Vaccin Covid-19 : 90%, 70%, 50% ou 30% d’efficacité ? Faites vos jeux…..

Aucune garantie qu’un vaccin Covid sera largement efficace, selon un chercheur. “Si nous sommes chanceux, nous aurons un vaccin efficace à 90 %, mais si nous sommes moins chanceux, il pourrait l’être à 30 %”, prévient Cyrille Cohen

Un médecin présente un vaccin prospectif pour la prévention et la lutte contre les infections par coronavirus. (iStock)Alors même que les scientifiques du monde entier s’affairent à mettre au point un vaccin contre la Covid-19, un membre nouvellement nommé du comité national israélien pour les vaccins a averti qu’il n’y a aucune garantie que ceux-ci seront largement efficaces.

« Si nous sommes chanceux, nous aurons un vaccin efficace à 90 %, mais si nous sommes moins chanceux, il pourrait l’être à 30 %, et si nous sommes malchanceux, nous pourrions ne pas avoir de vaccin du tout », a averti Cyrille Cohen, chef du laboratoire d’immunothérapie de l’université Bar Ilan. « Nous ne savons vraiment pas », a-t-il souligné.

Cyrille Cohen, nouveau membre du comité consultatif pour les vaccins contre le coronavirus au ministère de la Santé, a déclaré au Times of Israel qu’Israël est susceptible d’adopter un vaccin même si les taux de protection sont faibles. « Nous prendrons tout ce qu’il y a », a-t-il dit.

Un vaccin peu efficace réduirait l’incidence de la Covid-19, mais ne procurerait pas l’immunité dite collective, que les responsables de la santé recherchent afin de minimiser la menace du virus.

Pour l’immunité collective, un vaccin d’une efficacité d’environ 80 % serait nécessaire, selon M. Cohen, « mais si vous avez des anti-vaccins qui refusent de se faire vacciner, cela réduirait l’efficacité de la protection communautaire ».

Pour surmonter cette éventualité, M. Cohen pense qu’il est possible que les médecins finissent par les administrer deux fois, en donnant le premier vaccin disponible lorsqu’il est prêt, suivi d’un autre vaccin différent lorsqu’il devient disponible.

Il pense que cela souligne l’importance des efforts d’Israël pour fabriquer un vaccin – y compris une récente percée à l’Institut israélien de recherche biologique – alors même que le pays a signé un accord pour en acheter un développé par la société de biotechnologie américaine Moderna.

« Un scénario est que nous allons recevoir le vaccin Moderna et ensuite celui de l’Institut biologique », a-t-il dit, notant qu’il existe déjà des précédents, comme la polio, pour l’administration de deux vaccins contre la même maladie.

Un autre expert israélien, le professeur Yehuda Carmeli, a déclaré au Times of Israel le mois dernier que si un vaccin serait probablement disponible dans un an, « les vaccins sont généralement beaucoup moins efficaces chez les personnes âgées et chez les patients immunodéprimés – et ce sont ces personnes qui ont en fait le plus besoin de protection ». Carmeli, le directeur de l’Institut national israélien pour la résistance aux antibiotiques et le contrôle des infections, a ajouté : « Je ne pense pas que nous serons en mesure de vacciner une partie suffisante de la population pour obtenir une immunité collective juste par le vaccin ».

Des essais de vaccins sont en cours dans différents pays, mais M. Cohen a déclaré lundi qu’il y a encore de nombreuses inconnues.

« Nous ne savons pas grand-chose sur le comportement à long terme du virus », a-t-il déclaré, ajoutant qu’étant donné que les vaccins fonctionnent en induisant des réponses immunitaires dans l’organisme, il y a des incertitudes supplémentaires quant à la durée pendant laquelle cela s’avérera efficace contre le coronavirus.

« Les gens doivent comprendre que pour connaître l’étendue de la nature protectrice d’un vaccin, il faut l’utiliser à grande échelle, à l’échelle d’une population, pendant une longue période », a-t-il souligné.

Certains experts en maladies infectieuses sont plus confiants que M. Cohen. Shlomo L. Maayan, chef de la division des maladies infectieuses au centre médical Barzilai à Ashkelon, a indiqué au Times of Israel que l’efficacité d’un vaccin devrait « idéalement être de 85 % à 90 % », ce qui, selon lui, est une perspective réaliste.

« Si un vaccin est efficace à 40 %, je ne pense pas qu’il sera mis sur le marché du tout », a-t-il commenté.

 

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