ISRAËL : une coallition improbable de 8 partis pour un gouvernement de changement ?

Après une très longue journée, le leader centriste de Yesh Atid, Yair Lapid, vient d’informer le président Reuven Rivlin qu’il a réussi à former un gouvernement, mettant potentiellement fin au règne de Benjamin Netanyahu à la tête d’Israël depuis douze ans – et quatorze en tout.

Le président de la Knesset Yariv Levin a officiellement informé la Knesset que le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid était en mesure de former un gouvernement. Mais Levin, qui est membre du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyauh, n’a pas précisé quand aura lieu le vote pour la prestation de serment. La procédure aura lieu au plus tard le 14 juin.

La nouvelle coalition, composée de huit partis, dont Yamina – son chef Naftali Bennett sera Premier ministre pendant les deux premières années – semble avoir le soutien de 61 sur 120 membres de la Knesset.La coalition de huit partis qui vise à remplacer Netanyahu devrait probablement parvenir à obtenir la majorité nécessaire lors d’un vote de confiance à la Knesset qui pourrait se tenir le 9 ou le 14 juin. Selon des reportages diffusés vendredi à la télévision, les membres du « bloc du changement », qui est dirigé par le Premier ministre désigné Bennett et par le dirigeant de Yesh Atid, Yair Lapid, estiment que la prestation de serment du nouveau gouvernement aura bien lieu.

La coalition Bennett-Lapid représente 61 députés à la Knesset, forte de 120 membres, ce qui implique qu’une seule défection pourrait l’empêcher de gagner le vote de confiance nécessaire pour prendre le pouvoir : Yesh Atid (17 sièges), Kakhol lavan (8), Yisrael Beytenu (7), le parti Travailliste (7), Yamina (6 de ses 7 parlementaires), Tikva Hadasha (6), Meretz (6) et Raam (4).

Après l’annonce de la création de la nouvelle coalition par le centriste Yair Lapid, le parti islamiste Raam a indiqué que « le bloc du changement » avait accepté d’allouer plus de 53 milliards de shekels de budgets et de plans de développement pour la société arabe. Selon un communiqué du parti musulman dirigé par Mansour Abbas, Naftali Bennett, chef de Yamina, et Lapid ont promis 30 milliards de shekels sur cinq ans pour stimuler l’économie, et 2,5 millions de shekels supplémentaires pour lutter contre la violence et le crime organisé au sein de la société arabe. 20 millions de shekels supplémentaires seront investis au cours des 10 prochaines années pour réparer les infrastructures en ruine dans les villes et villages arabes, a déclaré Raam.

Trois villages bédouins non reconnus – Abda, Khashm al-Zena et Rakhma – devraient être légalisés dans une décision du gouvernement, selon Raam.

Levin informe la Knesset que Lapid a une coalition mais n’annonce pas de vote

Le président de la Knesset, membre du Likud, semble vouloir faire gagner du temps à Netanyahu et à son bloc de droite pour contrecarrer les efforts du “gouvernement du changement”

Le président de la Knesset, Yariv Levin, annule un vote appelant à une enquête sur l'affaire des sous-marins, le 21 octobre 2020. (Shmulik Grossman / Knesset)

Le président de la Knesset, Yariv Levin, annule un vote appelant à une enquête sur l’affaire des sous-marins, le 21 octobre 2020. (Shmulik Grossman / Knesset)

Le président de la Knesset Yariv Levin a officiellement informé la Knesset que le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid était en mesure de former un gouvernement.

Mais Levin, qui est membre du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyauh, n’a pas précisé quand aura lieu le vote pour la prestation de serment.

La procédure aura lieu au plus tard le 14 juin.

Levin semble vouloir faire gagner du temps à Netanyahu et à son bloc de droite pour contrecarrer les efforts du « gouvernement du changement », dont les membres potentiels ont appelé à la tenue rapide d’un vote.

La nouvelle coalition, composée de huit partis, dont Yamina – son chef Naftali Bennett sera Premier ministre pendant les deux premières années – semble avoir le soutien de 61 sur 120 membres de la Knesset.

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, s’est dit lundi confiant que le « gouvernement du changement » proposé perdurerait s’il venait à être investi, tout en tendant la main aux partisans du Premier ministre Netanyahu.

« Ce gouvernement est formé parce qu’il représente la majorité. Il y a eu des élections, nous avons une majorité, nous formons un gouvernement. C’est la démocratie, c’est sa force, c’est le choix qu’Israël a fait », a déclaré Lapid lors d’une réunion de faction à la Knesset.

S’adressant aux partisans du Premier ministre Netanyahu et des autres partis de son bloc religieux de droite, Lapid a dit savoir que pour beaucoup d’entre eux, le nouveau gouvernement potentiel est une « crise ».

« Mais vous allez découvrir que ce gouvernement n’est pas créé contre vous. Il travaillera pour vous, il vous respectera, ce sera aussi votre gouvernement. Ce sera aussi le gouvernement de ceux qui ont voté pour le Likud, pour Shas, pour Yahadout HaTorah et le parti Sioniste religieux. Ils découvriront que nous serons justes envers eux, que nous respecterons leurs croyances et leurs opinions, que nous serons à l’écoute de leurs besoins ».

Il exhorte également ceux qui sont en faveur du gouvernement proposé à ne pas provoquer ceux qui s’y sont opposés.

« Je sais que vous avez attendu longtemps et que c’est votre succès, mais il y a beaucoup de gens en Israël qui sont inquiets de ce gouvernement. Nous devons leur tendre la main et faire baisser les tensions. Nous n’avons pas besoin de célébrer notre victoire sur la place publique en criant que nous avons gagné. C’est le moment d’unir la société israélienne. Ils ne sont pas nos ennemis », a-t-il souligné.

Lapid a fait allusion aux récents discours politiques en Israël et s’en est pris à un groupe de rabbins qui ont appelé leurs fidèles à « tout faire » pour empêcher la formation du nouveau gouvernement.

« Nous ne choisissons pas le judaïsme des rabbins extrémistes qui se mêlent au jeu politique et incitent à la discorde. Nous choisissons un judaïsme qui nous exhorte à choisir la vie », a prévenu le dirigeant de Yesh Atid.

Il a dit aussi avoir « échoué » à limiter le nombre de ministres qui feront partie du gouvernement. « C’est en partie ce qui nous a permis de former un gouvernement », a-t-il défendu.

En termes de postes ministériels de premier plan, en vertu des accords de coalition qui se dessinent, Lapid occupera le poste de ministre des Affaires étrangères au cours des deux premières années du gouvernement, le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, restera ministre de la Défense et le Trésor sera confié au chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman. Le leader de Tikva Hadasha, Gideon Saar, sera ministre de la Justice, tandis qu’Ayelet Shaked, de Yamina, sera ministre de l’Intérieur. La travailliste Merav Michaeli a reçu le portefeuille des Transports et son collègue Omer Barlev sera ministre de la Sécurité intérieure. Le leader du parti Meretz, Nitzan Horowitz, sera nommé ministre de la Santé, tandis que sa collègue Tamar Zandberg sera ministre de la Protection de l’environnement.

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L’accord qu’a conclu le parti islamiste Raam pour entrer dans la coalition

Plus de 53 milliards de shekels alloués pour la société arabe israélienne; Trois villages bédouins non reconnus devraient être légalisés

Mansour Abbas du parti Raam lors d'une conférence de presse après une réunion avec le président Reuven Rivlin à la résidence du président de Jérusalem, le 16 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Mansour Abbas du parti Raam lors d’une conférence de presse après une réunion avec le président Reuven Rivlin à la résidence du président de Jérusalem, le 16 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Après l’annonce de la création de la nouvelle coalition par le centriste Yair Lapid, le parti islamiste Raam a indiqué que « le bloc du changement » avait accepté d’allouer plus de 53 milliards de shekels de budgets et de plans de développement pour la société arabe.

Selon un communiqué du parti musulman dirigé par Mansour Abbas, Naftali Bennett, chef de Yamina, et Lapid ont promis 30 milliards de shekels sur cinq ans pour stimuler l’économie, et 2,5 millions de shekels supplémentaires pour lutter contre la violence et le crime organisé au sein de la société arabe.

20 millions de shekels supplémentaires seront investis au cours des 10 prochaines années pour réparer les infrastructures en ruine dans les villes et villages arabes, a déclaré Raam.

Trois villages bédouins non reconnus – Abda, Khashm al-Zena et Rakhma – devraient être légalisés dans une décision du gouvernement, selon Raam.

Quant à la loi controversée de Kaminitz de 2017 ciblant les constructions arabes illégales, Raam dit qu’il y aura des discussions sur sa modification au cours des six prochains mois. En attendant, une décision déjà en place consistant à geler certaines parties de la loi sera prolongée jusqu’en 2024.

Certains dans le camp de Benjamin Netanyahu étaient sceptiques quant à la concrétisation des promesses du bloc du changement à Raam.

« Tout cela n’est que discours creux. C’est des mensonges. Qu’ont-ils obtenu ? Juste des jeux politiques », bouillonne la députée du Likud Fateen Mulla lors d’un appel téléphonique avec le Times of Israel.

Après une très longue journée, le leader centriste de Yesh Atid, Yair Lapid, vient d’informer le président Reuven Rivlin qu’il a réussi à former un gouvernement, mettant potentiellement fin au règne de Benjamin Netanyahu à la tête d’Israël depuis douze ans – et quatorze en tout.

Cependant, des difficultés persisteraient, notamment avec le député Yamina, Nir Orbach, qui menace de voter contre le gouvernement. Les partis de cette nouvelle coalition ont besoin de chaque vote pour obtenir l’approbation de la la Knesset.

Certains membres de la Liste arabe unie pourraient aider la coalition à faire passer le vote à la Knesset.

La dernière fois qu’un parti arabe israélien avait soutenu – sans toutefois y participer – un gouvernement remonte à 1992 à l’époque du « gouvernement de la paix » de Yitzhak Rabin.

« Ce gouvernement sera au service de tous les citoyens d’Israël incluant ceux qui n’en sont pas membres, respectera ceux qui s’y opposent, et fera tout en son pouvoir pour unir les différentes composantes de la société israélienne », a déclaré M. Lapid au président Rivlin, selon le communiqué.

Une source de Yesh Atid avait déclaré mercredi à la Douzième chaîne que l’accord de coalition conclu avec le parti islamiste Raam « profitera au public arabe, sans les rêves irresponsables que Netanyahu lui a promis. Il n’y a pas d’éléments nationalistes, seulement le bien de la population – éducation, infrastructure, santé, application de la loi et plus encore. »

« J’ai signé un accord avec (le centriste) Yaïr Lapid (…) après que nous sommes parvenus à un nombre important d’accords sur différents sujets qui servent les intérêts de la société arabe », avait dit Abbas de son côté dans une déclaration télévisée.

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Réformes judiciaires, postes ministériels : les dessous des accords de coalition

Les accords émergents donnent l’image d’une mosaïque d’arrangements politiques visant à satisfaire les idéologies diverses et parfois conflictuelles au sein de la coalition

Montage des dirigeants des huit partis qui forment le "gouvernement du changement" que le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, a annoncé qu'il pourrait former le 2 juin 2021. (Crédit : Flash90)

Montage des dirigeants des huit partis qui forment le “gouvernement du changement” que le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, a annoncé qu’il pourrait former le 2 juin 2021. (Crédit : Flash90)

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, a donc informé mercredi le président Reuven Rivlin qu’il était parvenu à former un gouvernement dans lequel lui et le chef de Yamina, Naftali Bennett, se relaieront en tant que Premier ministre, à la tête d’une coalition de partis du centre, de gauche et de droite, ainsi que du parti islamiste Raam.

Avant la prestation de serment du nouveau gouvernement, Lapid doit, selon la loi, présenter au public les accords de coalition signés entre les différents partis de sa coalition hétéroclite. Il ne l’a pas encore fait, et les accords ne sont pas encore finalisés, mais la plupart des questions ont fait l’objet d’un accord.

Les déclarations générales annonçant les accords, les affirmations de divers législateurs sur les résultats des négociations et les multiples reportages sur les accords émergents donnent l’image d’une mosaïque d’arrangements politiques visant à satisfaire les idéologies diverses et parfois conflictuelles au sein de la coalition.

Qui a obtenu quoi ?

Selon les termes de la nouvelle coalition, Bennett sera Premier ministre jusqu’en août 2023, date à laquelle Lapid lui succédera jusqu’à la fin du mandat de la Knesset en novembre 2025.

Le gouvernement Lapid-Bennett envisagé est soutenu par huit des 13 partis qui ont remporté des sièges lors des élections du 23 mars, pour un total attendu de 61 voix dans la Knesset de 120 membres : Yesh Atid (17 sièges), Kakhol lavan (8), Yisrael Beytenu (7), Labor (7), Yamina (6 de ses 7 députés), Tikva Hadasha (6), Meretz (6) et Raam (4).

En termes de postes ministériels de premier plan, en vertu des accords de coalition qui se dessinent, Lapid occupera le poste de ministre des Affaires étrangères au cours des deux premières années du gouvernement, le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, restera ministre de la Défense et le Trésor sera confié au chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman. Le leader de Tikva Hadasha, Gideon Saar, sera ministre de la Justice, tandis qu’Ayelet Shaked, de Yamina, sera ministre de l’Intérieur. La travailliste Merav Michaeli a reçu le portefeuille des Transports et son collègue Omer Barlev sera ministre de la Sécurité intérieure. Le leader du parti Meretz, Nitzan Horowitz, sera nommé ministre de la Santé, tandis que sa collègue Tamar Zandberg sera ministre de la Protection de l’environnement.

Yesh Atid commencera avec quatre postes ministériels, et Yamina en obtiendra trois. Tikva Hadasha et Kakhol lavan auront chacun quatre ministères, tandis qu’Yisrael Beytenu, Labor et Meretz en auront chacun trois.

Le cabinet de sécurité de haut niveau comprendrait trois membres de Yamina – Bennett, Shaked et Matan Kahana. Il y aura trois membres de Tikva Hadasha – Sa’ar et Elkin et Yoaz Hendel, ainsi que Liberman de Yisrael Beytenu. Yesh Atid n’aura qu’un seul membre du cabinet de
sécurité : Lapid. Il y aura également deux représentants du parti travailliste – Michaeli et Bar-Lev ; un représentant du parti Kakhol lavan – Gantz ; et un du parti Meretz – Horowitz.

Yamina et Tikva Hadasha

En signant le nouveau gouvernement en dernier, quelques minutes avant que Lapid ne s’entretienne avec Rivlin, les partis de droite Tikva Hadasha et Yamina ont déclaré qu’ils s’étaient mis d’accord avec Yesh Atid sur « une série de réformes et de réalisations socio-économiques ».

Les partis ont déclaré qu’ils étaient parvenus à des accords pour que le prochain gouvernement scinde le poste de procureur général, qui est actuellement le principal conseiller juridique du gouvernement et le chef du ministère public ; qu’il introduise des réformes pour les suspects criminels faisant l’objet d’une enquête ; qu’il transfère la responsabilité de l’éducation de la petite enfance au ministère de l’Education, qui sera contrôlé par Tikva Hadasha ; la création d’une université en Galilée ; la validation de la construction de 300 000 logements à des prix abordables ; la conduite d’une réforme du cannabis et la régulation du marché local de la marijuana ; la mise en place d’un système de supervision pour l’entretien de la zone C de la Cisjordanie, qui est sous le contrôle direct d’Israël.

Yamina a également obtenu une concession clé de la part du centre-gauche au cours des dernières heures des négociations : Shaked sera la représentante de la coalition au sein de la commission des nominations judiciaires pour les deux premières années du gouvernement, à la place de Merav Michaeli, du Parti travailliste, qui occupera ce poste pour les deux dernières années.

Yisrael Beytenu

Le parti Yisrael Beytenu de Liberman, parti laïc convaincu, a déclaré qu’il était parvenu à une série d’accords sur la religion et l’État et sur les directives du gouvernement en la matière.

En outre, un accord a été conclu sur la promotion d’une loi sur les projets nationaux comme « l’un des moteurs de croissance prévus pour l’économie israélienne. »

A LIRE : Une ex-procureur déplore l’échec de l’inculpation de Liberman

Les travaillistes

Bien que le Parti travailliste ait été contraint de céder à Yamina sur la commission de nomination des juges, il en a été largement récompensé.

Le parti présidera la commission du travail, du bien-être et de la santé de la Knesset et la commission de la constitution, du droit et de la justice ; un représentant du parti siégera au comité judiciaire pendant toute la durée du mandat du gouvernement (mais pas en tant que représentant de la coalition) ; un membre du parti sera nommé ministre adjoint, mais on ne sait pas encore de quel ministère ; deux membres du parti siégeront au puissant cabinet de sécurité.

Mariage gay : Meretz promet que la coalition y est favorable ; Raam nuance

Raam

Selon un communiqué du parti musulman dirigé par Mansour Abbas, Naftali Bennett, chef de Yamina, et Lapid ont promis 30 milliards de shekels sur cinq ans pour stimuler l’économie, et 2,5 millions de shekels supplémentaires pour lutter contre la violence et le crime organisé au sein de la société arabe.

20 millions de shekels supplémentaires seront investis au cours des 10 prochaines années pour réparer les infrastructures en ruine dans les villes et villages arabes, a déclaré Raam.

Trois villages bédouins non reconnus – Abda, Khashm al-Zena et Rakhma – devraient être légalisés dans une décision du gouvernement, selon Raam.

Quant à la loi controversée de Kaminitz de 2017 ciblant les constructions arabes illégales, Raam dit qu’il y aura des discussions sur sa modification au cours des six prochains mois. En attendant, une décision déjà en place consistant à geler certaines parties de la loi sera prolongée jusqu’en 2024.

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