2012 : L’Europe d’après la crise et d’avant l’Apocalypse

 

Livre - 'Crise mondiale - En route pour le monde d'après: La France, l'Europe et le monde dans la décennie 2010-2020', par Franck BiancheriUne analyse intéressante sur le devenir de l’EUROPE, ICI, reprise également par le LEAP 2020 d’après le best-seller de Franck BIANCHERI : “Crise mondiale : en route pour le monde d’après”.

Extrait : “La crise n’est pas seulement la fin du monde d’avant, c’est également une formidable occasion de reconstruire un monde d’après…”

L’auteur annonce : 

     -   une « mutinerie » européenne au sein de l’OTAN pour obtenir la création d’une défense européenne indépendante

     -  la tenue d’un sommet Euro-BRICS pour préparer les futurs agendas du G20, y compris le lancement d’une nouvelle devise mondiale

Sommaire de ce livre : ICI ! Extraits ? Lire la suite…

En route pour l’Europe d’après la crise

En route pour l’Europe d’après la crise

 Anticipations sur l’évolution de l’Europe et de l’Euroland pour la période 2012-2015

 La crise actuelle que traverse la construction européenne est l’une des facettes de la crise systémique globale qui est en train de redessiner toute la carte géopolitique, économique et financière planétaire. Nous sommes entrés en 2011/2012 dans la dernière étape de la « déstructuration » du monde d’avant la crise. Cette étape se caractérise par le « remodelage » des puissances dominantes pour les rendre compatibles avec le monde en émergence, avec le monde d’après la crise.

 

L’UE hypertrophiée qui s’est mise en place à coup d’élargissements successifs sans aucune intégration approfondie (hormis l’Euro) depuis les années 1990 est bien entendu l’une de ses puissances en train d’être « recadrée » par l’Histoire. Dans une crise d’ampleur historique, les fantasmes des uns ou des autres ne tiennent pas longtemps la route face à la contrainte de réalité. Et cette réalité, réaffirmée depuis les années 1990, c’est que sans intégration approfondie, associée à une démocratisation sérieuse, le projet européen manquerait d’une ancre suffisante pour résister aux tempêtes de l’Histoire. La crise actuelle a donc enfin placé le noyau historique de la construction européenne devant ses responsabilités … et l’Histoire n’étant pas mauvaise fille, elle lui a aussi donné la possibilité de les assumer.

 C’est ce processus que nous voyons se dérouler sous nos yeux et que les observateurs non Européens ont bien du mal à déchiffrer. Ce qui n’est pas étonnant puisque même dans l’UE, peu de monde encore se rend compte de l’évolution en cours.

Et je ne mentionne même pas les discours eurosceptiques d’extrême-droite ou d’extrême-gauche qui croient (comme toujours) que l’Histoire va leur servir leurs fantasmes sur un plateau : pourtant l’Histoire, camarade, ça se construit … on ne l’attend pas depuis un salon parisien, berlinois, amsterdamois ou autre.

Ce processus, qui reflète mes anticipations présentées dans mon livre, se déroule ainsi en deux temps, partiellement imbriqués :

  1. d’une part, on constate la déconstruction rapide (2009-2010) de l’UE issue des années 1990, caractérisée par une domination sans partage de la vision britannique-US de l’Europe … à savoir une annexe géo-stratégique de Washington, destinée à étendre la Pax Wall-Streetienne de l’Atlantique à l’Asie centrale. Objectif essentiel assigné à l’UE : s’élargir sans fin pour créer un immense marché. Cette vision est désormais caduque et ses promoteurs sont en pleine déliquescence. Le Royaume-Uni est totalement marginalisé dans le projet européen. Il n’est plus qu’un spectateur critique et s’avère dorénavant incapable d’empêcher l’accélération de l’intégration politique. On l’a vu avec les bonds gigantesques en matière d’intégration de l’Euroland réalisés depuis Mai 2010. Et on va le voir bientôt avec l’amorce d’un nouveau traité pour l’Euroland couplé avec l’accroissement de son intégration économique et fiscale.
  2. D’autre part, on voit la fin d’une génération de politique élus à la tête des pays de l’Euroland avant le début de la crise, et dont beaucoup ont été élus du fait de leur adhésion à la vision WallStreetienne (ou CityLondonienne) du monde et de l’Europe en particulier. Dès 2012, ces dirigeants auront disparu (même le Danemark pourtant hors de l’Euroland vient de « liquider » la majorité droite-extrême droite pro-Atlantiste qui dirigeait ce pays depuis plus d’une décennie). Parallèlement on voit les partis d’opposition, qui ont pu constater, hors de l’urgence du pouvoir, la nature radicale de la crise en cours (tant au niveau mondial qu’en matière d’intégration européenne), se préparer déjà à apporter une nouvelle vision européenne des solutions (les projets communs franco-allemands de Martine Aubry et de Sigmar Gabriel, à propos de la gouvernance de l’Euroland en sont une illustration exemplaire). Bien entendu, il faudra attendre le second semestre 2012 pour que cette dynamique soit initiée ; mais elle est déjà en gestation avancée dans de nombreux cercles du pouvoir au sein de l’Euroland, y compris dans les entourages des dirigeants actuels (même si ces derniers sont trop « grillés » désormais pour initier quoique ce soit d’essentiel).

 Cette intégration de l’Euroland prendra entre 2013 et 2015 notamment les formes suivantes:

. la mise en place d’institutions légères (totalement différentes des machines institutionnelles de l’UE), fondées sur l’utilisation coordonnée des réseaux d’opérateurs nationaux, en matière de relations extérieures, de politiques économiques, de mises en place de services publics européens, etc …

. la distribution géographique de ces micro-institutions dans des lieux hors du triangle Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg (voire le chapitre sur le polycentrisme institutionnel dans mon livre)

. le lancement d’emprunts publics massifs pour reprendre le contrôle des dettes publiques eurolandaises actuellement dans les mains des marchés internationaux

. la mise en place d’une taxation des transactions financières intra-européenne qui s’étendra rapidement aux autres continents via un soutien des BRICS

. une « mutinerie » européenne au sein de l’OTAN pour obtenir la création d’une défense européenne indépendante, engagée dans un partenariat Euro-US

. la tenue d’un sommet Euro-BRICS pour préparer les futurs agendas du G20, y compris le lancement d’une nouvelle devise mondiale

. la création d’un sous-ensemble « Parlement de l’Euroland » au sein du Parlement européen

. la tenue d’un référendum trans-Euroland sur un projet de traité d’intégration de l’Euroland, marquant le début d’une vraie démocratisation de l’Euroland.

 

En lisant ces lignes, certains vont se dire que je prends mes désirs pour des réalités. Pourtant, ce sont les résultats d’analyses objectives qui se contentent d’évaluer les tendances déjà en cours. Combien de personne en 2009 auraient imaginer que l’UE se dote d’un fonds de garantie financière de 700 Milliards€ en seulement un week-end ? Nous sommes et nous serons encore dans les toutes prochaines années au cœur de ce processus de crise pendant lesquels des années « normales » se concentrent en quelques semaines.

Désormais, tout le monde le reconnaît aujourd’hui, l’Europe (et l’Euroland en particulier) est au cœur de cette phase de la crise. Mais là où la plupart des observateurs se trompent (ou essayent de nous tromper), c’est qu’elle n’est pas au cœur de cette phase de la crise parce qu’elle serait le « maillon faible » du monde en transition, mais bien parce qu’elle est la matrice du monde d’après la crise.

C’est l’actuelle sortie de l’Euroland de l’orbite anglo-saxonne (et son refus d’appliquer les recettes préconisées par Wall Street, la City et le FMI), qui est en train de façonner le monde de demain. Si vu de Washington ou Londres, il y a faiblesse, c’est au sens où les Européens n’obéissent plus comme par le passé. Mais c’est un signe de l’effondrement rapide du modèle US-UK, pas de celui de l’Euroland ; bien au contraire puisqu’il se construit sous nos yeux, pendant que l’autre s’effrite jour après jour.

Et les BRICS l’ont bien compris qui ont déjà misé l’avenir sur l’Europe, malgré le matraquage médiatique global qui essaye de les en dissuader : il leur suffit de regarder les variables clés pour comprendre avec qui ils peuvent inventer l’avenir global : taux d’épargne, richesse des ménages, qualité de l’éducation, qualité de la production, qualité de l’environnement, qualité des systèmes sociaux et de santé, aptitude à communiquer/dialoguer avec les différentes parties de la planète, maîtrise des processus multilatéraux, … . Dans tous ces domaines, l’Europe est N°1 et de très loin. Pour le reste, l’histoire de l’URSS a montré l’utilité à long terme d’un arsenal militaire surdimensionné : elle n’est pas nulle … elle est très négative ! Mais Washington, à tort, ne s’intéresse pas à l’Histoire.

 

Il est en effet possible d’éviter le scénario tragique développé dans mon livre. Je rappelle que mon anticipation intègre le fait qu’il existe, entre 2012 et 2016 une fenêtre d’opportunité historique pour aiguiller l’Europe et le monde, soit sur la voie du tragique, soit sur la voie d’un renouveau. Si nous ratons cette opportunité, alors nous serons bloqués pour une décennie au moins dans le pire scénario mondial possible.

 Et l’avenir de l’Europe, comme souvent dans l’Histoire des derniers siècles, est déterminant pour ce scénario mondial. Nous sommes, nous Européens, le facteur qui peut faire basculer l’aiguillage. Pour le pire ou pour le meilleur. Notamment si nous rattrapons les deux décennies perdus en matière d’intégration politique et si parallèlement nous discutons avec les puissances émergentes, au lieu de nous contenter d’être prisonnier d’un conflit d’intérêt croissant entre les Etats-Unis et l’Euroland.

 

Pour conclure cette perspective d’avenir, je voudrais partager avec vous quelques enseignements d’un passé politique européen que j’ai bien connu et dont j’ai été un modeste petit acteur[1] : celui de la renaissance du projet européen du milieu des années 1980. Je constate en effet de nombreuses similitudes entre la nature historique des défis qui se posaient à l’Europe au début des années 1980 et ceux d’aujourd’hui ; même si en apparence ils ont l’air très différents. Il faut toujours se méfier des apparences, surtout dans l’Histoire. Il s’agit de la crise des Euromissiles.

 A la fin des années 1970, l’URSS, censée être au sommet de sa puissance, lance une formidable opération de « finlandisation »[2] de l’Europe de l’Ouest, destinée à « découpler » la défense de l’Europe de l’Ouest des Etats-Unis. Parallèlement au déploiement en 1977 des missiles nucléaires SS20 à courte portée sur les frontières occidentales du Pacte de Varsovie, l’URSS entreprend de réactiver massivement son soutien aux mouvements pacifistes européens. Et dès les années 1980-1982, l’opération semble fonctionner admirablement puisque la tentative de l’OTAN de contrer les SS20 par le déploiement de leurs équivalents, les missiles Pershing, se heurte à une réaction populaire de très grande ampleur en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie, au Royaume-Uni, … . Persuadés que c’est l’OTAN qui déclenche une mesure offensive et donc pouvant conduire à une guerre nucléaire, des millions de gens manifestent contre le projet de l’OTAN[3], répétant partout le slogan « plutôt rouge que mort ». Les dirigeants européens d’alors, à l’image de Valéry Giscard d’Estaing en France et Helmut Schmidt en Allemagne, sont en fin de course et n’ont plus ni la crédibilité, ni l’aptitude politique à affronter avec succès ce défi inattendu.

Ainsi pendant près de trois ans, il a vraiment semblé que l’Europe de l’Ouest allait être finlandisée, (et donc évacuée de l’Histoire). C’est que les livres d’Histoire appelle « la crise des Euromissiles » .. ; déjà il y avait les mots « Euro » et « crise » ensemble !

La France n’était pas concernée par ce déploiement des missiles Pershing, puisqu’elle n’était pas dans l’organisation militaire intégrée de l’OTAN et qu’elle avait sa propre dissuasion nucléaire.

Au tournant des années 1981/1982, de nouveaux dirigeants sont élus en Europe de l’Ouest. Et la plupart comprennent l’importance de ce déploiement des missiles Pershing pour éviter une main mise soviétique diplomatique sur l’ensemble de l’Europe ; mais l’opposition populaire est immense. Pourtant c’est leur détermination, aidée par un coup de maître politique du président français François Mitterrand, récemment élu … et socialiste, qui va faire basculer l’Histoire contre toute attente. Il tient en Janvier 1983 au Bundestag un vibrant plaidoyer pour le déploiement des missiles Pershing. L’impact de ce discours est très fort puisqu’il émane d’un Président français (donc peu suspect de pro-Américanisme[4]), qui plus est socialiste ! Il marque un tournant dans la crise des Euromissiles car Helmut Kohl, élu deux mois plus tard nouveau chancelier fédéral, saisit la balle au bond et impose le déploiement des missiles US sur le territoire allemand. Margaret Thatcher arrivée au pouvoir 3 ans plus tôt soutient fermement cette décision. Ruud Lubbers qui a pris la tête des Pays-Bas en 1982 s’engage dans la même direction. C’est le début de la décrue rapide partout en Europe de l’Ouest du mouvant pacifiste opposé à cette politique ; et surtout c’est l’échec de ce que qu’on reconnaîtra six années plus tard à peine comme l’ultime tentative d’une URSS déjà moribonde (mais que l’Occident croyait invincible) pour gagner la partie d’échec Est-Ouest qui durait depuis 1949.

L’arrivée de nouveaux dirigeants en Europe de l’Ouest, autour du noyau Mitterrand-Kohl, dynamisée par la résolution de cette crise des Euro-missiles, transforme ainsi une possible terrible défaite européenne en ce qu’on peut appeler la « première renaissance du projet européen » puisque dès 1984 et 1985, avec l’Acte unique[5] et la nomination de Jacques Delors à la tête de la Commission, commencent la période qui voit se mettre en place les fondations de l’Europe actuelle (marché unique, Erasmus, monnaie unique, …) ; et qui prépare les conditions d’effondrement du Mur de Berlin en 1989[6].

 

Et si je l’appelle aujourd’hui « première renaissance européenne », c’est que j’anticipe une «deuxième renaissance européenne » autour de l’Euroland à partir du second semestre 2012. La même configuration socio-politique est à l’oeuvre :

. une crise majeure mettant en jeu l’avenir même du projet européen

. un prochain renouvellement des dirigeants des principaux pays

. des opinions publiques inquiètes et manipulées[7]

. une super-puissance extra-européenne issue du l’après 1945, les Etats-Unis, jouant ses dernières cartes

. l’arrivée des forces générées ces vingt dernières années (notamment les générations Erasmus) pour qui l’Europe est un environnement naturel, tout comme l’eau pour un poisson[8].

 

Il ne s’agit ni de « whisfull thinking », ni d’une certitude absolue sur les détails/modalités. Mais sur la tendance générale, je suis aussi certain de cette anticipation, comme d’ailleurs l’est toute l’équipe de LEAP/E2020, que nous l’étions en Février 2006 en annonçant l’imminence de la crise systémique globale, en Février 2008 en annonçant une crise US majeure pour Septembre 2008, en Mai 2010 en déclarant que l’Euroland venait de prendre le contrôle du projet européen et que la crise de l’Euro allait relancer la construction européenne et en Novembre 2010 en écrivant que le second semestre 2011 allait voir le grand retour de la crise.

 

 

[1] J’ai décidé de mettre en ligne en accès livre le livre que j’ai écrit en 1995 intitulé « L’émergence des Eurocitoyens ». Depuis cette date, il circule sous forme papier ou mal scanné dans le milieu étudiant européen. Il a été rescanné en format PDF de meilleure qualité et est accessible désormais à cette adresse. Il décrit, via l’aventure de la création et des premières années de développement du premier grand réseau étudiant européen AEGEE-EUROPE, le contexte européen autour de la période 1984-1988. Première renaissance du projet européen, conditions de l’adoption d’ERASMUS, conseils et exemples concrets pour construire et gérer de grands réseaux et projets européens étudiants, … son contenu raconte l’histoire des pionniers de ces 2 millions de représentants désormais des « générations Erasmus ». A un moment où la jeunesse du continent semble vouloir se faire entendre politiquement, ça peut toujours servir. Et c’est un rappel nécessaire à mon sens que lorsque la jeunesse ne se reconnaît plus dans le présent ou l’avenir que les générations précédentes lui proposent, alors, plutôt que de s’indigner, elle doit remonter ses manches et commencer à ouvrir la route vers l’avenir auquel elle aspire. Si ce petit livre a une valeur de témoignage, alors ce serait celui-ci : une poignée de jeunes gens de 25 ans déterminées peuvent contribuer à orienter l’histoire d’un continent et l’avenir de millions de jeunes après eux! C’était vrai hier. C’est toujours vrai aujourd’hui! Pour télécharger gratuitement le livre, cliquer ici .

[2] La finlandisation décrivait à l’époque le fait d’être un pays totalement neutralisé géopolitiquement à l’image de la Finlande d’après 1945. Nul doute que les « True Finns » doivent regretter cette époque où leur pays ne pouvait pas lever le petit doigt sans que l’URSS soit d’accord … car c’est ce qu’a été la réalité de la Finlande jusqu’à son entrée dans l’UE après la Chute du Rideau de Fer.

[3] Le point d’orgue a été une chaîne humaine traversant l’Allemagne du Nord au Sud.

[4] Une tradition trahie sans mandat démocratique, ni annonce préalable à son élection, par l’actuel président français Nicolas Sarkozy.

[5] Nouveau traité européen

[6] J’insiste sur ce point-là car j’ai toujours estimé qu’il y avait trois causes fondamentales, et d’importance équivalente, à l’effondrement de l’empire soviétique : 1. l’inefficacité structurelle de l’URSS et de son modèle socio-éco-politique ; 2. la course aux armements avec les Etats-Unis qui a draîné son économie déjà bien mal-portante ; 3. la renaissance du projet européen au milieu des années 1980 qui a créé un attracteur irrésistible pour toute l’Europe centrale et orientale et mis fin à l’espoir d’une « neutralisation » de l’Ouest du continent. Ce dernier point a notamment joué le rôle essentiel dans la dynamique politique des pays de l’Est, qui aboutira aux rejets populaires des régimes communistes au cours de l’année 1989. La lecture dominante de la fin de l’empire soviétique par la seule politique reaganienne est une vision uniquement américano-centrée de cette période de l’Histoire européenne.

[7] Les mouvements nationalistes actuels, assistés de la formidable manipulation des médias US-UK sur la crise grecque et l’Euro sont les « petits-frères » des mouvements pacifistes, relayés par la presse pro-URSS de l’époque.

[8] Un poisson ne se demande jamais s’il aime l’eau ou pas. C’est ce que les babyboomers eurosceptiques ne parviennent pas à comprendre.

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