Crise du Mont du Temple : un conflit interne à l’Islam religieux et politique

NdlR : la récente crise du Mont du Temple (esplanade des mosquées pour l’Islam) reste un prétexte et alimente très largement le conflit interne aux Islams. Analyse et décryptage de la situation et des postures des chefs de tribus…

« Nous enregistrons avec regret qu’à chaque fois que les prémices d’une opportunité de relance du processus de paix entre les Palestiniens et Israël apparaissent, ce dernier provoque des événements et des tensions pour les avorter », a estimé le souverain marocain en préambule de cette lettre relayée par l’agence officielle MAP. « Israël a pris ces derniers temps un ensemble de mesures provocatrices dangereuses », a dit Mohammed VI.  Des mesures qui constituent selon le roi du Maroc, pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec Israël, « une provocation flagrante des sentiments de tous les arabes, les musulmans et les libres de par le monde, et un facteur pour attiser les velléités extrémistes qui conduisent vers davantage de frustration, de tension et de violence dans toute la région ».

Le monarque de 53 ans, qui préside le Comité Al-Qods [Jérusalem en arabe], une organisation réunissant les soutiens de la cause palestinienne au sein du monde arabe, a appelé le Secrétaire général des Nations unies à « intervenir d’urgence auprès des autorités israéliennes en vue de les amener à respecter le statut juridique et historique d’Al-Qods », et à « annuler toutes les mesures illégales, y compris les mesures sécuritaires supplémentaires ».

Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/STR)La Turquie a également exprimé son désaccord avec Israël qui a laissé entendre que la tolérance religieuse manquait durant le règne ottoman à Jérusalem :  « A l’époque ottomane, les communautés appartenant à différentes sectes et religions vivaient dans un état de coexistence pacifique et ont profité de la liberté de culte pendant des siècles. Dans ce contexte, les Juifs devraient être les mieux placés pour juger et apprécier la tolérance unique qui a marqué l’époque ottomane », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.  Il répondait à une déclaration faite vingt-quatre heures plus tôt par le ministère des Affaires étrangères israélien qui avait rejeté les critiques d’Ankara concernant des mesures de sécurité israéliennes sur le mont du Temple, dans la Vieille ville de Jérusalem.  Dans cette déclaration , Israël avait laissé supposer que la Turquie n’avait aucune leçon à donner à Israël dans la mesure où elle avait restreint l’accès au lieu saint durant ses 400 années de contrôle de la ville, lors du précédent millénaire.

Peu de temps après le communiqué turc de mercredi, Israël a riposté en lançant une nouvelle salve, citant l’occupation turque en Chypre du nord et la répression contre les Kurdes et des journalistes :  « Il est absurde que le gouvernement turc, qui occupe Chypre du nord, qui réprime avec brutalité la minorité kurde et emprisonne les journalistes, fasse la leçon à Israël, la seule véritable démocratie de la région. L’époque de l’empire ottoman est révolu », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué qui a fait écho à la réplique de mardi.

La querelle a commencé mardi lorsque Erdogan a appelé les musulmans à venir en Israël pour « protéger » la mosquée Al-Aqsa après l’installation de détecteurs de métaux par Israël aux abords du lieu saint, suite à un attentat terroriste au cours duquel trois arabes israéliens ont tué deux policiers en utilisant des armes introduites clandestinement dans le site :  « Si aujourd’hui, les soldats israéliens sont capables de souiller le complexe de la mosquée Al-Aqsa de leurs bottes avec insouciance, en donnant des incidents insignifiants en prétexte, et si le sang des musulmans coule facilement là-bas, alors la raison de tout cela est notre échec à défendre avec suffisamment de force al-Quds [Jérusalem] », a-t-il dit aux membres de son parti de l’AKP durant une réunion du Parlement à Ankara.  « Dans la mesure où la Mecque est une moitié de notre coeur et que Médine est l’autre moitié, avec al-Quds tel un drap en gaze légère posé sur eux, nous devons défendre ensemble al-Quds. Défendons al-Quds comme si nous défendions la Mecque et Médine », a-t-il vivement recommandé.  Dans son discours, Erdogan a souligné que l’empire ottoman avait régné sur la mosquée Al-Aqsa, le troisième lieu le plus saint de l’islam pendant quatre siècles. « Nos ancêtres ont agi avec une si grande délicatesse et sensibilité qu’il est impossible de ne pas se rappeler d’eux avec gratitude et regret à la lumière de la cruauté d’aujourd’hui ».

La mosquée Al-Aqsa « figure de manière éminente parmi les priorités les plus élevées du monde islamique », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères turc : « Alors que l’occupation israélienne à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et à Gaza vient d’achever sa cinquantième année, il est clair que les efforts visant à ignorer l’occupation de Jérusalem-Est ne contribuera pas à la réalisation de la paix et de la stabilité dans la région ainsi qu’à la résolution du conflit israélo-palestinien ».  Israël doit « reprendre urgemment ses esprits, revenir au statu-quo à Al-Haram Al-Sharif [le mont du Temple] et lever toutes les restrictions sur la liberté de culte », a continué le communiqué.

Erdogan a ajouté que la Turquie « ne peut tolérer » les contraintes placées sur les musulmans se trouvant sur le site durant les prières du vendredi. « Le gouvernement israélien veut détruire le caractère islamique de Jérusalem par une nouvelle pratique chaque jour », a-t-il ajouté. Il avait appelé « les musulmans du monde entier » à « visiter » et « protéger » Jérusalem. Ces propos ont suscité une vive réaction du ministère israélien des Affaires étrangères qui l’a appelé à « s’occuper des problèmes de son pays ».

« La question de la mosquée Al-Aqsa est une ligne rouge qui ne se prête à aucune complaisance ou indulgence », écrit l’organisation pan-islamique dans un communiqué publié au terme d’une réunion des ambassadeurs des Etats membres à son siège à Jeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite.  « Porter atteinte à la mosquée Al-Aqsa d’une quelconque manière et quel que soit le prétexte aura des conséquences très graves et conduira à l’instabilité dans la région », prévient l’OCI.

La tension est très vive à Jérusalem-Est et en Cisjordanie après la mise en place le 14 juillet par Israël de détecteurs de métaux aux entrées du site, suite à l’attaque perpétrée par 3 arabes israéliens contre deux policiers en service ce jour-là. Les armes avaient été clandestinement introduites dans la mosquée Al-Aqsa.  Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays assure la présidence de l’OCI, avait qualifié d’ »inacceptable » la mise en place de ces détecteurs et appelé la communauté internationale à « agir sans attendre pour obtenir la levée des dispositifs qui limitent la liberté de culte ».

« Al-Qods (Jérusalem, ndlr) est une ligne rouge. Aucun arabe ni musulman n’acceptera qu’on porte atteinte » à ses lieux saints, a dit Ahmed Aboul Gheit dans un communiqué.   Le secrétaire général de l’organisation panarabe basée au Caire a aussi dénoncé « l’aventurisme » du gouvernement israélien qui veut provoquer, selon lui, une « grave crise avec le monde arabe et musulman ».

Depuis une semaine, les heurts sont quotidiens entre forces de sécurité israéliennes et manifestants palestiniens, qui dénoncent l’installation par Israël de détecteurs de métaux aux points d’accès au mont du Temple, troisième lieu saint de l’islam et premier du judaïsme. Cinq Palestiniens et trois Israéliens, tués à leur domicile par un terroriste palestinien de 19 ans lors d’un repas de Shabbat, sont morts depuis vendredi.

Dans un communiqué envoyé aux partisans, le mouvement du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré que la « campagne pour Jérusalem a commencé efficacement et ira jusqu’à la victoire palestinienne et la libération des lieux saints de l’occupation israélienne », selon des propos cités par le site d’information israélien, Walla. Le Fatah a félicité les manifestants palestiniens présents dans les rues de Jérusalem vendredi pour contester l’installation de détecteurs de métaux dans le complexe du mont du Temple. Au moins trois d’entre eux ont été tués par les forces de sécurité israéliennes et quelque 200 autres ont été blessés.

Le parti a salué leurs « actes pour la protection d’Al-Aqsa et leur lutte contre les plans israéliens, tout en sacrifiant leurs âmes et leur sang ». Le Fatah a appelé à trois jours de deuil ainsi qu’à une grève générale en l’honneur des émeutiers morts.

Le Fatah a affirmé qu’Israël avait concocté un « complot raciste » pour « reprendre Al-Aqsa » et a déclaré qu’aucune solution n’était acceptable à ses yeux tant que les autorités israéliennes n’auront pas retiré les détecteurs de métaux et les caméras de surveillance.

Il a déclaré qu’il avait parlé avec plusieurs chefs d’État, y compris ceux d’Egypte, d’Arabie Saoudite et du Maroc, et leur a demandé d’intervenir dans le conflit concernant le mont du Temple. Il a également appelé le Hamas à se rallier à la cause du mont du Temple et à se réconcilier avec son propre parti, le Fatah.

Cette sécurité renforcée, notamment à l’aide de détecteurs de métaux et de caméras posés à l’entrée du lieu saint, a été mise en place la semaine dernière suite à un attentat terroriste meurtrier au cours duquel trois Arabes israéliens ont émergé du complexe et ont tué deux agents de la police israélienne avec des armes à feu, qu’ils avaient auparavant dissimulées sur le site. Les Palestiniens ont depuis fait part de leur désaccord en affrontant la police quotidiennement depuis l’attaque du 14 juillet, à proximité du mont du Temple et à Jérusalem-Est.

Les chefs religieux musulmans ont donné pour instruction aux fidèles désireux de prier de refuser de passer à travers les détecteurs de métaux posés à l’entrée du mont du Temple. Seuls quelques Palestiniens ont accepté de se conformer aux contrôles de sécurité et sont entrés sur le site vendredi, des milliers d’autres priant ou protestant à divers endroits de la ville.

« Où es-tu, nation d’un milliard, alors que la prière est interdite à la mosquée Al-Aqsa ? Où sont tous les sommets arabes alors que la mosquée est souillée par les colons ? » a-t-il demandé. Les Palestiniens se réfèrent souvent aux Israéliens comme étant des « colons ».

Haniyeh a demandé une action urgente « pour faire face à l’agression et au terrorisme israélien à Al-Aqsa », la mosquée située sur le mont du Temple accueille également le sanctuaire du Dôme du Rocher et est considérée comme le troisième lieu le plus saint de l’islam après la Mecque et Médine.  « Je dis à l’ennemi sioniste qu’Al-Aqsa et Al-Quds [Jérusalem] sont des lignes rouges », a dit Haniyeh, ajoutant que la « politique de fermeture [israélienne] et la mise en oeuvre de mesures de sanction… ne passeront jamais ».

Haniyeh a organisé un rassemblement massif vendredi à Gaza contre le renforcement des mesures de sécurité d’Israël. Le groupe terroriste basé à Gaza avait réclamé jeudi une « journée de colère » vendredi à Jérusalem. Les prières du vendredi rythment la journée la plus sainte de la semaine pour les Musulmans sur le mont du Temple.

Le Hamas, groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, a affirmé samedi dans un communiqué que la fermeture du site était une « guerre religieuse », et Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a appelé à un « soulèvement » palestinien contre l’armée israélienne et les habitants juifs de Cisjordanie.

ILe chef de la police Roni Alsheich, 2e à droite, sur le mont du Temple après un attentat terroriste, le 14 juillet 2017. (Crédit : porte-parole de la police) sraël a critiqué la Jordanie, qui a appelé à « rouvrir immédiatement » le site après l’attentat. Un responsable a déclaré à la télévision israélienne que, « au lieu de condamner l’attentat, la Jordanie préfère attaquer Israël, qui protège les fidèles et maintient la liberté de culte sur les lieux. »  « Israël ne tolérera pas les dégâts faits aux lieux saints et y maintient le statu quo. Toutes les parties impliquées, notamment la Jordanie, devraient se contenir et éviter de raviver les flammes », a affirmé le responsable, resté anonyme.

La Jordanie, qui gère le site via le Waqf islamique, a appelé Israël à « rouvrir immédiatement la mosquée Al-Aqsa et le [complexe] Haram al-Sharif », en référence au complexe qui accueille la mosquée Al-Aqsa et le sanctuaire du Dôme du Rocher, le lieu le plus saint du judaïsme et le troisième lieu saint de l’islam.  La famille royale jordanienne est officiellement la gardienne de la mosquée située au sommet du mont du Temple, et y exerce son autorité, même si Israël y est responsable de la sécurité.

NdlR : l’AP, le Hamas, les Hachémites, les Alaouites du Maroc, le Wadf, les Turcs, etc…. TOUS revendiquent l’appel à la croisade jihadique pour libérer les Lieux Saints ! On se croirait en Europe des années 1100 quand tous les rois se pressaient autour du Pape pour revendiquer la paternité d’une énième croisade. L’enjeu de Jérualem, c’est avant tout un enjeu de pouvoir interne au monde musulman : Jérusalem a le pouvoir de réunifier les Islams en guerre… ou de les diviser définitivement ?

 

Mohammed VI, roi du Maroc, à l'ambassade marocaine aux Etats-Unis, à Washington, D.C., le 20 novembre 2013. (Crédit : département d'Etat des Etats-Unis)Le roi du Maroc dénonce dans une lettre à Guterres la politique israélienne à Jérusalem

Les mesures sécuritaires prises par Israël sur le mont du Temple constituent une politique « inacceptable », selon le roi

Mohammed VI, roi du Maroc, à l’ambassade marocaine aux Etats-Unis, à Washington, D.C., le 20 novembre 2013. (Crédit : département d’Etat des Etats-Unis)

« Nous enregistrons avec regret qu’à chaque fois que les prémices d’une opportunité de relance du processus de paix entre les Palestiniens et Israël apparaissent, ce dernier provoque des événements et des tensions pour les avorter », a estimé le souverain marocain en préambule de cette lettre relayée par l’agence officielle MAP.

« Israël a pris ces derniers temps un ensemble de mesures provocatrices dangereuses », a dit Mohammed VI,qui accueille en ce moment le roi d’Arabie saoudite dans le cadre d’une visite privée.

Des mesures qui constituent selon le roi du Maroc, pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec Israël, « une provocation flagrante des sentiments de tous les arabes, les musulmans et les libres de par le monde, et un facteur pour attiser les velléités extrémistes qui conduisent vers davantage de frustration, de tension et de violence dans toute la région ».

Le monarque de 53 ans, qui préside le Comité Al-Qods [Jérusalem en arabe], une organisation réunissant les soutiens de la cause palestinienne au sein du monde arabe, a appelé le Secrétaire général des Nations unies à « intervenir d’urgence auprès des autorités israéliennes en vue de les amener à respecter le statut juridique et historique d’Al-Qods », et à « annuler toutes les mesures illégales, y compris les mesures sécuritaires supplémentaires ».

Des détecteurs de métaux avaient été installés aux entrées du site à Jérusalem à la suite de la mort le 14 juillet de deux policiers israéliens dans une attaque menée par trois Arabes israéliens.

En réaction, des manifestations de protestation ont été lancées contre les détecteurs, au cours desquelles des affrontements ont éclaté entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes.

Pour mettre fin à ces violences, les détecteurs de métaux ont été retirés mercredi pour être remplacés par d’autres mesures de sécurité.

Mais les autorités musulmanes ont maintenu leur boycott de ce lieu saint, avant d’y renoncer quand Israël atout retiré du site.

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Israël et la Turquie évoquent l’empire ottoman dans leur querelle sur Jérusalem

Les liens bilatéraux sont mis à l’épreuve par l’impasse persistante sur le mont du Temple même si les experts doutent que cette crise vienne défaire l’accord de réconciliation signé en 2016

Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/STR)

Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/STR)

Dans un discours prononcé mercredi, la Turquie a également exprimé son désaccord avec Israël qui a laissé entendre que la tolérance religieuse manquait durant le règne ottoman à Jérusalem.

« A l’époque ottomane, les communautés appartenant à différentes sectes et religions vivaient dans un état de coexistence pacifique et ont profité de la liberté de culte pendant des siècles. Dans ce contexte, les Juifs devraient être les mieux placés pour juger et apprécier la tolérance unique qui a marqué l’époque ottomane », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il répondait à une déclaration faite vingt-quatre heures plus tôt par le ministère des Affaires étrangères israélien qui avait rejeté les critiques d’Ankara concernant des mesures de sécurité israéliennes sur le mont du Temple, dans la Vieille ville de Jérusalem.

Dans cette déclaration de mardi, Israël avait laissé supposer que la Turquie n’avait aucune leçon à donner à Israël dans la mesure où elle avait restreint l’accès au lieu saint durant ses 400 années de contrôle de la ville, lors du précédent millénaire.

La zone sur laquelle s’étend aujourd’hui Israël a été gouvernée par l’Empire ottoman entre 1517 et 1917.

Peu de temps après le communiqué turc de mercredi, Israël a riposté en lançant une nouvelle salve, citant l’occupation turque en Chypre du nord et la répression contre les Kurdes et des journalistes.

« Il est absurde que le gouvernement turc, qui occupe Chypre du nord, qui réprime avec brutalité la minorité kurde et emprisonne les journalistes, fasse la leçon à Israël, la seule véritable démocratie de la région. L’époque de l’empire ottoman est révolu », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué qui a fait écho à la réplique de mardi.

La querelle a commencé mardi lorsque Erdogan a appelé les musulmans à venir en Israël pour « protéger » la mosquée Al-Aqsa après l’installation de détecteurs de métaux par Israël aux abords du lieu saint, suite à un attentat terroriste au cours duquel trois arabes israéliens ont tué deux policiers en utilisant des armes introduites clandestinement dans le site.

« Si aujourd’hui, les soldats israéliens sont capables de souiller le complexe de la mosquée Al-Aqsa de leurs bottes avec insouciance, en donnant des incidents insignifiants en prétexte, et si le sang des musulmans coule facilement là-bas, alors la raison de tout cela est notre échec à défendre avec suffisamment de force al-Quds [Jérusalem] », a-t-il dit aux membres de son parti de l’AKP durant une réunion du Parlement à Ankara.

« Dans la mesure où la Mecque est une moitié de notre coeur et que Médine est l’autre moitié, avec al-Quds tel un drap en gaze légère posé sur eux, nous devons défendre ensemble al-Quds. Défendons al-Quds comme si nous défendions la Mecque et Médine », a-t-il vivement recommandé.

Dans son discours, Erdogan a souligné que l’empire ottoman avait régné sur la mosquée Al-Aqsa, le troisième lieu le plus saint de l’islam pendant quatre siècles. « Nos ancêtres ont agi avec une si grande délicatesse et sensibilité qu’il est impossible de ne pas se rappeler d’eux avec gratitude et regret à la lumière de la cruauté d’aujourd’hui ».

La porte de Jaffa, l'une des sept portes dans les murs de la Vieille Ville, fut restaurée par les dirigeants ottomans de Jérusalem en 1538. (Crédits : Shmuel Bar-Am)

Suleiman le magnifique a fait restaurer la porte de Jaffa et Mimar Sinan l’architecte a « réservé une zone à l’extérieur de son mur Occidental pour que les Juifs puissent prier », a ajouté Erdogan.

« C’est au mufti d’al-Quds, le chef religieux des musulmans de la province, qu’ont recouru les chrétiens à chaque fois qu’a émergé un problème entre les adhérents des dénominations chrétiennes variées de la ville. Nos ancêtres n’auraient jamais pensé refuser aux autres religions le droit de vivre à travers toute la période durant laquelle ils ont gouverné la ville, pendant 400 ans ».

Il a fait la comparaison avec « l’interdiction faite aux musulmans » par Israël de prier sur le lieu saint, avertissant que sa « patience a des limites ».

Israël a répondu avec colère.

« Cela serait intéressant de voir ce que pourrait dire Erdogan aux habitants de Chypre du nord ou aux Kurdes. Erdogan est la dernière personne à pouvoir donner des leçons à Israël », a fait savoir le bureau du Premier ministre.

Pour sa part, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a qualifié dans un communiqué de « hallucinantes, fausses et déformées » les déclarations d’Erdogan.

« Il ferait mieux de s’occuper des problèmes difficiles connus par son pays », disait le communiqué.

« Le temps de l’empire ottoman est terminé. Jérusalem était, est et sera toujours la capitale du peuple juif. Contraste frappant avec le passé, le gouvernement à Jérusalem est engagé à la sécurité, à la liberté, à la liberté de culte et au respect des droits de toutes les minorités. Ceux qui vivent dans des palais en verre devraient s’inquiéter de jeter des pierres ».

La reddition ottomane à Jérusalem, en 1917 (Crédit : Domaine public)

Mercredi, Ankara a riposté, condamnant le « communiqué arrogant » du ministère des Affaires étrangères.

La mosquée Al-Aqsa « figure de manière éminente parmi les priorités les plus élevées du monde islamique », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères turc.

« Alors que l’occupation israélienne à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et à Gaza vient d’achever sa cinquantième année, il est clair que les efforts visant à ignorer l’occupation de Jérusalem-Est ne contribuera pas à la réalisation de la paix et de la stabilité dans la région ainsi qu’à la résolution du conflit israélo-palestinien ».

Israël doit « reprendre urgemment ses esprits, revenir au statu-quo à Al-Haram Al-Sharif [le mont du Temple] et lever toutes les restrictions sur la liberté de culte », a continué le communiqué.

Il a également affirmé que les autorités dans la Turquie d’aujourd’hui sauvegardent la « liberté de foi et de culte ».

Ces derniers jours, plusieurs manifestations contre les actions israéliennes sur le mont du Temple ont eu lieu aux abords d’une synagogue d’Istanbul.

Au vu de l’atmosphère actuelle, le ministère des Affaires étrangères a donné lundi l’instruction aux employés des structures diplomatiques israéliennes en Turquie de travailler depuis chez eux plutôt que de se rendre à leurs bureaux.

Des Palestiniennes devant le Dôme du Rocher dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem avant la prière du vendredi, le 23 octobre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)

Et pourtant, plusieurs experts israéliens sur la Turquie ont affirmé que ces échanges verbaux houleux ne devraient pas défaire l’accord de réconciliation signé entre Jérusalem et Ankara en août 2016, après des années de gel des liens diplomatiques suite à ce qu’on a appelé l’incident de la flottille, lié à Gaza.

En mai 2010, l’armée israélienne avait lancé une opération contre le vaisseau Mavi Marmara et tué neuf ressortissants turcs qui se trouvaient à bord et avaient attaqué les soldats avec violence. Israël s’est depuis excusé et s’est engagé à indemniser les familles des défunts.

« Actuellement, il ne semble pas qu’Erdogan ait une raison de rompre à nouveau les relations », a estimé Efrat Aviv, du Centre d’études stratégiques Begin-Sadat. « Même après l’accord de réconciliation, personne ne pensait que les relations entre Israël et la Turquie seraient extraordinaires et que l’attitude d’Erdogan changerait du tout au tout. »

L’implication de la Turquie dans l’impasse actuelle concernant l’accès au mont du Temple doit être considérée dans le cadre du désir nourri par Erdogan de devenir le leader du monde musulman, a-t-elle évalué. « C’est un développement dangereux pour Israël ».

Suite à l’attentat du 14 juillet, Israël avait pris l’initiative rare de fermer le mont du Temple aux fidèles musulmans un vendredi – le jour le plus saint de la semaine dans l’islam – pour chercher d’éventuelles armes sur le site. Ce dernier a été rouvert deux jours plus tard, après l’installation par Israël de détecteurs de métaux aux entrées du complexe. De tels portiques ne pouvaient auparavant se trouver qu’à la porte Moughrabi, qui est l’entrée pour les visiteurs non-musulmans.

L’initiative avait suscité la colère des musulmans, qui ont boycotté la prière sur le site pour protester contre les détecteurs de métaux et ont déclenché une série d’affrontements violents avec les forces de sécurité, durant lesquels cinq palestiniens ont été tués. Trois membres d’une famille israélienne ont également été poignardés à mort durant leur repas de Shabbat dans une implantation de Cisjordanie par un Palestinien qui a indiqué que la querelle sur le mont du Temple avait motivé son geste meurtrier.

Les détecteurs de métaux ont été enlevés dans la nuit de lundi dans un contexte de pressions intenses de la part des pays musulmans, notamment de la Turquie, mais les fidèles n’ont pas encore signalé la fin de la crise, insistant sur le fait qu’Israël devra abandonner tous les arrangements sécuritaires mis en place dans le sillage de l’attentat du 14 juillet avant leur retour au mont du Temple.

Erdogan lui-même a repris ces propos mercredi.

Israël a pris la bonne mesure de retirer les détecteurs de métaux pour apaiser les tensions », a-t-il estimé lors d’une réunion sur l’éducation dans le monde islamique à Ankara. « Mais est-ce suffisant à notre goût ? Non. »

Erdogan a ajouté que la Turquie « ne peut tolérer » les contraintes placées sur les musulmans se trouvant sur le site durant les prières du vendredi. « Le gouvernement israélien veut détruire le caractère islamique de Jérusalem par une nouvelle pratique chaque jour », a-t-il ajouté.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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Mont du Temple : le retrait des détecteurs pas suffisant pour Erdogan

« Chaque jour, le gouvernement israélien tente avec de nouvelles mesures de détruire le caractère islamique de Jérusalem », a déclaré le président turc

Le président turc Recep Tayyip Erdogan durant un discours sur les tensions diplomatiques avec les Pays-Bas, à Istanbul, le 12 mars 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan durant un discours sur les tensions diplomatiques avec les Pays-Bas, à Istanbul, le 12 mars 2017. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

Le retrait de ce dispositif « est une bonne mesure », a déclaré Erdogan. « Mais est-ce suffisant à notre goût ? Non », a-t-il ajouté en fustigeant les entraves israéliennes qui empêchent selon lui les musulmans d’accéder au mont du Temple, notamment pour la prière du vendredi.

Des détecteurs de métaux ont été installés aux entrées du mont du Temple à Jérusalem à la suite de la mort le 14 juillet de deux policiers israéliens dans une attaque armée menée par trois Arabes israéliens.

En réaction, des manifestations de protestation ont été lancées contre les détecteurs, au cours desquelles des affrontements ont éclaté à plusieurs reprises entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes. Cinq Palestiniens ont été tués.

Trois Israéliens ont par ailleurs été tués vendredi soir dernier par un Palestinien dans une implantation israélienne en Cisjordanie.

Pour mettre fin à ces violences et sur demande de la Jordanie, gardien officiel des lieux saints musulmans de Jérusalem, les détecteurs de métaux ont été retirés mercredi pour être remplacés par d’autres mesures de sécurité.

« Chaque jour, le gouvernement israélien tente avec de nouvelles mesures de détruire le caractère islamique de Jérusalem », a ajouté le président turc.

Mardi, il avait appelé « les musulmans du monde entier » à « visiter » et « protéger » Jérusalem. Ces propos ont suscité une vive réaction du ministère israélien des Affaires étrangères qui l’a appelé à « s’occuper des problèmes de son pays ».

Le ministère turc des Affaires étrangères a répliqué mercredi matin en qualifiant les commentaires israéliens d’ »arrogants ».

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Mont du Temple : une organisation pan-islamique se réunit le 1er août à Istanbul

L’Organisation de la coopération islamique, dont le siège est à Jeddah, réunira ses 57 membres dans la capitale turque

Drapeau de l'Organisation de la coopération islamique (Crédit : domaine public Wikimedia commons)

Drapeau de l’Organisation de la coopération islamique (Crédit : domaine public Wikimedia commons)

« La question de la mosquée Al-Aqsa est une ligne rouge qui ne se prête à aucune complaisance ou indulgence », écrit l’organisation pan-islamique dans un communiqué publié au terme d’une réunion des ambassadeurs des Etats membres à son siège à Jeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite.

La mosquée Al-Aqsa se situe sur le mont du Temple, site ultra-sensible au coeur du conflit israélo-palestinien depuis cinq décennies.

« Porter atteinte à la mosquée Al-Aqsa d’une quelconque manière et quel que soit le prétexte aura des conséquences très graves et conduira à l’instabilité dans la région », prévient l’OCI.

La tension est très vive à Jérusalem-Est et en Cisjordanie après la mise en place le 14 juillet par Israël de détecteurs de métaux aux entrées du site, suite à l’attaque perpétrée par 3 arabes israéliens contre deux policiers en service ce jour-là. Les armes avaient été clandestinement introduites dans la mosquée Al-Aqsa.

Samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays assure la présidence de l’OCI, avait qualifié d’ »inacceptable » la mise en place de ces détecteurs et appelé la communauté internationale à « agir sans attendre pour obtenir la levée des dispositifs qui limitent la liberté de culte ».

Les Israéliens ont répété à maintes reprises n’avoir aucune intention de modifier le statu quo. Seulement d’éviter qu’une attaque ne se reproduise.

Des heurts quotidiens entre manifestants palestiniens et forces israéliennes ont fait depuis cinq morts et des dizaines de blessés. L’un d’entre eux est mort après qu’un cocktail Molotov qu’il voulait jeter sur les forces israéliennes, a explosé sur lui.

Vendredi soir, un terroriste palestinien de 19 ans s’est infiltré dans le domicile d’une famille juive réunie pour fêter l’arrivée d’un petit-fils, et a poignardé à mort 3 de ses membres.

Yosef, Elad and Chaya Salomon (Crédit : autorisation)

Les entrées du site sont contrôlées par Israël. Le lieu le plus saint du judaïsme est géré par la Jordanie, via le Waqf. Les musulmans peuvent y aller à toute heure. Les juifs ne peuvent y pénétrer qu’à certaines heures et n’ont pas le droit d’y prier.

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La Ligue arabe accuse Israël de « jouer avec le feu » à Jérusalem

Ahmed Aboul Gheit a dénoncé « l’aventurisme » du gouvernement israélien qui veut provoquer, selon lui, une « grave crise avec le monde arabe et musulman »

Ahmed Aboul Gheit, dirigeant de la Ligue arabe, en avril 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Ahmed Aboul Gheit, dirigeant de la Ligue arabe, en avril 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Al-Qods (Jérusalem, ndlr) est une ligne rouge. Aucun arabe ni musulman n’acceptera qu’on porte atteinte » à ses lieux saints, a dit Ahmed Aboul Gheit dans un communiqué.

Le secrétaire général de l’organisation panarabe basée au Caire a aussi dénoncé « l’aventurisme » du gouvernement israélien qui veut provoquer, selon lui, une « grave crise avec le monde arabe et musulman ».

Depuis une semaine, les heurts sont quotidiens entre forces de sécurité israéliennes et manifestants palestiniens, qui dénoncent l’installation par Israël de détecteurs de métaux aux points d’accès au mont du Temple, troisième lieu saint de l’islam et premier du judaïsme.

Cinq Palestiniens et trois Israéliens, tués à leur domicile par un terroriste palestinien de 19 ans lors d’un repas de Shabbat, sont morts depuis vendredi.

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Fatah d’Abbas : « la campagne pour Jérusalem a commencé »

Le parti de l’AP au pouvoir appelle à une lutte continue pour « prendre le contrôle d’Al-Aqsa » et vaincre « le complot raciste israélien » sur le mont du Temple

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d'une réunion avec le Conseil révolutionnaire de son parti, le Fatah, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 16 juin 2015 (Crédit : Abbas Momani / AFP )

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d’une réunion avec le Conseil révolutionnaire de son parti, le Fatah, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 16 juin 2015 (Crédit : Abbas Momani / AFP )

Dans un communiqué envoyé aux partisans, le mouvement du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré que la « campagne pour Jérusalem a commencé efficacement et ira jusqu’à la victoire palestinienne et la libération des lieux saints de l’occupation israélienne », selon des propos cités par le site d’information israélien, Walla.

Le Fatah a félicité les manifestants palestiniens présents dans les rues de Jérusalem vendredi pour contester l’installation de détecteurs de métaux dans le complexe du mont du Temple.

Au moins trois d’entre eux ont été tués par les forces de sécurité israéliennes et quelque 200 autres ont été blessés.

Le parti a salué leurs « actes pour la protection d’Al-Aqsa et leur lutte contre les plans israéliens, tout en sacrifiant leurs âmes et leur sang ».

Le Fatah a appelé à trois jours de deuil ainsi qu’à une grève générale en l’honneur des émeutiers morts.

« Le Secrétaire général déplore profondément la mort de trois Palestiniens dans les affrontements aujourd’hui avec les forces de sécurité israéliennes et demande que ces incidents soient pleinement examinés. Ses pensées et ses prières sont avec les familles des victimes. Le Secrétaire général est préoccupé par le déroulement de la violence dans la Vieille Ville de Jérusalem. Il exhorte les dirigeants israéliens et palestiniens à s’abstenir de mesures susceptibles d’intensifier la situation et appelle tous les dirigeants politiques, religieux et communautaires à aider à réduire les tensions. Le Secrétaire général réitère que la sainteté des sites religieux doit être respectée comme lieu de réflexion, pas de violence, a déclaré vendredi soir dans un communiqué, Farhan Haq, le porte-parole adjoint du secrétaire général de l’ONU.

Quatre habitants de Jérusalem-Est ont été arrêtés vendredi après avoir été soupçonnés d’être impliqués dans les émeutes, a indiqué la police.

Israël a placé les portiques de détecteurs de métaux aux entrées du mont après une attaque terroriste du 14 juillet où trois Arabes-Israéliens ont abattu deux officiers de police israéliens avec des armes à feu qu’ils avaient clandestinement apportées dans l’enceinte sacrée de la mosquée Al-Aqsa.

Le Fatah a affirmé qu’Israël avait concocté un « complot raciste » pour « reprendre Al-Aqsa » et a déclaré qu’aucune solution n’était acceptable à ses yeux tant que les autorités israéliennes n’auront pas retiré les détecteurs de métaux et les caméras de surveillance.

Abbas a annoncé vendredi un « gel des contacts » avec Israël.

« Au nom de la direction palestinienne, j’annonce (…) un gel de tous les contacts avec l’Etat d’occupation à tous les niveaux jusqu’à ce qu’Israël s’engage à annuler toutes les mesures contre notre peuple palestinien en général et à Jérusalem et dans la mosquée Al-Aqsa en particulier, et qui visent à imposer la souveraineté à Al-Aqsa et la diviser », a déclaré Abbas.

« Les mesures prises par Israël conduisent à une confrontation religieuse et à une fuite d’un processus diplomatique », a déclaré Abbas, cité par Haaretz.

Abbas a appelé tous les employés palestiniens à faire un don d’un jour de salaire pour soutenir Jérusalem.

Il a déclaré qu’il avait parlé avec plusieurs chefs d’État, y compris ceux d’Egypte, d’Arabie Saoudite et du Maroc, et leur a demandé d’intervenir dans le conflit concernant le mont du Temple.

Le président de l’AP a déclaré que l’AP financerait tous les coûts liés au traitement des blessés des affrontements de vendredi. « Nous allons dépenser 25 millions de dollars pour soutenir les Palestiniens de Jérusalem », a-t-il déclaré.

Il a également appelé le Hamas à se rallier à la cause du mont du Temple et à se réconcilier avec son propre parti, le Fatah.

Le Waqf islamique, gardiens jordaniens du site sacré, s’est opposé à la présence des détecteurs de métaux et a appelé les Palestiniens et les Arabes israéliens à ne pas entrer dans le site pour y prier.

Des responsables du Waqf et des fidèles prêts à prier devant le mont du Temple plutôt que de passer par les détecteurs de métaux installés après un attentat, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 16 juillet 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après l’attaque de la semaine dernière, Abbas et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont parlé au téléphone et Abbas avait condamné l’attaque, mais a également exigé que le complexe soit immédiatement rouvert.

Israël n’a pas immédiatement répondu à l’annonce d’Abbas vendredi soir. Il n’était pas clair si la déclaration du président de l’AP sur le gel de « tous les contacts » comprenait la coordination de la sécurité entre les forces de sécurité israéliennes et palestiniennes.

Les forces de sécurité de l’AP et l’armée israélienne travaillent étroitement pour endiguer les attaques terroristes et autres violences.

Bien qu’Israël et l’AP n’aient pas repris les pourparlers de paix depuis trois ans, la coopération entre les forces de sécurité respectives pour maintenir le calme en Cisjordanie reste très active.

Un attentat au couteau à Halamish a fait 3 morts israéliens et un blessé grave, vendredi soir.

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Mont du Temple : Le chef du Hamas appelle le monde musulman à ‘passer à l’action’

Ismail Haniyeh a expliqué qu’un sommet d’urgence doit avoir lieu pour « faire face à l’agression et au terrorisme israélien » au sein du complexe de la mosquée Al-Aqsa

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh et le porte-parole   Fawzi Barhoum lors d'une manifestation dans la ville de Gaza le 22 juillet 2017 contre les nouvelles mesures de sécurité mises en oeuvre en Israël sur le lieu saint, avec notamment des détecteurs de métaux et des caméras, suite à un attentat qui a tué deux policiers israéliens la semaine précédente (Crédit :   /Mohammed Abed/AFP)

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh et le porte-parole Fawzi Barhoum lors d’une manifestation dans la ville de Gaza le 22 juillet 2017 contre les nouvelles mesures de sécurité mises en oeuvre en Israël sur le lieu saint, avec notamment des détecteurs de métaux et des caméras, suite à un attentat qui a tué deux policiers israéliens la semaine précédente (Crédit : /Mohammed Abed/AFP)

Cette sécurité renforcée, notamment à l’aide de détecteurs de métaux et de caméras posés à l’entrée du lieu saint, a été mise en place la semaine dernière suite à un attentat terroriste meurtrier au cours duquel trois Arabes israéliens ont émergé du complexe et ont tué deux agents de la police israélienne avec des armes à feu, qu’ils avaient auparavant dissimulées sur le site.

Les Palestiniens ont depuis fait part de leur désaccord en affrontant la police quotidiennement depuis l’attaque du 14 juillet, à proximité du mont du Temple et à Jérusalem-Est.

Les chefs religieux musulmans ont donné pour instruction aux fidèles désireux de prier de refuser de passer à travers les détecteurs de métaux posés à l’entrée du mont du Temple.

Seuls quelques Palestiniens ont accepté de se conformer aux contrôles de sécurité et sont entrés sur le site vendredi, des milliers d’autres priant ou protestant à divers endroits de la ville.

« Où es-tu, nation d’un milliard, alors que la prière est interdite à la mosquée Al-Aqsa ? Où sont tous les sommets arabes alors que la mosquée est souillée par les colons ? » a-t-il demandé. Les Palestiniens se réfèrent souvent aux Israéliens comme étant des « colons ».

Haniyeh a demandé une action urgente « pour faire face à l’agression et au terrorisme israélien à Al-Aqsa », la mosquée située sur le mont du Temple accueille également le sanctuaire du Dôme du Rocher et est considérée comme le troisième lieu le plus saint de l’islam après la Mecque et Médine.

Le mont du Temple, cet endroit où se dressaient les temples bibliques, est le site le plus saint aux yeux des Juifs.

« Je dis à l’ennemi sioniste qu’Al-Aqsa et Al-Quds [Jérusalem] sont des lignes rouges », a dit Haniyeh, ajoutant que la « politique de fermeture [israélienne] et la mise en oeuvre de mesures de sanction… ne passeront jamais ».

Haniyeh a organisé un rassemblement massif vendredi à Gaza contre le renforcement des mesures de sécurité d’Israël.

Le groupe terroriste basé à Gaza avait réclamé jeudi une « journée de colère » vendredi à Jérusalem. Les prières du vendredi rythment la journée la plus sainte de la semaine pour les Musulmans sur le mont du Temple.

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Le Hamas appelle à des attentats contre les Israéliens après la fermeture du mont du Temple

Le groupe terroriste a organisé un rassemblement pour célébrer le meurtre de 2 policiers israéliens et affirme que la fermeture du complexe est une “guerre religieuse”

Des membres de la branche armée du Hamas pendant les funérailles de Mazen Foqaha à Gaza Ville, le 25 mars 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Des membres de la branche armée du Hamas pendant les funérailles de Mazen Foqaha à Gaza Ville, le 25 mars 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Le Hamas a organisé samedi un rassemblement à Gaza pour célébrer l’attentat, commis par trois Arabes israéliens qui ont tué deux policiers israéliens.

Les terroristes ont lancé l’attentat depuis le complexe avant de prendre la fuite. Ils ont été poursuivis et tués par les forces israéliennes.

Israël a ensuite fermé le site pendant la fouille des bâtiments du mont du Temple à la recherche d’armes et de documents. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué que le lieu saint rouvrira progressivement dimanche.

Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le Hamas, groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, a affirmé samedi dans un communiqué que la fermeture du site était une « guerre religieuse », et Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a appelé à un « soulèvement » palestinien contre l’armée israélienne et les habitants juifs de Cisjordanie.

Israël a critiqué la Jordanie, qui a appelé à « rouvrir immédiatement » le site après l’attentat. Un responsable a déclaré à la télévision israélienne que, « au lieu de condamner l’attentat, la Jordanie préfère attaquer Israël, qui protège les fidèles et maintient la liberté de culte sur les lieux. »

« Israël ne tolérera pas les dégâts faits aux lieux saints et y maintient le statu quo. Toutes les parties impliquées, notamment la Jordanie, devraient se contenir et éviter de raviver les flammes », a affirmé le responsable, resté anonyme.

La Jordanie, qui gère le site via le Waqf islamique, a appelé Israël à « rouvrir immédiatement la mosquée Al-Aqsa et le [complexe] Haram al-Sharif », en référence au complexe qui accueille la mosquée Al-Aqsa et le sanctuaire du Dôme du Rocher, le lieu le plus saint du judaïsme et le troisième lieu saint de l’islam.

La famille royale jordanienne est officiellement la gardienne de la mosquée située au sommet du mont du Temple, et y exerce son autorité, même si Israël y est responsable de la sécurité.

Le chef de la police Roni Alsheich, 2e à droite, sur le mont du Temple après un attentat terroriste, le 14 juillet 2017. (Crédit : porte-parole de la police)

 

 

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