Espagne, Italie, Chypre… « les plans de sauvetage des banques ne peuvent pas fonctionner » selon le prix nobel de l’économie, STIGLITZ

Selon Joseph STIGLITZ, ancien économiste en chef de la Banque Mondiale et prix nobel de l’économie en 2001, le plan de sauvetage de l’Espagne à 100 milliards d’euros « ne marchera pas » !

Le plan de sauvetage des banques espagnoles risque de ne pas permettre à l’Espagne de sortir de la crise de la dette car l’Etat et les banques vont s’installer dans un cercle vicieux sans fin où chacun finance les déficits de l’autre, estime Joseph Stiglitz. « Le système fait que le gouvernement espagnol renfloue les banques et que les banques renflouent le gouvernement », souligne le lauréat du prix Nobel d’économie.

« C’est de l’économie vaudoue », a estimé Joseph Stiglitz dans l’interview accordée vendredi à Reuters, avant que les détails du plan ne soient connus. « Ca ne marchera pas et ça ne marche déjà pas. »

« L’Union européenne aurait davantage intérêt à accélérer son projet d’union bancaire », poursuit l’ancien conseiller du président américain Bill Clinton. « Il n’y a aucune chance, quand une économie entre ainsi en récession, qu’elle puisse mener une politique de relance de la croissance sans une forme de système européen », fait-il valoir.

Et de conclure : « L’Allemagne va devoir se poser la question: est-ce qu’elle veut payer le prix d’une implosion de l’euro, ou payer le prix d’un sauvetage de l’euro? », estime l’économiste américain. « Je croix que le prix à payer si l’euro s’effondre est bien plus élevé et j’espère qu’ils (les Allemands) vont en prendre conscience, mais ce n’est pas sûr. »

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Le Nobel de l’économie roule très clairement pour une Europe fédérale…c’est ce qu’on appelle « une élite pro-Nouvel Ordre Mondial ».  

    Mais si les plans de sauvetage à plusieurs centaines de milliards ne peuvent pas fonctionner, à quoi joue-t-on  exactement avec nos milliards ? QUI les encaissent réellement ?  

ECONOMIE ET POLITIQUE

Le sauvetage espagnol « ne marchera pas » alerte Stiglitz

Par Les Echos | 11/06 | 10:52 | mis à jour à 11:06 | 12commentaires

 

 

Le Nobel d’économie estime que la crise de la dette est plongée dans un cercle vicieux. « Le système fait que le gouvernement espagnol renfloue les banques et que les banques renflouent le gouvernement », souligne-t-il.

 

Reuters

Reuters

Reuters

 

Le plan de sauvetage des banques espagnoles risque de ne pas permettre à l’Espagne de sortir durablement de la crise de la dette car l’Etat et les banques vont s’installer dans un cercle vicieux sans fin où chacun finance les déficits de l’autre, estime Joseph Stiglitz.

 

« Le système fait que le gouvernement espagnol renfloue les banques et que les banques renflouent le gouvernement », souligne le lauréat du prix Nobel d’économie.

 

Les ministres des Finances de la zone euro ont convenu samedi de prêter jusqu’à 100 milliards d’euros à l’Espagne afin de lui permettre de renflouer ses banques en difficulté, Madrid s’engageant à préciser le montant de ses besoins dès que seront connus les résultats d’audits indépendants en cours sur son système bancaire.

 

Si l’Espagne devait solliciter la totalité de la somme, cela accroîtrait encore de 10% son ratio dette-PIB, qui devrait déjà atteindre 80% fin 2012 alors qu’il était de 68,5% fin 2011. Et cela rendrait d’autant plus problématique et coûteux pour le gouvernement espagnol d’émettre des obligations souveraines sur les marchés internationaux.

 

Les banques espagnoles, dont la Banque d’Espagne, ayant été les principaux acheteurs de la dette du pays en 2011, selon un rapport de la banque centrale espagnole, le risque est donc grand de voir le gouvernement se résigner à solliciter l’aide des établissements qu’il est en train d’essayer de sauver.

 

« C’est de l’économie vaudoue », a estimé Joseph Stiglitz dans l’interview accordée vendredi à Reuters, avant que les détails du plan ne soient connus. « Ca ne marchera pas et ça ne marche déjà pas. »

 

L’Union européenne aurait davantage intérêt à accélérer son projet d’union bancaire, poursuit l’ancien conseiller du président américain Bill Clinton.

 

« Il n’y a aucune chance, quand une économie entre ainsi en récession, qu’elle puisse mener une politique de relance de la croissance sans une forme de système européen », fait-il valoir.

 

« L’Allemagne se trompe »

 

Joseph Stiglitz est un critique de longue date des mesures d’austérité et des politiques de rigueur imposées par le Fonds monétaire international (FMI) aux pays en voie de développement en contrepartie de plans de soutien.

 

L’Union européenne a jusqu’à présent fait fausse route dans son approche de la crise de la dette, insiste-t-il, l’austérité n’ayant mené qu’à un ralentissement de la croissance et donc à une aggravation de la dette.

 

« Ca ne sert à rien de mettre en place un pare-feu si on jette en même temps de l’huile sur le feu. Il faut s’attaquer aux racines du problème et pour ce faire, il faut promouvoir la croissance », argumente-t-il.

 

L’accélération de l’union bancaire est le seul moyen de sortir du cercle vicieux de la dette, de renforcer la monnaie unique et au final, de rendre service à l’Allemagne qui, en tant que pays le plus riche de la zone euro, aura à assumer le coût le plus lourd pour mutualiser la dette et soutenir les dépenses publiques.

 

« L’Allemagne ne cesse de répéter que le renforcement de la rigueur budgétaire est la solution, mais ce diagnostic est totalement erroné », juge Joseph Stiglitz.

 

Berlin pourrait proposer lors du prochain sommet de l’UE, fin juin, une feuille de route vers une union budgétaire, mais la chancelière Angela Merkel s’oppose à l’émission d’obligations communes tant que les autres pays n’auront pas réduit leur dette et leur déficit budgétaire grâce à des politiques d’austérité.

 

Or, la situation des pays les plus fragiles ne cesse de se détériorer et les élections législatives dimanche prochain en Grèce pourraient déboucher sur une sortie d’Athènes de la zone euro, au risque de faire exploser la monnaie unique. Le plan de sauvetage de l’Espagne n’aurait alors représenté qu’un bref et illusoire répit pour l’UE.

 

« L’Allemagne va devoir se poser la question: est-ce qu’elle veut payer le prix d’une implosion de l’euro, ou payer le prix d’un sauvetage de l’euro? », estime l’économiste américain. « Je croix que le prix à payer si l’euro s’effondre est bien plus élevé et j’espère qu’ils (les Allemands) vont en prendre conscience, mais ce n’est pas sûr. »

 

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Après l’Espagne, l’Italie de retour dans la ligne de mire des marchés :

 

Après l’Espagne, l’Italie de retour dans la ligne de mire des marchés

L’Italie prochain « domino » de la crise de la zone euro ? Le plan d’aide aux banques espagnoles à peine annoncé, la péninsule est revenue lundi dans la ligne de mire des investisseurs qui ont envoyé ses banques au tapis en Bourse et ont fait remonter ses taux.

La question qui a taraudé les commentateurs italiens tout le week-end – à savoir si les marchés n’allaient pas reprendre la péninsule pour cible à présent que le problème des banques espagnoles était en passe d’être réglé – n’a pas mis longtemps à trouver une réponse…

Après avoir brutalement creusé ses pertes dans l’après-midi, la Bourse de Milan a clôturé lundi sur une chute de 2,79% alors que les autres bourses européennes ont fini en légère baisse ou en légère hausse.

Comme toujours en première ligne en cas d’aggravation de la crise, les banques, dont les portefeuilles débordent de titres de dette italienne, se sont effondrées, à l’image d’UniCredit et d’Intesa Sanpaolo, les deux plus grandes banques du pays, qui ont chuté de 8,81% et de 5,92%.

Signe de la méfiance des investisseurs à l’égard de la dette colossale de plus de 1.900 milliards d’euros de la troisième économie de la zone euro (120,1% du PIB fin 2011), les taux à dix ans de l’Italie sont de leur côté repassés au-dessus de la barre symbolique des 6% en fin d’après-midi

 » Le prochain domino ? »

Après avoir été considérée fin 2011 comme la prochaine victime de la crise, l’Italie avait réussi à regagner la confiance des marchés grâce aux mesures de rigueur et aux premières réformes structurelles adoptées par le gouvernement de Mario Monti.

Sa situation restait toutefois fragile, la récession risquant de compliquer l’assainissement de ses finances publiques.

Mais, désormais « alors que les problèmes des banques espagnoles sont moins criants avec les 100 milliards d’euros qui pourraient leur être accordés, la ligne de mire se déplace » et le marché « attaque autre chose et donc l’Italie », commente un analyste financier milanais sous couvert de l’anonymat.

« La spéculation en a fini avec l’Espagne, c’est maintenant au tour de l’Italie », abonde Tommaso Federici, responsable département gestion de Banca Ifigest.

Après la Grèce, le Portugal et l’Espagne, « il n’y a plus que le I d’Italie de l’acronyme PIGS », utilisé pour désigner les pays fragiles d’Europe du sud, « qui n’a pas reçu d’aide », souligne-t-il.

« L’Italie sera-t-elle le prochain domino à tomber ? », s’interroge Forex.com.

Aide extérieure

Selon son analyste, Kathleen Brooks, « les taux italiens ne sont pas à présent dans la zone de danger mais il y a des signes inquiétants (montrant) que les regards des investisseurs pourraient se tourner vers Rome » et il « n’est pas du domaine de l’impossible que l’Italie ait besoin un jour d’une aide ».

Dans un rapport publié vendredi, avant que l’Espagne n’accepte un plan d’aide pour ses banques, Citigroup allait plus loin en estimant que « l’Italie devrait probablement avoir besoin d’une aide extérieure à un certain moment ».

Le ministre du Développement économique, Corrado Passera, a pour sa part assuré lundi que le pays a « fait tout ce qui était nécessaire pour se sauver » et que la « forte discipline » budgétaire qu’il observe le place « parmi les pays qui peuvent le mieux affronter le tourbillon financier ».

« On ne peut pas dire que le risque de contagion n’existe pas mais je crois que la situation italienne est bien différente des autres », a-t-il insisté.

Rome devra en fournir la preuve mercredi et jeudi lors de deux émissions obligataires qui auront valeur de test et permettront de mesurer le caractère ou non passager de ce retour de la méfiance des investisseurs.

Copyright © 2012 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

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Chypre pourrait avoir besoin d’une aide financière internationale

Le Monde.fr avec Reuters | • Mis à jour le

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Le pays, qui représente 0,2 % de l'économie de la zone euro, a jusque-là été réticent à faire appel au soutien de l'UE, refroidi par l'expérience de la Grèce.
Le pays, qui représente 0,2 % de l’économie de la zone euro, a jusque-là été réticent à faire appel au soutien de l’UE, refroidi par l’expérience de la Grèce. | AFP/PATRICK BAZ

 

Chypre, pays membre de la zone euro, pourrait nécessiter une aide internationale avant la fin du mois, tant pour ses banques que pour ses finances publiques. « Le problème est urgent. Nous savons que la recapitalisation des banques [de l'île] doit être finalisée avant le 30 juin, et il ne reste plus que quelques jours », a déclaré, lundi 11 juin, le ministre chypriote des finances, Vassos Shiarly.

Chypre est sous pression pour secourir la deuxième banque du pays, Cyprus Popular Bank, fragilisée par son exposition à la Grèce, avant l’expiration du délai réglementaire fixé au 30 juin. Le pays doit prendre la présidence tournante de l’Union européenne pour six mois à partir du 1er juillet.

A la question de savoir si un éventuel soutien porterait principalement sur les banques, Vassos Shiarly a indiqué qu’à ses yeux il s’agirait plutôt d’un ensemble complet de mesures d’aides inspiré de ce qui a déjà été fait. Le pays, lourdement endetté et déficitaire, est exclu des marchés financiers depuis un an. Il aurait besoin de l’équivalent de 10 % de son produit intérieur brut (PIB) rien que pour redresser Popular. La banque est à la recherche d’un investisseur pouvant lui apporter 1,8 milliard d’euros, faute de quoi l’Etat devra lui-même y injecter des capitaux frais.

DISCUSSIONS AVEC DES PAYS EXTÉRIEURS À L’UE

Le ministre chypriote a dit ne pas être en mesure de chiffrer le montant total de l’aide qui pourrait être demandée. Chypre a un peu plus de 2 milliards d’euros de dette à court terme qui arrive à échéance l’année prochaine. Chypre a en théorie la possibilité de demander une aide le week-end prochain, ou celui du 23-24 juin, dans la mesure où l’attention devrait entre-temps se porter sur les élections législatives en Grèce prévues le 17 juin.

Le pays, qui représente 0,2 % de l’économie de la zone euro, a jusque-là été réticent à faire appel au soutien de l’Union européenne (UE), refroidi par l’expérience de la Grèce et redoutant les pressions qui pourraient s’exercer en contrepartie, notamment sur son régime fiscal, l’un des plus légers de l’UE.

Chypre a donc engagé des discussions séparées avec un pays tiers, dans l’espoir d’obtenir de meilleures modalités de sauvetage de la part des autres pays membres. Bien que ce pays n’ait pas été nommé, il pourrait s’agir de la Chine. Chypre s’est déjà vu accorder l’an dernier un prêt de 2,5 milliards d’euros de la part de la Russie, dont les versements doivent combler une part de son déficit de cette année.

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