Mont du Temple : Israël 0 – Palestine 1 !

Caricature publiée dans le journal Al Watan d'Arabie Saoudite, le 28 juillet 2017 (Crédit : Capture d'écran)Mont du Temple : les médias arabes se moquent de la capitulation avec des caricatures :  Les caricatures célèbrent la victoire palestinienne et de ce qui est perçu comme l’humiliation d’Israël après le retrait des nouvelles mesures de sécurité sur le site saint

Caricature publiée dans le journal Al Watan d’Arabie Saoudite, le 28 juillet 2017 (Crédit : Capture d’écran)

Jeudi, Israël a retiré la dernière des installations mises en place aux entrées du site sacré, connu des musulmans comme Haram al-Sharif (Sanctuaire Noble), suite à une attaque terroriste le 14 juillet au cours de laquelle les terroristes ont utilisé des armes à feu introduites clandestinement dans le complexe pour tuer deux policiers surveillant le site.

Une caricature publiée dans le journal Al Watan d’Arabie Saoudite représente le Dôme du Rocher, qui se trouve sur le mont du Temple, avec le croissant au sommet du dôme remplacé par une main levée faisant le signe du « V de la victoire ».Caricature publiée dans le journal Al Quds Al Arabi de Londres, le 28 juillet 2017 (Crédit : Capture d'écran)

Le journal londonien Al-Quds al-Arabi a publié une caricature d’un soldat israélien au nez crochu portant un détecteur de métaux chassé du mont du Temple par un vieillard avec une canne, un jeune homme avec une pierre, une femme avec un balai et un garçon avec un lance-pierre.

 

 

 

Caricature publiée dans le journal Al-Rad de Jordanie, le 28 juillet 2017 (Crédit : Capture d'écran)La caricature du journal Al-Rad de Jordanie représentait un énorme pied ensanglanté qui se libère de ses chaînes en forme d’étoile de David et sur le point d’écraser un soldat israélien qui hurle.

Sur les réseaux sociaux, des montages, qui célèbrent le retour des musulmans pour prier au mont du Temple jeudi pour la première fois en 11 jours, ont été partagés.

UCaricature publiée dans les réseaux sociaux arabes, 28 juillet 2017 (Crédit : Capture d'écran)ne caricature montrait un homme s’inclinant pour prier sur l’esplanade près de la mosquée d’Al-Aqsa et qui est étreint par les dalles.

Un autre montage représentait le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le roi Salmane d’Arabie Saoudite et le roi Abdallah II de Jordanie, habillés comme des militants avec des mitrailleuses, debout à côté d’un Dôme du Rocher, qui est dans l’ombre.

Caricature publiée sur les réseaux sociaux arabes, le 28 juillet 2017 (Crédit : Capture d'écran)

Le chef du Hezbollah salue la « victoire » palestinienne au mont du Temple

Nasrallah applaudit le succès de la « résistance » après qu’Israël a retiré les détecteurs de métaux et les caméras du site sacré

Le chef du Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah s'adressant à la foule à Beyrouth au Liban, décembre 2011 (Crédit : AFP Photo/al-Manar TV)

Le chef du Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah s’adressant à la foule à Beyrouth au Liban, décembre 2011 (Crédit : AFP Photo/al-Manar TV)

« La résistance salue les gens de Jérusalem, de Cisjordanie et tous les Palestiniens qui ont afflué vers la Vieille Ville pour défendre la mosquée d’Al-Aqsa et qui ont réussi à imposer une nouvelle victoire en forçant l’ennemi à retirer ses nouvelles mesures », a ainsi déclaré Hassan Nasrallah, selon un rapport publié dans le quotidien libanais al-Nahar.

Israël avait placé des détecteurs de métaux et des caméras aux entrées du mont du Temple suite à une attaque le 14 juillet, dans laquelle trois hommes arabes israéliens ont tué deux policiers israéliens avec des armes à feu qu’ils avaient introduites clandestinement sur le site sacré.

L’ensemble des mesures sécuritaires ont été retirées tôt mardi matin, sous l’intense pression du monde arabe et musulman.

Le Waqf de Jérusalem – l’institution jordanienne responsable de l’administration du site – ainsi que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avaient déclaré qu’ils continueraient à inciter les fidèles à prier dans les rues plutôt que dans leurs propres mosquées ou dans la mosquée d’Al-Aqsa, afin de faire pression sur Israël pour supprimer toutes les nouvelles mesures de sécurité mises en place depuis l’attaque du 14 juillet.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas a également appelé à un « jour de colère » pour le deuxième vendredi qui suit l’attaque perpétrée sur le site, décrivant néanmoins le retrait des détecteurs comme une victoire sur Israël.

Abbas a souligné mardi qu’il maintiendrait un gel de la coordination de la sécurité avec Israël – une étape sans précédent imposée à la suite du placement des détecteurs de métaux aux entrées du site – « à moins que toutes les mesures ne reviennent à ce qu’elles étaient avant » l’attaque du 14 juillet.

La coopération en matière de sécurité entre Israël et les Palestiniens, en place depuis des années, malgré des relations diplomatiques presque gelées, est considérée comme capitale pour Israël et la faction Fatah d’Abbas pour lutter contre la violence en Cisjordanie et celle du Hamas en particulier.

 

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Mont du Temple : Le Hamas crie “victoire” lors d’une parade militaire à Gaza

Le groupe terroriste palestinien et le Fatah de Mahmoud Abbas appellent à des manifestations de masse vendredi

L'entrée du mont du Temple depuis la porte des Lions, après le retrait des détecteurs de métaux, le 25 juillet 2017 (Crédit : Raoul Wootliff/Times of Israel)

L’entrée du mont du Temple depuis la porte des Lions, après le retrait des détecteurs de métaux, le 25 juillet 2017 (Crédit : Raoul Wootliff/Times of Israel)

Près de 2 000 officiers membres des forces de l’ordre ont défilé pour manifester leur « activités solidaires » avec les manifestations en Cisjordanie contre les nouvelles mesures de sécurité sur le mont du Temple, a déclaré le ministère dans un communiqué.

Évoquant la prétendue « victoire palestinienne sur Israël, en référence au retrait des détecteurs de métaux sur le lieu saint mardi, le Hamas a appelé à un « jour de colère » vendredi à travers la Cisjordanie.

Le Hamas a appelé ses partisans en Cisjordanie à prendre part à des « marches de colère » suite aux différentes mesures prises au mont du Temple, après l’attentat terroriste.

C’est le deuxième appel de ce genre en deux semaines de la part du Hamas.

Le parti au pouvoir de l’Autorité palestinienne, le Fatah, a également appelé ses partisans, pour la deuxième semaine consécutive, à descendre dans les rues de Jérusalem et de Cisjordanie vendredi pour s’opposer aux mesures de sécurité du mont du Temple.

Israël a retiré les détecteurs de métaux du mont du Temple mais a laissé en place les grillages et les échafaudages.

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Israel Hayom, dans une attaque inédite, fustige Netanyahu, le qualifiant de »faible » et « impuissant »

Le quotidien, propriété d’Adelson, longtemps connu pour soutenir le Premier ministre, déplore aujourd’hui sa « reddition » dans l’impasse des détecteurs de métaux au mont du Temple

Un distributeur du journal Israel Hayom offre des copies gratuites aux passants à Jérusalem (Crédit :  flash90)

Un distributeur du journal Israel Hayom offre des copies gratuites aux passants à Jérusalem (Crédit : flash90)

Ce gros titre renvoie à un article d’opinion consacré à ce que son auteur Mati Tuchfeld qualifie de « reddition des détecteurs de métaux ». Tuchfeld y critique la décision prise par le Premier ministre d’ôter les caméras de sécurité ainsi que les détecteurs de métaux qui avaient été installés aux abords du mont du Temple à Jérusalem, dans une tentative d’apaiser les tensions croissantes, après le meurtre de deux policiers le 14 juillet sur le mont du Temple par trois Arabes israéliens.

Cette décision de Netanyahu « a été prise directement contre sa base politique », accuse-t-il.

En alternative aux détecteurs, le cabinet sécuritaire a convenu d’installer dans les six mois des caméras haute-résolution capables de détecter des objets cachés. Dans le même temps, Netanyahu aurait donné pour instructions aux policiers d’effectuer des contrôles individuels sur les fidèles musulmans en utilisant des détecteurs de métaux à main.

Les mesures de sécurité avaient été établies la semaine dernière suite à l’attentat terroriste commis le 14 juillet durant lequel trois terroristes arabes israéliens avaient utilisé des armes à feu introduites clandestinement au sein du complexe, tuant deux policiers qui montaient la garde à proximité.

L'homme d'affaires milliardaire américain Sheldon Adelson avec Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 12 août 2007. (Crédit : Flash90)

Israel Hayom, qui est la propriété du milliardaire Sheldon Adelson, a affiché depuis des années une loyauté sans faille à Netanyahu. Son soutien ardent au Premier ministre s’est caractérisé par la minimisation de ses échecs, l’exacerbation des éloges autour de ses réussites et la condamnation de ses critiques.

Ce comportement a fait gagner au journal le qualificatif de « Bibiton » — combinaison du surnom de Netanyahu, Bibi, et du mot hébreu désignant un journal, iton.

Mais des analystes des médias ont noté un changement dans sa couverture récemment qui pourrait laisser suggérer un rafraîchissement dans le soutien apporté par le quotidien à Netanyahu et à sa famille.

Ainsi, au mois de juin, Israel Hayom a fait sa Une sur un plan du Premier ministre visant à faire adopter une loi exigeant le soutien presque impossible de la majorité des deux-tiers à la Knesset avant de pouvoir procéder à une division de Jérusalem dans le cadre d’un éventuel processus de paix avec les Palestiniens. Le gros titre, en caractères gras, était accompagné d’une photo du ministre de l’Education Naftali Bennett qui, pour sa part, a gagné lentement l’appui d’Adelson.

Le ministre de l'Education Naftali Bennett avec son épouse Gilat et Sheldon Adelson et sa femme Miriam lors de la cérémonie de pose de la première pierre de la nouvelle école de médecine de l'université d'Ariel, le 28 juin 2017 (Autorisation)

Quelques semaines plus tard, lors d’un repas organisé à l’occasion de la cérémonie marquant l’ouverture d’une nouvelle école de médecine et de sciences de la santé à l’université d’Ariel en Cisjordanie, c’est Bennett qui s’est assis aux côtés d’Adelson et les deux hommes ont été vus en train échanger chaleureusement l’un avec l’autre au cours d’une longue conversation privée.

Netanyahu, pour sa part, était assis à une table différente et, durant la cérémonie, s’est tenu à distance d’Adelson, maladroitement séparé par l’un des ministres de son cabinet.

Adelson serait furieux envers Netanyahu en raison d’un entretien qu’aurait eu le Premier ministre avec Arnon « Noni » Mozes, directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, qui aurait porté sur un compromis qui aurait porté préjudice à Israel Hayom.

Adelson aurait déclaré le mois dernier à la police israélienne qu’il avait été « surpris, déçu et furieux » d’apprendre l’existence de cette conversation. Le magnat des casinos avait été interrogé pendant quatre heures au sein de l’unité anti-corruption Lod pour la deuxième fois en moins d’un mois en raison d’une enquête – l’une des deux enquêtes de corruption en cours ouvertes sur Netanyahu.

Dans des enregistrements de leurs entretiens qui avaient été saisis par la police, Netanyahu et Mozes auraient été entendus faisant référence à Adelson sous le nom du « roux ».

Pour s’assurer que le titre anti-Netanyahu paru mercredi atteindra le plus grand public possible, Israel Hayom a également envoyé une notification directe aux utilisateurs de son application mobile.

Raphael Ahren et Raoul Wootliff ont contribué à cet article.

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Netanyahu transforme une capitulation en triomphe personnel

La crise en Jordanie a ouvert la voie à un revirement sur le mont du Temple qui aura permis au Premier ministre de sauver les apparences. Une volte-face qui aura été négociée par le chef du Shin Bet, cet homme auparavant tourné en dérision

Benjamin Netanyahu s'entretient au téléphone avec l'ambassadrice israélienne au Caire Einat Shlain le garde de sécurité impliqué dans l'incident (Crédit : autorisation)

Lorsque trois terroristes arabes israéliens parviennent à tuer deux policiers druzes à l’aide d’armes à feu qu’il ont introduit clandestinement sur le lieu saint, comme c’est arrivé le 14 juillet, il est difficile de douter de la légitimité de contrôles de sécurité effectués sur celles et ceux qui entrent dans le complexe du mont du Temple.

Mais la manière dont les détecteurs de métaux et autres mesures de sécurité ont été imposés – sans coordination préalable avec la Jordanie, le Waqf jordanien (l’autorité musulmane qui administre le site), ou même l’Autorité palestinienne – a été plus que malheureuse.

« Le mont du Temple est entre nos mains », a maintenu Israël depuis 1967 mais – au grand chagrin de nombreuses personnes – il ne se trouve pas seulement entre les mains d’Israël. Les événements survenus au cours des dix derniers jours soulignent le prix élevé, notamment le prix du sang, que doivent payer ceux qui tentent d’ignorer ce fait.

Le mont se trouve également entre les mains des Jordaniens, grâce à la décision prise par Israël d’autoriser le Waqf à continuer d’administrer le site au lendemain de la guerre des Six Jours.

Les Jordaniens transportent un modèle du Dôme du Rocher durant une manifestation à Amman contre les nouvelles mesures sécuritaires sur le mont du Temple, le 21 juillet 2017 (Crédit :/Khalil Mazraawi/AFP)

Et aussi troublant que cela puisse être pour Israël, il y a également le facteur palestinien à prendre aussi en compte – pas seulement l’Autorité palestinienne mais les Palestiniens dans leur ensemble, pour lesquels le mont du Temple, la mosquée Al-Aqsa, sont un symbole à la fois religieux et national. Le sort d’Al-Aqsa touche les sensibilités les plus aiguës de l’opinion publique palestinienne, mais aussi arabe et musulmane au sens large – très large. Que cela nous plaise ou non, qu’il soit officiel ou non, ils ont également un rôle dans la prise de décision sur le mont.

Le gouvernement actuel israélien préfère habituellement ignorer les Palestiniens, mettre sur la touche le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et parler aux Jordaniens. Mais exclure les Palestiniens n’a résulté qu’en une plus grande influence acquise par les mouvements islamiques sur le mont : le Hamas et la branche du nord du mouvement islamique – mise hors la loi – ont pu ainsi être en mesure d’étendre leur sphère d’influence tandis que l’AP a été détrônée. Et pour eux, Al-Aqsa est le carburant qui permettra d’enflammer les masses, d’enflammer l’atmosphère et de provoquer les violences.

L'entrée du mont du Temple depuis la porte des Lions, après le retrait des détecteurs de métaux, le 25 juillet 2017 (Crédit : Raoul Wootliff/Times of Israel)

Le retrait des détecteurs de métaux, mardi matin, est toutefois une mauvaise nouvelle pour les Islamistes. Ils vont tenter de revendiquer une victoire et clamer que c’est à eux que revient la capitulation israélienne. Mais le démantèlement des portiques aura offert la victoire à tous ceux qui se sont tenus à l’entrée du mont du Temple pour manifester contre les détecteurs mais qui n’appartiennent ni au Hamas, ni à la branche du nord, ni à n’importe quelle autre organisation.

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh et le porte-parole Fawzi Barhoum lors d'une manifestation dans la ville de Gaza le 22 juillet 2017 contre les nouvelles mesures de sécurité mises en oeuvre en Israël sur le lieu saint, avec notamment des détecteurs de métaux et des caméras, suite à un attentat qui a tué deux policiers israéliens la semaine précédente (Crédit : /Mohammed Abed/AFP)

Le démantèlement des détecteurs est également une mauvaise nouvelle pour les militants de l’extrême-droite qui tentent de faire avancer leur propre agenda sur le mont du Temple et réaliser une souveraineté israélienne pleine et entière là-bas – en gagnant le droit à la prière juive, à une synagogue et, au bout du compte, à un Troisième temple.

Cette capitulation constitue une reconnaissance de facto de la part du gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu des limites de ses pouvoirs sur le mont. Ces militants ont pu constater, mardi matin, qu’il existe quelque chose ou quelqu’un qui effraie le Premier ministre Benjamin Netanyahu plus qu’ils ne l’effraient eux-même. C’est la perspective d’une escalade majeure de violence ou la guerre. Netanyahu peut jouer avec le feu, il peut permettre à des ministres comme Naftali Bennett et Ayelet Shaked du parti HaBayit HaYehudi et Miri Regev du Likud de déterminer la politique menée par le cabinet pendant quelques jours. Mais au moment où de vrais problèmes surviennent à l’horizon, Netanyahu lui-même se précipite à céder – même s’il présente ses concessions comme de bonnes réalisations.

Naftali Bennett, ministre de l'Education, pendant le Forum Education et Economie à Jérusalem, le 22 mars 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Dans le cas de la reculade actuelle, Netanyahu doit – de manière assez ironique – remercier « Ziv ». Ziv — son identité entière a été placée sous ordonnance de non-publication – c’est le nom du garde de sécurité israélien qui a tué deux Jordaniens par arme à feu, dont un tentait de le poignarder, dans l’enceinte de l’ambassade israélienne d’Amman.

Après l’attaque, dimanche en début de soirée, les Jordaniens ont interdit à Ziv et aux autres personnels diplomatiques de revenir en Israël. Ils ont insisté pour pouvoir soumettre Ziv à un interrogatoire. Ce qui a poussé Netanyahu à envoyer Nadav Argaman, le chef des services de renseignement du Shin Bet, à Amman pour négocier un accord de sortie de crise avec les Jordaniens dans cette affaire.

Argaman, souvenons-nous, c’est ce même chef du Shin Bet qui avait recommandé le retrait rapide des détecteurs de métaux sur le mont du Temple pour devancer les explosions de violence du week-end dernier, mais qui avait été ignoré par Netanyahu tandis que ses partenaires de la droite l’avaient tourné en dérision, voyant en lui un alarmiste pris de panique. Lundi, Netanyahu a apparemment intériorisé que cette alarmiste représentait son meilleur espoir de retour au calme.

Il est difficile d’affirmer de manière définitive à ce stade que l’accord a été réfléchi par Argaman — éventualité qui, pas besoin de le dire, a été démentie par le bureau du Premier ministre. Mais il est possible qu’Argaman ait entrevu une possibilité de faire d’une pierre deux coups, en faisant revenir l’équipe de l’ambassade en Israël et en se débarrassant des détecteurs de métaux.

Le fait est, en tout cas, que quelques heures après qu’Argaman soit revenu de son bref passage en Jordanie, le personnel de l’ambassade, dont Ziv, étaient sur le chemin du retour et que les détecteurs de métaux – qui étaient jusqu’à présents absolument indispensables à la sécurité – ont été retirés.

Nadav Argaman, directeur du Shin Bet, devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Argaman a fait le travail et a offert à son patron, Netanyahu, les moyens d’émerger de la crise en vainqueur. Une conversation entre Netanyahu et l’ambassadrice israélienne en Jordanie, Einat Schlein, ainsi que le garde « Ziv », qui a eu lieu immédiatement après leur retour en Israël, a été enregistrée et distribuée aux médias. « Je vous avais dit que je vous ferais revenir chez vous », dit le Premier ministre au garde de la sécurité reconnaissant. « Et vous y êtes dorénavant. Chez vous ».

Netanyahu a même demandé à Ziv s’il avait eu le temps de fixer un rendez-vous amoureux avec sa petite amie.

Une crise ? Quelle crise ?

 

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