Le Rabbin de Pittsburgh prie au nom de “Yéshoua haMachiah” et crée la polémique !

Pittsburgh : La venue d’un « rabbin » amené par Pence suscite une vive indignation

Loren Jacobs a invoqué “Jésus le messie” dans sa prière. Le vic-président a affirmé ne pas connaître cet homme invité à l’événement par la candidate juive républicaine Lena Epstein

Le vice-président Mike Pence, à droite, prie avec le "rabbin" Loren Jacobs, pour les victimes de la fusillade de la synagogue de Pittsburgh lors d'un rassemblement républicain à Waterford, dans le Michigan (Crédit : Tanya Moutzalias/Ann Arbor News-MLive.com via AP)

Le vice-président Mike Pence, à droite, prie avec le “rabbin” Loren Jacobs, pour les victimes de la fusillade de la synagogue de Pittsburgh lors d’un rassemblement républicain à Waterford, dans le Michigan (Crédit : Tanya Moutzalias/Ann Arbor News-MLive.com via AP)

Le vice-président américain Mike Pence a suscité l’indignation lundi, lorsque le « rabbin » qu’il a invité à monter sur scène pour prier en mémoire des victimes du massacre commis dans une synagogue de Pittsburgh s’est avéré être un chrétien messianique qui a invoqué « Jésus le messie ».

Un porte-parole de Pence a toutefois indiqué ultérieurement que le vice-président américain ne connaissait pas le rabbin Loren Jacobs, de la congrégation messianique Shema Yisrael, lorsqu’il l’a invité à le rejoindre à la tribune pour prier pour les victimes lors d’un rassemblement de campagne organisé dans le Michigan.

Le judaïsme messianique – porté par ceux qui disent s’appeler les Juifs pour Jésus – combine les traditions juives et l’idée que Jésus-christ est le prochain messie. Certains juifs messianiques voudraient que le mouvement soit reconnu comme un courant du judaïsme, mais les principaux mouvements juifs rejettent cette idée, affirmant que l’idéologie prônée est une contradiction en elle-même.

La prière a suscité l’indignation. De nombreuses personnes sur les réseaux sociaux ont exprimé leur colère face à l’incapacité du vice-président de trouver un rabbin juif pour diriger une prière en mémoire de victimes assassinées dans une synagogue.

Un conseiller de Pence a fait savoir que Jacobs avait été invité pour prier à l’événement organisé dans le comté de Waterford, dans la banlieue de Detroit, par la candidate républicaine au Congrès Lena Epstein. L’officiel a affirmé que Pence ignorait qui était Jacobs lorsqu’il lui a demandé de le rejoindre à la tribune pour la prière en mémoire des victimes, pour leurs familles et pour la nation.

Alors que Pence se tenait à ses côtés, Jacobs a terminé sa prière en disant « au nom de Jésus ».

Le conseiller n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement sur ce qui est arrivé et il a parlé sous couvert d’anonymat. « Il n’a pas été invité par le bureau du vice-président pour parler au nom de la communauté juive », a précisé le conseiller.

Epstein, qui s’est vantée de ses origines juives, a expliqué avoir invité le rabbin « parce que nous devons nous unir en tant que nation – tout en reconnaissant nos différences religieuses – dans le sillage de ce qui s’est passé en Pennsylvanie ». Elle a expliqué que ceux qui attaquaient ou s’en prenaient à Pence en raison de cette prière se rendaient « coupables de rien de moins que d’intolérance religieuse ».

« Je suis fière de ma foi et je suis impatiente de devenir la seule femme juive républicaine au Congrès », a-t-elle ajouté.

Le rabbin du secteur de Détroit, Jason Miller, a indiqué sur Facebook qu’il y avait au moins 60 rabbins officiant dans le Michigan et que « pourtant, le seul qu’on a pu trouver pour diriger la prière en mémoire des 11 victimes juives de Pittsburgh au rassemblement de Mike Pence était un rabbin des juifs pour Jésus ? C’est pathétique ! », a-t-il commenté.

Jordan Acker, avocat juif qui se présente sous l’étiquette démocrate au Conseil des régents de l’université du Michigan, a critiqué Epstein sur Twitter. Il a estimé qu’elle s’était montrée « profondément insensible pour avoir fait venir à la tribune un groupe dont la mission entière est de convertir les juifs » quelques jours après le pire acte de violence antisémite de toute l’histoire des Etats-Unis.

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NdlR : et une autre polémique…. ces Juifs libéraux étaient-ils de vrais Juifs ? C’est stupide…. NON ! C’est le Judaïsme d’aujourd’hui, borné et sectaire. 

 

Savoir si Tree of Life est une synagogue n’a pas d’importance, dit David Lau

Le grand-rabbin d’Israël affirme qu’il est évident que les victimes ont été tuées parce que juives, dans un lieu “au caractère juif marqué”, et parle de son “désaccord idéologique”

Le grand rabbin d'Israël David Lau lors d'une cérémonie spéciale pour les nouveaux immigrants d'Amérique du Nord au nom de l'organisation Nefesh BNefesh, à l'aéroport Ben Gurion dans le centre d'Israël le 15 août 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le grand rabbin d’Israël David Lau lors d’une cérémonie spéciale pour les nouveaux immigrants d’Amérique du Nord au nom de l’organisation Nefesh BNefesh, à l’aéroport Ben Gurion dans le centre d’Israël le 15 août 2017 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le grand-rabbin ashkénaze d’Israël David Lau a condamné dimanche l’attentat contre la synagogue massorti Tree of Life de Pittsburgh, mais n’a pas pu se résoudre à qualifier le lieu de culte de synagogue, et l’a défini comme « un lieu à caractère juif marqué ».

Lau, un ultra-orthodoxe et un ennemi juré des courants libéraux du judaïsme, a, l’an dernier, avec son homologue séfarade le rabbin Yitzhak Yosef, contribué à rejeter l’accord sur la création d’un espace de prière égalitaire au mur Occidental.

Le journaliste qui a interviewé Lau lui a demandé d’expliquer pourquoi, « dans les médias ultra-orthodoxes, ils refusaient de qualifier Tree of Life de synagogue conservatrice, mais, dans le meilleur des cas, évoquaient un ‘centre juif’ ».

Lau a répondu que l’appellation du lieu de l’attaque n’avait pas d’importance.

Le journaliste a alors dit : « mais c’était une synagogue » ?

« Ils ont été tués parce qu’ils étaient Juifs. La question de leur synagogue ou de leur tradition liturgique n’importe pas. »

« Nous parlons de Juifs », a répliqué Lau. « Nous n’avons pas à faire de problèmes dans des moments douloureux. »

« J’ai un profond désaccord idéologique avec eux, au sujet du judaïsme, sur son passé et sur les conséquences pour le futur du peuple juif pour les générations à venir. Alors quoi ? Ils ne sont pas Juifs pour autant ? », a-t-il ajouté.

« Des Juifs ont été tués dans un endroit qui, pour le tueur, était un lieu au caractère juif très marqué. Un endroit avec des rouleaux de Torah, des Juifs enveloppés dans des talith (châles de prière), avec des livres de prière, il y a des gens qui y étaient pour se rapprocher de Dieu », a-t-il dit. « Parce que le tueur est allé spécifiquement là-bas, et nulle part ailleurs. C’est pour cela qu’il y a de la douleur et de la colère. »

Les autorités ont indiqué que Robert Bowers, 46 ans, a tué huit hommes et femmes au sein de la synagogue Tree of Life samedi matin, durant l’office, avant qu’une équipe policière ne le blesse. Bowers s’expose à des poursuites d’Etat et fédérales.

Le docteur Karl Williams, médecin légiste en chef du comté d’Allegheny, en Pennsylvanie, a identifié les 11 victimes. Il s’agit de Joyce Feinberg, âgée de 75 ans, Richard Gottfried, âgé de 65 ans, Rose Mallinger, âgé de 97 ans, Jerry Rabinowitz, âgé de 66 ans, Cesil Rosenthal, âgé de 59 ans, David Rosenthal, âgé de 54 ans, Bernice Simon, âgée de 84 ans, Sylvan Simon, âgé de 86 ans, Daniel Stein, âgé de 71 ans, Melvin Wax, âgé de 88 ans et Irving Younger, âgé de 69 ans.

Le tireur a crié « tous les Juifs doivent mourir », en entrant dans la synagogue, et a commencé à tirer. Un échange de tirs a eu lieu entre les policiers et le tireur, avant que ce dernier ne se barricade dans la synagogue, et se rende.

Lau avait déjà, dans le passé, rejeté les préoccupations des Juifs américains, dont la majorité est affiliée à des courants libéraux du judaïsme.

L’an dernier, après avoir torpillé le compromis du mur Occidental, il avait rejeté la colère suscitée par le gel du projet, affirmant que les Juifs américains ne se préoccupaient pas du lieu saint, et que 85 % d’entre eux n’étaient jamais venus en Israël.

Pour lui, le plus grand problème des Juifs américains n’était pas le mur Occidental, ni le projet de loi sur les conversions, mais les mariages inter-communautaires et l’apathie à l’égard de l’Etat hébreu.

Dimanche, le président de l’Union sioniste Avi Gabbay s’est fait l’écho du vice-ministre Michael Oren et appelé à la reconnaissance des courants libéraux du judaïsme, à la suite de cette fusillade.

« Les Juifs libéraux étaient suffisamment juifs pour être assassinés mais leur courant n’est pas suffisamment juif pour être reconnu par l’Etat d’Israël », a écrit Oren sur Twitter.

« Le meurtre fragilisera les communautés qui sont d’ores et déjà en lutte avec l’assimilation. Israël doit renforcer les communautés en resserrant les liens entretenus avec elles », a-t-il dit.

« J’appelle le ministre Bennett à ne pas se contenter de condoléances mais à reconnaître les courants libéraux et à créer l’union », a-t-il ajouté dans un second tweet en hébreu.

Il s’adressait fait que le ministre de l’Education Naftali Bennett, qui détient également le portefeuille du ministère des Affaires de la Diaspora, s’est envolé vers Pittsburgh quelques heures après la fusillade, pour se rendre à la synagogue, rencontrer la communauté juive locale et assister aux funérailles des victimes.

Le chef du parti d’opposition Yesh Atid, Yair Lapid, s’est également fait l’écho de Gabbay et d’Oren, appelant à la reconnaissance des courants libéraux du judaïsme.

« Si vous êtes tués parce que vous êtes Juifs, alors vous l’êtes », a-t-il dit dans une déclaration samedi soir. « Les conservateurs et les réformés sont nos frères. Ils sont notre famille. »

« C’est une bonne chose que le ministre de l’Education se soit rendu à Pittsburgh pour consoler et renforcer, mais la relation avec la majorité des Juifs américains ne peut pas être basée sur les condoléances et le chagrin », a déclaré Lapid. « Nous ne pouvons pas ramener les morts, mais nous avons le devoir de réparer notre relation avec les vivants. »

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