Coronavirus : confinement, immunité collective, traçage et détection,… quelle était la bonne méthode ?

Confinement, immunité collective, méthode coréenne : quelle stratégie ? La Suède, qui compte 1 937 morts, estime que le bénéfice d’un confinement drastique n’est pas suffisant pour justifier son impact sur la société

Un bénévole propose du désinfectant pour les mains lors d'une campagne d'information en plusieurs langues sur la nouvelle pandémie de coronavirus COVID-19, dans la banlieue de Tensta à Stockholm, qui abrite un grand nombre d'immigrants, le 12 avril 2020. (Crédit : ALI LORESTANI / TT Agence de presse / AFP) / Suède OUT)

Un bénévole propose du désinfectant pour les mains lors d’une campagne d’information en plusieurs langues sur la nouvelle pandémie de coronavirus COVID-19, dans la banlieue de Tensta à Stockholm, qui abrite un grand nombre d’immigrants, le 12 avril 2020. (Crédit : ALI LORESTANI / TT Agence de presse / AFP) / Suède OUT)

Le confinement a sauvé des vies mais son coût social et économique est lourd, trop selon certains. A l’autre extrême, laisser circuler le coronavirus en espérant une immunité collective est taxé de cynisme, car c’est se résoudre à des morts.

Mais quelle est la bonne stratégie face à la pandémie ?

Dans la foulée de la Chine, cette mesure a été appliquée par de nombreux pays de façon stricte (Espagne, Italie, France, Royaume-Uni) ou plus légère (Allemagne, Suisse…).

Souvent décidé dans l’urgence, le confinement ne vise pas à éteindre l’épidémie mais à éviter que le système hospitalier, notamment la réanimation, soit débordé par un afflux massif de patients. Il s’agit de diminuer la contagion en limitant les contacts entre individus.

De ce point de vue, le confinement a porté ses fruits : la plupart des experts estiment qu’il a sauvé des milliers de vies.

Mais le prix à payer est une sévère récession économique et de graves problèmes socio-sanitaires : accroissement des inégalités, violences domestiques, anxiété, aggravation des problèmes de santé autres que le Covid-19…

Or, ces conséquences pourraient elles-mêmes entraîner des morts.

Une tribune de trois spécialistes dans la revue European Journal of Cancer s’alarme ainsi d’une « augmentation des morts dus au cancer » dans les prochains mois.

Leur argument ? Le diagnostic et les traitements ont été freinés par la mise en place de mesures comme le confinement et par la priorité donnée au Covid-19 dans l’organisation des soins.

Par ailleurs, le succès du confinement est à double tranchant : en empêchant le virus de circuler, il empêche aussi d’atteindre le niveau d’immunité collective qui, en théorie, pourrait faire rempart à la maladie.

En France, une étude de l’Institut Pasteur estime qu’environ 6 % de la population auront été infectés par le coronavirus le 11 mai, date prévue de l’allègement du confinement.

Un niveau très insuffisant pour éviter que l’épidémie ne reparte, puisqu’il faudrait pour cela « 70 % de personnes immunisées », explique à l’AFP l’auteur principal de l’étude, Simon Cauchemez.

La plupart des pays ayant choisi le confinement comptent l’alléger ces prochaines semaines, tout en maintenant des mesures de distanciation sociale.

Objectif : tenter de contrôler l’épidémie en testant massivement et en isolant les malades. Et éviter de revenir au point de départ, c’est-à-dire l’obligation de retomber dans le confinement.

Aux Etats-Unis, des manifestations anti-confinement ont reçu le soutien de Donald Trump, qui a appelé à se rebeller contre les mesures des gouverneurs.

Immunité collective : un pari (risqué ?)

La Suède (1 937 morts) a choisi une approche différente : elle n’a pas confiné sa population, préférant en appeler au civisme. Les seules contraintes majeures sont l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes, celle des visites dans les maisons de retraite et la fermeture des lycées et des facs.

 

Le gouvernement défend sa stratégie, malgré les accusations de laxisme venues de l’étranger et de certains experts nationaux. Son argument : le bénéfice d’un confinement drastique n’est pas suffisant pour justifier son impact sur la société.

Le virus est « un tsunami » qui « déferle sur l’Europe quoi qu’on fasse », a fait valoir l’épidémiologiste suédois Johan Giesecke dans un entretien au site britannique UnHerd.

Il juge donc que son gouvernement suit la bonne stratégie : protéger « les personnes âgées et fragiles » mais laisser le virus circuler parmi les plus jeunes, moins à risques.

Cela permettrait d’atteindre une théorique immunité collective, qui n’est « pas le but de cette stratégie, mais sa conséquence ».

Le Pr Giesecke rejette la comparaison avec les autres pays scandinaves qui enregistrent moins de morts grâce à un semi-confinement. Selon lui, cette comparaison devra être faite « dans un an » : « Les différences finales entre les pays seront alors assez minces », pronostique-t-il.

Son raisonnement : les patients qui meurent actuellement du Covid-19 sont essentiellement « des personnes âgées et fragiles » qui seraient de toute façon « mortes dans quelques mois », pour d’autres raisons.

« Ça leur enlève plusieurs mois de vie, ce n’est pas agréable, mais comparé aux effets négatifs du confinement… », glisse-t-il.

C’est cette stratégie qu’avait adoptée le Royaume-Uni avant de faire volte-face mi-mars.

Ce revirement avait été motivé par des simulations de l’Imperial College de Londres (ICL) qui prévoyaient jusqu’à 510 000 morts en Grande-Bretagne en l’absence de mesures. Des travaux au retentissement mondial qui ont convaincu d’autres pays de passer au confinement.

Mais pour le Pr Giesecke, ces simulations étaient « contestables » car trop « pessimistes ». En outre, il assure que le taux de décès du Covid-19, qu’on ne connaît pas encore précisément, est en fait « surestimé ». Il l’évalue à 0,1 % des personnes infectées.

« L’exemple de la Suède, et plus généralement des pays qui n’ont pas instauré un confinement strict, est important à analyser afin de mieux évaluer l’impact respectif des mesures mises en oeuvre par les différents pays », explique à l’AFP le Pr Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève.

À la coréenne

Tester massivement, mettre en quarantaine les cas positifs, « tracer » les personnes avec lesquelles ils ont été en contact : la stratégie employée par la Corée du Sud et d’autres pays d’Asie est citée en exemple. C’est elle qu’ambitionnent de mettre en oeuvre les pays qui sortent du confinement.

Mais elle suppose « des tests en quantité, des masques en quantité, des outils numériques et des quantités énormes de personnels » pour assurer le traçage des malades potentiels, souligne pour l’AFP l’épidémiologiste française Dominique Costagliola.

En outre, cette stratégie n’est pas une garantie à long-terme.

Après avoir d’abord évité le confinement grâce à une politique similaire à celle de la Corée du Sud, Singapour combat aujourd’hui une deuxième vague épidémique, partie des foyers surpeuplés où vivent les travailleurs migrants.

Conséquence de cette deuxième vague, le pays a dû se résoudre au confinement, prolongé mardi jusqu’en juin.

Savant mélange

Dans les prochains mois, la meilleure stratégie sera peut-être une combinaison de toutes les autres.

Selon une étude américaine parue récemment dans la revue Science, il faudra sans doute alterner entre périodes de confinement et d’ouverture jusqu’en 2022, le temps de découvrir des traitements efficaces ou un vaccin (sans garantie à ce stade que ce soit possible).

Il faudra « probablement jouer pendant une longue période à libérer un peu, resserrer, libérer, resserrer », a prédit le Pr Jean-François Delfraissy, président du comité scientifique qui conseille les autorités françaises, le 15 avril devant une commission parlementaire.

Les périodes d’ouverture pourraient servir à tendre vers la fameuse immunité collective, en conciliant deux impératifs.

D’une part, la recherche de « 65 à 70 % d’immunité ». De l’autre, le fait que « les services de santé et de réanimation sont saturés » quand « la circulation du virus touche à peu près 10 % de la population », explique à l’AFPTV le professeur de virologie français Bruno Lina.

« Il faut donc que cette immunisation se fasse, mais dans la durée et au fil de l’eau », autrement dit « le plus rapidement possible mais pas trop vite », ajoute-t-il.

Pour cela, il faut compter sur « les adultes jeunes jusqu’à 50 ans où le taux des formes très graves est relativement faible ».

« Si eux s’immunisent, ils vont finir par protéger l’ensemble de la population », espère le Pr Lina, en soulignant qu’il faut dans le même temps « protéger les plus fragiles ».

Toutefois, cette recherche d’une immunité collective est suspendue à une inconnue majeure : on ignore encore quelle immunité on acquiert quand on est infecté par le coronavirus, et combien de temps elle dure.

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Comment le suivi des portables vous surveille encore plus précisément qu’un GPS

Un téléphone mobile moyen possède 14 capteurs qui fournissent des informations sur le « micro-environnement » de son détenteur, selon un ingénieur qui aide le gouvernement israélien

Des Israéliens sur la plage de Tel-Aviv malgré les ordres du gouvernement d'éviter les rassemblements publics en raison de la propagation du nouveau coronavirus, le 21 mars 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Des Israéliens sur la plage de Tel-Aviv malgré les ordres du gouvernement d’éviter les rassemblements publics en raison de la propagation du nouveau coronavirus, le 21 mars 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le suivi des téléphones portables lié au coronavirus ne se contente pas d’indiquer aux gouvernements plus ou moins où se trouvent leurs citoyens, mais peut également montrer le « micro-environnement » des propriétaires de téléphones et fournir une véritable mine d’informations sur leur environnement physique, a révélé un ingénieur système à l’origine de la technologie utilisée dans la lutte contre la propagation des coronavirus.

Ori Shaashua, de la société Neura basée à Herzliya, a déclaré au Times of Israël que si beaucoup de gens supposent que le suivi ne concerne que les informations GPS, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Sa société traite toutes sortes d’autres données complexes que les téléphones portables – à l’insu de la plupart de leurs utilisateurs – recueillent constamment.

« Les données que nous analysons concernent le micro-environnement dans lequel se trouve une personne », explique Ori Shaashua, vice-président des produits chez Neura, en précisant qu’un téléphone moyen possède 14 capteurs qui fournissent des informations sur le mouvement, l’accélération, la lumière et d’autres aspects de l’environnement physique d’une personne.

Il a ajouté que Neura travaille avec des organisations de santé dans plusieurs pays, et « aide » le gouvernement en Israël, bien qu’il ait accepté de ne discuter du travail de son entreprise qu’en termes généraux, sans entrer dans les détails de son rôle en Israël.

Mercredi dernier, Israël a introduit l’utilisation de la technologie numérique, y compris le suivi téléphonique, pour surveiller les déplacements de tous les habitants du pays, afin de les avertir s’ils ont été involontairement en contact étroit avec un porteur de virus et s’ils doivent se mettre en quarantaine. L’utilisation sans précédent d’une telle surveillance intrusive a été introduite dans le cadre des dispositions d’urgence, prises sans contrôle parlementaire, car la commission compétente de la Knesset n’avait pas terminé ses délibérations sur la question. La Cour suprême de justice a levé mardi son injonction interdisant à la police d’utiliser les téléphones portables des Israéliens pour vérifier s’ils transgressent la quarantaine relative au coronavirus suite à la création d’un comité de surveillance.

La précision du suivi téléphonique des cas de coronavirus suscite une grande perplexité. La confusion règne quant à la précision des fonctions de localisation GPS sur les smartphones, qui sont souvent inexactes, qui fait que les gens ratent un virage avec Waze ou commandent un trajet à la mauvaise adresse.

Ori Shaashua indique que sa société détenait la réponse à cette confusion. Ses procédés permettent d’obtenir une image très précise de l’endroit exact où une personne infectée s’est trouvée. Elle utilise des niveaux précis de lumière ambiante et d’autres caractéristiques de l’environnement, ainsi que des informations telles que les réseaux WiFi et les appareils Bluetooth disponibles et la puissance du signal, que la personne en question l’ait activé ou non. Les capteurs de mouvement sont un indicateur de la présence de personnes dans la même voiture, le même bus ou le même train.

Les algorithmes de Neura explorent les informations des téléphones portables collectées par les autorités sanitaires et déterminent qui d’autre se trouvait dans le même environnement – ce qui peut être déterminé même si un téléphone se trouvait dans une poche ou un sac. Lorsqu’il y a une correspondance, les autorités la voient sur leurs systèmes et peuvent choisir de placer cette personne en quarantaine.

« Nous trouvons des aiguilles dans des bottes de foin », commente Ori Shaashua, dont la technologie est normalement utilisée par les entreprises qui veulent améliorer les relations avec leurs clients grâce à l’intelligence artificielle.

Il estime que le succès de la lutte contre le coronavirus à Taïwan prouvait l’efficacité de ce type de technologie – mais il a refusé de confirmer ou d’infirmer que sa société était impliquée.

« Notre rôle est de déterminer la proximité », explique Ori Shaashua. « Prenons un exemple. Il y a eu un incident dans un centre commercial à Raanana, et des milliers de personnes ont été mises en quarantaine, car on ne savait pas qui était à proximité. Si cela se produit dans un hôpital ou un poste de police ou pour tout autre personnel essentiel, cela déclenche un effet domino. C’est là que nous intervenons ».

Avec la technologie de Neura, seules les personnes se trouvant dans la même partie du même centre commercial se retrouveraient en quarantaine, et si un médecin s’avère positif au coronavirus, même ses collègues du même service n’auraient pas besoin d’être mis en quarantaine s’ils ne se trouvaient pas dans le même « micro-environnement ».

Interrogé sur les problèmes de confidentialité, Ori Shaashua a pu répondre en ce qui concerne Neura, et non au nom des gouvernements et autres qui l’engagent. Il a déclaré que sa société ne sait rien des personnes dont elle analyse les données sur les smartphones, pas même leurs noms ni leurs numéros de téléphone. Les gouvernements indiquent à l’entreprise qui a le coronavirus en signalant leur téléphone avec un « code anonyme », et un code similaire est utilisé par Neura pour identifier les téléphones des personnes qui pourraient devoir être mises en quarantaine.

Il a indiqué que ces mêmes données « anonymisées » donnent le ton de ce que les dirigeants nationaux disent à leurs citoyens. Neura prend les données brutes et dresse pour les autorités un tableau du comportement des citoyens – leurs déplacements, l’ampleur de leurs rassemblements, l’importance de la foule et le type d’environnement dans lequel ils se trouvent. Elle peut même fournir des statistiques sur la distance qui sépare les gens les uns des autres, afin de déterminer dans quelle mesure les règles de distanciation sociale sont respectées.

Les données traitées par Neura s’avèrent utiles non seulement pour les ministères de la Santé et les organisations sanitaires qui envoient des personnes en quarantaine, mais aussi pour les rédacteurs de discours politiques, a-t-il indiqué, avec les messages délivrés par les dirigeants vus par le public aux informations du soir et ailleurs potentiellement guidés par l’image du comportement national recueillie à partir des données du jour sur les téléphones portables.

« Cela aide les responsables politiques à comprendre quels messages fonctionnent et quels messages ne fonctionnent pas », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il peut être utilisé bien au-delà des discours des politiciens, dans tous les aspects de la campagne publique.

Dans un État qui utilise le suivi, si un dirigeant reproche aux gens d’aller à la plage ou au parc, il ne s’appuiera pas sur des photos ou des publications des réseaux sociaux, mais plutôt sur les données cellulaires qui reconnaissent les environnements semblables à ceux des plages ou des parcs, explique Ori Shaashua.

En Israël, plusieurs dirigeants ont formulé des remarques sur le comportement de la population. La semaine dernière, le président Reuven Rivlin a prononcé un discours spécial dans lequel il a déclaré avoir « entendu dire que nos plages et nos sentiers de randonnée sont en pleine effervescence. Le danger est réel. Permettez-moi de vous demander à nouveau de suivre les instructions concernant l’éloignement et de vous tenir à l’écart des rassemblements ». Deux jours plus tard, Itamar Grotto, le directeur général adjoint du ministère de la Santé a fait savoir qu’il y avait eu un changement dans l’attitude du public.

Ori Shaashua pense que des données cellulaires détaillées sont essentielles dans la lutte contre le coronavirus, parce que les dirigeants ont besoin de connaître au mieux les réactions des citoyens lorsqu’ils leur demandent de faire quelque chose qui est contre la nature humaine – se tenir à l’écart les uns des autres – et qu’il n’y a pas de sentiment de satisfaction immédiate.

« Comme pour la perte de poids, lorsqu’un individu ne voit pas de réaction immédiate, il est difficile de faire changer les comportements de la population », a-t-il déclaré. « C’est un changement de mentalité qui doit être fait, et on ne peut pas changer la mentalité de quelque chose qu’on ne comprend pas ».

 

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Covid-19: la course au vaccin s’intensifie ; 150 projets, 5 essais cliniques

L’élaboration d’un vaccin fiable est la seule voie possible, selon l’ONU, vers un retour à la « normalité »

Des scientifiques volontaires traitent des échantillons prélevés sur des personnes testées pour le nouveau coronavirus, dans un laboratoire récemment dédié au traitement des échantillons COVID-19 par la Medicines Discovery Catapult, au Lighthouse Lab du parc Alderley dans le Cheshire, dans le nord de l'Angleterre, le 22 avril 2020. (Crédit : Paul ELLIS / AFP)

Des scientifiques volontaires traitent des échantillons prélevés sur des personnes testées pour le nouveau coronavirus, dans un laboratoire récemment dédié au traitement des échantillons COVID-19 par la Medicines Discovery Catapult, au Lighthouse Lab du parc Alderley dans le Cheshire, dans le nord de l’Angleterre, le 22 avril 2020. (Crédit : Paul ELLIS / AFP)

La course pour découvrir un vaccin contre le nouveau coronavirus s’intensifie avec de premiers essais cliniques menés en Allemagne et au Royaume-uni.

En Allemagne, l’autorité fédérale chargée de la certification des vaccins a donné mercredi son feu vert à des essais cliniques sur des humains menés par le laboratoire allemand BioNTech, basé à Mayence, en lien avec le géant américain Pfizer.

Ces essais, les cinquièmes réalisés sur l’homme dans le monde, selon l’Institut Paul Ehrlich (IPE), constituent une « étape importante » pour rendre un vaccin « disponible dès que possible ».

Cette autorité assure avoir donné son feu vert au terme d’une « évaluation minutieuse du rapport risques/bénéfices potentiels » du produit testé.

Première dose

Ces essais cliniques seront dans un premier temps menés sur 200 volontaires sains âgés de 18 à 55 ans. Une deuxième phase devrait concerner des volontaires au profil à risque, selon l’IPE.

Ils doivent consister à « déterminer la tolérance générale du vaccin testé et sa capacité à proposer une réponse immunitaire contre l’agent pathogène », un virus à ARN, qui a la particularité de muter.

Des essais doivent également démarrer jeudi en Grande-Bretagne avec une première dose administrée à des humains dans le cadre d’un projet piloté par l’université d’Oxford, sous l’égide du gouvernement.

Ils porteront dans leur première phase sur 510 volontaires de 18 à 55 ans. La moitié d’entre eux recevront le potentiel nouveau vaccin, les autres un vaccin témoin.

Un million de doses seront produites d’ici septembre en parallèle de la poursuite des recherches, pour qu’en cas de succès, le vaccin soit rapidement disponible. Leurs chances de succès sont évaluées par ses concepteurs à 80 %.

En Allemagne, l’IPE ne précise pas quand exactement les essais débuteront. Le PDG de BioNTech, Ugur Sahin, a assuré récemment que ce sera « à la fin du mois d’avril » avec de premières données disponibles « fin juin ou début juillet ».

Ce laboratoire, spécialisé dans les traitements contre le cancer, et Pfizer comptent désormais obtenir le feu vert des autorités sanitaires américaine pour lancer des essais aux Etats-Unis, devenus l’épicentre de la pandémie.

D’autres laboratoires devraient aussi lancer des essais en Allemagne dans les prochains mois, assure l’IPE.

Il n’existe à ce stade aucun traitement ou vaccin contre le Covid-19, qui a tué plus de 120 000 personnes dans le monde et en a infecté quelque deux millions.

Trouver un vaccin est la seule voie possible pour un retour à la « normalité » dans le monde, a prévenu la semaine dernière le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, appelant dans ce domaine à accélérer les projets en développement.

En parallèle, le déconfinement progressif a commencé dans plusieurs pays. En Allemagne, où certains commerces ont rouvert, le port du masque sera obligatoire dès la semaine prochaine dans l’ensemble des 16 Etats.

Lutte sans pitié

Actuellement cinq projets en sont au stade des essais sur des humains, selon les autorités allemandes.

De premiers essais cliniques ont été annoncés dès la mi-mars par des développeurs chinois et américains.

Le 16 mars, Pékin a approuvé le premier essai d’un vaccin mis au point par l’Académie des sciences médicales militaires, soutenue par l’armée, et la société de biotechnologie CanSino Bio, cotée à Hong Kong.

Le même jour, la société américaine Moderna, productrice de médicaments, avait assuré avoir entamé des tests sur l’homme, en partenariat avec les Instituts fédéraux de la santé.

La quête effrénée d’un vaccin contre ce virus qui a mis à bas l’économie mondiale donne lieu à une lutte sans pitié entre certains pays.

Le gouvernement allemand a ainsi dû intervenir pour stopper in extremis des tentatives, pilotées par la Maison Blanche, de rachat du laboratoire pharmaceutique allemand CureVac.

Au-delà, c’est toute l’Europe, fragilisée par l’épidémie, qui est en train de muscler ses garde-fous face aux projets d’acquisition d’entreprises stratégiques par des groupes étrangers en quête de bonnes affaires.

La Commission européenne a récemment exhorté les 27 pays de l’UE à « se protéger » contre cette menace.

 

 

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