3ème INTIFADA : un autre regard, une autre motivation !

3ème Intifada? L’économie israélienne aura du mal à tenir le coup.

ANALYSE – Israël souffre déjà d’un ralentissement économique. Un nouveau conflit avec les Palestiniens plongera son économie dans la récession. (Photo : Reuters)

La dégradation sécuritaire est une mauvaise nouvelle pour l’économie israélienne de la fin 2015 ; si une troisième Intifada devait se déclencher, il aurait été préférable qu’elle se produise à un moment où l’économie d’Israël est au meilleure de sa forme ; ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

INTIDAFA ET CRISE ÉCONOMIQUE

Les expériences antérieures (notamment la première et la seconde Intifada) montrent que le conflit israélo-palestinien nuit à l’économie israélienne. Depuis sa création, l’État d’Israël connaît un développement économique qui varie au gré des situations de guerre ou de paix avec ses voisins arabes. C’est ainsi que chacune des deux dernières Intifada (en 1987 et 2000) a plongé l’économie israélienne dans une récession qui durera de trois à quatre ans à chaque fois.

Au moment du déclenchement de la première Intifada en décembre 1987, l’économie connaissait un taux de croissance annuel de 6,1%. Or ce conflit, qui allait durer trois ans, a coûté cher à l’économie israélienne : la croissance du PIB s’est ralentie à 3,6% en 1988 et à seulement 1,4% en 1989.

Même scénario au cours de la seconde Intifada : à son début en 2000, l’économie connaissait un rythme de croissance élevé de 9%. Les quatre années qui s’en sont suivies (2001-2004) ont constitué l’une des périodes de récession les plus longues que le pays ait jamais connues ; l’année d’Intifada la plus noire aura été 2002 durant laquelle Israël a connu une croissance négative de 0,1% et 10% de chômage.

DES CONDITIONS ÉCONOMIQUES DIFFÉRENTES

En 2015, l’état de l’économie israélienne 2015 est fondamentalement différent de celui qui prévalait en 1987 et même en 2000. Israël se trouve déjà dans une phase de ralentissement de son économie : au second trimestre de 2015, l’économie a connu un rythme de croissance de 0,2% seulement, soit une croissance par habitant négative.

Depuis plusieurs trimestres consécutifs, les principaux moteurs de la croissance tournent au ralenti : les exportations sont en baisse, les investissements reculent alors que les dépenses publiques ont été freinées en l’absence d’un budget voté pour l’année en cours. Quant à la locomotive de la consommation privée, qui a longtemps tiré la croissance, elle montre aussi des signes d’essoufflement.

LE SPECTRE DE LA RÉCESSION

L’escalade sécuritaire pourrait donc plonger l’économie israélienne dans une profonde récession en 2016. Le scénario d’une troisième Intifada est connu : le budget de l’État sera détourné vers les dépenses militaires au détriment des investissements civils, l’Israélien cessera de dépenser son argent, le touriste étranger préfèrera passer ses vacances dans un pays plus reposant, les investisseurs limiteront leurs risques, etc.

Conclusion : l’économie israélienne de 2015 ne peut se permettre une nouvelle Intifada. Car un troisième soulèvement palestinien ne serait pas seulement un épisode sécuritaire de plus pour Israël ; ce serait aussi un évènement économique de nature à ébranler les fondements de l’économie israélienne, tout en prélevant un lourd tribut économique et humain.

Jacques Bendelac (Jérusalem)

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