Elections US : les démocrates se cherchent un candidat Juif ?

ndlr : pour affronter le nouveau Roi de Jérusalem [ Donald TRUMP ], les démocrates devront-ils alligne run candidat Juif pour récupérer leur électorat ?

Un président juif en 2020 ? Les voies pour une victoire de Sanders ou Bloomberg : le socialiste démocrate et l’ancien maire de New York milliardaire sont tous les deux de sérieux candidats pour devenir les premiers nominés démocrates juifs à la présidence

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders, candidat à l'investiture présidentielle démocrate, arrive avec sa femme Jane O'Meara Sanders pour parler devant des militants lors de la première soirée électorale à Manchester dans le New Hampshire, le mardi 11 février 2020. (AP Photo/Pablo Martinez Monsivais)

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders, candidat à l’investiture présidentielle démocrate, arrive avec sa femme Jane O’Meara Sanders pour parler devant des militants lors de la première soirée électorale à Manchester dans le New Hampshire, le mardi 11 février 2020. (AP Photo/Pablo Martinez Monsivais)

WASHINGTON (JTA) — En plus de concourir à l’investiture présidentielle démocrate, Bernie Sanders et Mike Bloomberg ont beaucoup d’autres points communs : ils ont plus de 75 ans, ils ont eu des parcours éducatifs difficiles et ils entretiennent des relations tendues avec le parti auprès duquel ils cherchent maintenant la nomination. Et les deux hommes voudraient bien avoir la chance de rentrer dans l’histoire comme le premier Juif jamais investi à la présidentielle.

Ensemble, ils représentent la meilleure chance qu’un Juif américain ait jamais eu d’accéder à la plus haute fonction du pays. Pendant un moment la semaine dernière, FiveThirtyEight, un prévisionniste de premier plan de la course à la présidentielle, a donné à Sanders 1 chance sur 2 de remporter la nomination alors que Bloomberg conservait une petite chance – ce qui signifiait qu’un candidat juif avait plus de chances qu’un autre d’être investi à la présidentielle. (Les chances ont depuis diminué même si Sanders a remporté la primaire du New Hampshire mardi.)

Les candidats reflètent aussi une tension au sein de la communauté juive américaine. Alors que la plupart des Américains juifs sont démocrates, certains sont des héritiers plus progressistes de l’activisme de gauche qui a caractérisé la politique juive du début du 20e siècle. D’autres, soucieux de protéger leurs avantages dans cette période incertaine ou profondément attachés à Israël et la politique de droite qui y est dominante depuis une décennie, ont adopté une approche plus centriste. Pour eux, un candidat comme Bloomberg est potentiellement digne d’intérêt.

Le chemin jusqu’à la présidentielle de novembre est long et tortueux, et il est totalement possible que ni Sanders ni Bloomberg ne finissent en tête des primaires. Mais voici comment ils pourraient bien être désignés – et pourquoi c’est important pour les Juifs américains.

 

Le chemin de Sanders vers la nomination est clair, si ce n’est incertain

Le calcul de Sanders est bien connu : tirer profit de sa large base de bénévoles engagés dans la campagne pour aller voter à chaque primaire. Et puisque les élections ne fonctionnent plus sur l’ancien système où le vainqueur d’une primaire remportait la voix de tous les délégués, Sanders peut grappiller quelques délégués dans chaque primaire – il pourrait bien finir par obtenir une majorité relative à la fin des primaires.

Il a un œil sur la Californie, où les électeurs ont tendance à être progressistes. Le Golden State (surnom de la Californie, ndlr) est un État clef puisqu’il dispose du plus grand nombre de délégués – 416 des 3 786 délégués qui votent dans le premier tour de la convention – et parce que cette année, la Californie a avancé sa primaire habituellement prévue en juin pour le Super mardi, le 3 mars, quand 16 primaires auront lieu dans le pays.

Obtenir de la Californie une majorité de délégués donnerait un nouveau souffle au candidat.

Sanders a fait campagne dans cet État bien plus que n’importe quel autre candidat, selon le journal Sacramento Bee. Et au moins jusqu’à ce que Bloomberg n’entre dans la course démocrate en novembre, il y dépensait aussi plus d’argent que n’importe quel autre candidat à la Maison Blanche.

Lors des précédentes élections, on savait généralement clairement au début du mois de mai qui serait le candidat pour les deux partis. En 2020 pourtant, avec un paysage démocrate saturé et la fin du système où le vainqueur d’une primaire empochait tous les délégués, le même calendrier pourrait bien ne plus être aussi vrai. Cela signifie que Sanders et ses militants sont sous pression pour mener une campagne de très haut niveau sur le terrain dans chaque scrutin qui s’annonce.

La campagne de Bloomberg serait facilitée par le succès de Sanders

Bloomberg, qui finance sa propre campagne, se focalise également sur la Californie. Il y a dépensé 13 millions de dollars en publicité pour sa campagne dans l’État alors que d’autres candidats se sont focalisés sur les premiers États que l’on considéraient autrefois comme fondamentaux pour s’assurer la nomination : l’Iowa, le New Hampshire, la Caroline du sud et le Nevada.

Bloomberg est probablement content de voir Sanders prendre la tête – le sénateur du Vermont et porte étendard du progressisme a presque fait jeu égal dans l’Iowa avec Pete Buttigieg, l’ancien maire de South Bend dans l’Indiana, avant d’arracher la victoire dans le New Hampshire. Une bonne performance de Sanders dans les premières primaires aidera à dégager le paysage des modérés en prévision du Super mardi, laissant ainsi la voie du centre ouverte à Bloomberg.

Bloomberg a fait campagne dans tous les États du Super mardi et a renforcé son personnel dans chaque État, mais aussi dans ceux qui votent les deux mardis suivants, avant d’investir dans d’autres États. C’est un indicateur clair qui montre à quel point il investit afin d’être une force majeure à la mi-mars.

L’objectif, selon des personnes au fait de la stratégie de Bloomberg, est d’obtenir assez de délégués à travers le processus des primaires pour qu’il puisse devenir le centriste le plus crédible. Si cela a bien lieu, et que Sanders garde sa position très à gauche, le Parti démocrate devra se poser la question d’identité qui reflète la fracture au sein des Juifs américains : faut-il aller vers la gauche ou se frayer un chemin au centre ? Bloomberg prendra le pari que les Américains feront le deuxième choix, et qu’ils le choisiront pour affronter Donald Trump en novembre.

« Les résultats du New Hampshire montrent que les Démocrates doivent rapidement se rassembler autour d’un candidat qui pourra battre Donald Trump, et Mike Bloomberg est le mieux placé pour former la grande coalition nécessaire afin de gagner en novembre », a déclaré un porte-parole de la campagne de Bloomberg à l’agence JTA.

Et s’il y avait une convention disputée ?

Selon FiveThirtyEight, il y a actuellement 1 chance sur 4 qu’aucun candidat ne puisse obtenir assez de délégués à travers la procédure des primaires pour s’assurer la nomination à la Convention nationale démocrate qui aura lieu dans le Milwaukee en juillet.

S’il s’agit de trancher entre Bloomberg et Sanders, Bloomberg – ou plus précisément son argent – pourrait bien avoir l’avantage. Les 3 979 délégués seront libérés de leur serment après le premier tour de vote, et ils seront rejoints par environ 770 « super délégués », élus du Congrès et officiels du parti entre autres.

Il s’agit d’une foule prête à succomber aux attraits de Bloomberg. Ce dernier s’est déjà fait connaître pour avoir fait profiter de ses largesses des circonscriptions qui auraient autrement été moins sous son charme. Bloomberg est connu pour sa générosité envers les campagnes et les causes de potentiels soutiens. En tant que maire, il a aussi utilisé son argent pour faire taire l’opposition.

Comme candidat à la présidentielle, Bloomberg a obtenu le soutien d’élus et de maires afro-américains – dont beaucoup sont d’anciens bénéficiaires de ses largesses – comme un moyen pour faire oublier son recours passé à la politique discriminatoire « d’interpeller et de fouiller ». Il semble que cette technique a fonctionné (et Bloomberg s’est également excusé pour cette pratique) : un sondage Quinnipiac montre que Bloomberg fait une percée auprès des afro-américains.

Si ce n’est pas maintenant, ensuite…

Supposons que d’ici juin, Elizabeth Warren, la progressiste, ait pris la tête de la course avec Pete Buttigieg, le centriste. Il n’y aura donc pas de candidat juif cette année.

Mais l’idée qu’un nominé juif soit inéluctable (une idée que Bloomberg a repris une fois pour expliquer pourquoi il avait choisi de ne pas se présenter en 2008) est loin d’avoir disparu. Qui attend en coulisses ? Les Démocrates ont adoré l’élu de Californie Adam Schiff pour son rôle de premier plan dans l’impeachment de Trump, et il y a eu beaucoup de discussions sur les réseaux sociaux pour une possible candidature de Schiff à la présidence.

Et le directeur de campagne de Trump, Brad Parscale, a déclaré que les Trump allaient devenir une dynastie comme les Kennedy.

Et vous savez quoi?

Parscale a organisé la convention du parti Républicain de Californie en août dernier.

« Je crois qu’on peut voir cela chez Donald Trump Jr. Je pense que l’on peut voir cela chez Ivanka. On peut l’observer chez Jared. On peut le sentir chez tous », a-t-il dit.

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Les candidats démocrates critiquent le plan de paix « inacceptable » de Trump

Biden, Sanders, Warren, Buttigieg ont déconseillé d’annexer les implantations et la Vallée du Jourdain

Le candidat à l'investiture présidentielle Démocrate, et ancien vice président, Joe Biden s'exprime lors d'un événement de campagne à Independence, Iowa, le 3 janvier 2020. (AP Photo/Patrick Semansky)

Le candidat à l’investiture présidentielle Démocrate, et ancien vice président, Joe Biden s’exprime lors d’un événement de campagne à Independence, Iowa, le 3 janvier 2020. (AP Photo/Patrick Semansky)

Mardi, les candidats à l’investiture présidentielle Démocrate ont condamné le plan de l’administration Trump destiné à résoudre le conflit israélo-palestinien après sa publication par la Maison Blanche.

L’ancien vice-président Joe Biden a déclaré que le plan était contreproductif et a déconseillé d’annexer les implantations.

« Un plan de paix requiert que les deux parties discutent. C’est un coup de com politique qui pourrait entraîner des décisions unilatérales d’annexer des territoires et faire reculer plus encore la paix. J’ai passé ma vie à faire avancer la sécurité et la survie d’un Israël juif et démocratique. Ce n’est pas la manière de procéder », a déclaré Biden.

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders a déclaré que tout accord « doit mettre un terme à l’occupation israélienne et permettre l’autodétermination palestinienne dans un État indépendant aux côtés d’un Israël en sécurité. Le soi-disant ‘accord de paix’ de Trump est très loin du compte, il ne fera que perpétuer le conflit. C’est inacceptable ».

« Les Etats-Unis peuvent faire preuve de leadership pour la résolution du conflit israélo-palestinien, mais nous devons faire preuve de leadership afin de promouvoir un accord juste et durable. Tout accord de paix acceptable doit respecter le droit international et les nombreuses résolutions des Nations unies », a déclaré Sanders.

La sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren a déclaré que « le ‘plan de paix’ de Trump revient à approuver les yeux fermés l’annexion et offre aucune chance pour un véritable Etat palestinien. Sortir un plan sans négocier avec les Palestiniens, ce n’est pas de la diplomatie, c’est une honte. Je m’opposerai à l’annexion unilatérale sous n’importe quelle forme – et je reviendrai sur toute politique qui soutient cela ».

L’ancien maire de South Bend dans l’Indiana Pete Buttigieg a également fustigé le président américain Donald Trump pour sa politique internationale et a critiqué le plan qui saperait une solution négociable au conflit.

« ‘L’accord du siècle’ du Moyen-Orient de ce président, comme beaucoup de ce qu’il fait en matière de politique étrangère ne fait qu’empirer des situations déjà complexes, a déclaré Buttigieg. La paix exige que les deux parties soient autour de la table. Pas un feu vert politique donné à l’un des dirigeants pour une annexion unilatérale ».

 

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