Les effets collatéraux et réactions au Plan de paix US de Trump

Le plan Trump pourrait bien s’avérer « historique » – pour les mauvaises raisons : “L’accord du siècle” a uni les Palestiniens dans l’opposition, et si Israël annexe le territoire de Cisjordanie, il pourrait être considéré comme le déclencheur d’une 3e Intifada

Avi Issacharoff
Des manifestants palestiniens brûlent des pneus pour protester contre la proposition de paix du président américain Donald Trump, le 28 janvier 2020, à l'entrée de la ville de Ramallah, en Cisjordanie. près de l'implantation juive de Beit El. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Des manifestants palestiniens brûlent des pneus pour protester contre la proposition de paix du président américain Donald Trump, le 28 janvier 2020, à l’entrée de la ville de Ramallah, en Cisjordanie. près de l’implantation juive de Beit El. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

« L’accord du siècle » est un plan fantastique – qui aborde toutes les questions centrales du conflit israélo-palestinien.

L’équipe américano-israélienne qui l’a rédigé n’a négligé aucun détail. Les réfugiés palestiniens et leurs descendants pourront retourner dans leur pays, la Palestine, après la création de l’État. Jérusalem-Est (pardon, trois villages palestiniens à l’extérieur de la barrière de sécurité) sera la capitale de l’État palestinien et la Palestine vivra heureuse pour toujours – démilitarisée, démocratique et reconnaissant Israël comme un État juif qui dirige environ 70 % de la Cisjordanie. Même le Hamas renoncera à ses armes.

C’est parce que, malheureusement, l’autre partie, avec laquelle l’État d’Israël est censé faire la paix, ces « autres » appelés les Palestiniens, rejettent catégoriquement ce plan. Ce n’est pas seulement le Hamas. Tout le monde refuse d’accepter ne serait-ce qu’une seule clause.

Et pourtant, les grands pontes de droite et les responsables politiques de droite (y compris les pontes qui s’efforcent d’être des responsables politiques) qualifient ce plan d’historique. Ils affirment que les Palestiniens n’auraient jamais accepté un autre plan de paix, leur position n’est donc pas pertinente. Regardez, disent-ils, les Palestiniens ont rejeté le plan de partage de l’ONU en 1947, les accords d’Oslo en 1993, la proposition de Camp David en 2000, la proposition d’Olmert en 2008.

Mais cet argument comporte deux petits problèmes : d’abord, il faut être deux pour danser le tango, et si le plan de « paix » n’est pas pertinent pour une des parties, que pouvons-nous en faire exactement, à part le jeter dans la poubelle de l’histoire ?

Deuxièmement, même si nous supposons qu’ils ont raison et que les Palestiniens ont effectivement rejeté toutes ces offres – pourquoi était-il si urgent de faire une autre proposition, pire que les autres, d’un point de vue palestinien, à ce moment-là ?

C’est ici que nous trouvons la véritable réponse concernant le plan Trump : il est destiné à attirer l’attention du public en Israël, en la détournant par tous les moyens possibles des affaires de corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu à la veille des élections israéliennes, et à donner au président Donald Trump quelques points en cette année électorale américaine.

Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour deviner ce qui se passera si un candidat démocrate remporte les élections présidentielles de novembre. Et ce n’est pas un scénario imaginaire.

Le plan de Trump a créé une sorte de consensus parmi les Palestiniens. Une délégation du Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ira rencontrer des membres importants de son rival de longue date, le groupe terroriste du Hamas, dans la bande de Gaza. Le chef du Politburo du Hamas, Ismail Haniyeh, s’est entretenu au téléphone avec Abbas, et une fois de plus, il est question d’unité.

Pour l’instant, il semble que les Palestiniens ne se soient pas mobilisés en masse, malgré les avertissements des dirigeants de l’Autorité palestinienne. Mais une conférence de presse conjointe Trump-Netanyahu (présentée comme un « sommet ») n’était pas censée provoquer un drame dans les rues palestiniennes à ce moment. La grande question qui reste à régler concerne l’annexion promise des implantations de Cisjordanie et de la vallée du Jourdain, et la manière dont Israël en bénéficiera exactement.

Une décision d’Israël d’annexer des territoires quatre semaines environ avant les élections n’est pas seulement un vol, c’est aussi jouer avec le feu. Elle pourrait déclencher des mesures palestiniennes extrêmes, telles que le gel de la coordination de la sécurité avec Israël, le démantèlement de l’Autorité palestinienne ou la reprise des attaques terroristes.

Les mêmes « experts de droite » diront qu’il s’agit d’un alarmisme hystérique de la part de la gauche et des militaires. Le problème est que ces avertissements sont exprimés non seulement par des officiers supérieurs de l’armée israélienne, mais aussi par les membres du Shin Bet et par tous ceux qui surveillent la situation du côté palestinien.

Les experts de droite refusent de reconnaître la simple vérité, à savoir que la même Autorité palestinienne qu’ils souhaitent démanteler est actuellement responsable de la mise en échec d’un quart ou d’un tiers de toutes les tentatives d’attentats terroristes, y compris contre les résidents d’implantation. Ils refusent de reconnaître que l’Autorité palestinienne a joué un rôle clé dans le fait que la Cisjordanie s’est apaisée ces dernières années et n’a pas explosé en quelque chose ressemblant à une troisième Intifada.

Si l’Autorité palestinienne devait mettre fin à la coordination sécuritaire, permettre aux membres du groupe terroriste Tanzim du Fatah de descendre dans les rues, voire se démanteler, le plan Trump pourrait bien devenir un événement historique après tout – un événement qui restera dans les mémoires comme l’une des causes d’un déchaînement de violence ressemblant à la première et à la deuxième Intifada.

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Réactions au plan de paix de l’administration Trump

Le plan de Trump se fonde sur une solution “à deux Etats” et accorde des garanties territoriales à Israël au-delà des lignes d’avant 1967

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'annonce du plan de paix de l'administration américaine pour le Proche-Orient, à la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020. (Crédit : MANDEL NGAN / AFP)

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l’annonce du plan de paix de l’administration américaine pour le Proche-Orient, à la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020. (Crédit : MANDEL NGAN / AFP)

Le plan de paix pour le Proche-Orient du président Trump, présenté mardi, a immédiatement été rejeté par les Palestiniens et leurs alliés et accueilli avec circonspection ou de façon positive dans le reste du monde.

Ce plan, favorable à Israël auquel il accorde de nombreuses garanties et notamment un feu vert pour annexer les implantations, « ne passera pas » a rapidement réagi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

« Il est impossible pour n’importe quel enfant, arabe ou palestinien, d’accepter de ne pas avoir Jérusalem » comme capitale d’un État palestinien, a fait savoir le président Abbas pour signifier l’étendue, selon lui, du refus palestinien de voir Jérusalem devenir la capitale « indivisible » d’Israël, comme l’a proposé le président américain.

Le député israélien de la Liste arabe unie, Ahmad Tibi, a déclaré à la Douzième chaîne que l’administration américaine avait tenté mardi d’envoyer le texte de sa proposition de paix à Mahmoud Abbas.

Ramallah a refusé de l’accepter.

Donald Trump avait confirmé avoir envoyé mardi « une lettre » à Abbas, estimant que son plan était « une chance historique » pour les Palestiniens d’obtenir un État indépendant.

« Je lui ai expliqué que le territoire prévu pour son nouvel État resterait ouvert et sans développement » d’implantations israéliennes « pendant une période de quatre ans », a rapporté le président des Etats-Unis.

Cet État sera « d’un seul tenant », a-t-il ajouté.

Il a estimé que son plan « pourrait être la dernière chance » pour les Palestiniens d’obtenir un État indépendant.

Le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a formellement rejeté le plan présenté à la Maison Blanche. « Nous n’accepterons pas de substitut à Jérusalem comme capitale de l’État de Palestine », a déclaré à l’AFP Khalil al-Hayya, un haut responsable du groupe terroriste.

« Aujourd’hui nous disons que nous rejetons ce plan. Nous n’accepterons pas de substitut à Jérusalem comme la capitale de l’État de Palestine », a déclaré à l’AFP Khalil al-Hayya, un haut responsable du mouvement, en référence aux déclarations de M. Trump dont le plan prévoit de faire de Jérusalem la capitale « indivisible » d’Israël, tout en ouvrant la voie à un Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.

Le mouvement terroriste a déclaré que les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza « doivent s’unir pour lutter contre l’occupation », tant sur le terrain, légalement que diplomatiquement.

Khalil al-Hayya, membre du Bureau politique du Hamas, a indiqué que les Palestiniens avaient maintenant besoin « d’une stratégie unifiée… le monde doit voir l’indignation des Palestiniens à propos de l’accord ».

Ce plan « ne passera pas » et pourrait conduire les Palestiniens vers une « nouvelle phase » de leur lutte, avait prévenu le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, avant même l’annonce du président Trump.

En Israël, Ayman Odeh, chef du parti de la Liste arabe unie, déclare que la proposition de paix américaine « est un assassinat ciblé de la solution à deux États ».

Il a déclaré à la Douzième chaîne d’information que « l’important, c’est que les deux peuples et leurs dirigeants s’entendent ici, et non pas que le corrompu Trump et le corrompu Netanyahu siègent à la Maison Blanche et décident pour le peuple ici ».

Odeh a ajouté que la potentielle redéfinition des frontières prévue par le plan de paix américain, transformera inévitablement certaines villes arabes en pans de Palestine.

« C’est l’objectif inévitable du programme raciste de Trump et de Bibi, un feu vert pour révoquer la citoyenneté de centaines de milliers de citoyens arabes palestiniens qui vivent dans le nord d’Israël. »

« Nous sommes à la croisée des chemins. Nous tous – Arabes et Juifs – qui croyons en la démocratie et en la paix devons décider de rester unis et de refuser que ces despotes dépouillent nos frères et sœurs de leur citoyenneté ».

Son collègue Yousef Jabareen a ajouté que le président américain est devenu un serviteur des caprices de Netanyahu, qualifiant Trump de « président du Likud – branche de la Maison Blanche ».

Pour le groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, cette proposition n’est qu’une « tentative d’éliminer les droits du peuple palestinien, historiques et légitimes ».

Ce « marché de la honte », comme l’appelle le Hezbollah, « n’aurait pas pu se faire sans la complicité et la trahison d’un certain nombre de régimes arabes », a asséné le puissant mouvement pro-iranien dans un communiqué.

L’Iran a jugé que « le plan de paix de la honte imposé par l’Amérique aux Palestiniens est la trahison du siècle et est voué à l’échec ».

« Le plan de paix de la honte imposé par l’Amérique aux Palestiniens est la trahison du siècle et est voué à l’échec », écrit le ministère des Affaires étrangères iranien dans un communiqué.

La Ligue arabe a fustigé mercredi le plan américain censé mettre un terme au long conflit israélo-palestinien, dénonçant « une grande violation des droits légitimes des Palestiniens ».

Annoncé mardi à Washington par le président américain Donald Trump en présence du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ce plan accorde des concessions à Israël. Il a été rejeté avec véhémence par les Palestiniens.

« Nous étudions minutieusement la perspective américaine, et sommes ouverts à tous les efforts sérieux en faveur de la paix », a réagi mercredi le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit.

Dans un communiqué du siège de la Ligue arabe au Caire, il a jugé toutefois qu’ »une lecture préliminaire du plan montre une importante violation des droits légitimes des Palestiniens ».

Une paix juste et durable ne pourra être atteinte en « ignorant ou en légitimant l’occupation israélienne depuis 1967 », a-t-il souligné.

Le plan « reflète une position américaine non-contraignante », a-t-il encore dit, estimant que seule sa conformité avec le droit international « permettrait d’évaluer sa pertinence ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié mercredi d’ »absolument inacceptable » le projet de paix américain pour le Moyen-Orient dévoilé la veille par Donald Trump qui présente notamment Jérusalem comme la « capitale indivisible d’Israël ».

« Jérusalem est sacrée pour les musulmans. Le plan visant à donner Jérusalem à Israël est absolument inacceptable », a déclaré Erdogan, cité par l’agence de presse étatique Anadolu. « C’est un plan visant à légitimer l’occupation israélienne », a-t-il ajouté.

Pour le ministère turc des Affaires étrangères, ce projet « mort-né » est un « plan d’occupation visant à tuer une solution à deux Etats et à extorquer des territoires palestiniens ».

« Le prétendu plan de paix des Etats-Unis est mort-né », a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

« C’est un plan d’occupation visant à tuer une solution à deux Etats et à extorquer des territoires palestiniens », a-t-il ajouté.

La Jordanie a estimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, que l’établissement d’un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 restait « la seule voie pour une paix globale et durable ».

Amman recherche « une paix véritable, juste, sur la base d’une solution à deux Etats mettant un terme à l’occupation ayant débuté en 1967, préservant les droits du peuple palestinien et garantissant la sécurité de toutes les parties », ajoute le ministre des Affaires étrangères, Aymane Safadi, dans un communiqué.

Les Emirats arabes unis, saluant une « initiative sérieuse », ont indiqué que le plan de Trump était « un important point de départ pour un retour à la table des négociations »

« Les Emirats arabes unis apprécient les efforts persistants des Etats-Unis pour parvenir à un accord de paix palestino-israélien », a déclaré leur ambassadeur à Washington Youssef al-Otaïba dans un communiqué diffusé sur Twitter.

Le diplomate émirati était, avec ses homologues d’Oman et de Bahreïn, un des représentants de pays arabes présent lorsque le président américain a dévoilé son plan à la Maison Blanche, en l’absence des Palestiniens.

Le plan du président Trump se fonde sur une solution « à deux Etats » mais accorde nombre de garanties territoriales à Israël, bien au-delà des frontières existantes au moment de la guerre des Six Jours de 1967.

L ‘Egypte a adopté une position prudente, se contentant d’appeler Israéliens et Palestiniens à un examen « attentif » et « approfondi » du plan.

« L’Egypte appelle les deux parties concernées à un examen attentif et approfondi de la vision américaine (…) et à ouvrir des voies de dialogue, sous les auspices des Etats-Unis, pour une reprise des négociations », afin de parvenir à « une paix juste et globale » et « à l’établissement d’un Etat palestinien indépendant », a indiqué Le Caire dans un communiqué.

Parmi les alliés des Etats-Unis, Londres était mardi soir le plus positif, qualifiant le plan de « proposition sérieuse » qui « pourrait constituer une avancée positive ».

Le plan présenté est « une proposition sérieuse », a estimé pour sa part  le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab.

« Il s’agit clairement d’une proposition sérieuse » ayant nécessité « beaucoup de temps et d’efforts », a déclaré le chef de la diplomatie dans un communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères allemand a réagi avec précaution au plan de paix pour le Moyen-Orient annoncé par le président américain Donald Trump, indiquant qu’il soulevait des questions qui doivent être traitées.

Heiko Maas a déclaré dans un communiqué que « seule une solution à deux Etats négociée, acceptable pour les deux parties peut conduire à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens ».

Il a ajouté que « sur cette base, il faut féliciter toute impulsion visant à relancer le processus de paix au Moyen-Orient, qui reste depuis longtemps dans l’impasse ».

Maas a ajouté que la proposition américaine « soulève des questions » que l’Allemagne étudiera avec ses partenaires européens. Ces questions, dit-il, comprennent l’implication des deux parties dans le processus de négociation et « sa relation avec les paramètres internationaux reconnus et les positions juridiques. »

L’Arabie saoudite a dit « apprécier » les efforts de Donald Trump. Tout désaccord avec le plan américain doit être résolu par la négociation « de manière à faire avancer le processus de paix afin de parvenir à un accord qui consacre les droits légitimes du peuple palestinien », a affirmé le ministère saoudien des Affaires étrangères. Lors d’un entretien téléphonique avec M. Abbas, le roi Salmane a quant à lui exprimé son soutien « inébranlable » aux Palestiniens.

L’ambassadrice d’Oman aux États-Unis, Hunaina Al-Mughairy, a répondu : « nous n’avons pas encore vu le plan ».

Elle a souligné la bienveillance de son pays envers Israël et le fait que le dirigeant défunt de l’État du Golfe a accueilli Netanyahu à Mascate.

Le chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borrell s’est contenté d’indiquer que l’EU allait « étudier et évaluer les propositions avancées », tout en réaffirmant son engagement « ferme » en faveur d’ »une solution négociée et viable à deux Etats ».

Cette formule de « solution négociée et viable à deux Etats, acceptable par les deux parties » a été reprise par le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

La Russie a pour sa part prôné des « négociations directes » entre Israélien et Palestiniens, afin de parvenir à un « compromis mutuellement acceptable ».

« Il faut entamer des négociations directes pour aboutir à un compromis mutuellement acceptable. Nous ne savons pas si la proposition américaine est mutuellement acceptable ou non. Nous devons attendre la réaction des parties », a déclaré aux agences russes le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.

A New York, le porte-parole des Nations Unies a rappelé que l’organisation internationale s’en tenait aux frontières définies en 1967.

« La position des Nations unies sur la solution à deux Etats a été définie à travers les ans par des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale auxquelles est tenu le secrétariat » de l’ONU, a précisé Stéphane Dujarric dans un communiqué.

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Le chef de la diplomatie émiratie tweete sur les relations avec Israël

Netanyahu dit que “l’heure de la normalisation et de la paix est venue” en retweetant Abdullah Al Nahyan vers un article sur “l’alliance arabo-israélienne qui prend forme”

Le ministre émirati des Affaires étrangères Abdullah bin Zayed Al Nahyan lors d'une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis avec le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, à Abou Dhabi, Émirats arabes unis, le mardi 4 juillet 2017. (AP Photo/Jon Gambrell)

Le ministre émirati des Affaires étrangères Abdullah bin Zayed Al Nahyan lors d’une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis avec le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, à Abou Dhabi, Émirats arabes unis, le mardi 4 juillet 2017. (AP Photo/Jon Gambrell)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré samedi soir qu’il se félicitait du réchauffement des liens entre Israël et les pays arabes de la région, après que le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis (EAU) a tweeté un lien vers un article de presse consacré à ce sujet.

« Je me félicite des relations plus étroites entre Israël et de nombreux États arabes. Le temps est venu de la normalisation et de la paix », a tweeté Netanyahu.

Plus tôt, Abdullah bin Zayed Al Nahyan des EAU a tweeté un lien vers un article paru dans le Spectator du Royaume-Uni, intitulé : « La réforme de l’islam : une alliance arabo-israélienne prend forme au Moyen Orient », [Islam’s reformation: an Arab-Israeli alliance is taking shape in the Middle East].

Le reportage traitait de l’évolution du paysage géopolitique au Moyen Orient et de la prise de conscience par de nombreuses personnalités arabes qu’Israël pourrait être un allié important contre l’islamisme et l’expansionnisme de l’Iran dans la région, ainsi qu’un partenaire potentiel pour le commerce et la sécurité.

Jérusalem aurait développé des liens secrets avec de nombreux pays arabes au cours des dernières années en raison de l’opposition commune de ces pays envers l’Iran et de la nécessité de contrer le jihadisme.

Des responsables israéliens se sont rendus officiellement dans plusieurs de ces pays récemment.

En octobre 2018, Netanyahu a ainsi été accueilli à Oman par le sultan Qaboos bin Said, qui dirige le pays depuis longtemps. Le même mois, la ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, s’est rendue à Abou Dhabi pour le tournoi de judo du Grand Chelem d’Abou Dhabi, où l’hymne national d’Israël a été joué pour la première fois dans la péninsule arabique après la victoire en or du judoka israélien Sagi Muki dans la catégorie des moins de 81 kg.

Israël a également été invité à participer à l’Expo 2020 dans la ville émiratie de Dubaï.

En juin, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn a déclaré au Times of Israel que son pays souhaitait la paix avec l’État juif.

En octobre, le ministre des Affaires étrangères Israel Katz a déclaré qu’il mettait en place des traités de non-agression avec plusieurs pays arabes du Golfe, une démarche « historique » qui, selon lui, pourrait mettre fin au conflit entre Jérusalem et ces États.

« C’est un geste historique qui mettra fin au conflit et permettra une coopération civile jusqu’à la signature des accords de paix », avait-il affirmé.

Cependant, les dirigeants arabes ont également indiqué qu’une véritable normalisation ne peut avoir lieu tant que le conflit israélo-palestinien n’est pas résolu.

Al Nahyan, un haut diplomate des EAU, a été vu dans un clip d’une conférence plus tôt cette année défendant le droit d’Israël d’attaquer des cibles iraniennes en Syrie afin d’empêcher la République islamique de se retrancher le long de la frontière.

 

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