H7N9 détecté à PEKIN…

Les autorités sanitaires ne disposent pour l'instant d'aucune preuve tendant à prouver que le virus H7N9 peut se transmettre d'homme à homme. La dernière personne morte était un retraité de 74 ans de Shanghaï, a indiqué la municipalité, où se sont produites six des dix morts. La souche H7N9 de la grippe aviaire, qui ne s’est jusqu’ici pas transmise à l’homme, a infecté au total 38 personnes dans l’est de la Chine.

Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a qualifié jeudi l’épidémie de “situation assez exceptionnelle”, précisant que la détection du virus chez les volailles est rendue très difficile par l’absence de symptômes visibles. “Nous avons affaire à un virus influenza très faiblement pathogène pour les oiseaux et qui a la capacité de provoquer une maladie grave chez les personnes infectées”, a expliqué Bernard Vallat, le directeur général de l’organisation, dans un communiqué.

Le H5N1 est apparu pour la première fois à Hongkong, le H7N9 à Shanghaï. Cela s’explique par la densité humaine de ce continent, ainsi que les modes de vie : les habitants ont l’habitude de vivre avec les volailles au sein même de leur habitation. Ces contacts favorisent la mutation et la transmission des virus.

Il n’existe aucune preuve d’une transmission d’homme à homme du virus H7N9, a assuré pour sa part l’organisation mondiale de la santé (OMS). “Nous sommes confrontés à une situation assez exceptionnelle car nous avons affaire à un virus influenza très faiblement pathogène pour les oiseaux et qui a la capacité de provoquer une maladie grave chez les personnes infectées”, souligne le directeur général de l’organisation mondiale de la santé animale (OIE), Bernard Vallat.

La grippe aviaire la plus commune, celle du virus H5N1, avait fait plus de 360 morts dans le monde entre 2003 et le 12 mars 2013, selon l’OMS. Les scientifiques craignent qu’une mutation virale ne permette des contaminations d’homme à homme, ce qui pourrait déclencher une pandémie.

 

Dixième victime du virus H7N9 en Chine

Le Monde.fr avec AFP et Reuters| • Mis à jour le

Selon l'Organisation mondiale de la santé animale, des nouveaux cas de grippe aviaire ont été décelés sur cinq marchés aux volailles de l'est de la Chine.
Selon l’Organisation mondiale de la santé animale, des nouveaux cas de grippe aviaire ont été décelés sur cinq marchés aux volailles de l’est de la Chine. | AFP/STR

 

Le virus H7N9 de la grippe aviaire a fait un dixième mort jeudi 11 avril en Chine, dans l’est du pays, où les autorités, pour tenter d’endiguer la propagation de l’infection, ont interdit aux particuliers d’élever des volailles à domicile.

La dernière personne morte était un retraité de 74 ans de Shanghaï, a indiqué la municipalité, où se sont produites six des dix morts. La souche H7N9 de la grippe aviaire, qui ne s’est jusqu’ici pas transmise à l’homme, a infecté au total 38 personnes dans l’est de la Chine. Un petit garçon de Shanghaï qui était porteur du virus a lui été déclaré guéri et a pu quitter l’hôpital.

Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a qualifié jeudi l’épidémie de “situation assez exceptionnelle”, précisant que la détection du virus chez les volailles est rendue très difficile par l’absence de symptômes visibles. “Nous avons affaire à un virus influenza très faiblement pathogène pour les oiseaux et qui a la capacité de provoquer une maladie grave chez les personnes infectées”, a expliqué Bernard Vallat, le directeur général de l’organisation, dans un communiqué.

PROMESSE DE VACCIN

Alors que le bilan humain augmente, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est voulue rassurante, affirmant qu’il n’y avait, à ce stade, aucun signe d’une transmission d’homme à homme. Interrogé par Le Monde.fr, Vincent Enouf, virologue et responsable adjoint du Centre national de référence des virus influenzae (grippe) de l’Institut Pasteur, estime pourtant qu’une mutation du virus reste possible à n’importe quel moment.

Lire l’entretien : Le virus H7N9 a muté de façon favorable à une transmission d’homme à homme

Face au H7N9, le ministère de la santé chinois a promis “d’entretenir des canaux de communication et d’information avec l’OMS ainsi qu’avec les pays et les régions concernés, et de renforcer les mesures de surveillance et de prévention”. L’agence chinoise du médicament a autorisé la mise au point d’un vaccin contre le H7N9 et celui-ci devrait être disponible avant le milieu de l’année.

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“Le virus H7N9 a muté de façon favorable à une transmission d’homme à homme”

Le Monde.fr| • Mis à jour le

Propos recueillis par Audrey Garric

Les autorités sanitaires ne disposent pour l'instant d'aucune preuve tendant à prouver que le virus H7N9 peut se transmettre d'homme à homme.
Les autorités sanitaires ne disposent pour l’instant d’aucune preuve tendant à prouver que le virus H7N9 peut se transmettre d’homme à homme. | AP

 

Alors que le bilan des infections au virus H7N9 de la grippe aviaire s’aggrave en Chine, avec 21 cas déclarés dont six décès, l’Organisation mondiale de la santé s’est voulue rassurante, lundi 8 avril, affirmant qu’il n’y avait, à ce stade, aucun signe d’une transmission d’homme à homme. Pour Vincent Enouf, virologue et responsable adjoint du Centre national de référence des virus influenzae (grippe) de l’Institut Pasteur, une mutation du virus reste possible à n’importe quel moment, ce qui pourrait déclencher une pandémie.

Lire : Grippe aviaire : aucun signe de transmission interhumaine, selon l’OMS

En quoi le H7N9 diffère-t-il d’autres souches du virus de la grippe aviaire ?

Vincent Enouf : Le H7N9, découvert il y a un mois dans la région de Shanghaï, est une nouvelle souche de grippe, comme il en existe déjà des dizaines. Tous ces virus possèdent à leur surface deux protéines externes, l’hémagglutinine (la lettre H) et la neuraminidase (N), qui leur permettent de se fixer sur un récepteur de la cellule cible puis de se décrocher de la membrane cellulaire pour infecter d’autres cellules. Il existe 16 formes différentes d’hémagglutinine et 9 de neuraminidase. Toutes les combinaisons existent dans la faune animale, en particulier chez les espèces aviaires.

Dans la majorité des cas, ces virus ne touchent que les oiseaux. Mais parfois, en mutant, ils acquièrent des capacités qui leur permettent de passer la barrière d’espèce et d’infecter l’homme. Cela a été le cas en 2001 avec le virus H5N1, qui a fait 370 morts, en 2009 avec le H1N1 (grippe A) et actuellement pour le H7N9.

Une combinaison spécifique de mutations génétiques rend le virus plus ou moins dangereux pour l’homme. Dans le cas du H7N9, la souche, dont la concentration dans l’air est très élevée, entraîne des pneumonies, accompagnées de fièvres, toux et essoufflement. Il peut provoquer des complications graves chez les personnes fragiles ou porteuses de terrains de maladies chroniques. Par contre, contrairement au H5N1, il ne tue pas forcément les volailles qu’il infecte. Ainsi, les agriculteurs ne voient pas les élevages contaminés, ce qui permet une diffusion plus grande du virus.

A Shanghaï, les autorités sanitaires ont ordonné, jeudi 4 avril, un abattage en masse de volailles et la désinfection des locaux du marché de Huhuai.
A Shanghaï, les autorités sanitaires ont ordonné, jeudi 4 avril, un abattage en masse de volailles et la désinfection des locaux du marché de Huhuai. | Reuters/CARLOS BARRIA

 

Le virus H7N9 peut-il se transmettre d’homme à homme ?

Pour l’instant, nous ne disposons d’aucune preuve tendant à prouver que le virus H7N9 peut se transmettre d’homme à homme. Les autorités sanitaires chinoises surveillent la centaine de personnes qui ont été au contact des 21 patients infectés. Il s’agit de voir si elles contractent elles aussi le H7N9 sans avoir été au contact d’animaux.

Cette surveillance devra durer longtemps dans la mesure où le virus peut à tout moment muter et acquérir les capacités de passer d’homme à homme. Une mutation l’a déjà rendu capable de prospérer à des températures plus basses que celles qui lui sont habituelles chez les oiseaux, ce qui lui a permis de se fixer sur les récepteurs localisés dans les voies respiratoires supérieures de l’homme. C’est une mutation favorable à une transmission d’homme à homme.

Peut-on prévoir l’évolution de ce virus ?

Non, les mutations et la diffusion des virus sont impossibles à prévoir. Le H7N9 peut retourner dans le monde aviaire pour y disparaître ou bien réapparaître d’ici à quelques années ; il peut aussi se révéler de plus en plus actif et se transmettre d’homme à homme sur tous les continents. Dans ce cas là, il deviendrait un virus pandémique, comme le H1N1 ou le H3N2.

En cas de pandémie, cette souche pourrait alors devenir hautement contagieuse dans la mesure où elle n’est pas connue du système immunitaire humain, qui s’avère donc plus vulnérable. Le temps que les hommes fabriquent des anticorps et qu’un vaccin soit mis au point, le virus peut entraîner beaucoup de morts. Ensuite, au bout d’un moment, le virus finira par entrer dans le patrimoine viral humain et devenir un virus saisonnier, contre lequel on sait lutter.

Pourquoi ces virus apparaissent-ils plus fréquemment en Asie ?

Effectivement, le H5N1 est apparu pour la première fois à Hongkong, le H7N9 à Shanghaï. Cela s’explique par la densité humaine de ce continent, ainsi que les modes de vie : les habitants ont l’habitude de vivre avec les volailles au sein même de leur habitation. Ces contacts favorisent la mutation et la transmission des virus.

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