2012 : plus de 100.000 chrétiens tués dans le monde et dans l’indifférence…!

Il y a quelques jours, à l’occasion de la Saint-Etienne, «protomartyr», c’est-à-dire le premier martyr chrétien, lapidé à Jérusalem pour avoir annoncé la Résurrection de Jésus, Introvigne a rappelé au micro de Radio Vatican (article ici) les chiffres pour l’année qui se termine : 105.000 morts, un toutes les cinq minutes. Selon les études les plus fiables, 10 pour cent des deux milliards de chrétiens – donc 200 millions de personnes, principalement en Afrique et en Asie – souffrent à cause de leur religion.

Ce faisant, a poursuivi Introvigne, désormais responsable de l’Observatoire de la liberté religieuse au ministère des Affaires étrangères, «la persécution des chrétiens est aujourd’hui la première urgence mondiale en matière de violence et de discrimination religieuse. Il n’y a aucune autre foi qui soit autant combattue, jusqu’à la tentative de génocide de masse de ses membres».

Une autre zone de persécution sanglante devrait être ajoutée: l’Afrique noire, où les autorités de l’Etat sont souvent éphémères et impuissantes, submergé par un chaos d’affrontements constants entre les tribus et groupes ethniques et où la chasse au chrétien, est l’un des passe-temps favoris de bandes de rebelles, de voleurs, de disciples fanatiques de sorciers.

 

Plus de cent mille chrétiens tués en 2012

 

 

Vittorio Messori: le massacres de chrétiens dans le monde, l’urgence oubliée (28/12/2012)

Image ci -contre:
25/12/2011. Nigéria : massacre de chrétiens le jour de Noël, dans la plus grande indifférence médiatique

>>> Voir aussi cet éditorial de Riccardo Cascioli: www.lanuovabq.it

 
     

Article original ici: http://www.et-et.it

Vittorio Messori (ma traduction)
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Il y eut des réactions d’incrédulité, sinon de rejet, en 2011, lorsque le sociologue Massimo Introvigne, à une conférence internationale organisée à Budapest par la Communauté européenne, rappela qu’en moyenne, chaque année, il y avait plus de 100.000 chrétiens de toutes confessions tués dans le monde pour leur foi. Introvigne parlait en tant que représentant italien de l’OSCE, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, mais aussi comme un expert parmi les plus influents, comme le fondateur et directeur du CESNUR, le Centre d’études sur les nouvelles religions, et l’auteur de nombreuses études scientifique.

A ceux qui le contestaient, Introvigne répondit avec son habituel scrupule d’universitaire, indiquant des sources irréfutables dont il résultait que, si le chiffre était erroné, c’était plutôt par défaut. Par prudence, l’intellectuel turinois avait en fait minimisé le nombre de victimes qui, selon certaines études, est encore supérieur. Au terme de sa réfutation de ceux qui rejetaient ses chiffres, il observait: «Dans ces réactions de refus, il y a déjà en soi une leçon: on sous-estime tellement le problèmes des chrétiens persécutés que les nombres – quand ils sont cités avec exactitude, dans toute leur horreur – semblent incroyables à de nombreux Européens et Américains».

Il y a quelques jours, à l’occasion de la Saint-Etienne, «protomartyr», c’est-à-dire le premier martyr chrétien, lapidé par les Juifs de Jérusalem pour avoir annoncé la Résurrection de Jésus, Introvigne a rappelé au micro de Radio Vatican (article ici) les chiffres pour l’année qui se termine : 105.000 morts, un toutes les cinq minutes. Selon les études les plus fiables, 10 pour cent des deux milliards de chrétiens – donc 200 millions de personnes, principalement en Afrique et en Asie – souffrent à cause de leur religion.

Ce faisant, a poursuivi Introvigne, désormais responsable de l’Observatoire de la liberté religieuse au ministère des Affaires étrangères, «la persécution des chrétiens est aujourd’hui la première urgence mondiale en matière de violence et de discrimination religieuse. Il n’y a aucune autre foi qui soit autant combattue, jusqu’à la tentative de génocide de masse de ses membres».

En Europe et en Amérique, on continue à reprocher aux croyants, en particulier aux catholiques, un lointain passé d’inquisition, d’intolérance, de croisades, de censure: en attendant (au-delà du caractère anti-historique de plusieurs de ces allégations), il est difficile de croire qu’aujourd’hui, la simple foi dans l’Évangile peut être un motif de risque trop souvent mortel. Et aujourd’hui, le Pape est pratiquement seul à dénoncer le manque de liberté religieuse (1), défendant non seulement les chrétiens, mais les croyants de toute foi.

«Cette liberté» a encore répété récemment Benoît XVI, en suivant les traces de son prédécesseur «ne concerne certes pas seulement chaque chrétien, mais chaque homme, c’est un droit qui doit être reconnu comme un droit naturel, quelle que soit son propre point de vue religieux».

Le Pape a rappelé que de nombreux pays, en particulier musulmans, se défendent de ces accusations en soutenant que leur liberté de religion est reconnue. Mais il n’y a pas de vraie liberté, réplique Benoît XVI, quand les chrétiens ne sont autorisés qu’à célébrer leur liturgie dans des églises fermées (en Arabie Saoudite, même cela est interdit), alors qu’il leur est strictement interdit d’exprimer en public leur propre foi. Il n’y a pas de liberté quand le fait de montrer une croix sur le toit d’une église ou de la suspendre à son cou signifie être agressés, et souvent arrêtés. Il n’y a évidemment pas de liberté, quand on en arrive même à la peine de mort pour ceux qui choisissent le baptême, en opposition à la religion d’État.

Trois sont aujourd’hui les «environnements» de plus grande persécution.

Il y a ce qui reste du communisme (ou présumé tel) en Chine, où le seul militantisme tout juste toléré est celui de l’Eglise «patriotique», c’est-à-dire celle créé et contrôlée par le système, nommant même les évêques; en Corée du Nord qui, selon les observateurs, «est probablement dans l’absolu l’endroit où il est le plus dangereux de se dire chrétiens»; à Cuba, où le castrisme moribond moments alterne les moments de tolérance et d’intolérance.

Ensuite, il y a les nationalismes ethniques, les traditions «raciales» qui donnent lieu à des épisodes périodiques de fureur de persécution, de la part de ceux qui, selon la «légende rose» occidentale seraient les champions de la tolérance et de l’accueil: les hindous et les bouddhistes.

Enfin, il y a l’océan islamique qui entoure les tropiques, où les rares zones de relative tranquillité et d’égalité approximative des chrétiens ont été effacées par la résurgence d’un extrémisme qui (souvent avec l’aide de l’Europe et les Etats-Unis: voir le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord) a balayé les cultures et les gouvernements qui tentaient de mettre en œuvre une lecture du Coran plus pacifique et ouverte.

Une autre zone de persécution sanglante devrait être ajoutée: l’Afrique noire, où les autorités de l’Etat sont souvent éphémères et impuissantes, submergé par un chaos d’affrontements constants entre les tribus et groupes ethniques et où la chasse au chrétien, est l’un des passe-temps favoris de bandes de rebelles, de voleurs, de disciples fanatiques de sorciers.

Des remèdes? Il est très difficile, voire impossible, d’en proposer, étant donné l’ampleur, la profondeur et la diversité de ce qui incite à la haine et à l’assassinat ceux qui croient en l’Evangile. Il convient toutefois de noter que depuis désormais plus de deux siècles, les chrétiens sont uniquement et toujours du côté des persécutés, jamais de celui des persécuteurs.

Il faut le dire, avec l’humilité nécessaire et, en même temps, dans la vérité: dans une telle tragédie, c’est un signe de noblesse spirituelle. Aucun de ceux qui oppriment ou tuent ne pourra jamais trouver une sollicitation ou une approbation dans l’Évangile.
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(1) Message pour la journée mondiale de la paix 2012:

Parmi les droits fondamentaux, concernant aussi la vie pacifique des peuples, il y a également celui des particuliers et des communautés à la liberté religieuse. En ce moment de l’histoire, il devient de plus en plus important qu’un tel droit soit promu non seulement du point de vue négatif, comme liberté face à – par exemple des obligations ou des restrictions relatives à la liberté de choisir sa propre religion –, mais aussi du point de vue positif, en ses différentes articulations, comme liberté de : par exemple de témoigner de sa propre religion, d’annoncer et de communiquer ses enseignements ; d’accomplir des activités éducatives, de bienfaisance et d’assistance qui permettent d’appliquer les préceptes religieux ; d’exister et d’agir en tant qu’organismes sociaux, structurés selon les principes doctrinaux et les fins institutionnelles qui leur sont propres. Malheureusement, même dans les pays de vieille tradition chrétienne, se multiplient les épisodes d’intolérance religieuse, en particulier contre le christianisme et contre ceux qui revêtent simplement les signes distinctifs de leur propre religion.

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