Poutine, Allah et les tomates…

Poutine : « Allah a décidé de priver le gouvernement turc de la raison »Poutine : « Allah a décidé de priver le gouvernement turc de la raison »


Jeudi 3 décembre, le président Poutine s’est adressé au Parlement russe pour son discours annuel. Dans son message, le dirigeant a fait le bilan de la politique intérieure et extérieure de l’année 2015 et présenté sa vision pour 2016.

Les tensions entre la Russie et la Turquie, notamment depuis l’incident avec l’avion russe abattu par Ankara, ont été le premier sujet évoqué par Vladimir Poutine dans son discours.

«Seul Allah sait pourquoi la Turquie l’a fait», a estimé le dirigeant. «Pour la punir, il a apparemment décidé de priver son gouvernement de la raison», a-t-il poursuivi. La colère de Moscou ne vise néanmoins pas le peuple turc, qui demeure un peuple ami pour la Russie, mais «une partie de ses fonctionnaires», a aussitôt précisé le président.

Poutine au Parlement russe : «Allah a décidé de priver le gouvernement turc de la raison»

Le Kremlin a déjà réagi en introduisant des sanctions économiques contre Ankara suite à la destruction de son avion. Il ne compte pas brandir ses armes, mais bien le «faire regretter à la Turquie», et pour ce faire, «il en faudra plus que quelques tomates», a ajouté Vladimir Poutine.

Poutine au Parlement russe : «la Turquie ne s’en tirera pas en sacrifiant quelques tomates»

Le chef d’Etat russe a réitéré ses accusations contre les dirigeants de la Turquie, qui, de l’avis du Kremlin, profite du commerce du pétrole et autres marchandises qu’elle achète aux terroristes qui agissent en Syrie et en Irak.

«C’est cet argent que les terroristes utilisent pour recruter des combattants, acheter des armes et organiser des actes terroristes partout dans le monde, y compris contre la Russie, la France» et d’autres pays du monde, a souligné Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine : C’est l’argent que Daesh reçoit de la Turquie qui finance ses actes terroristes

Il est impossible de vaincre le terrorisme avec les ressources d’un seul pays, pour le dirigeant, qui a noté encore une fois l’importance de la lutte commune contre ce mal, à laquelle doit prendre part «chaque pays civilisé».

«Nous n’avons pas de droit de laisser prendre le dessus à ces obscurantistes d’un genre nouveau qui vont semer la terreur et terroriser nos citoyens», a martelé le président.

Si c’est pas des tomates, que va t’il envoyer à la tête des militaires turcs ?

 

Moscou (Russie), mercredi 3 décembre. «Nous n'oublierons jamais cette complicité avec les terroristes», a lancé Vladimir Poutine.
Moscou (Russie), mercredi 3 décembre. «Nous n’oublierons jamais cette complicité avec les terroristes», a lancé Vladimir Poutine.
AFP/KIRILL KUDRYAVTSEV

Depuis que la Turquie a abattu un avion russe au-dessus de la frontière syrienne, les relations entre Ankara et Moscou ne cessent de se dégrader.

Ce jeudi, c’était au tour de Vladimir Poutine de poursuivre les hostilités verbales. «Nous n’oublierons jamais cette complicité avec les terroristes, a prévenu le président russe lors de son adresse devant les parlementaires, le gouvernement et les gouverneurs des régions du pays. Nous considèrerons toujours la trahison comme l’un des pires et des plus vils actes. Que ceux en Turquie qui ont tiré dans le dos de nos pilotes le sachent.»

«Je ne comprends pas pourquoi ils ont fait ça. Seul Allah le sait», a-t-il ajouté, suscitant les applaudissements de l’assemblée. «Il semble qu’Allah ait décidé de punir la clique au pouvoir en Turquie en la privant de la raison et du bon sens».

«Il ne faut pas attendre de nous une réaction nerveuse, hystérique, dangereuse pour nous et pour le monde entier», a-t-il promis. «Nous n’allons pas brandir les armes.» Vladimir Poutine a aussi affirmé que les sanctions économiques prises le 24 novembre dernier contre la Turquie, visant principalement les secteurs de l’agriculture, des travaux publics, de l’énergie et du tourisme, ne seraient pas la seule réponse de Moscou au «coup de poignard dans le dos» d’Ankara. «Ce n’est pas la dernière fois que nous leur rappellerons ce qu’ils ont fait, ni la dernière fois qu’ils vont regretter ce qu’ils ont fait», a-t-il ainsi menacé.

Erdogan dénonce des accusations «immorales»

Mercredi, l’armée russe avait accusé le président turc Recep Tayyip Erdogan et sa famille d’être «impliqués» dans le trafic de pétrole avec Daech. Des accusations réitérées indirectement par Vladimir Poutine. «Nous savons qui en Turquie s’en met plein les poches et permet aux terroristes de gagner de l’argent en vendant du pétrole pillé en Syrie», a-t-il déclaré, accusant Ankara d’avoir également soutenu les rebelles du Caucase du Nord dans les années 1990 et 2000 au moment où Moscou combattait les séparatistes tchétchènes.

La Turquie n’a pas tardé à répliquer par le biais de son président. Erdogan a ainsi dénoncé jeudi les accusations «immorales» lancées contre sa famille par la Russie. «La Russie est obligée de prouver ces allégations (…) celles qui impliquent ma famille sont de nature immorale», a-t-il déclaré lors d’un discours à Ankara devant des syndicalistes.

Il est même allé plus loin en affirmant avoir des «preuves» de l’implication de la Russie dans le trafic de pétrole de Daech. «Nous allons commencer à les révéler au monde», a-t-il prévenu, citant notamment le nom de l’homme d’affaires syrien George Haswani, «titulaire d’un passeport russe».

Cette passe d’armes entre les présidents russe et turc est intervenue alors que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov rencontrait ce jeudi à Belgrade son homologue turc Mevlüt Cavusoglu. Il s’agissait de la toute première rencontre entre hauts responsables russes et turcs depuis la destruction du bombardier russe.  Le ministre turc en a profité pour tenter de calmer le jeu entre les deux pays. «Nous avons exprimé notre tristesse et adressé nos condoléances pour la mort du pilote russe», a-t-il déclaré, cité par des médias turcs.

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