électricité, des stations de traitement des eaux ont cessé de fonctionner et les égouts ont commencé cette semaine à déborder dans les rues.

Gaza sous double blocus israélien et égyptien

Gaza en est revenu à la traction animale pour suppléer les véhicules des éboueurs immobilisés par la pénurie de carburant.

 

afp.com/Mahmud Hams

 

 

 

Un an après l’admission de la Palestine à l’ONU, le sort des habitants de Gaza ne fait qu’empirer. le territoire mérite plus que jamais son surnom de plus grande prison à ciel ouvert. Depuis le renversement du président Morsi, en juillet, les nouvelles autorités égyptiennes ont fermé des centaines de tunnels de contrebande, faisant s’effondrer l’économie du territoire palestinien, déjà exsangue en raison du blocus israélien.

Sous les bâches abritant les entrées de tunnels à l’abandon, quelques rares équipes s’affairent à creuser de nouvelles voies – « pour l’avenir ». « L’avenir… Est-ce qu’il y a un avenir pour les tunnels’ Pas avec Sissi (le général Abdel Fattah al-Sissi, homme fort de l’Egypte) », soupire un membre de la police des frontières du gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza, sous le couvert de l’anonymat.

Le trafic de carburant égyptien subventionné s’est effondré, d’environ un million de litres par jour en juin, à 10.000 à 20.000 litres par semaine actuellement, selon le dernier rapport hebdomadaire du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/gaza-sous-double-blocus-israelien-et-egyptien_1303617.html#Cbjf3Oq6TRku7BH1.99

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Afrique

L’Égypte crée une zone tampon le long de sa frontière avec Gaza

© Said Khatib, AFP | Un soldat patrouille du côté palestinien de la frontière, à Rafah.

Texte par Charlotte BOITIAUX 

Dernière modification : 29/10/2014

Dans sa « guerre » contre le terrorisme, l’armée égyptienne a décidé de créer une zone tampon, sous la forme d’un immense canal, pour sécuriser sa frontière avec la Bande de Gaza. Des milliers de Bédouins de la région du Sinaï ont dû évacuer la zone.

Le président égyptien al-Sissi l’avait promis il y a quatre jours : « J’apporterai une réponse implacable à la menace existentielle que représentent les jihadistes en Égypte« . Une semaine après un attentat kamikaze qui a coûté la vie à 30 militaires dans le Sinaï, le chef de l’État a tenu parole. Mercredi 29 octobre, il a ordonné le lancement d’une vaste opération de sécurisation de sa frontière avec l’enclave palestinienne de Gaza.

Les autorités égyptiennes ont donc prévu de rapidement construire une « zone tampon » qui, concrètement, prendra la forme d’un profond canal creusé dans le sol d’une longueur de 13 kilomètres et d’une largeur de 500 mètres. L’objectif de cette opération est double : « Neutraliser les tunnels à la frontière avec la Bande de Gaza et empêcher le passage d’armes et de militants islamistes », explique Sonia Dridi, correspondante de France 24 en Égypte.

 

« Neutraliser les tunnels »

 

Plus de 800 habitations détruites

L’Égypte soupçonne en effet des activistes palestiniens (du Hamas, notamment) de passer d’un territoire à l’autre pour prêter main-forte aux groupes jihadistes implantés dans le Sinaï et qui veulent déstabiliser le pouvoir en place. « Sécuriser le Sinaï, c’est donc l’une des préoccupations majeures des autorités égyptiennes dans leur guerre contre le terrorisme », poursuit Sonia Dridi. Après avoir accéléré la destruction de ces tunnels depuis un an, les autorités espèrent, via ce canal, mettre un frein définitif au passage des jihadistes.

Difficile, cependant, d’avoir des informations plus poussées sur cette zone tampon. L’armée égyptienne empêche les médias d’accéder librement dans la région du Sinaï, officiellement pour des raisons de sécurité, mais certainement aussi pour pouvoir « mener sa guerre [contre les terroristes] comme bon lui semble », précise Sonia Dridi. Sûrement aussi, explique la correspondante, pour ne pas donner voix aux nombreuses critiques qui s’élèvent contre le projet. Car pour mener à bien la construction du canal, plus de 800 habitations de la zone devront être détruites. « Les autorités ont demandé à des milliers de Bédouins qui résident dans cette zone du Nord-Sinaï de quitter les lieux sous 48 heures. Une échéance qui leur laisse très peu de temps pour s’organiser », explique la journaliste.

 

La défiance des autorités à l’égard des Bédouins

 

Complicité entre jihadistes et Bédouins

Peu importe la brièveté du délai, Le Caire s’émeut peu du sort des Bédouins que les autorités soupçonnent de complicité avec les groupes jihadistes du Sinaï. « Il est vrai que certains Bédouins, qui se sentent délaissés par le pouvoir central depuis une dizaine d’années, travaillent avec les groupes jihadistes pour gagner un peu d’argent […] Certaines de leurs habitations se situent à proximité des tunnels de contrebandes […] Des trafics en tout genre se sont multipliés en raison du vide sécuritaire ces dernières années : nourriture, médicaments, mais surtout armes ».

Les habitants de la zone devraient être relogés plus à l’ouest de la région et dédommagés par l’État égyptien mais beaucoup protestent et tentent de négocier avec les autorités locales un délai supplémentaire pour repousser leur départ. En vain. Des témoins ont indiqué mercredi à l’AFP que des camionnettes transportant des dizaines de familles commençaient à quitter Rafah. D’autres ont affirmé que les bulldozers de l’armée avaient commencé à détruire des maisons situées le long de la frontière.

Avec AFP

 

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