USA vs IRAN : la nouvelle guerre du pétrole, qui changerait tout !

Les tensions montent entre les Etats-Unis et l’Iran

Le 19 mai 2019, le président américain, Donald Trump, a directement menacé l’Iran de destruction en cas d’attaque contre des intérêts américains. « Si l’Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l’Iran. Plus jamais de menaces à l’encontre des Etats-Unis », a lancé le président Trump sur Twitter.

Les dirigeants iraniens se préparent à un bras de fer économique, politique et militaire avec Washington, au moment où les États-Unis renforcent leur présence stratégique dans le Golfe persique. 

Le porte-avions USS Abraham Lincoln, à propulsion nucléaire et ses 1600 Marines, est déjà dans les parages. Les sanctions paralysantes contre le régime des Ayatollahs sont toujours en vigueur et sont imposées de plus belle.

D’ores et déjà, le guide suprême Khamenei prépare l’opinion publique à une confrontation permanente non seulement avec les États-Unis, le « Grand Satan », mais surtout dans le domaine économique.

En réalité, la récession frappe tous les secteurs et l’économie continue à se détériorer avec des pénuries croissantes et une flambée des prix de la consommation.

Caricature glorifiant les Houtis, vainqueurs de l’Arabie saoudite au Yémen (photo Tasnim)

Sur l’arène régionale, également, les tensions montent chaque heure. Le 12 mai dernier, des pétroliers saoudiens, norvégiens et des Emirats Arabes Unis ont été sabotés près des côtes de l’émirat de Fujairah dans le golfe d’Oman.

Le 14 mai, les Houthis yéménites soutenus par les Iraniens, ont utilisé sept drones guidés par GPS pour attaquer des stations de pompage du pipeline Aramco, situées en territoire saoudien dans les régions de Dawadmi et Afif. 1

Un rapport de l’ONU soumis au Conseil de sécurité des Nations-unies en janvier 2018 a révélé que les drones Qatef fabriqués par les Houthis avaient une structure et des capacités presque identiques à celles du drone Ababil iranien. 2

L’attaque de l’infrastructure pétrolière d’Aramco met en évidence la menace persistante des Houthis visant des sites vitaux saoudiens et extraterritoriaux vitaux à l’étranger et au large des côtes.

L’oléoduc ciblé a été construit pendant la guerre Iran-Irak comme alternative à l’Arabie saoudite dans le cas du blocus du détroit d’Ormuz.

Les attaques près du port de Fujairah et en territoire saoudien sont symboliques. Les Emirats servent un oléoduc qui contourne le détroit d’Ormuz et prend sa source à Habshan, dans l’Emirat d’Abou Dhabi.

Après l’attaque de drones par les Houthis, l’Agence de Presse Tasnim, affiliée au Gardiens de la Révolution, a publié un dessin humoristique qui glorifie les Houthis vainqueurs de l’Arabie saoudite. 3 Dans cette caricature, on remarque un poignard traditionnel houthi (jambiya) avec une poignée en forme de drone brisant l’épée saoudienne.

Le général Hossein Salami, nouveau chef des Pasdarans (photo irgc)

Les Houthis ont déjà, dans le passé, attaqué l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis avec des drones et des missiles. En juillet 2018, un drone a explosé à l’aéroport d’Abou Dhabi, causant des dégâts mineurs et envoyant un message fort aux Émirats arabes unis. En janvier 2019, un haut responsable des services de renseignement et de hauts responsables ont été tués à la base aérienne d’al-Anad, près d’Aden, par un drone armé qui avait explosé alors qu’ils assistaient à un défilé militaire. 4

Compte tenu des récents incidents survenus à Fujairah et en Arabie saoudite, il est indispensable pour les États-Unis et leurs alliés régionaux de prouver clairement que l’Iran est sans équivoque à l’origine de l’attaque contre les pétroliers saoudiens. Si ces présomptions s’avèrent justes, il est fort probable que les frictions s’accroîtront avec la marine iranienne et une nouvelle escalade serait inévitable. Nul n’en doute, cette situation est la plus dangereuse que la révolution islamique ait jamais connue.

Dans ce contexte explosif, le nouveau chef des Pasdarans, Hossein Salami, a averti : « Aujourd’hui, nos ennemis pensent qu’en appliquant la stratégie de pression maximale et en utilisant toutes leurs capacités militaires, ils pourront briser la ténacité de la nation iranienne, eh bien ils se trompent, ils échoueront ! » 5.

Salami a fait l’éloge de la résilience, la détermination et l’honneur de la nation iranienne qui constituaient son bouclier protecteur.

Salami, connu pour ses propos belliqueux et cinglants contre les États-Unis et Israël, a qualifié la situation actuelle d’extrêmement délicate. Selon lui, l’Iran était est au seuil d’un affrontement total avec l’ennemi. Il a toutefois affirmé que les ennemis de l’Iran avaient épuisé toutes leurs ressources et qu’en dépit de leur acharnement, ils seraient en train de s’effondrer lentement et sur le point d’être vaincus par l’Iran. 6

De même, le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami, a déclaré : « L’Iran se trouve au summum de sa capacité militaire pour contrer toute menace et tout acte d’agression de la part de l’alliance américano-israélienne. 7Hatami a souligné le fait que l’année dernière, malgré les conditions difficiles auxquelles il est confronté, l’Iran a poursuivi son développement militaire et son pouvoir de dissuasion contre ses ennemis.

Donald Trump moqué pour proposer une négociation via la Suisse (photo Fars)

Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a une fois encore rejeté toute possibilité de négociation avec les États-Unis. « Tant que les Etats-Unis seront ce qu’ils sont, la négociation ne sera que du poison et, avec le gouvernement actuel, ce poison est deux fois mortel. » .

Khamenei a réaffirmé que « les leaders américains servent les intérêts du régime sioniste plus que tout autre pays de la planète ». Il a également évoqué « les difficultés internes aux États-Unis qui conduiraient à leur perte ».

Khamenei a répété qu’il estimait qu’une guerre entre l’Iran et les États-Unis était improbable. « Il ne s’agit pas d’une confrontation militaire entre les deux pays, la guerre n’étant pas imminente… Nous ne voulons pas la guerre, pas plus que les États-Unis, qui savent qu’ils ne gagneront rien dans cette guerre. C’est une lutte d’aspirations et de valeurs et la volonté iranienne est forte parce que l’Iran fait confiance à Allah. »

Se référant aux appels lancés par Washington à l’Iran pour qu’il modifie sa politique, Khamenei a répondu que « le peuple iranien hait plus que jamais les États-Unis, parce qu’ils se mêlent dans ses affaires ». 9

Les déclarations du Guide suprême ont été prononcées à la suite de l’offre du président Trump de négocier avec l’Iran en lui proposant un numéro de téléphone suisse, puisque Berne représente les intérêts de l’Amérique en Iran. La proposition de Trump lui a valu des caricatures moqueuses dans les médias iraniens. Dans l’une des caricatures publiées par Fars, Trump tient l’appareil téléphonique en disant : « Je veux que les Iraniens m’appellent, mais c’est John Kerry qui leur dit non ». 10

Michael Segall

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Les menaces du nouveau chef des Gardiens de la Révolution en Iran

Le 21 avril 2019, le Guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a nommé Hossein Salami au poste de commandant en chef des Gardiens de la révolution islamique. 

Cette nomination est intervenue deux semaines après que les États-Unis ont désigné les Pasdarans comme organisation terroriste étrangère et leur ont imposé des sanctions immédiates.  

Lors d’une cérémonie à laquelle assistaient de hauts responsables de la GRI, de l’armée et de la police, l’ayatollah Khamenei a octroyé à Salami le rang de major-général et le poste de commandant en chef de la GRI. Le guide suprême a exprimé l’espoir que le major-général Salami « soit capable de créativité dans ses nouvelles fonctions et redonne un second souffle et une vive ardeur au moral et à l’esprit combattant de ses troupes. »

Dans son compte Twitter, Khamenei a entre-autres écrit : « Pour vos qualités, votre zèle, et votre riche expérience au sein du pouvoir et dans la direction de divers secteurs du GRI, je vous nomme commandant en chef du GRI, qui vous octroie le grade de major général. »

Salami a remplacé le major-général, Mohammad Ali Aziz-Jafari, qui occupait ce poste depuis plus de 12 ans. Il avait été nommé en 2007 pour superviser le nerf de la guerre révolutionnaire de l’Iran.

Salami est né en 1960 à Golpayegan, dans la province d’Ispahan. En 1978, il suit des études à la faculté des Sciences et des Technologies, et se spécialise dans le génie mécanique à l’Université de Téhéran. Lors de la guerre irano-irakienne qui a débuté en 1980, il rejoint les Pasdarans et devient commandant de la base navale opérationnelle des Gardiens de la Révolution à Nuh. En 1988, juste après la fin de la guerre, il obtiendra son diplôme universitaire. Il gravira plusieurs échelons au sein du commandement et à l’état-major des Gardiens de la Révolution. Il occupera plusieurs postes clé dont celui de chef adjoint aux opérations militaires et commandant de la Force aérienne des Pasdarans. En 2009 il est nommé adjoint au chef du corps armé ; un poste qu’il occupera jusqu’à sa récente nomination.

Le cheminement de la carrière de Salami au sein des Gardiens de la Révolution est semblable à ses prédécesseurs depuis le début de la Révolution islamique en 1979. Tous ont participé à la guerre contre l’Irak, qui a duré plus de huit ans, et ont exercé des fonctions importantes dans les secteurs économique, militaire, et politique en Iran.

Depuis la révolution de 1979, les Gardiens de la Révolution ont conservé leur pouvoir et ont réussi à devenir la plus puissante organisation iranienne. Son but est de « sauvegarder la révolution islamique et ses réalisations dans tous les domaines ». Pour ce faire, ils ont toutefois élargi le rayon de leurs activités en interprétant à leur manière et d’une façon excessive l’article 150 de la constitution iranienne. Mis à part le président Akbar Hashemi Rafsanjani, récemment décédé, personne n’a osé contester l’emprise croissante des Pasdarans sur le régime islamique en Iran.

L’ancien chef des Pasdarans, Mohammad Ali Aziz-Jafari (à droite), avec le ministre iranien des Affaires étrangères

Hossein Salami, à l’instar de nombreux commandants des Pasdarans, est connu pour sa rhétorique enflammée contre Israël, les États-Unis et l’Arabie saoudite.

Le 31 janvier 2019, Salami a déclaré à la suite des raids de Tsahal contre des cibles des Gardiens de la Révolution et des milices pro-iraniennes en Syrie : « Nous avertissons le régime sioniste de ne pas jouer avec le feu… cela ne fera que mener à sa disparition et il sera détruit avant que les États-Unis n’entendent crier SOS et à l’aide… il n’aura pas l’occasion de creuser suffisamment de tombes pour enterrer ses cadavres. … Si une guerre est déclenchée, le régime sioniste sera définitivement  condamné. » 

Le 5 octobre 2018, lors d’une allocution devant un groupe de commandants et d’officiers à Ispahan, Salami a déclaré : « Nétanyahou devrait savoir qu’il ne peut faire autrement que de fuir la région. Il devrait  désormais savoir nager en Méditerranée. »

En 2015, Salami avait déclaré que l’Iran était prêt au « pire scénario », avertissant les États-Unis d’une défaite cuisante et des conséquences d’un éventuel conflit avec l’Iran… Il avait aussi conseillé aux négociateurs iraniens sur le projet nucléaire iranien de n’accepter aucun compromis ou accord susceptible de saper le patriotisme et les convictions de l’Iran dans son juste combat. Il leur avait suggéré de quitter la table des négociations s’ils pensaient que les Américains recherchaient l’hégémonie politique en utilisant des méthodes intimidantes, menaçantes ou humiliantes.

Après la désignation américaine de qualifier les Pasdarans d’organisation terroriste (8 Avril, 2019), Salami a déclaré : « Nous sommes fiers d’être appelés terroristes par quelqu’un comme Trump. »

La nomination de Salami intervient à un moment très sensible et donc deux semaines seulement après que le gouvernement américain a désigné les Gardiens de la Révolution, et notamment la Force el Qouds, comme organisation terroriste étrangère au titre de l’article 219 de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité. La récente décision des États-Unis d’augmenter les pressions exercées sur l’Iran par les exportations de pétrole place le nouveau commandant des Pasdarans dans une position délicate. Il est donc mis dans une grave épreuve et prochainement nous saurons si ses positions intransigeantes à l’égard des États-Unis et son allié, Israël, seront mises en exécution.

Le 23 avril 2019, le commandant de la marine des GRI, Alireza Tangsiri, a souligné que la récente nomination de Salami n’avait « rien à voir » avec la dernière décision américaine. Toutefois, a-t-il averti : « l’Iran fermerait le détroit stratégique d’Ormuz. Si nous sommes interdits d’utiliser cette route de navigation internationale, eh bien, nous la fermerons. Nous n’hésiterons pas à défier toute menace visant à protéger et à défendre les eaux maritimes de l’Iran, et à défendre notre dignité. »

Au mois de février 2019, Tangsiri avait déjà menacé de fermer le détroit d’Ormuz si les exportations de pétrole de l’Iran étaient réduites à zéro. « Nous avons le plein contrôle sur Ormuz et ne permettrons pas à des étrangers de l’extérieur de la région de venir acheter du pétrole et de l’exporter tant que nous-mêmes, nous ne pouvons pas laisser nos navires circuler librement… Cela ne se produira jamais ».

Les menaces des dirigeants iraniens surviennent alors que les États-Unis renforçaient leur présence dans la région. Pour la première fois, des chasseurs F-35 de l’aviation américaine ont été déployés, à proximité, dans les Émirats arabes unis. Deux porte-avions de la marine américaine ont aussi traversé le golfe Persique (les porte-avions Abraham Lincoln et John Stennis).

Soulignons que le porte-avions français, Charles de Gaulle, se trouve également dans la région dans le cadre de manœuvres conjointes avec la marine américaine.

Michael Segall

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40 ans après, vers la fin du régime des Ayatollahs ?

La République islamique iranienne va bientôt célébrer son quarantième anniversaire, mais le cœur est loin d’être à la fête.

L’année 2019 s’annonce d’ores et déjà cruciale pour le régime des Ayatollahs.

Les manifestations de rue, la rage et la colère de la population contre la vie chère, les violations des droits de l’Homme, l’oppression, ainsi que les interventions militaires en Syrie et au Yémen, démontrent une désapprobation et un mécontentement sans précédent.   

Parmi les critiques les plus virulentes du régime islamiste figurent l’ancien président, Mahmoud Ahmadinejad, et Reza Pahlavi, le fils du Shah, qui intensifie ses activités aux États-Unis pour mettre fin au règne des Ayatollahs.

Un profond sentiment plane dans la population sur un renversement probable du gouvernement et, pour la première fois, les dirigeants iraniens, eux-mêmes, évoquent ouvertement cette possibilité.

Le 12 décembre 2018, l’ayatollah Ali Khamenei, chef suprême du régime, a lancé un appel pressant à tous les ministères et aux institutions gouvernementales pour être plus que jamais vigilants. Le Guide suprême parle des « intentions des ennemis de l’Iran de mettre un terme au pouvoir actuel durant l’année du quarantième anniversaire. »

Khamenei a avoué que le dernier été 2018 était « vraiment chaud » pour le régime iranien et qu’il est actuellement confronté à une nouvelle situation sans précédent, face aux Etats ennemis voisins, et aux tentatives de complot de l’opposition à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Le chef des services de Renseignement a exprimé sa surprise de voir que même des pays amis de l’Iran soutiennent et arment des “groupes terroristes” et les entraînent pour attaquer des objectifs iraniens.

Selon lui, au cours de la seule année écoulée, les groupes d’opposition iraniens ont organisé 64 conférences dans le monde entier dans le but de rassembler le maximum d’opposants au régime et de coordonner les activités en cours.

Le prince Reza Pahlavi, 57 ans, est sans doute l’un des principaux militants politiques contre le régime des Ayatollahs depuis la chute de son père, le Shah Mohammed Reza Pahlavi, en 1978. Diplômé des meilleures universités américaines, le prince Reza parle couramment le français et l’anglais, ainsi que le farsi, sa langue maternelle.

Il intensifie ces jours-ci ses activités aux États-Unis et attire de plus en plus l’attention de presse américaine et internationale. Ses partisans et ses fans du monde entier ont créé une nouvelle association, un groupe nommé Farashgard, dont le but est de consolider tous les efforts contre le régime actuel.

Depuis le déclenchement des protestations et des émeutes, des milliers de jeunes, dans une centaine de villes iraniennes, ont appelé à un soutien au retour du prince et la dynastie Pahlavi. Rappelons que le corps du fondateur de la dynastie, Reza Shah, a été momifié mais recaché dans un lieu secret pour éviter qu’il devienne un lieu saint de pèlerinage pour ses nombreux partisans au sein de la jeunesse iranienne.

Un article paru le 12 décembre 2018 sur le site américain, Politico, évoquait justement la popularité croissante du prince héritier Reza Pahlavi parmi les millions de jeunes iraniens.

Politico a révélé que le président Trump avait même envisagé l’année dernière de saluer le Nouvel An persan en compagnie du prince héritier Reza Pahlavi, mais la Maison Blanche en a finalement décidé autrement.

Dans un discours devant un auditoire américain qui comprenait des journalistes de l’Institut Washington qui traite de la politique au Proche-Orient, Reza Pahlavi a appelé l’Occident à confisquer tous les biens appartenant au régime iranien à travers le monde afin que les forces de l’opposition démocratique iraniennes puissent utiliser les fonds pour renforcer la résistance en Iran. Il a aussi suggéré que cet argent serve à soutenir financièrement les milliers de travailleurs iraniens actuellement en grève ou au chômage dans son pays natal.

La dernière apparition du prince Reza Pahlavi a eu un grand retentissement dans la presse américaine et internationale, mais a aussi suscité des réactions particulièrement sévères de la part du régime iranien.

Un portrait de l’Ayatollah Khamenei brûlé lors des émeutes de janvier 2018 (Twitter)

Selon Ahmadinejad, les dirigeants du régime sont devenus les personnalités les plus détestées du peuple iranien, à tel point que ces derniers temps, aucun d’entre eux n’osait se présenter dans un lieu public. L’ancien président tient un langage populaire et simple, et a retrouvé la sympathie de la population. Dans ses discours, il fait référence à l’aggravation de la situation économique, et souligne que le peuple iranien est « vraiment affamé » alors que les dirigeants du régime actuel détruisent tous les biens du pays et humilient tous les bons citoyens, bien que l’Iran soit l’un des pays les plus riches du monde.

Les propos très sévères de Mahmoud Ahmadinejad sont sans doute à l’origine des émeutes qui ont envahi l’Iran en décembre 2017 et janvier 2018. Les multiples arrestations et les lourdes condamnations prononcées par les tribunaux contre ses partisans et collaborateurs n’ont pas réussi à éteindre la flamme des critiques, bien au contraire elle s’est même intensifiée.

Ahmadinejad a ignoré les menaces de hauts responsables du système judiciaire. Il est chaleureusement accueilli par des milliers d’Iraniens dans toutes les villes et villages qu’il visite. Nombreux se sentent opprimés par les pressions économiques, en particulier depuis la réimposition des sanctions américaines. Ils se rassemblent autour de lui, lui manifestent leur soutien et l’encouragent à critiquer sévèrement le gouvernement.

L’ancien président a récemment appelé le président Rohani à démissionner et à « rentrer chez lui » avant que le bilan de son inefficacité ne soit plus lourd.

Cependant, ce ne sont pas seulement Ahmadinejad ou le prince Reza Pahlavi qui expriment leur certitude que la fin du régime approche. Les partisans les plus forts du régime craignent également que le peuple iranien manifeste déjà son sentiment de haine envers les dirigeants du régime en public. Mohsen Qhara’ati, haut responsable religieux et proche des Ayatollahs depuis plusieurs décennies, a récemment déclaré que le gouvernement devait accepter le fait que le pays avait changé et qu’il ne le soutenait plus.

Tout cela s’est passé alors que le président Rohani avait du mal à présenter une proposition de budget pour l’année à venir et que, pour la première fois, les dirigeants suprêmes du régime sont intervenus dans la composition du budget. L’Ayatollah Khamenei a appelé le gouvernement à se serrer fort la ceinture pour affronter les nouvelles menaces économiques et relever les défis malgré le rétablissement des sanctions américaines. De ce fait, le budget 2019 devra réduire de plus de 10% les dépenses consacrées à l’armée, à la Garde révolutionnaire et aux autres forces de sécurité.

Des milliers de travailleurs iraniens confrontés personnellement à la détérioration de la situation économique ont organisé de nombreuses manifestations qui se sont tenues pour la plupart dans la province pétrolière du Khouzestan. Les salaires sont impayés et une partie des travailleurs ont été mis à l’arrêt.

En novembre 2018, l’Iran n’a exporté que 870 000 barils de pétrole par jour, ce qui représente une chute de plus de 50% par rapport à l’année précédente.

En décembre 2018, l’industrie automobile iranienne a confirmé que le nombre de véhicules neufs fabriqués dans le pays avait chuté de 57,4% par rapport à l’année précédente. En outre, le secteur iranien des pièces de rechange automobiles a annoncé que depuis l’activation des sanctions américaines, 37% de ses employés, soit des dizaines de milliers de travailleurs, ont dû être licenciés en raison des nombreuses difficultés auxquelles les usines sont confrontées. La presse iranienne a souligné que 400 000 autres travailleurs des industries iraniennes pourraient perdre leur emploi dans un avenir proche.

De hauts responsables iraniens ont confirmé que 20% de la classe moyenne vit sous le seuil de pauvreté et qu’elle avait perdu 50% de ses revenus au cours de l’année 2018. Non seulement les prix du logement ont augmenté de 90%, mais les prix des produits alimentaires de base ont aussi augmenté de 60% au cours de ces derniers mois. Cependant, selon les prévisions des économistes iraniens et des experts internationaux, l’année 2019 s’annonce encore plus difficile pour le peuple iranien comme pour le régime islamique.

JCPA-CAPE de Jérusalem

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Attaque contre des navires dans le Golfe: Téhéran rejette les accusations US

4 navires, dont deux pétroliers saoudiens ont été la cible d’ »actes de sabotage » au large de Fujairah

L’Iran a « fermement rejeté » mercredi les accusations américaines « risibles » tenant Téhéran pour responsable du sabotage de quatre navires le 12 mai au large des Emirats arabes unis.

« Il n’est pas étonnant (que les Etats-Unis formulent) des accusations aussi risibles », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, en réaction à des propos tenus plus tôt aux Emirats par John Bolton, conseiller du président Donald Trump en matière de sécurité nationale.

L’Iran est « très vraisemblablement » derrière les actes de sabotage du 12 mai contre quatre navires au large du port émirati de Fujairah, à l’entrée du Golfe, a affirmé mercredi à des journalistes le conseiller américain

Les bateaux, dont deux pétroliers saoudiens, ont été la cible de « mines navales, très vraisemblablement d’Iran », a dit M. Bolton qui est arrivé mardi aux Emirats arabes unis, pays allié de Washington. Les Etats-Unis se sont joints avec d’autres pays à l’enquête sur ces incidents qui ont fait monter la tension dans le Golfe.

« Il n’y a aucun doute dans l’esprit de qui que ce soit à Washington sur l’identité du responsable de cette situation », a dit M. Bolton, faisant référence à l’Iran, grand ennemi des Etats-Unis.

« Qui d’autre aurait pu faire ça selon vous? Quelqu’un du Népal? », a-t-il ajouté, ironiquement.

Le responsable américain a aussi fait état d’une « attaque infructueuse sur le port saoudien de Yanbu quelques jours avant celle des pétroliers ».

Source: i24 News

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L’histoire se répète: dans les années 1980, l’Iran s’était déjà opposé aux États-Unis dans le détroit d’Ormuz

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“Nous allons intercepter et stopper toutes les exportations de pétrole de la région (Moyen-Orient) si on nous empêche d’exporter notre pétrole. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour fermer le détroit d’Hormuz. Si – en envoyant des avions à réaction, des transporteurs – les Etats-Unis veulent simplement renforcer leurs positions et leur statut au sein de la communauté internationale, ça ne nous concerne pas. Mais si les Etats-Unis ont vraiment l’intention de nous menacer, ils doivent savoir que pas une goutte de pétrole ne quittera la région et que nous détruirons tous les intérêts américains au Moyen-Orient”. C’est ce que le Président de l’Iran, le Grand Ayatollah Sayyed Ali Khamenei a déclaré en 1983, en réponse à la décision du président américain Ronald Regan d’envoyer des porte-avions au Moyen-Orient pendant la guerre Iran-Irak. On dirait que c’était hier.

Aujourd’hui, en 2019, le leader aguerri et éclairé de la révolution, Sayyed Khamenei – qui a joué un rôle dans une situation critique très similaire dans les années 80 – est confronté au président Donald Trump et à une administration qui ne semblent pas avoir beaucoup appris de l’histoire, ni de la précédente confrontation entre les États-Unis et l’Iran. Analyser sans à priori sa politique étrangère antérieure ne semble pas faire partie des habitudes de l’administration étasunienne actuelle. Un petit rappel historique peut donner un aperçu de ce qui attend Trump dans le cas d’une confrontation plus large avec l’Iran.

Dans les années 80, la “Révolution islamique” iranienne était confrontée à de graves problèmes dans plusieurs domaines. Ses forces armées étaient désorganisées et dispersées ; les décideurs et les politiciens avaient de sérieuses divergences d’opinion sur la façon de diriger le pays après la chute du Shah ; la sécurité intérieur était déficiente ; il y avait des luttes ethniques et nationales ; aucun pays ne voulait vendre des armes à l’Iran ; les Etats-Unis, l’Europe et les Etats du Golfe ont soutenu l’agression de Saddam Hussein contre l’Iran ; et le pays traversait de graves difficultés économiques.

La situation était idéale pour envahir l’Iran, ce que Saddam Hussein a fait en septembre 1980 en bombardant l’aéroport international de Mehrabad, en occupant plus tard Khorramshahr, et en appelant à un soulèvement des Arabes “à Muhammara”. L’objectif de Saddam Hussein – le changement de régime -, était celui que l’administration américaine poursuivait depuis 1979 – et qu’elle poursuit toujours aussi obsessionnellement en 2019.

Nombreux sont ceux qui ont oublié que l’Imam Khomeini n’avait pas hésité à encourager les Iraniens, dirigés par le Rahbar (chef spirituel) actuel, Sayyed Ali Khamenei (1987), qui était alors président de l’Iran, à ouvrir le feu sur les forces américaines ou toute autre force hostile naviguant dans le Golfe. “Si j’étais vous (les dirigeants politiques), j’ordonnerais aux forces armées de viser le premier navire de guerre protégeant un pétrolier qui essaierait de traverser le détroit d’Ormuz. Vous devez décider de la meilleure course d’action, quel qu’en soit le prix”, a dit l’imam Khomeini.

L’ayatollah Ali Khamenei (et le cheikh Hashemi Rafsanjani) ont immédiatement donné aux forces armées l’ordre d’agir ainsi. Toutes les forces armées ont été entièrement coordonnées avec les forces des Gardiens de la révolution (IRGC – Pasdaran). L’Iran a tiré des missiles chinois DF5 (ver à soie) sur le port du Koweït al-Ahmadi. Un pétrolier koweïtien naviguant sous drapeau américain et sous protection de la marine américaine a été touché par une mine iranienne dans le golfe. De plus, l’Iran a abattu un hélicoptère étasunien avec des missiles Stinger, des missiles étasuniens livrés à l’Iran par les moudjahidines afghans. L’Iran, nullement impressionné par la “toute-puissance” militaire des Etats-Unis, était prêt à escalader la confrontation dans le Golfe Persique. Il a également attaqué un navire soviétique, le cargo Ivan Korotoyev, qui naviguait dans le Golfe sous escorte militaire.

C’était très étrange de voir ces deux superpuissances, les Etats-Unis et la Russie, s’unir contre l’Iran dans un conflit au Moyen-Orient pour soutenir Saddam Hussein. A l’époque, les talents diplomatiques de l’Iran n’étaient pas encore aiguisés. Il aidait les Afghans contre les Soviétiques et combattait l’hégémonie américaine au Moyen-Orient.

Sayyed Ali Khamenei s’était rendu à New York, et au Conseil de sécurité de l’ONU pour dire au monde entier que “les Etats-Unis recevraient une réponse appropriée à son action hideuse dans le Golfe” (suite à une attaque américaine contre un navire commercial iranien appelé Iran Ajr). Un pétrolier géant américain portant le nom de Sungari a été attaqué et incendié par les Pasdaran. L’Iran n’avait pas l’intention de renoncer à se battre, au contraire, il se révélait prêt à affronter deux superpuissances  à une l’époque où le pays était dans un état lamentable.

Aujourd’hui, l’Iran est très bien équipé de toutes sortes de missiles, et c’est un pays plus puissant, très productif, doté d’alliés forts et efficaces qui peuvent faire beaucoup plus de mal aux ennemis de l’Iran qu’en 1987. Les principes et les valeurs de la Révolution islamique sont toujours les mêmes, et le pays est dirigé plus ou moins par les mêmes personnes. Le Corps des gardiens de la révolution islamique est plus fort que jamais et fait partie intégrante des forces armées.

Sayyed Ali Khamenei était entièrement dévoué à l’Imam Khomeini. Il a été un fidèle gardien de la “Révolution islamique”, a supervisé l’IRGC, a représenté l’Imam Khomeini au Conseil de sécurité et a joué un rôle de premier plan dans l’armement du Corps des gardiens de la révolution islamique et leur intégration à tous les niveaux des forces armées du pays. Il n’hésitera pas à prendre des mesures contre n’importe quel dirigeant du pays qui aurait la faiblesse de vouloir composer avec les États-Unis. Aujourd’hui, le chef de la Révolution n’a peur ni de la guerre, ni de la paix. Il ne négociera pas avec Trump et ne l’aidera pas à être réélu en 2020. Ceux qui pensent que l’Iran est désespéré, acculé ou défaillant à cause des sanctions américaines devrait s’intéresser de plus près à l’histoire et au comportement de la “Révolution islamique” depuis 1979.

Elijah J. Magnier

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Le scénario d’une guerre contre l’Iran : une guerre mondiale et contre « Israël »

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Le théâtre des opérations ou le front d’une éventuelle guerre américaine contre la République Islamique d’Iran est tellement étendu et complexe que toute option militaire sérieuse exigera la mobilisation totale de l’ensemble des ressources des États-Unis et de leurs alliés comme lors de la seconde guerre mondiale (1939-1945).

Cette option risque de paralyser les approvisionnements mondiaux en hydrocarbures et de causer une hausse des prix du brut infiniment plus importante que celle du choc pétrolier de 1973.

Autre conséquence fort hasardeuse : Israël sera au centre d’une éventuelle guerre étendue de la mer d’Oman jusqu’en Méditerranée orientale.

En cas d’une éventuelle attaque US massive contre l’Iran, la République Arabe de Syrie et le mouvement politico-militaire libanais du Hezbollah seraient automatiquement aux prises avec Israël et cet affrontement ne se limitera pas à l’aspect balistique mais verra certainement l’intrusion d’unités militaires libano-syriennes en Galilée et une perte de territoire pour les israéliens.

Les médias ont passé sous silence un discours très important du Secrétaire général du Hezbollah libanais où il évoquait les capacités des unités militaires du Hezbollah à investir et occuper le terrain au nord d’Israël. Un mouvement de contournement du lac Tiberiade couplée avec une offensive de diversion au Golan n’est plus une vue de l’esprit. Le Hezbollah a acquis assez d’expérience dans la guerre en Syrie pour pouvoir avoir un avantage décisif au sol face à l’Armée israélienne dans un conflit futur.

Israël ne sera pas seul et il n’a jamais été seul dans ses guerres passées. Mais ce qui change cette fois est la multiplicité des fronts ouverts : une assistance US devra assurer la sécurité du flanc méridional du Royaume d’Arabie Saoudite contre les Houthis tout en protégeant ses bases et celles de ses alliés (France, Grande-Bretagne) aux Émirats Arabes Unis ou encore celle d’Al-Udaid au Qatar où sont déployés des bombardiers stratégiques lourds B-52H et des chasseurs F-35.

Pris en étau entre les bases US (forces spéciales, drones, opérations hybrides et guérilla par proxy) en Irak et en Afghanistan, l’Iran peut compter sur son impressionnant arsenal de missiles balistiques pour contrer une éventuelle attaque. Les missiles iraniens seraient particulièrement efficaces dans le détroit d’Hormuz mais sont capables d’atteindre l’ensemble des sites militaires ou stratégiques en Israël, en Arabie Saoudite et jusqu’à Chypre où se trouve une base militaire britannique fort importante.

En parallèle, la Syrie et le Hezbollah pourraient continuer le combat qu’ils mènent avec acharnement contre les alliés objectifs d’Israël depuis des années en Syrie à l’intérieur du territoire israélien. Une éventuelle incursion des forces du Hezbollah en Galilée serait une victoire symbolique totale pour l’axe de la résistance (Damas-Téhéran-Hezbollah) et par conséquent un risque trop élevé pour Tel-Aviv dont l’image d’invincibilité qu’il s’est efforcé de bâtir à coups de centaines de millions de dollars US de marketing ne cesse de se dégrader depuis le retrait militaire israélien humiliant du Liban-Sud en 2000 puis la guerre de juillet 2006 durant laquelle le mythe du char de bataille lourd Merkava vola en éclats. La guerre en Syrie a encore modifié les rapports de force au Moyen-Orient et profondément altéré l’équilibre stratégique pré-existant au début du conflit en 2011. La suprématie stratégique israélienne n’est plus.

Une attaque US limitée contre des objectifs iraniens n’auraient aucun résultat ni le moindre impact. Sauf si Washington mobilise toutes ses ressources pour peser de tout son poids dans un conflit suceptible de se transformer en une guerre mondiale généralisée.

La posture de l’Irak, voisin occidental de l’Iran et passage obligé du couloir stratégique reliant ce pays à la Syrie, demeure assez ambiguë. Si des factions irakiennes sont disposées à adhérer au combat de Téhéran, le Kurdistan irakien servira comme d’habitude à coup sûr de base-arrière à des opérations de déstabilisation US.

Ce qui demeure très dangereux dans ce genre de confrontation est la mainmise de l’émotionnel et de l’irrationnel. Une perte d’un porte-avion US pourrait avoir un impact psychologique dévastateur sur certaines élites US croyant aveuglément en la supériorité militaire absolue de leurs Armées et cela les conduira à opter promptement pour l’option nucléaire tactique puis stratégique.

Le talon d’Achille de l’Iran demeure son aviation mais cette faiblesse est compensée par sa force de frappe balistique et ses essaims de patrouilleurs maritimes de sa marine de guerre côtière asymétrique. Cependant, le principal élément déterminant sera le degré de cohésion interne en Iran.

Les exemples historiques démontrent à postériori que Washington n’a jamais attaqué un pays sans y avoir préalablement acheté ou corrompu 70 % de son commandement militaire et politique.

Source: Strategika51

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Sabotage de navires: aux Emirats, un conseiller de Trump accuse l’Iran. Téhéran juge « risibles » les accusations US

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Le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton, en visite mercredi à Abou Dhabi, a accusé l’Iran d’être derrière les actes de sabotage du 12 mai contre quatre navires à l’entrée du Golfe.

« Certaines de nos forces d’opérations spéciales ont été invitées à donner leur avis d’expert » et « il est clair » que les bateaux –deux pétroliers saoudiens et un norvégien ainsi qu’un cargo émirati– ont été la cible de « mines navales, très vraisemblablement d’Iran », a prétendu M. Bolton, arrivé mardi aux Emirats arabes unis, pays allié de Washington.

Les Etats-Unis se sont joints avec d’autres pays à l’enquête dirigée par les Emirats sur ces incidents qui ont fait monter la tension dans le Golfe.

« Il n’y a aucun doute dans l’esprit de qui que ce soit à Washington sur l’identité du responsable de cette situation », a dit à des journalistes M. Bolton en faisant implicitement référence à l’Iran, grand ennemi des Etats-Unis.

« Qui d’autre aurait pu faire ça selon vous? Quelqu’un du Népal? », a-t-il ajouté, ironiquement.

Le responsable américain a aussi fait état d’une « attaque infructueuse sur le port saoudien de Yanbu quelques jours avant celle des pétroliers ».

Il n’a cependant donné aucune précision sur cette « attaque infructueuse » qui a visé la principale ville pétrolière de l’ouest du royaume saoudien sur la mer Rouge.

« Je soutiens ce que nous avons fait jusqu’à présent. Il s’agit d’expliquer très clairement à l’Iran et à ses substituts que ce genre de mesures risque d’entraîner une réaction très vive de la part des Etats-Unis », selon ses propres termes.

L’Iran juge « risibles » les accusations américaines

L’Iran a « fermement rejeté » mercredi les accusations américaines « risibles » tenant Téhéran pour responsable du sabotage de quatre navires le 12 mai au large des Emirats arabes unis.

« Il n’est pas étonnant (que les Etats-Unis formulent) des accusations aussi risibles », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi.

« M. Bolton et les autres bellicistes qui recherchent le chaos devraient savoir que la stratégie de patience, la grande vigilance et la préparation défensive optimale de la République islamique d’Iran empêcheront la réalisations de leur désirs diaboliques dans la région », a ajouté M. Moussavi, selon un communiqué de son ministère.

Cette visite du conseiller va-t-en-guerre de Donald Trump intervient à la veille de trois sommets organisés à La Mecque en Arabie saoudite à la demande de Ryad pour discuter de la montée des tensions dans la région du Golfe.

Alors que le sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) était prévu de longue date, Ryad a convoqué deux autres réunions, celles du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de la Ligue arabe.

Mesures « dissuasives »

Les tensions régionales se sont exacerbées depuis que l’administration de Donald Trump a inscrit en avril les Gardiens de la Révolution iraniens sur sa liste noire d’ »organisations terroristes » et a renforcé en mai les sanctions économiques contre Téhéran après avoir quitté, il y a un an, l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien.

Elles sont encore montées de plusieurs crans après les incidents maritimes au large des Emirats.

Début mai, Washington avait annoncé le déploiement dans le Golfe d’un porte-avions et de bombardiers B-52 avant de décider l’envoi de 1.500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient en invoquant des « menaces » iraniennes.

Mercredi, M. Bolton a qualifié ces mesures de « dissuasives ».

Comme on lui demandait s’il avait des preuves directes de la responsabilité iranienne dans les incidents maritimes, il a refusé « d’entrer dans les détails », tout en indiquant qu’il était important que l’Iran « sache ce que nous savons ».

Peu après les actes de sabotage, Téhéran avait jugé ces actes « préoccupants et regrettables » et appelé à une enquête.

Le 24 mai, l’administration Trump a informé le Congrès américain de nouvelles ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, invoquant à nouveau la « menace » iranienne pour contourner la possibilité dont disposent les parlementaires de bloquer ce type de contrat.

Des généraux iraniens ont eux menacé de fermer en cas de guerre le détroit d’Ormuz par lequel passent 35% du pétrole transporté par voie maritime.

Source: Avec AFP

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