Centenaire de la Déclaration Balfour

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue britannique Theresa May, à Londres, le 6 février 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)Un siècle plus tard, la déclaration Balfour divise toujours Israéliens et Palestiniens. Pour Netanyahu, la Déclaration Balfour a été « l’impulsion internationale » derrière la création de l’État ; les Palestiniens la jugent colonialiste et même raciste et réclame des excuses.

Centenaire Balfour : les Palestiniens doivent reconnaître l’état juif, exige Netanyahu ; « C’est la racine du conflit, 100 ans à refuser de reconnaître le sionisme et l’Etat d’Israël dans toutes les frontières », a clamé le Premier ministre à la Knesset

Bras de fer inédit entre Londres et Ramallah à propos d’Israël

La Première ministre britannique Theresa May ne s’est pas laissée impressionner pour autant. Elle a redit ce mercredi devant le Parlement qu’elle est « fière de la contribution de la Grande-Bretagne à la création de l’Etat d’Israël » et que son pays « commémorera avec fierté le centenaire de la Déclaration Balfour ».

Une réaction claire qui est une fin de non-recevoir face aux pressions de l’Autorité Palestinienne. Dans le même temps, May se démarque du leader travailliste Jeremy Corbyn qui a refusé de se rendre à la cérémonie, malgré l’invitation lancée par Jonathan Goldstein, président du Jewish Leadership Council.

La grogne palestinienne

Des dizaines de Palestiniens ont organisé une manifestation en face du Centre culturel britannique de Ramallah, initiée par des éléments islamistes et nationalistes. Ils ont demandé à la Grande-Bretagne de s’excuser pour la déclaration Balfour et d’annuler la cérémonie prévue pour son 100ème anniversaire. La Campagne de Solidarité Palestinienne devrait organiser un défilé à Londres le 4 novembre 2017 en présence de Mustafa Barghouti et de Manuel Hassassian, le représentant palestinien en Grande-Bretagne.

 Ci-après certaines des déclarations :

Riyad al-Maliki, le ministre des affaires étrangères de l’Autorité Palestinienne, a menacé que si l’Angleterre continuait ses préparatifs en vue du 100ème anniversaire de la Déclaration Balfour, la direction palestinienne prendrait des mesures juridiques, conformément aux instructions de Mahmoud Abbas. Il a affirmé que des préparatifs étaient en cours pour intenter une action en justice contre la Grande-Bretagne, y compris demander que la Grande-Bretagne rétablisse les droits du peuple palestinien et corrige son « erreur historique ».

Zakaria al-Agha, membre du comité exécutif de l’OLP et chef de son département des affaires des réfugiés, a affirmé que la Grande-Bretagne doit s’excuser pour la déclaration Balfour et ne pas organiser de cérémonies en son honneur. Il a affirmé que des poursuites contre le pays allaient être lancées devant des tribunaux internationaux. Il a ajouté que la Grande-Bretagne doit présenter ses excuses au peuple palestinien, reconnaitre le fait que la Déclaration Balfour était une erreur historique et annoncer sa reconnaissance de l’État palestinien.

Expier la déclaration Balfour

Ahmed Majdalani, membre du comité exécutif de l’OLP, a affirmé que la Grande-Bretagne doit satisfaire trois exigences pour « expier » la déclaration Balfour : s’excuser auprès des Palestiniens pour la Nakba [catastrophe] résultant de la Déclaration Balfour ; payer des réparations aux réfugiés et reconnaître l’État palestinien. Il a affirmé que la direction palestinienne agit au niveau juridique pour intenter une action contre le gouvernement britannique.

 Shawan Jabarin, directeur d’al-Haq, a affirmé qu’une équipe d’avocats palestiniens débattaient de l’opportunité une lancer la procédure dans le système juridique britannique sur le mandat britannique et non pas la Déclaration Balfour. Il a ajouté qu’une position serait présentée par une équipe internationale de juristes sur la réussite possible d’une telle combinaison. L’avis, a-t-il affirmé, sera transmis à la direction palestinienne pour examen. Il a affirmé qu’une telle mesure doit être soutenue et accompagnée d’une vaste campagne médiatique.

Quand Theresa May fête Balfour avec Israël, 30 ans après la rebuffade de Thatcher

L’accueil chaleureux réservé au Premier ministre Benjamin Netanyahu par Downing Street intervient dans un contexte de liens commerciaux étroits et d’un antagonisme en diminution entre Israël et les états arabes

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue britannique Theresa May, à Londres, le 6 février 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

Malgré son fervent soutien à l’État juif, la Dame de Fer avait choisi de décliner l’invitation. La peur d’excéder les pays arabes, qui tenaient le Royaume-Uni pour responsable du soutien au projet sioniste en 1917, et de tout ce qui s’en est suivi, a longtemps contrôlé les Affaires étrangères et entravé les relations entre le Royaume-Uni et Israël.

Trente ans plus tard, le gouvernement de Theresa May a adopté une approche catégoriquement plus positive.

« Le Royaume-Uni a été plus attentif [dans les années 1980] aux sensibilités des Arabes en ce qui concerne la menace des représailles qu’elle ne l’est actuellement », a soutenu docteur Azriel Berman, auteur de Margaret Thatcher and the Middle East.

la semaine dernière, May a rejoint le Premier ministre Benjamin Netanyahu à un prestigieux diner de gala organisé par Lord Rothschild au centre de Londres, où elle a prononcé un discours univoque au sujet des liens étroits qui unissent Israël et le Royaume-Uni, assurant qu’elle était fière du « rôle de pionnier » qu’a joué le Royaume-Uni dans la création de l’État d’Israël. Elle a condamné le mouvement BDS et les « nouvelles et pernicieuses formes d’antisémitisme qui ont recours à la critique des actions du gouvernement israélien pour justifier, de façon détestable, la remise en question du droit d’Israël à exister ».

Comme l’a soutenu James Sorene, directeur exécutif du think-tank British Israel Communications and Research Center, la réussite du séjour de Benjamin Netanyahu peut se mesurer au nombre de mots prononcés par Theresa May au dîner à l’occasion du centenaire de la Déclaration Balfour.

« Ce discours était empli de fierté et de soutien envers Israël et de son intention d’intensifier les relations bilatérales à tous les niveaux, avec une tolérance zéro pour le boycott », a-t-il dit. « Même si la visite venait commémorer l’histoire de la promesse de Balfour, le gouvernement britannique cherche clairement à regarder vers une relation plus forte et plus profonde à l’avenir. »

Le secrétaire aux Affaire étrangères de May, Boris Johnson, a employé des termes encore plus significatifs que sa supérieure lors de son discours durant une réception parlementaire au début de la semaine dernière, organisée par le Board of Deputies of British Jews.

Il a suggéré que la Déclaration Balfour « a ouvert la voie à l’un des plus grands triomphes politiques du XXe siècle, la création de l’État d’Israël ».

Saluant la démocratie israélienne et sa société libérale comme « la lueur d’espoir qui partage les valeurs auxquelles je crois passionnément », Johnson a qualifié la création de l’État d’Israël d’ « incroyable réussite de l’humanité ».

Les mots de Johnson auraient pu obtenir l’accord des députés de Tory. 100 députés conservateurs ont signé une lettre adressée au Daily Telegraph, le jour de l’anniversaire organisé par les Conservative Friends of Israel, mais ils ont fait soulever plus d’un sourcil au bureau des Affaires étrangères.

Comme l’a suggéré Patrick Wintour, correspondant diplomatique de Guardian, le bureau des Affaires étrangères ont longtemps considéré ce centenaire comme un « terrain miné diplomatique ». Sir Simon McDonald, ancien ambassadeur britannique en Israël, qui est actuellement à la tête du bureau des Affaires étrangères, a déclaré cette semaine que les relations entre le Royaume-Uni et Israël étaient à la fois « excellentes » et « complexes ».

Bien que le lobby anti-Israël au Royaume-Uni soit plus fort et plus virulent qu’il y a 30 ans, quand Netanyahu était venu à Londres en 2015, plus de 100 000 britanniques avaient signé une pétition demandant à ce qu’il soit arrêté pour « crimes de guerre » supposément commis pendant l’opération Bordure Protectrice, des changements dans le paysage politique, diplomatique et économique ces dernières années ont transformé les relations entre le Royaume-Uni et Israël. Vendredi matin, le Premier ministre était au Royal Institute of International Affairs, où il a fait part de son optimisme quant à l’impulsion de paix menée par le président américain Donald Trump.

« Il débarque avec un esprit volontariste rafraichissant… ils essayent de penser différemment », a expliqué Netanyahu au sujet de l’initiative américaine.

Cette confiance n’est pas partagée par le Royaume-Uni, mais l’Europe et le Royaume-Uni sont, au mieux, des figurants dans l’initiative de paix des États-Unis.

En effet, May n’a pas le poids qu’avait Thatcher à l’international, dont les relations avec Ronald Reagan, Shimon Peres, le roi Hussein et les Saoudiens, lui octroyaient un certain pouvoir dans la région.

Si le pouvoir diplomatique du Royaume-Uni a décliné, son importance économique pour Israël a considérable augmenté. La visite de Netanyahu à la bourse de Londres vendredi, où il a ouvert les ventes du jour, a souligné le fait que le Royaume-Uni est désormais l’un des plus grands marchés d’exportation israélienne en Europe. L’échange entre les deux pays dépasse les 8 milliards d’euros par an.

Alors que May se démène pour obtenir des accords post-Brexit, elle sera tentée de doper les liens économiques anglo-israéliens, et d’attirer les investissements étrangers au Royaume-Uni. Elle fait cependant face à un défi de taille cependant. En effet, les sociétés israéliennes qui opèrent au Royaume-Uni craignent qu’elle ne puisse pas conclure d’accord avec l’Union européenne qui pourrait garantir un accès à l’unique marché européen.

Évidemment, Londres et Jérusalem ont leurs divergences. La rencontre entre May et Netanyahu à Downing Street s’est focalisée sur ces divergences : l’accord sur le nucléaire iranien, et le processus de paix en pleine stagnation.

May a répété les « graves inquiétudes » nourries par le gouvernement du Royaume-Uni concernant ce qu’il considère comme des constructions « illégales » en Cisjordanie. Contrairement à un grand nombre de détracteurs internationaux de Netanyahu, toutefois, le Royaume-Uni reconnaît que les incitations et le terrorisme entravent les perspectives d’une avancée dans les négociations de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne.

May et ses ministres ont pris soin cette semaine de tempérer leurs éloges rhétoriques de l’Etat juif, faisant des déclarations qui soulignent que le Royaume-Uni estime « qu’il y a encore du travail » pour réaliser pleinement les termes de la déclaration Balfour. May a vivement recommandé une « résolution renouvelée » à négocier un accord de paix durable « sur la base de la solution à deux états, avec Israël, prospère et en sécurité, aux côtés d’un état palestinien viable et souverain ».

En même temps, le Royaume-Uni a fermement refusé les demandes répétées d’excuses de l’Autorité palestinienne pour la déclaration Balfour (« Absolument pas », s’est exclamé sans ménagement May) et la reconnaissance immédiate d’un état palestinien. Il y a trois ans, le Parlement britannique avait voté en faveur d’une reconnaissance unilatérale de la Palestine mais les gouvernements successifs de Cameron et de May n’ont cessé d’insister sur le fait qu’une telle initiative ne serait accomplie que « lorsque le moment sera le bon ».

Au cours de sa rencontre avec Netanyahu, May a une fois encore défendu l’accord sur le nucléaire iranien. Elle pourrait avoir écouté avec plus d’attention le Premier ministre israélien, qui a maintenant glissé d’une opposition acharnée à la convention à la suggestion de solutions permettant de rectifier les failles présentes dans l’accord passé entre les six puissances mondiales.

Londres n’est pas sourd aux inquiétudes portant sur les dangers posés par l’expansionnisme de Téhéran et son soutien au Hezbollah. May aurait exprimé la volonté du Royaume-Uni de soutenir Israël dans sa tentative de juguler la menace iranienne même si, et les deux parties le savent, l’effet pratique d’une telle promesse reste limité. Netanyahu s’intéresse également davantage au développement des liens avec les acteurs régionaux qui partagent ses préoccupations qu’au fait de s’attirer les faveurs des Britanniques.

Et même ainsi, le lent dégel dans la relation entre Israël et certains états arabes signifie que le Royaume-Uni est moins inquiet que jamais qu’un rapprochement potentiel avec l’Etat juif puisse irriter ses alliés traditionnels au Moyen-Orient, comme l’Arabie saoudite.

De plus, indépendamment de ses propres difficultés nationales, Netanyahu sait que la position de May au Royaume-Uni a été considérablement affaiblie lors des élections générales du mois de juin qui ont volé aux conservateurs leur majorité parlementaire. Ces derniers jours, son gouvernement a été encore secoué par une série d’accusations de harcèlement sexuel au parlement britannique. A la veille de la visite de Netanyahu, le proche allié de May, le secrétaire à la Défense Michael Fallon, a été contraint de démissionner. La secrétaire au Développement international, Priti Patel, a démissionné mercredi après avoir rencontré cet été de hauts responsables israéliens sans autorisation préalable de son gouvernement.

L’ambassadeur israélien au Royaume-Uni, Mark Regev, a suggéré le mois dernier qu’il n’a « aucun ami meilleur en Europe » que le Royaume-Uni. Mais les relations pourraient se dégrader rapidement si le travailliste Jeremy Corbyn arrivait au pouvoir. Alors que c’était impensable, le scrutin général peu concluant du mois de juin a rendu possible la perspective d’un mandat de Premier ministre pour Corbyn.

Malgré les affirmations peu plausibles faites par la secrétaire aux Affaires étrangères de son cabinet fantôme Emily Thornberry – qui a déclaré que le chef de la formation travailliste était sioniste – le parti a peu fait, cette semaine, pour apaiser les craintes des Israéliens et des Juifs britanniques.

Corbyn a boycotté le repas de gala pour fêter la déclaration Balfour, envoyant Thornberry à sa place.

« M. Corbyn avait l’opportunité de démentir les accusations de la présence d’un antisémitisme d’extrême-gauche dans les rangs de la formation travailliste et de reconnaître publiquement le droit à l’existence d’Israël », a suggéré le Times dans un éditorial. « Il ne l’a pas fait ».

La propre participation de Thornberry a été quelque peu assombrie par des propos qu’elle avait tenus trois jours avant. Elle avait indiqué qu’elle ne pensait pas que le centenaire de Balfour soit un anniversaire à célébrer.

Corbyn lui-même a choisi la nuit précédant l’arrivée en avion de Netanyahu à Londres pour apparaître lors d’une réunion organisée par un groupe musulman controversé qui est accusé d’avoir régulièrement accueilli des « intervenants islamistes autoritaires, intolérants et extrémistes à l’occasion d’événements publics » et avec lequel le Board of Deputies britannique a refusé de travailler.

D’où l’ironie de la décision prise par Corbyn de snober le dîner de Balfour – en raison, sans aucun doute, de la présence de Netanyahu.

Il y a deux ans, il avait défendu sa décision de rencontrer des représentants du Hamas et du Hezbollah et de les saluer en tant « qu’amis » en disant : « Je pense provoquer un processus de paix, on doit pouvoir parler avec des gens avec lesquels on est en profond désaccord ».

Dans l’esprit de Corbyn, ce principe s’applique aux terroristes mais pas au Premier ministre d’Israël.

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Centenaire Balfour : les Palestiniens doivent reconnaître l’état juif, exige Netanyahu

« C’est la racine du conflit, 100 ans à refuser de reconnaître le sionisme et l’Etat d’Israël dans toutes les frontières », a clamé le Premier ministre à la Knesset

Benjamin Netanyahu à la Knesset durant une assemblée extraordinaire pour le centenaire de la Déclaration Balofur, le 7 novembre 2017.(Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Benjamin Netanyahu à la Knesset durant une assemblée extraordinaire pour le centenaire de la Déclaration Balofur, le 7 novembre 2017.(Crédit : Miriam Alster/Flash90)

S’exprimant lors d’une cérémonie à la Knesset marquant le centenaire de la déclaration Balfour, Netanyahu a attaqué les Palestiniens pour avoir critiqué le document, qui exprimait le soutien du Royaume-Uni à une patrie juive en Palestine.

« Quand les dirigeants palestiniens qualifient la déclaration Balfour de crime de guerre [et] appellent le gouvernement britannique à s’excuser pour cela, ils ne vont pas de l’avant, ils reculent », explique Netanyahu. « C’est la racine du conflit, 100 ans à refuser de reconnaître le sionisme et l’Etat d’Israël dans toutes les frontières ».

Avant cet anniversaire, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a écrit la semaine dernière un éditorial déplorant le document, affirmant qu’il déclenchait un processus qui conduirait à un siècle de souffrance palestinienne et ne devrait pas être une cause de célébration. D’autres hauts responsables de l’AP ont appelé la Grande-Bretagne à s’excuser pour la déclaration Balfour.

Dans son discours, Netanyahu a salué le rôle qu’a joué la Déclaration Balfour dans le soutien de la communauté internationale pour la création d’un État juif, mais a ajouté que le « retrait » du soutien du Royaume-Uni envers ce document, et le temps qu’il aura fallu pour qu’Israël soit créé, selon les dispositions prévues par ce document « sont des tragédies ».

« L’absence de souveraineté jusqu’en 1948 a empêché le sauvetage de millions de Juifs qui ont péri durant la Shoah », a-t-il dit. « La tragédie de la Déclaration Balfour, c’est qu’il a fallu 30 ans pour l’appliquer. »

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Cent ans après, la Déclaration Balfour est irréfutable, toujours d’actualité

Le Premier ministre Nétanyahou va célébrer à Londres le centenaire de la Déclaration Balfour au moment où certains députés socialistes britanniques exigent que « justice soit faite également pour le peuple palestinien ».

Des mouvements pro-arabes manifestent aussi dans les rues de Londres contre la visite de Nétanyahou. Ils exigent de « traduire en justice » la Grande-Bretagne pour avoir accordé au peuple Juif un Foyer national.

Dans le Royaume de l’absurdité et de la désinformation tout est permis et le vulgaire mensonge est roi. Des démagogues et charlatans de l’Histoire contemporaine minimisent dans les médias la portée morale et historique de cette Déclaration, et l’écho de son retentissement depuis un siècle.

Soulignons que la Déclaration Balfour est composée de 67 mots choisis minutieusement et écrits après de longues et pénibles tractations. Elle fut diffusée par millions d’exemplaires en Europe et aux Etats-Unis et provoqua un déferlement d’enthousiasme délirant dans toutes les communautés de la diaspora. Elle a marqué un pas décisif pour la création d’un Etat juif indépendant et souverain en Terre d’Israël.

Dans le contexte politique actuel, rendons donc hommage aux dirigeants britanniques et en premier chef à Madame May qui refuse de céder aux opposants en invitant, à la lumière du jour et en grande pompe, le Premier ministre israélien.

Sans négliger les revendications des Palestiniens à un Etat, elle défend avec courage, détermination, et sans équivoque la décision historique de ses prédécesseurs. Par ce geste magnifique, ils avaient enfin reconnu notre existence en tant que nation politique, en acceptant notre droit élémentaire et irréfutable sur notre pays.

 

La Déclaration Balfour, 2 novembre 1917

 

Comment peut-on gommer un document historique approuvé par la Société des Nations le 24 juillet 1922 ? Comment effacer la signature des leaders de l’époque, ceux qui ont chassé de notre région un régime musulman qui a régné durant 400 ans dans la tyrannie, la terreur, et l’indifférence totale aux droits nationaux légitimes du peuple juif sur sa terre ancestrale. Durant quatre longs siècles, cet empire musulman n’avait pas non plus offert aux Arabes une quelconque légitimité sur ce territoire, ni un Etat indépendant tel qu’ils le revendiquent aujourd’hui.

Rappelons aussi que le mouvement sioniste fut fondé officiellement à Bâle en 1887, soit trois décennies avant la Déclaration Balfour. Il était en plein essor et irréversible avec ses premières vagues d’immigration en provenance des pays de l’Est et de Russie.

Lord Balfour

Certes, la déclaration Balfour n’est pas parfaite et le mandat britannique en Palestine a connu des Livres Blancs et une sévère et humiliante occupation, mais la contribution de la Grande-Bretagne au processus qui a abouti à la création de l’Etat juif en 1948, demeurera à jamais indéniable, au grand dam des Palestiniens.

Toutes leurs tentatives d’obtenir par la lutte armée et le boycottage des territoires de notre patrie trimillénaire, étendus de la « mer au fleuve », ont été vouées à l’échec.

Au moment où les Américains relancent le moribond processus de paix, il est bien temps que tous reconnaissent et approuvent, une fois encore, la pertinente Déclaration Balfour.         

Freddy Eytan

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Un siècle plus tard, la déclaration Balfour divise toujours Israéliens et Palestiniens

Pour Netanyahu, la Déclaration Balfour a été « l’impulsion internationale » derrière la création de l’État ; les Palestiniens la jugent colonialiste et même raciste et réclame des excuses

Le bureau de Lord Balfour, à Beit Hatfutsot, le musée du peuple juif, à Tel Aviv. (Crédit : Ziko/Wikipedia)

Le bureau de Lord Balfour, à Beit Hatfutsot, le musée du peuple juif, à Tel Aviv. (Crédit : Ziko/Wikipedia)

Le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour indiquait que son gouvernement considérait « favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ».

Cette phrase de 67 mots est alors la manifestation de soutien la plus forte d’une grande puissance aux objectifs du mouvement sioniste : le retour des Juifs sur la terre de leurs ancêtres.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu commémorera cet anniversaire à Londres, où il participera à un dîner avec son homologue britannique Theresa May.

Mme May a dit qu’elle marquerait cette date avec « fierté« , malgré les critiques qui s’élèvent en Grande-Bretagne autour de cet anniversaire.

« Même si l’Etat d’Israël n’aurait pas vu le jour (en 1948) sans l’implantation (juive qui l’a précédé), sans sacrifice et sans une volonté de se battre pour lui, l’impulsion internationale a indéniablement été la déclaration Balfour », a déclaré cette semaine M. Netanyahu.

Les Palestiniens ont prévu une manifestation jeudi à Ramallah, en Cisjordanie, dans le cadre de leur campagne appelant la Grande-Bretagne à s’excuser pour cette déclaration. Ils ont également étudié les façons de poursuivre Londres en justice à ce sujet.

Pour le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, la Grande-Bretagne devrait s’excuser pour « une injustice historique qu’elle a commise contre notre peuple » et devrait « la corriger au lieu de la célébrer ».

Palestiniens sur le tapis rouge d'un festival de cinéma, sur lequel est inscrit le texte de la déclaration Balfour, à Gaza Ville, le 12 mai 2017. (Crédit : Mohammed Abedi/AFP)

‘Pierre angulaire’

Certains argumentent aujourd’hui que les événements postérieures à la déclaration Balfour, comme les politiques contradictoires des Britanniques et les efforts des sionistes, ont diminué son importance.

Mais d’autres considèrent que son influence comme majeure, ce texte ayant jeté les bases non seulement de la création de l’Etat moderne d’Israël mais aussi du conflit israélo-palestinien.

Jonathan Schneer, historien américain et auteur du livre « La déclaration Balfour », estime qu’Israéliens et Palestiniens ont « tous les deux raison ».

« Les Israéliens la considèrent comme la pierre angulaire de la naissance d’un Etat juif et les Arabes comme celle de leur dépossession et de leur misère », explique-t-il dans une interview à l’AFP.

Selon l’historien, la déclaration s’est, de façon ironique, nourrie de mythes antisémites.

Les dirigeants britanniques de l’époque estimaient en effet que la communauté juive était capable de les aider à gagner la Première Guerre mondiale en raison de son influence supposée dans les finances et en Russie, a-t-il dit.

« Si quelqu’un doit choisir cinq documents qui ont façonné l’histoire et l’existence d’Israël, la déclaration Balfour doit en faire partie », assure Paula Kabalo, directrice de l’Institut de recherche Ben-Gourion pour l’étude d’Israël et du sionisme.

‘Encore du travail’

Nabil Shaath devant la presse dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2011 (Crédit : Issam Rimawi/Flash 90)

Les Palestiniens jugent la déclaration, qui mentionne que « rien ne doit être fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existantes en Palestine », comme colonialiste et même raciste.

Elle a été écrite « comme si les Palestiniens n’existaient pas », s’insurge Nabil Shaath, un des principaux conseillers du président palestinien Mahmoud Abbas. « Nous sommes considérés comme ‘d’autres’, avec des droits civils et religieux mais pas de droits politiques. »

Pour les Palestiniens, la Grande-Bretagne, puissance mandataire de 1920 à 1948, n’a pas réussi à tenir ses engagements.

Lors de la guerre entourant la création d’Israël, 750 000 Palestiniens ont été expulsés ou ont fui leur foyers.

Deux décennies plus tard, lors de la guerre des Six-Jours (1967), Israël a notamment pris la Cisjordanie, et Jérusalem-Est, mais que les Palestiniens revendiquent comme capitale de leur futur Etat.

Theresa May s’est fait l’écho de ces inquiétudes. « Nous sommes fiers du rôle que nous avons joué dans la création de l’Etat d’Israël », a récemment déclaré la Première ministre britannique, mais « nous devons également être conscients de ce que certains ressentent à l’égard de la déclaration Balfour et nous reconnaissons qu’il y a encore du travail ».

May : « nous excuser pour la déclaration Balfour ? Absolument pas »

May : "nous excuser pour la déclaration Balfour ? Absolument pas" - © Juif.org

Le premier ministre britannique Theresa May a exclu jeudi l’idée que la Grande-Bretagne présente ses excuses pour la déclaration Balfour de 1917, qui proclamait le soutien de la Grande-Bretagne à l’établissement d’un foyer national juif dans la Palestine d’alors.

S’exprimant lors d’un dîner de célébration à l’occasion du centenaire de la déclaration Balfour à Londres, May a déclaré que le gouvernement britannique était fier de soutenir Israël.

Le dîner a été organisé par Lord Rothschild et Lord Balfour. Le premier ministre Benyamin Netanyahou et le rabbin Ephraim Mirvis, le grand rabbin des congrégations hébraïques unies du Commonwealth, étaient présents.

Dans ses remarques, May a noté que « Balfour a écrit explicitement que rien ne doit être fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existantes en Palestine, ou aux droits et au statut politique dont jouissent les juifs dans tout autre pays. »

« Alors quand certaines personnes suggèrent que nous devrions nous excuser pour cette lettre, je dis absolument non, » a-t-elle poursuivi.

« Nous sommes fiers de notre rôle de pionnier dans la création de l’état d’Israël. Nous sommes fiers d’être ici aujourd’hui avec le premier ministre Netanyahou et de déclarer notre soutien à Israël. Et comme nous marquons cent ans depuis Balfour, nous sommes impatients d’aller encore plus loin dans cette relation, » a déclaré May.

« Comme le premier ministre Benyamin Netanyahou et moi-même avons discuté à Downing Street plus tôt aujourd’hui, nous voulons approfondir nos relations dans les domaines où Israël dirige le monde, agriculture, santé, science, technologie et innovation, » a-t-elle ajouté, notant que « Israël est la véritable nation start-up et nous sommes fiers d’être votre partenaire. »

May a également souligné que la Grande-Bretagne reste « absolument attaché à la sécurité d’Israël » et « soutiendra toujours le droit d’Israël à se défendre. »

Dans le même temps, le premier ministre britannique a déclaré que « nous devons, je crois, saisir cette opportunité pour renouveler notre détermination sur ce qui doit encore être accompli. »

« Tristement, Balfour reste une affaire inachevée, car sa vision fondamentale de la coexistence pacifique n’a pas encore été remplie. Et je crois que cela exige de nous aujourd’hui une détermination renouvelée à soutenir une paix durable qui soit dans l’intérêt des israéliens et des palestiniens, et dans notre intérêt à tous, » a-t-elle poursuivi.

May a appelé à un « accord de paix qui doit être basé sur une solution à deux états, avec un Israël en sécurité aux côtés d’un état palestinien viable et souverain. »

Afin d’avoir une chance réaliste d’atteindre cet objectif, a-t-elle dit, il doit y avoir « la fin de la construction de nouvelles implantation et la fin de l’incitation palestinienne. »

Le premier ministre britannique a également dénoncé l’antisémitisme en soulignant que « critiquer les actions d’Israël n’est jamais et ne peut jamais être une excuse pour remettre en question le droit à l’existence d’Israël, pas plus que de critiquer les actions de la Grande-Bretagne pourrait être une excuse pour la haine contre le peuple britannique, » a-t-elle ajouté.

« En termes simples, il ne peut y avoir aucune excuse pour toute forme de haine envers le peuple juif. Il n’y en a jamais eu et il n’y en aura jamais, » a souligné May.

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