23 mars 2021 : les israéliens une 4ème fois aux urnes en moins de 2 ans

Par Albert Soued, écrivain, http://symbole.chez.com pour www.nuitdorient.com

Mon Point de Vue sur la Situation Electorale d’Israël

Pour la quatrième fois en moins de deux ans, les Israéliens éliront leurs députés le 23 mars 2021. Treize listes sont sur les rangs pour obtenir des élus.

Le Parlement israélien ou Knesset compte 120 députés, élus dans un scrutin proportionnel de liste à un tour, avec un seuil minimum (1). Les partis recueillant plus de 3,25% des voix, soit 4 députés ou plus, sont représentés. Ce mode de scrutin rend improbable la formation d’une majorité cohérente et oblige souvent à des alliances instables. Le ” gouvernement d’urgence anti-corona “, installé en mai 2020, s’est défait sur une question de budget.

Les clivages se superposent et rendent toute coalition hétéroclite et difficile à gouverner, droite-gauche, laïcs-religieux, Juifs-Arabes, mais surtout pro ou anti 1er ministre Benyamin Netanyahou. Ce dernier clivage est devenu prépondérant pour des raisons aussi bien de pouvoir que psychiques, telles qu’une ” haine personnelle “. Et ce contexte dépassant les questions économiques, sociales, sécuritaires, religieuses ou sanitaires est unique dans le monde.

Maurice-Ruben Hayoun, écrivain et politologue, pose ainsi la question : ” Comment un petit pays, dont l’existence même est menacée depuis sa naissance, dépense-t- il une telle énergie pour se débarrasser de son leader suprême, au lieu de se concentrer sur de vraies difficultés ?

Il est normal, dans une démocratie, qu’au bout de 10 ans de pouvoir au gouvernement, on veuille changer de 1er ministre, même si ce dernier est méritant.

Le problème, c’est que les moyens utilisés à ce jour pour y parvenir ne sont pas ” une compétence particulière, ni un programme sérieux proposé, ni la bonne équipe pour réaliser ce programme, ni même un charisme politique… ”

Les moyens utilisés ont été :

- le maintien d’un système électoral favorisant les partis et non les électeurs, car dans un système plus directement proportionnel où l’électeur a son mot à dire, le 1er ministre l’emporterait encore plus aisément (2). Or le système électoral actuel est très coûteux (4 élections en 2 ans) et ne permet pas une bonne et stable gouvernance.

- les attaques et persécutions judiciaires, sous des prétextes fallacieux pour la plupart

- les émeutes nocturnes permanentes près des résidences du 1er ministre.

- les insultes et les discours haineux dans les medias

- et aussi, les dissidences périodiques du parti majoritaire Likoud, et la création d’un nouveau parti concurrent par le député de la Knesset qui cherche à remplacer Benjamin Netanyahou ! En 10 ans, on a vu au moins 4 députés le faire, sans aucun résultat tangible, en dehors d’un désordre dans la gouvernance du pays.

Le dernier en date, Gideon Saar, a créé ” Tiqwah H’adasha ” (Nouvel Espoir) qui ne réussit à obtenir que 11/12% des votes prévus à la Knesset, selon divers sondages…

Voici ce que j’ai écrit récemment sur les réseaux sociaux :

” Le départ de Gideon Saar du Likoud et la création d’un nième nouveau parti a eu 3 conséquences :

- poussée vers la droite de la coalition autour du Likoud

- devenu incontournable, le parti Yamina de Bennett est le maître du jeu électoral

- le système électoral affaiblit davantage tout gouvernement, avec la multiplication des partis et la création de majorités hétéroclites ”

Il est grand temps de trouver un député, homme ou femme compétent(e), capable de convaincre et/ou vaincre, et remplacer le 1er ministre actuel, rompu aux affaires politiques intérieures comme internationales, et capable d’entraîner l’adhésion du peuple d’Israël à un programme sérieux, réalisable et accepté.

Mais à l’heure actuelle, en attendant que cet homme ressorte du scrutin électoral israélien, il est patent que Benjamin Netanyahou a fait la preuve de ses capacités politiques et qu’il a réussi à surmonter tous les écueils rencontrés, et à maintenir le pays dans une paix relative. Alors, un peu de décence et de retenue svp !

Notes

(1) Ce mode de scrutin proportionnel à un tour, élisant des partis qui choisissent leurs candidats à la Knesset, et non des individus représentant une circonscription, a été institué bien avant la création de l’état, pour pouvoir tenir compte de toutes les sensibilités politiques de la population.

(2) D’après un nouveau sondage i24News en partenariat avec le quotidien Israel Hayom, à la question, si vous pouviez élire directement le 1er ministre, pour quel candidat voteriez-vous ? 32% ont répondu Benjamin Netanyahou, 14% Yair Lapid, 13% Gideon Saar, 11% Naftali Bennett et 26% aucun.

2 commentaires

  1. étrange corrélation politico-religieuse effectivement. Les choses profanes semblent vouloir faire concurrence aux choses saintes…. pour mieux les étouffer ?

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