AZOULAY à l’UNESCO : une bonne nouvelle pour Israël ?

Audrey Azoulay, ancienne ministre française de la Culture et nouvelle directrice de l'UNESCO, en conférence de presse suite à son élection, au siège de l'UNESCO à Paris, le 13 octobre 2017. (Crédit : Thomas Samson/AFP)NdlR : c’est toujours mieux que le Qatar, son opposant direct ! Mais la franco-marocaine d’origine juive sera-t-elle autonome ou prendra-t-elle également ses ordres auprès  d’autres instances ? Son banquier de  père (banque PARIBAS) était conseiller spécial de Hassan II, monarque absolu du Royaume Hachémite…

L’Unesco ou le « Titanic des organisations internationales » ?

Le Congrès juif mondial salue l’élection d’Azoulay à l’Unesco. La nouvelle directrice a recueilli 131 voix en sa faveur et 19 contre, pour 184 votants et, in fine, 150 exprimés

Audrey Azoulay, ancienne ministre française de la Culture et nouvelle directrice de l’UNESCO, en conférence de presse suite à son élection, au siège de l’UNESCO à Paris, le 13 octobre 2017. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

Deuxième femme à la tête de l’organisation pour l’éducation, la science et la culture des Nations unies, après Irina Bokova à laquelle elle succède, Mme Azoulay a recueilli 131 voix en sa faveur et 19 contre, pour 184 votants et, in fine, 150 exprimés (10 absents, 24 nuls). La majorité requise était de 76.

Sitôt les résultats proclamés, Mme Azoulay a fait part aux délégués de la conférence générale de sa « fierté » et de son « enthousiasme » à l’idée de « servir cette organisation ».

Le « mandat de l’Unesco est d’une modernité éclatante et nous (lui) devons une organisation, un fonctionnement à la hauteur de cette modernité », a-t-elle déclaré.

« Je pense à tous ceux d’entre vous qui sont lucides sur les difficultés de cette organisation mais qui savent à quel point elle est irremplaçable, à quel point elle est essentielle face aux défis que notre monde affronte, et qui souhaitent participer à une unité et une sérénité à même de lui permettre d’exercer au mieux son mandat », a-t-elle ajouté.

« Le Congrès juif mondial félicite Mme Azoulay pour sa nomination au poste de directrice Générale de l’UNESCO, et est convaincu qu’elle excellera dans tous les domaines qu’implique ce poste, » a indiqué le Congrès juif mondial dans un communiqué vendredi.

« L’UNESCO, comme de nombreuses instances internationales, a été déviée par les programmes politiques de certains de ses états-membres, ce qui a conduit à l’adoption de résolutions ignobles, notamment en tentant de réécrire l’Histoire et en niant le lien historique entre le peuple juif et sa patrie. Ce parti-pris incessant et cette injustice contre Israël doivent cesser », poursuit le communiqué.

« Nous sommes confiants dans l’idée que Mme Azoulay saura tirer parti de sa position pour traiter des sujets liés à Israël et au monde juif, et encouragera des réformes nécessaires pour que l’UNESCO retrouve son rôle d’origine, qui consiste à contribuer à la paix et à la sécurité dans le monde, en encourageant la collaboration entre les nations via l’éducation, la science, la culture, et la communication, au nom de la justice, de l’état de droit, des droits de l’homme et de la liberté.

Le Congrès juif mondial a entretenu d’excellents rapports avec la directrice-générale sortante Irina Bokova, et a récemment signé un accord pour lancer, ensemble, un site innovant dédié à l’enseignement de la Shoah, destiné à fournir à la jeunesse des informations essentielles sur l’histoire de la Shoah, son patrimoine et sur le négationnisme.

Nous sommes impatients de poursuivre cette relation et ces travaux avec Mme Azoulay, et à gérer, ensemble, ces sujets qui nous concernent tous.

Lors de mon dernier entretien avec Mme Azoulay, j’ai été impressionné par son intérêt et son engagement pour ces domaines.

Nous ne nous attendons pas à des miracles en ce qui concerne les votes à l’UNESCO, mais nous sommes convaincus qu’un changement est possible. Nous présentons à Mme Azoulay nos meilleurs vœux de bonne chance pour les quatre années à venir, » lit-on dans la déclaration écrite par le président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder.

Mme Azoulay prend les rênes d’une organisation fragilisée par des dissensions et des difficultés financières.

En octobre, en pleine réunion du conseil exécutif pour choisir le dirigeant de l’Unesco, les Etats-Unis puis Israël — qui avaient suspendu leur contribution obligatoire depuis l’admission en 2011 de la Palestine à l’organisation – ont ainsi annoncé leur départ de l’organisation d’ici à fin 2018.

L’Unesco ou le « Titanic des organisations internationales », selon l’envoyé israélien

Shama-Hacohen affirme que les Etats-Unis ne « sont pas le seul pays » prévoyant de quitter l’agence culturelle mais n’annonce toutefois pas le retrait d’Israël de manière officielle

L'ambassadeur israélien à l'UNESCO Carmel Hacohen Shama, à droite, débat avec un diplomate palestinien durant la conférence générale de l'agence à Paris, au mois de novembre 2017 (Autorisation)

L’ambassadeur israélien à l’UNESCO Carmel Hacohen Shama, à droite, débat avec un diplomate palestinien durant la conférence générale de l’agence à Paris, au mois de novembre 2017 (Autorisation)

L’UNESCO est « le Titanic des organisations internationales », a déclaré l’envoyé israélien à l’Agence des Nations unies pour l’Education, la science et la culture, accusant cette dernière de falsifier délibérément l’histoire pour persécuter le peuple juif.

Dans un discours acerbe prononcé vendredi lors de la 39ème conférence générale de l’UNESCO à Paris, Carmel Shama-Hacohen a également critiqué les Emirats arabes unis qui ont remis un cadeau à tous les pays à l’exception d’Israël, recommandant vivement aux différents délégués de le rendre en signe de protestation.

Citant la partialité anti-israélienne à l’UNESCO, l’administration américaine a annoncé son retrait, le mois dernier, de l’agence. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné pour instruction au ministère des Affaires étrangères de suivre le même mouvement, même si l’état Juif n’a pas encore officiellement fait part de son intention de partir.

La Dixième chaîne israélienne a annoncé, la semaine dernière, que des diplomates israéliens avaient recommandé à Israël de se maintenir au sein de l’UNESCO. Le ministère des Affaires étrangères a pour sa part démenti cette information, disant qu’il mènera à bien les instructions données par le Premier ministre.

Vendredi après-midi, Shama-Hacohen, au cours d’une longue allocution qui a été boycottée par les diplomates arabes, a averti les délégués que les Etats-Unis « ne seront aucunement le seul pays » à prévoir de quitter l’UNESCO, même s’il n’a pas annoncé le départ d’Israël de manière officielle. Après avoir cité les griefs nourris par Jérusalem contre l’agence, il a ajouté qu’il espère être « le dernier ambassadeur israélien à l’UNESCO contraint d’affronter et de combattre cette obsession politique contre son peuple ».

Il a poursuivi en disant que « malheureusement, l’UNESCO a été détournée et abusée, devenant un outil de persécution d’Israël et du peuple juif en concoctant des faits mensongers, une histoire mensongère, dont l’objectif est d’effacer notre histoire à Jérusalem et de réécrire l’histoire du monde ».

Shama-Hacohen a consacré une partie significative de son discours à la rebuffade subie par Israël de la part des Emirats arabes unis, le 30 octobre, même s’il n’a pas mentionné clairement le nom de l’état du Golfe.

A l’ouverture de la conférence générale de Paris, la délégation emiratie avait posé une boîte contenant une médaille en argent sur chacun des bureaux des envoyés étrangers, en l’honneur du parrainage par les EAU de la rénovation de la salle de conférence. Aucune boîte n’avait toutefois été placée sur le bureau de Shama-Hacohen.

« Même l’inauguration de cette salle dans laquelle nous nous trouvons a été contaminée par le poison de la politisation, l’état donneur ayant offert à toutes les missions membres une lettre de salutation et une médaille : Tous les états-membres à l’exception d’un seul – Israël », a noté l’envoyé de l’Etat juif vendredi. « A quel point est-ce mesquin, primitif, pathétique ».

Cet incident a clairement établi une fois encore que « les pétro-dollars peuvent acheter beaucoup mais il n’y a pas de prix à payer pour la sagesse, les bonnes manières et l’étiquette. Si votre richesse peut résider dans votre argent, en termes de dignité, vous êtes plus miséreux que pauvre », a-t-il expliqué.

L’incident de la semaine dernière est survenu après le boycott des Emirats arabes unis du drapeau israélien et de l’hymne national à l’occasion d’un tournoi de judo organisé à Abu Dhabi. Un judoka émirati avait également refusé de serrer la main à son adversaire après avoir été vaincu par un athlète israélien, même si le plus haut responsable du judo, dans le pays, a plus tard présenté ses excuses à son homologue israélien pour cet outrage.

« Ces injustices sont commises en plein jour et tout reste calme : Les complices sont silencieux face à la discrimination dans les sports, qui sont l’une des fondations de l’éducation et de la culture, et les complices sont silencieux face aux tentatives d’isoler et d’ostraciser Israël lors de l’inauguration de cette salle », a encore dit Shama-Hacohen.

« Concernant cette médaille en argent qui vous a été offerte en cadeau, je la rendrais si j’étais vous afin de ne pas prendre part à un acte méprisable qui n’a pas sa place dans un monde libre et éclairé ».

Un grand nombre de diplomates étrangers stationnés à l’UNESCO lui ont donné leur médaille – laquelle comporte un portrait de Hamdan bin Rashid Al Maktoum, prince héritier de Dubaï et ministre des Finances des EAU – en signe de protestation contre l’initiative des EAU, selon l’ambassadeur israélien.

« Mon instinct initial a été de les utiliser comme butoirs de porte », a-t-il dit.

« Néanmoins, après y avoir réfléchi, j’ai décidé de les donner aux réfugiés syriens qui errent dans les rues froides de Paris. Il y a des enfants et des nouveaux-nés parmi eux, qui ont fui les atrocités du régime syrien et les attaques chimiques de ce membre du groupe arabe perpétrées contre les femmes, les enfants et les civils innocents ».

Il a ajouté que « si seulement vous aviez investi pour eux 1 % des efforts que vous faites ici contre Israël, leurs vies auraient été meilleures ».

 

L’Iran perd les élections de la présidence du conseil exécutif de l’UNESCO

L’ambassadeur israélien a déclaré que des efforts en coulisses ont été mis en oeuvre pour empêcher Ahmad Jalali de remporter cette élection, qui aurait « radicalisé » l’agence culturelle

Le conseil exécutif de l'UNESCO vote pour son nouveau président, le 16 novembre 2017. (Autorisation)

Le conseil exécutif de l’UNESCO vote pour son nouveau président, le 16 novembre 2017. (Autorisation)

Bien qu’Israël ait l’intention de quitter l’UNESCO, les résultats du vote ont été salués. Israël a indiqué que l’élection d’un Iranien à la tête d’une instance influente aurait limité la capacité d’Israël à y prendre des décisions.

« Les efforts de l’Occident, notamment de la part des États-Unis et d’Israël, pour créer une compétition avec l’Iran et pour freiner le contrôle de Téhéran au conseil exécutif, ont eu lieu en coulisses, et se sont révélés être un succès », a déclaré Carmel Shama-Hacohen, ambassadeur d’Israël à l’UNESCO.

« Le futur d’Israël à l’UNESCO est toujours aussi flou, mais d’une manière ou d’une autre, la présidence iranienne au sein d’un organe qui discute et décide de propositions anti-Israël aurait mené à sa radicalisation, en plus de l’impossibilité pour les Américains et les Israéliens d’accéder à la présidence de la commission exécutive », a-t-il ajouté.

Le président du conseil exécutif de l’UNESCO dirige les discussions bi-annuelles de l’instance, s’assure du respect des procédures, octroie les droits à la parole, et décide des points à faire figurer à l’ordre du jour.

Il y a quelques semaines, avant le lancement de la 39e conférence générale de l’UNESCO à Paris, Jérusalem craignait qu’une « troïka islamique » ne s’empare de l’organisation.

« Sous certaines circonstances, une troïka islamique pourrait être créée, ce qui risquerait d’encourager l’organisation à aller vers davantage de politisation anti-Israël », avait déclaré Shama-Hacohen au début de l’année.

À part Jalali, qui devait présider le conseil exécutif, l’ambassadeur du Qatar, Hamd bin Adbulaziz al-Kawari étaient en lice pour le poste de directeur-général de l’UNESCO, mais a été battu par Audrey Azoulay, ancienne ministre de la culture française.

Cependant, un Marocain, Zohour Alaoui, a été élu à l’unanimité président de la 39e session de la Conférence générale de l’UNESCO pour le mandat 2017-2019.

Par ailleurs, le Bahreïn, récemment élu comme état-membre du conseil exécutif, animera la 42e session du Comité du patrimoine mondial, qui aura lieu durant l’été 2018, où la question de la Vieille Ville de Jérusalem et du Tombeau des Patriarches à Hébron sera abordée, sous l’égide de la diplomate Sheikha Haya Rashed al Khalifa.

En octobre, les États-Unis avaient annoncé leur décision de quitter l’UNESCO, invoquant des motifs financiers et le parti-pris anti-Israël de l’organisation. Ce retrait prendra effet en décembre 2018. Jérusalem a immédiatement annoncé qu’il emboîterait le pas aux États-Unis, bien que cette mesure n’ait pas encore été officialisée.

 

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